XXXIV GEORGES GODET
vais chercher l'étincelle », il terminait en disant: «Que ce mot puisse aussi nous être appliqué; qu’on soit tenté de venir chercher parmi nous l’étincelle pour maintenir le foyer ardent ! »
Peu après il présidaitavec beaucoup d’entrain et avec une joie profonde les trois grandes agapes organisées par la paroisse indépendante de Neuchâtel pour permettre à ses membres de se ressaisir après ces temps d’agitation et de se retremper dans la communion fraternelle.
Georges Godet était entré dans sa soixante-deuxième année ; et certes, il n'avait rien perdu de sa puissance de travail, de sa vigueur de pensée, de son ardeur inlassable à s’employer au service d’autrui. Mais les dernières années avaient été rudes pour lui. Il avait été à plusieurs reprises atteint par l'épreuve ; la mort de son père bien-aimé (1900), le départ de sa compagne, la perte de ses plus chers amis, l’avaient frappé au cœur ; souvent il était envahi par le sentiment de son isolement. A cela s’était joint l’affaiblissement de sa santé ; il souffrait chaque hiver d’une bronchite dont il avait toujours plus de peine à se débarrasser : lui qui ignorait jadis la fatigue intellectuelle se plaignait de ne plus jamais se sentir reposé ; il commençait à comprendre qu’il devait se ménager, il acceptait plus aisément que par le passé qu'on cherchât à le décharger ; il ne plaisantait qu’à moitié lorsqu'il se disait un vieillard et déclarait que bientôt sonnerait pour lui l'heure de la retraite. Les amis qui l’entouraient relevaient avec inquiétude ces symptômes ; mais nul ne pouvait prévoir l’accident banal qui allait mettre brusquement fin à sa carrière.
L'Eglise indépendante neuchâteloise avait été invitée à envoyer un délégué au Synode national des Églises réformées évangéliques de France qui devait se réunir à Paris du
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