VIII PRÉFACE
minimum, nous sommes d'accord. Mais il y a un travail préparatoire nécessaire, une œuvre de déblaiement indispensable. si l’on veut arriver à pénétrer un texte dans sa richesse et sa complexité. Et nulle part un tel labeur n’est plus nécessaire que pour la seconde Épître aux Corinthiens. Il faut lutter d’abord avec les difficultés de détail, de style. de contexte et tenir compte des explications proposées, avant de pouvoir être maître de la conception de l’apôtreet la rendre fidèlement. Or, bien loin que Frédéric et Georges Godet aient perdu de vue le but à poursuivre, c’est au contraire en cela que se montre leur maîtrise en matière d’exégèse. Ils ont l’un et l’autre, chacun à sa manière, un don merveilleux pour étreindre la pensée biblique, en marquer les articulations et en reproduire la marche. Le père le fait avec plus de brillant, le fils avec plus de solidité: mais tous deux mettent en saillie la suite des idées avec tant de bonheur que, si l’on retranche de leur exposé la partie d’érudition, le reste fournit une vue d'ensemble qui répond aux exigences de la synthèse la plus rigoureuse.
En préparant la publication de ce commentaire, les amis de G. Godet ont ressenti très vivement une lacune qui devait être comblée. Sauf les articles de journaux, il n’a paru jusqu'ici aucune biographie de ce fidèle serviteur de Dieu. Ce fut un besoin de nos cœurs de publier une esquisse de sa vie et de son œuvre en tête de ce volume, qui doit être comme un monument à sa mémoire. M. le professeur Thiébaud, qui avait si excellemment caractérisé notre ami dans le Journal religieux, était tout désigné pour cette esquisse biographique. Il a su faire revivre cette personnalité avec une grande sobriété et une entière vérité, de sorte qu’il se dégage de ces pages une impression bienfaisante et tonique. On ne peut qu'admirer la puissance de travail de G. Godet et sa fidélité à l'œuvre du Seigneur ; mais ce qui ressort surtout de cette vie, c’est la puissance de la grâce de Dieu qui se glorifie en celui qui se livre docilement à son action.
CH. Porrer.
Lausanne, février 1914.