‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 34 sur 117 · GEORGES GODET XLV · texte numérisé non relu

GEORGES GODET XLV

rendue légèrement tremblante par la solennité du moment, et cet appel d’un homme qui avait le droit de tenir ce langage a certainement contribué à rendre plus facile à ses collègues momentanément divisés la reprise du travail en commun.

L’incident que nous venons de rappeler nous amène tout naturellement à parler de la piété de G Godet. Aucune esquisse de sa vie et de son caractère ne serait complète sans un témoignage rendu à la profondeur de sa foi et à la fidélité de sa vie chrétienne.

Comment G. Godet était-il devenu chrétien ? à quel moment sa religiosité d'enfant ou de jeune homme s’était-elle transformée en conviction mûrie et personnelle ?

Ce sont là des choses dont il ne parlait guère, et peutêtre ferions-nous mieux d’imiter sa réserve. Une chose nous paraît sûre, cependant, c’est qu’il fut amené à l’Évangile avant tout par des besoins moraux. Certes, il n’était pas homme à dédaigner les satisfactions que procure à notre esprit la conception chrétienne du monde; une religion de pur sentiment qui n’eût apporté aucune lumière à la raison n’aurait exercé aucun attrait sur lui; néanmoins, ce n’était point 5ar le côté intellectuel qu’il avait été tout d’abord saisi. En lui aussi, la foi était née de l’impression immédiate produite sur son cœur par la sainte figure du Rédempteur. Cette rencontre, il l’a décrite à plus d’une reprise, et cela en des termes où l'on reconnaît d’emblée l’inimitable accent de l’expérience personnelle.

Nous pensons ici à sa conférence sur Jésus et la conscience, qui, malheureusement, n’a point été publiée, et surtout à son admirable discours de rentrée : Sur quoi repose notre Foi? Le passage central de cette étude mérite d'être reproduit tout entier. Il montrera aussi que G. Godet pouvait s’élever à la plus haute éloquence: « Vous avez connu, Messieurs, des êtres sur le front desquels se lisaient la noblesse de l'âme,

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