GEORGES GODET XLVII
réalisée, vécue. Je suis contraint de le confesser : Jésus c’est le Bien fait homme, le Bien vivant.
« Et si, de lui, mes regards se reportent sur moi-même, ah ! c'est maintenant que je me vois mauvais, que je me sens jugé et condamné : cette perfection morale, dont il vient de faire pour la première fois briller l'idéal devant mes veux. met mon péché dans tout son jour ; elle fait éclater mon égoisme, ma lâcheté, ma souillure. C’est une révélation qui vient de s’opérer. Ma vie n’est plus à mes yeux que malice, orgueil et mensonge. Je ne vois dans mes œuvres réputées bonnes que vanité et hypocrisie. Le Saint de Dieu me juge, je me hais moi-même ! Et cependant il ne me hait pas Il me condamne puisqu'il hait le péché ; il y a entre lui et moi un abîme puisqu'il est parfaitement juste et bon ; et cependant il a pour moi des paroles d'infinie douceur; il m’ouvre ses bras, je me sens aimé. »
De cette page qui montre à quel point G. Godet avait subi dans sa piété l'influence de Pascal, de Vinet... et de F. Godet lui-même, il est difficile de ne pas rapprocher le fragment suivant de ses conférences sur le Salut par la Foi données à Paris, dans le Temple de Pentemont,. le 21 et le 23 mars 1899 et publiées ensuite sous forme de brochure. On y retrouve la même chaleur contenue, la même gravité émue à laquelle on reconnaît l'homme qui ouvre le sanctuaire de son cœur et livre le secret de sa vie intérieure :
« L’exemple est une force, mais cette force ne suffit pas. Or, il y a dans la croix une autre puissance, une puissance plus grande que celle de l'exemple. Elle est une manifestation de la sainteté de Dieu, qui doit m’inspirer l'horreur du péché. Mais elle n’est pas moins une manifestation de son amour. Si ma condamnation y est écrite, la grâce y surabonde par-dessus la condamnation. Cet amour, nous ne pouvons y croire, Sans qu’un monde nouveau s'ouvre pour nous ; le poids du péché est enlevé, la paix avec Dieu est rétablie, le fils est réconcilié avec le père. Il nes agit plus simplement de volonté, de résolution de bien faire. Le fils coupable et repentant est revenu avec la résolution de changer de vie, comme qu'il dût être acueilli par le père ; celui-ei l’eût-il accablé de reproches, il eût courbé la tête, reconnu