UP GEORGES GODET
«On dit souvent que l'Évangile est impuissant à vaincre les défauts de notre nature, et c’est bien là une des objections les plus sérieuses que l’on puisse faire à la vérité chrétienne. Eh bien ! notre ami n’a pas prêté à cette accusation. Il était quelqu'un, il avait une individualité fortement marquée, et comme tel, il avait des aspérités et des angles quelque peu vifs. Mais il a fidèlement lutté pour en triompher, et ceux qui l'ont vu de près ces dernières années savent que ses efforts n'avaient pas été vains et que, chez lui, la grâce de Dieu avait sur bien des points triomphé du caractère naturel. Aussi nous est-il doux d’entendre, dans cette journée où nous le pleurons et où nous deplorons ce qu’il aurait pu nous donner encore, retentir par-dessus tout la louange à Dieu qui nous l’a donné. Oui, à Dieu soit la gloire pour l’œuvre qu’il a accomplie en lui et par lui!»
Il nous reste encore, pour terminer notre tâche, à caractériser l’œuvre théologique de G. Godet. Ce n’est pas tout à fait chose facile, car cette œuvre, il faudrait la chercher non dans ses publications dont plusieurs ne furent après tout que des écrits d'occasion, mais dans son enseignement — labeur de vingt années — dont nous ne connaissons malheureusement qu'une faible partie. Il faudrait s’attacher surtout à décrire Son exégèse si travaillée, si solide, si savante, toute pénétrée de son clair bon sens et guidée par le tact chrétien le plus averti. Le volume auquel ces pages servent d’introduction en donnera quelque idée, alors même qu’il y manquera la chaleur, l'animation, émotion même qui donnaient tant d'autorité, de charme et de puissance spirituelle à l’enseignement de G. Godet. Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons dit plus haut de sa sciencesi précise, si droite, de sa méthode si claire, de l’impartialité absolue avec laquelle il rapportait et discutait l’opinion des théologiens dont il ne partageait pas les vues. Nous nous bornerons à définir