‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 40 sur 117 · GEORGES GODET LI · texte numérisé non relu

GEORGES GODET LI

en quelques pages ce que fut son orientation théologique.

G. Godet, comme son père, à été parfois mal jugé: on l’a pris plus ou moins pour un représentant attitré des tendances conservatrices, toujours prêt à foncer, d’une belle ardeur. sur les opinions mo:lernes. On oubliait qu élevé dans un milieu où les antiques traditions protestantes avaient conservé une bonne partie de leur autorité, un milieu où les vues très arrètées du Réveil comptaient de nombreux partisans. il a dû tout d’abord s en déga:er et l’a fait avec une sincérité et une liberté d'esprit auxquelles on ne peut que rendre hommage ; on oubliait aussi, ou peut-être on ne savait pas, qu'il n’a jamais Sinctionné de son silence une théologie qui n’était pas ou n’était plus la sienne et s’est efforcé loyalement. quoique avec prudence, de gagner à ses vues un public toujours prompt à prendre ombrage et à s’effaroucher. Il a fait plus d’une fois hocher la tête à de braves gens qui l’accusaient, — qui l'accusèrent même publiquement — de faire œuvre néfaste et de saper Les bases de la foi.

Une des premières questions sur lesquelles il eut à se mettre au clair fut celle de l'inspiration des saintes Écritures. Éclairé par ses études, par ses recherches personnelles, et surtout, semble-t-il, par la lecture de l’ouvrage de Frédéric de Rougemont sur Christ el ses Témoins, il fut amené à prendre ouvertement position contre la conception théopneustique de Gaussen et du comte de Gasparin. Il le fit franchement et sans réticences, persuadé de faire œuvre utile en disant simplement la vérité, invitant ses auditeurs ou ses lecteurs à s’incliner devant l'autorité des faits.

«Les faits ! Ils se résument à cet égard dans ce qu’on à appelé «l’infirmité» de l’Écriture sainte : variantes de textes, divergences entre les documents, erreurs de détail, traces évidentes du tempérament et de la faillibilité humaine des auteurs. Tout cela prouve à l’évidence que l'idée théopreustique d’un livre dicté de Dieu, infaillible jusqu’en ses moindres détails, est une fiction, dont nous o*ons dire qu’elle est irrévocablement condamnée; il n’y a pour ainsi dire qu’une voix là-dessus dans le monde des théologiens et des pasteurs. Soyez sûrs, d'ailleurs, que le point de vue théo-

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