LIL GEORGES GODET
pneustique, aujourd'hui abandonné des théologiens, n’est pas celui qui glorifie le mieux la beauté et la divinité de l’Écriture. Écrite par des hommes, dans des conditions analogues à celles de tout autre livre et avec des chances d’accident semblables, la Bible, vivant témoin de la foi et des expériences des hommes de Dieu en présence de la révéla-tion, dont le souffle inspirateur se fait sentir à chaque ligne de leurs ouvrages, n'est-elle pas bien plus divine et plus belle que si elle avait été écrite, comme sous dictée, par des Sscribes, instruments passifs du Saint-Esprit !» Ainsi S’exprimait-il dans un discours ! prononcé en 1895 à l’Assemblée générale de la Société biblique de France. Il n’avait pas été moins explicite dans la série d'articles qu’il avait écrits en 1882 sur le même sujet dans le Journal religieux.
Comme son père, il avait, dans le domaine de la christologie, rejeté le dogme orthodoxe des « deux natures » et lui avait substitué la théorie de l’abaissement volontaire du Fils de Dieu. non dans un but spéculatif, mais dans l'intérêt même de la piété et pour sauvegarder l’humanité de Jésus. Il avait rejeté de même la doctrine de la prédestination, non d’un coup d’épaule, mais à la suite d’une étude attentive des textes bibliques et des principaux monuments de la dogmatique calviniste. Il repoussait encore la théorie juridique de la rédemption par le sang de Christ : « Je suis loin de penser, avec l’ancienne orthodoxie, qu'il fallait à Dieu du sang pour pardonner. Un père a-t-il besoin, pour lui pardonner, d’autre chose que du retour de son fils repentant ? » 2 Il était loin de reprendre à son compte tout ce que l’ancienne Église a décidé et inscrit dans ses formules ; il ne retenait, de l’héritage du passé, que ce qu’il avait réussi à s’approprier réellement, et quand il laissait tomber quelque chose, il n’a jamais hésité à en faire l’aveu.
D'autre part, comme G. Godet n’a jamais séparé, ni dans ses études personnelles ni dans son enseignement, la théologie des intérêts de la piété, il s’est attaché de préférence à ce qui tend à nourrir la foi et à l'affermir. C’est là tout le
! Notre Bible. Revue e Théologie et des Questions religieuses janvier 1896.
? Le salut par la foi p. 68.