PRÉAMBULE
(E, 1-11) L'adresse (I, 1-2).
‘Paul, apôtre de Christ Jésus par la volonté de Dieu, et le frère Timothée, à l'Eglise de Dieu qui est à Corinthe, ainsi qu'à tous les saints qui sont dans toute l’Achaïe, ? grâce et paix vous soient de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ !
[Suivant la formule usitée dans l'antiquité : CN. à N., salut ! » (cf. Act. XXIIT, 26), les adresses des lettres de Paul se composent de trois éléments : a) l’auteur ; b)le ou les destinataires ; c) la salutation. Chacun de ces trois éléments reçoit, selon les circonstances, des re plus ou moins étendus.]
v. À. — [a) L'auteur. — Sur la personne et la vie de l’apôtre, cf. F. Goner, Zntrod., IL p. 76-134; sur le nom ados, ibid., p. 77.]
Paul ne s’appelle pas simplement 60840ç *Inooù Xgroto5, comme p. ex. dans Phil. L 1, où il partage ce titre avec
1 [Sur le cadre habituel des épitres de Paul (préambule, corps de la lettre, conclusion), voir F. Gongr, Introd., I, p. 146. s.]
Timothée (voir aussi Rom. 1, 4, où le titre de 60840ç précède celui de énéor020ç), mais éxôoro2os, et cela (re Jemuatos #e05 (cf. 1 Cor. EH, 1 ; Éph. [,1). En face d’une Église où son autorité apostolique est encore contestée, il tient à relever cette autorité, et il déclare qu’il la tient de la volonté de Dieu, de qui il a reçu directement sa vocation ; cf. Rom. I, 1, et surtout Gal. L 4.
Des deux leçons : Xovoroù ‘In00û (R BM P etc.) et : nooû Xe0105 (ADE GK L etc.), la première met l’accent sur la charge, la seconde, sur la personne. Les critiques modernes s'accordent à préférer la première.
A son nom Paul ajoute celui d’un collaborateur. Celui-ci u’est plus Sosthènes, comme dans1 Cor [1 [voir le commentaire de F. Goper à ce passage], mais Timothée [sur lequel voyez F. Goper, 2ntrod. I, p. 130. ss.].
Timothée ne doit pas être envisagé comme le simple secrétaire de l’apôtre ; en effet, dans 1 Thess. [, 1 ;: 2 Thess. L 1, Paul nomme deux personnes à côté de lui-même, à savoir Silvain et Timothée, et dans Gal. E, 2, il s'associe « tous les frères qui sont avec lui ». Comparez aussi Rom. X VE, 22, où, à la fin de l’épitre, le secrétaire de Paul, Tertius, se nomme lui-même, tandis que son nom n’est pas joint à celui de Paul dans ladresse 1, 4. Il faut done bien plutôt admettre que Timothée à eu sa part dans la composition de l’épître ; Paul s’en est, avant d'écrire, entretenu avec lui. Cela est d’autant plus naturel que Timothée avait travaillé avec Paul à la fondation de l’Église, que dès lors il avait peut-être été en mission à Corinthe, qu’il connaissait mieux que personne les circonstances de l’Église et pouvait se réjouir avec Paul tout particulièrement de l’heureuse issue de la mission de Tite. Peut-être le fait que Paul continue, dans ls v. 4. ss. 8.5s., par la 1re pers. du plur., tandis que dans 4 Cor. I, 4 ss. 10. ss., il poursuit au singulier, indique-t-il une relation plus étroite de Timothée avec les Corinthiens que celle de Sosthénes, et une collaboration plus effective à la confection de la lettre (Hormanx, Meyer HEINRicI). — Le titre à déelpôs (appliqué pareillement à Sosthènes dans1 Cor 1,1)n'implique pas la qualité de collègue dans le ministère; il désigne la simple communion fraternelle en Christ.
[b) Les destinataires. — Sur l'Église de Dieu, voir F. Goper à 1 Cor. L, 2.] — z0ù %eoù est un génitif de possession.
oùv vois &ylous n&ow.., Dans 1 Cor., Paul joint à l’Église
de Corinthe «tous ceux qui invoquent en tout lieu le nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (1, 2»), c’est a dire toute la chrétienté d'alors en général, tandis que notre passage vise plus spécialement. à côté de l’Église de Corinthe qui reste la destinataire principale de Pépître, tous les saints qui sont dans toute l'Achaïe, c'est-à-dire les chrétiens de Grèce dispersés hors de Corinthe. La seule Église constituée se trouvait sans doute à Corinthe ; elle servait de centre de ralliement à de petits troupeaux plus ou moins compactes et plus ou moins autonomes, comme celui de Cenchrées, où Rom. XVI, 1 constate l’existence d’un groupement de chrétiens qui est appelé une éxxAnoic.
. S'il y avait eu en Grèce, ailleurs qu’à Corinthe, plusieurs Eglises un peu considérables et dûment organisées, Paul aurait écrit sans doute : oùv tais éxxAnoias näoœs (MEYER- HEINRICI).
Le mot Achaïe, très probablement, désigne ici la province romaine de ce nom, qui comprenait l’Hellade et le Péloponèse, et au nord de laquelle s’étendait la province de Macédoine, embrassant la Macéloine, la Thessalie, l’Epire et l'Illyrie. — Les chrétiens sont appelés &ysos; ce terme n’implique pas la parfaite pureté morale de ceux auxquels il est appliqué; il signifie: «mis à part, consacrés ». Les chrétiens sont « saints » par leur appartenance à Christ. Accepter Christ par la foi, c’est accepter la sainteté qu’il a réalisée lui-même, et s'élever ainsi de la sphère de la vie naturelle dans celle de la sainteté.
v. 2. — [c) La salutation, ou] le vœu apostolique, [se retrouve identique dans 4 Cor. 1, 3, passage à propos duquel F. Goner (Commentaire) fait remarquer : « Ce vœu est la paraphrase chrétienne des salutations grecque (yæigewr, Act. XIII, 26) et hébraïque («Paix te soit ») ».} — La yœos (Ll’amour gratuit de Dieu pour le pécheur) est la cause qui à pour effet l’eigpvn. cest-à-dire le sentiment de profonde quiétude, de sérénité parfaite, produit par la foi à cette Ados.