TI
Les mots %eoû et xvoiov ‘sont ‘parallèles; ils dépendent tous deux de &éxé. Dieu et Jésus-Christ sont présentés comme les deux sources simultanées et coopérantes de la grâce et de la paix : le premieren sa qualité de Père (nous avons, en Christ, la viodectæ, cf. Gal. IV,5; Rom. VII, 45: Eph. L 5) ; le second, en tant qu'il est le représentant de l’autorité divine, celui à qui Dieu a tout remis, en un mot le Seigneur.
L'action de grâces (I, 3-11).
3 Loué soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus- Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, # qui nous console à l’occasion de toute notre affliction, en sorte que nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans toute espèce d’affliction, au moyen de la consolation dont nous sommes consolés nous-mêmes par Dieu. 5 Car dans la mesure où les souffrances du Christ abondent sur nous, dans cette même mesure aussi notre consolation abonde par le Christ. 6 Or, soit que nous soyons affligés, c’est pour votre consolation, qui se montre efficace dans la constance avec laquelle vous endurez ‘les mêmes souffrances que nous supportons aussi nousmêmes — et notre espérance à votre sujet est ferme — ;
soit que nous soyons consolés, c’est pour votre consola-
tion et votre salut. 7 Car nous savons que comme vous avez part aux souffrances, ainsi aussi vous avez part à la consolation.
8 Car nous ne voulons pas que vous ignoriez, frères, relativement à l’affliction qui nous est arrivée en Asie, que nous avons été accablés à l’excès, au delà de nos forces, de telle sorte que nous en étions venus à désespérer méme de la vie. ? Mais nous-mêmes, au dedans de nous-mémes nous avons trouvé la sentence de mort, afin (et de sorte) que nous ne fondassions pas notre confiance sur nous-mêmes, mais sur le Dieu qui ressuscite les morts, 10 lui qui nous a délivrés d’un si grand danger de mort et qui nous en délivre, lui sur qui repose notre espoir qu'il nous délivrera encore aussi (à l’avenir), !! puisque vous aussi vous êtes à l’œuvre avec nous, travaillant pour
Na
nous par votre prière, afin que le bienfait obtenu pour nous par les visages de beaucoup (tournés vers Dieu) soit l’objet de l’action de grâces de beaucoup pour nous.
Tandis qu’en général l’action de grâces se rapporte, dans les épîtres de Paul, à l’œuvre que Dieu a accomplie parmi les lecteurs, celle de notre épître vise Paul lui-même et ce que Dieu vient de faire pour lui : il est encore tout vibrant et, pour ainsi dire, tout rempli de la vive impression d’une expérience personnelle. — Construite avec beaucoup de soin, aussi bien quant au fond que quant à la forme (rythmique), cette action de grâces est en relation étroite avec la position de Paul vis-à-vis des Corinthiens ; elle accentue son entière communion avec eux (MEYER-HEINRICI).
v. 32. — L'action de grâces s'adresse au Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ ; ef. Éph. [, 3%, qui est identique avec notre passage. (L'action de grâces de l’épître aux Éph. présente d’ailleurs d’autres analogies avec celle de 2 Cor.).
Eÿ2oynr6s correspond à l’hébreu bärouk ; il doit être traduit par célébré, loué, plutôt que par béni!, et il faut sous-entendre ein : «qu’il soit célébré, loué... » Chez les rabbins, Dieu est le edloynrôs xar’ &£oymv : la formule benedictus Deus est fréquente ; on la trouve même dans le N. T.; cf. Mare XIV, 61 (où et Ô Xouords, 6 vids roù edloynrod). Ce mot sdloynrés est ici mis en tête, comme d’ordinaire dans les doxologies, parce qu’il a l’accent 2. — 6 Ses xai mario. : ici comme en général l’action de grâces ne s’adresse qu’au Père, qui est l’auteur, la source première du salut. I] l’est en tant que Dieu et Père de Jésus-Ghrist. Dieu indique l’absolue dépendance de Christ par rapport à Dieu ; Père, son entière intimité avec lui. C’est en vertu de ce double rapport qu’il est le Médiateur de notre salut. — Nous faisons de zoù xvolov ur. le complément des deux substantifs deds «ai marno (de même OLSHAUSEN, SCHENKEL, EWALD, HormaNN, KLôp-
: 4 [En tout cas le verbe « bénir » aurait ici le sens de « dire du bien », et non : « faire du bien »].
2 Le cas est autre dans Rom. IX, 5, où l'accent tombe sur la personne.
PER, HEINRICI, SCHMIEDEL, WEIss, ainsi que W. Scamipr et OcrramanE à Éph. I 3, et Gongr à Rom. XV, 6), etnon de rare seul (ainsi MEYER, HARLESS à Éph. E, 3). La première liaison est plus naturelle, les deux substantifs étant réunis sous le même article. La locution Dieu de Jésus-Christ n’a d’ailleurs rien d’insolite : voy. Éph. [, 17; Matth. XXVIL, 46 ; Jean XX, 17.
Le v. 3° reprend les deux termes #e0ç et marño de 32 (où ils servent à caractériser la relation de Dieu avec Jésus-Christ), pour les appliquer, dans l’ordre inverse, à la relation de Dieu avec les fidèles et plus particulièrement avec Paul lui-même. L’apôtre nous montre quel Père, quel Dieu il a, en nous décrivant Dieu tel qu’il s est révélé à lui dans son expérience individuelle. — 6 narÿo 16» oixripudv: le génitif est un génitif de qualité, ef. Éph. L. 17 : mare vis 06Ëns : sens : «le Père dont le caractère est la compassion » (cf. Rom. XIT, 1). Cette épithète jaillit de la fraîche expérience de Paul. — RÜckERr, SCHMIEDEL voient dans le génitif rôv oixriguüv un génitif de l'effet, mais c’est à tort, car oixriquoi désigne un sentiment subjectif !, non un don objectif de Dieu. — Dans le second membre, par contre (eds néons naçaxÂroews), le génitif est celui de l’effet (ef. v. 4 et VII, 6), (malgré HorManN, qui veut que les deux génitifs soient entendus de même). La détermination mæaçaxAioews convient à eds, comme le oëxrigu&r convient à zarfo : si le Père est celui qui compatit, Dieu est celui qui a la puissance de relever, de consoler. Et il console parce qu’il compatit : la maçgdxAmois est la conséquence des oëxtiquoi. — Remarquez que les mots rnapaxaleir et mapdxÂmous reviennent jusqu'à dix fois dans les v. 3-7.
v. 4. — Les qualités divines relevées au v. 3 se manifestent dans l’expérience de Paul lui-même. Le participe présent naçaxa Av (CHRYSOSTOME remarque que l’apôtre n’a pasdit: Ô nagaxaléoæs) indique la permanence : il ne s’agit pas d’une consolation qui aurait eu lieu une fois, deux fois, mais d’une consolation qui est habituelle ; c’est en consolant sans
! [Cela malgré le pluriel, qui ne fait que relever la force du sentiment; voir BACHMANN.]
F Dngt
cesse que Dieu se manifeste comme 6 xaçaxalôr. — naçaxaÂeiv ne signifie pas « délivrer » (RUCKERT), mais «encourager », « consoler » ; l’idéeest que Dieu communique à Paul par l'expérience qu’il lui fait faire de son amour paternel, une telle paix, un tel calme intérieur (4), que l’apôtre soit en état d’en consoler (affermir) d’autres à son tour (4°). — ju&s ne peut pas désigner tous les chrétiens, car ce fu&e, qui est repris dans 4b , S'y oppose à roùs &v xdon d'Aipes, et au v. 6. la 1" pers. du plur. (AuBdueda, nagaxaloëueda etc.), est opposée à la deuxième (éw@v). Ce pronom u&s désigne Paul avant tout, mais aussi Timothée. Quand Paul parlera spécialement de lui-même, à propos d’affaires toutes personnelles, il emploiera la 1e personne du singulier (voir v. 15. 15. 17). Il y à dans l’épître de fréquents changements à cet égard. — êxi indique l’occasion de la consolation, la circonstance qui la provoque. — xdon 7ÿ dAiper a le sens collectif ; les afflictions diverses qui atteignent Paul sont présentées conme un tout : c’est tout un gros fardeau d’épreuve qui pèse sur lui (ef. Weiss).
Le v. 4 indique le but divin! de l’action consolatrice mentionnée dans 42. Ce but, Paul se l’approprie en plein : rien d’égoiste chez lui; tout est pour l’Église, pour Jésus- Christ (CALVIN : non sibi vivebat apostolus, sed ecclesiæ). Paul ne voit en lui-même que lapôtre : tout ce qui lui est arrivé a eu lieu en vue de l’Église qui doit en profiter. S'il est consolé constamment, jour par jour, c’est pour pouvoir d’autant mieux consoler les autres.
Tods êv ado dAbper : « ceux qui sont dans l’affliction, laquelle que ce soit », ou : «en toute espèce d’affliction », (HormanN). Meyer entend : «ceux qui ont toute sorte d’afflictions à la fois, les &v xavri d'AuBôuevor» (cf. IV, 8: VII, 5). Mais c’est presser à l’excès le sens des mots ; l’apôtre n’oppose pas ici ceux qui ont toutes les afflictions à ceux qui n’en ont que quelques-unes. Il veut dire: « quelle que soit la cause, la nature de l'affliction, je puis consoler ». Weiss note avec raison la différence qu'il y a entre le zoùç êv néon daAipe de v. 4b et le éni néon 1ÿ d'Aiper fudvr de
1 [Et en même temps le résultat (BACHMANN).]
v. 44, — La fin du v. (ôcà rÿç magaxAñuewcs..) dépend de napaxañeiv : «au moyen de la consolation. ete., c’est-à-dire en leur communiquant notre propre consolation, celle que nous avons nous-mêmes reçue de Dieu ». On ne peut consoler, affermir les autres qu’autant qu’on est soi-même consolé, affermi. Consolés, nous faisons passer dans les autres les motifs et les puissances de consolation que nous avons trouvés dans les compassions divines. — #çs est mis par attraction pour #v (on dit : magéxAnoir naçgaxæÂeir) ou pour ñ (ne Werre, cf. Act. [, 22). ! — aœdroi: «nous-mèmes », en opposition aux autres, à ceux qu il s’agit de consoler.
Le v. 5 motive le dernier membre de phrase de 4b: à vs naçarÂmoews ÿs nagaxañobueda œôroi..…. (MEYER, MEYER- HeinRricD : [le lien est : «Je suis en droit de parler des consolations que nous recevons de Dieu}, car plus il v a d’affliction dans notre vie, plus il y à aussi de consolation : l’une abonde autant que Pautre ». Cette expérience, invoquée à lappui de la déclaration du v. 4, est non l’expérience générale des chrétiens (Weiss), mais celle de Paul lui-même. Les naÿmuara correspondent à la Aipes Audr du v. 4t: cil y a des d2iweis dans notre vie, mais ce sont des maduara roù Xçroroô, et il y à par conséquent aussi une zaçodx nous COrrespondante à roù Xguoroÿ ». — Le xadcçs.. oÿrws exprime ce rapport logique entre les deux faits : il n’indique pas seulement que l’abondance des consolations égale l'abondance d’affliction, mais, comme le dit très bien HorManN, il marque la relation nécessaire entre les deux choses: comme il y a naduara toù Xouoroÿ, il doit v avoir, corrélativement, napdxÂnois où 10ù Xo10105. É
L'expression madfuara 10ù. Xoworoù a été expliquée de diverses manières. PÉLAGE et d’autres entendent : « souffrances pour la cause, pour l'amour de Christ», mais le génitif ne saurait avoir ce sens. CHRYSOSTOME, OSIANDER interprètent : « souffrances de Christ dans les siens», et comparent Act. IX, 4. s. : pe WETTE explique à peu près de même : «les souffrances du Christ mystique, dont les chrétiens sont les membres et dans la communion duquel ils souf-
! [BACHMANN se prononce également pour # .]
frent », et renvoie à Phil. IIE, 40 ; Rom. VITE 47. Mais cette idée, qui est du reste étrangère au N. T. (même dans Act. IX, 5), contredirait l’idée de la gloire actuelle de Christ, qui ne souffre plus, mais au contraire, du sein de sa gloire, console ceux qui souffrent. Le vrai sens nous paraît être le suivant: les zaduara roù Xo1o1o5 sont les souffrances que Christ [le Christ historique] a souffertes et qui se continuent dans les siens, dans ceux qui poursuivent et achèvent son œuvre en proclamant son salut. Les serviteurs de Christ souffrent des souffrances toutes pareilles à celles de Christ (RÜCKERT : quales passus est Christus), des souffrances de la même espèce, et, pour ainsi dire, de la même catégorie (Mever-Heinkicr) que celles de Christ ; ils souffrent pour le salut du monde et par les ennemis de Christ, dont ils attirent sur eux la haine. L'idée est la même que dans Col. E, 24, où Paul déclare qu’il achève de souffrir en son corps ce qui manque aux souffrances de Christ pour l’Église (ainsi CALVIN, NEANDER, EwWALD. OLSHAUSEN. MEYER, HOFMANN, KLÔPPER, Beer, Bousser). Cf. Rom. VII, 17 : Phil. IL, 10 : 4 Pierre IV, 43 : Hébr. XIE, 13, et la parole de Jésus, Matth. XX, 22. Voir également, dans notre épiître : IV, 10. — Ces souffrances de Christ, il y en à comme un débordement (xeçuocebe) sur Paul et Timothée (eis qu&s), mais il y a aussi un débordement correspondant de la æagdxAnous. Pendant que le monde les juge frappés de Dieu, les croit anéantis, morts, ils se relèvent, ils revivent (cf. VE 9). — Et cette zaod- xAnors, elle leur est assurée et abondamment donnée par le Christ (ô& To Xouorod), maintenant glorifié, mais qui a souffert ici-bas et dont ils partagent les souffrances. Cette puissance de relèvement. de consolation s'exerce en vertu (di) de l’action et de l’habitation en eux de Christ par l’Esprit, qui produit les effets les plus merveilleux : cf. Eph. IE, 17 ; Rom. V, 3-5 : VIIL, 16. 28. 37.
Le v. 6 revient à l’idée, que Paul à exprimée au v. 4, du but de ses souffrances et de la consolation qu'il y reçoit (à savoir : eg 7 Üdvaodar fus napaxaAeïr…) Le 8€ marque la gradation de l'idée du v. 5 à celle du v. 6 : non seulement lui, Paul, a éprouvé, dans et par la Aïyrs, la consolation, mais les lecteurs, eux aussi, doivent recevoir un fruit; toutes les expé-
riences de souffrance avec Christ et de consolation par Lui, que l’apôtre a faites sont pour le bien de l'Eglise : elles n’ont de prix à ses yeux qu’en tant qu'elles servent à ses lecteurs : « Et tout cela, veut dire Paul, soit la d2igrs qui me frappe, soit la æagdxAnois qui me relève, c'est pour vous ! » Admirable manière de leur faire comprendre que tout ce qui avait pu se passer entre eux et lui, n’a pas brisé ni relâché le lien intime qui l’unit à eux. pour lesquels déjà il a travaillé et souffert, pour lesquels il souffre et travaille encore.
Les manuscrits se partagent, pour notre v. 6, entre deux leçons principales qui diffèrent essentiellement par l'endroit où sont placés les mots : zÿçs évepyovuérnc… etc., jusqu’à BeBaia dnio dudv. Une des deux leçons rattache ces mots au premier membre de l'alternative (eëre Ôè d'Bôueda, dnèo 1 dbudr naçarAñoews nai corneiæs) ; c’est celle de BDEFGK LIL Syrsch. 80 Minusc. Ces documents, à l’exception de B, ajoutent les mots xai owrmoiægs à chacun des deux génitifs zaçaxAroews !. La leçon de B (omission du premier ocœornoiæs) se trouve en note dans l’édition de NESTLE. Elle à été bien défendue par ne Werre et adoptée par Weiss, tandis que TiScHENDORF, 7%e éd., et LACHMANN avaient admis la leçon de D ete. et de l'Itala.
L'autre leçon principale, qui rattache les mots 79çs éveoyovuérns … etc. au second membre de l'alternative /eire maçaxahotuesda dbnèe 1ÿç budv naçaxÂoews], mais en supprimant ici le xai owrnçias après zaçaxlioews, est celle de RACMP Copt. Vulg. Syrr., admise par TIScHENDORF, Sue éd. Wesrcort-Horr. NEsrLe, etdéfendue par Hormannet KLôPper.
Gontre la première leçon principale (B D'ete.) on a objecté que le participe évegyovuérns doit v être pris au sens passif, car il se rapporte à owznçias qui ne comporte pas le sens actif 2. CHRYSOSTOME, CALVIN, Ewaup, Rückerr tiaduisent en
! Le T.R. en fait autant, en remplaçant, la seconde fois. TaQanÂñoews par dxmouovÿs ; en outre, 1l détache la phrase xai ÿ &Anis Quôv Bebaia dnèg dbudv et la rejette tout à la fin, après le second oornoias, au lieu de la laisser après zéayoue». où est sa place d’après tous les manuscrits. Cette leçon du T. R. paraît être une simple conjecture d’Erasme.
2 Remarquez cependant que be WerTre conserve le sens actif en traduisant : «se montrer efficace ».
effet par le passif : «est opérée ». Or, éveoyeïodæ n’a pas le sens passif dans le N. T. Il est toujours moyen et a le sens actif ;cf. IV, 12 : Éph. IL 29 : Jacq. V.16 et surtout Gal. V, 6: miotis Ô dydrncs évegyovuérn Mais cette objection, qui porte contre la leçon de D etc. ., ne touche pas la leçon de B, dans laquelle ne figure pas le premier xai oœrnoias, — ce qu'oublient les critiques ; et il est fort probable que B a ici, comme dans d’autres cas, conservé seul la vraie leçon (voir Weiss, Tertkritik der paulinischen Briefe, 1896, p. 137). — On objecte encore que dans cette leçon les deux eire.. parallèles sont trop éloignés l’un d2 l’autre, sépares q rils sont par toute une série de déterminations. Mais la phrase n’en est pas moins très claire.
On a voulu expliquer cette première leçon principale (B D etc.). qui est la mieux appuyée et par des manuscrits de trois familles. conme une correc!'ion destinée à éviter la liaison peu correcte «le eidôes (v. 7) à ce qui précède. Mais ces constructions un peu lâches sont fréquentes chez Paul, et le sens est très clair quand même. Le motif de la correction (si correction il y a) ne peut donc guère être celui-là. Il vaut mieux penser avec Weiss (|. c.) que la grande distance qui sépare les deux seÿze dans la leçon de B D etc. aura engigé les correcteurs à transporter le second sëze plus haut. Ou bien, tout simplement. les mots qui reviennent les mêmes dans le test: de l’apôtre (dxèo 19ç budrv naçanÂñoews + xai cœtnolæs) auront occas,onné une confusion, dont les copistes se sont tirés comme ils ont pu, et qui a abouti aux deux (ou trois) textes que nous avons (n etc.; B; D etc. : sans parler du T. R.)!.
Soinme loute, nous adoptons done la leçon de B, qui est aussi, pour l’essentiel, celle de D etc. [t., dont elle ne diffère que par la suppression du premitr cœryelas Ce texte se recommande d’ailleurs aussi pour le sens. Comme l’a remarqué pE WETTE, l’idée expr mée par 76 éveoyovuévns êv dnouovÿ 1ôv adrov naÿnuärwyr Se relie bien mieux au premier verbe (Bôueda) qu’au second (zaçpaxalobëueda).
111 ne faut pas oublier qu’il y a derrière nos plus anciens documents (alexandrins) un travail de réviseurs qui a souvent modifié, aplani le texte. La leçon de N est sans doute née d’une telle révision.
En posant l'alternative eÿre. ere, Paul sépare la d'Aiqus et la mapdxAnous, quand même, d’après le v. 5, ces deux choses sont inséparables ; c’est pour dire : «quoi qu’il puisse m’arriver, dans quelque situation ou disposition que je puisse me trouver, que je pleure ou que je sois consolé, tout, mon affliction aussi bien que ma consolation, est pour votre bien. »
Reprenons maintenant les deux termes de l’alternative, en suivant la leçon de B.
4er terme. «Or !, si nous souffrons, c’est pour votre consolation (se: que nous souffrons ; il faut sous-entendre un second #B6ueda comme verbe de la proposition principale), c’est-à-dire pour pouvoir vous consoler véritablement » (on peut vraiment consoler celui qui souffre lorsque, souffrant, on à été consolé soi-même, voir plus haut à la fin du v. 4) : «c’est afin que vous possédiez cette consolation qui se manifeste, opère, montre sa puissance (7ÿs évegyovuérns) dans (ou : par) la constance (èxouorf) qu’elle produit et qui vous permettra de supporter les mêmes maux (persécutions) que nous supportons nous-mêmes. Nous souffrons pour vous mettre à même d’être patients comme nous !» — La dxzouovr (de dn6-uéveiv, tenir bon sous l’épreuve) est le fruit de la zaçû- #Âmois : consolé (intérieurement apaisé et fortifié), on supporte. Étant affermis, les lecteurs seront en état de supporter. Cf. Rom. V, 3 : 4 dAigis brouovÿr xareoyberas. — 10v adror madmuéror : CES Maux, les mémes, Seront donc aussi des zadmuara 10 Xowo7où. Nous ne sachions pas que l’Église de Corinthe ait, à cette époque, déjà eu à souffrir ; ce sont des maux encore futurs. — & : attraction pour &.
Les mots xai Anis judr Bebaia dnio dudy se rattachent très naturellement à ce qui précède: « Et c’est notre ferme espérance qu’en effet vous ne faiblirez pas dans les tribulations quand elles vous atteindront.» De l’action fortifiante de la magdxAnous résulte l’espérance fondée que Paul à de leur victoire, semblable à la sienne: il à bon espoir pour eux ; c’est done bien de maux à venir qu’il s’agit. — dnèo buy Se rapporte à l'ensemble de la proposition xai
‘ [Sur la portée du dé, voir plus haut au commencement du verset.]
éAnis judv BeBaia (Sc.: éotiv), qui est une incidente. — On dit pofeiodar dnée vuvos. propter aliquem in metu esse (MEYER-HEINRIC).
Le second terme de l'alternative (ere nagaxalodueda… oœrnoiæs) introduit une idée nouvelle, celle de la oœzngla (nous avons noté plus haut que dans la leçon de B, que nous
suivons, le xai owrnglas ne figure pas au premier terme),
Dans ce second terme, en effet, Paul dit : « Et si nous sommes consolés, c’est aussi pour votre consolation », et il ajoute : cet pour votre salut »: la foi éprouvée par la souffrance, affermie par la consolation divine, manifestée dans la patience, garantit aux lecteurs leur salut définitif (cf. Rom. V, 4. s.). Le mot oœwznçia désigne ici, comme souvent, le salut final, la délivrance totale, à venir, cf. 4 Pier. I, 5, et pour l’idée Rom. V,9 ; VIE, 24.
v. 7. — Dans la leçon den etc., le nominatif etôdtes se rattacherait ad sensum à fu&r. C’est là une incorrection fréquente ; ef. p. ex. Col. If, 2 (leçon ovuubrBaodévres). Dans la leçon de B D'etc.It., il se rattache au zapaxalodueda, verbe de la principale sous-entendu à la fin du v. 6 (et non, par anacoluthe, à our, comme le veulent RückERT et EwaLp): Paul est assuré que le v. 6 fin (nous suivons toujours la leçon de B) se réalisera pour les Corinthiens ; sa consolation sera la source de leur consolation et de leur salut final, parce qu’il sait que, de même qu’ils participent à la souffrance (celle qui atteint les chrétiens, comme c’est le cas de Paul et de Timothée), ils participeront aussi à la consolation. — La xowoviæ 15v naÿmuäroy est entendue par plusieurs (ainsi CHRYSOSTOME, voir MEYER-HEINRICr) de la sympathie des lecteurs pour les maux que l’apôtre endure maintenant (la sympathie étant un sauffrir avec). Mais le v. 6, qui fait allusion déjà aux maux propres des lecteurs (&v dnouovÿ 1ôv arr madmuärwr), ne permet absolument pas ce sens, Le xai mueïs, dans ce v. 6, distingue nettement les maux personnels de Paul et Timothée de ceux des lecteurs, qui, nous lavons vu, sont encore à venir. Cf. aussi v. 4: 7oùç &v m&om SAbper. L’apôtre sait que les Corinthiens ne faibliront pas, quand ils seront appelés à passer par les mêmes souffrances que lui, parce