‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 50 sur 117 · LT · texte numérisé non relu

LT

qu'ils auront, comme lui, la consolation, l’affermissement correspondant . fl

Les v. 8 44 expliquent (yée) pourquoi l’apôtre s'étend ainsi sur la SAipus et la mœodxAnois dont il est l'objet : il fait part iei à ses lecteurs de ses récentes expériences de souffrance et de consolation en Asie. Il ne raconte pas les faits, qu'il sait évidemment être connus des lecteurs (sans doute par Tite), mais s'arrête seulement à l'expérience intime qu'il a faite de l’aide miséricordieuse de Dieu. — Il est superflu de supposer, avec HorManN, que ceci doit répondre à un message de l'Église de Corinthe relatif à cet événement.

v. 8. — Où yào Sélouer...: « je ne veux pas que vous ignoriez ce qui s’est passé en moi à celte occasion. » La même formule (au singul.) se retrouve par ex. Rom. I, 13 [également à propos de quelque chose d'intérieur et de personnel à Paul (son projet d'aller à Rome)}. — xeçi (R A C D etc.) est remplacé par èxée dans le T. R., d’après B K L M. Le sens reste le même. {Voir sur l'emploi de ces deux prépositions l'une pour l’autre : BLAss, Grammatik des ntl. Gr., $ 42, 4, et RaADermACHER, Né. Gr., p. 116 (dans le « Handbuch z. NT Le futr qu'on trouve dans le T. R. à la suite de yevouérns (d’après EKL etc.), manque dans 8 A BCD etc. ; il est superflu.

Quelle est cette SAïprs qui a mis Paul et Timothée en danger de mort? Plusieurs ont pensé à une maladie grave de l'apôtre (RückEeRrT, ete.) : mais les v. 4-7 s’y opposent : ce ne serait pas des xad@muara 1où Xoworoë. Il ne peut s'agir icique de souffrances pour l'Évangile. Et s'il s'agissait d’une maladie, cela ne concernerait que Paul, tandis que le pluriel

1 [Le éo7e du v. 7 serait donc un présent de l’idée (ScHMIEDEL : zeitloses Präsens). BacHm. et LiETzM. ÿ voient au contraire un vrai présent et pensent à des souffrances actuelles des lecteurs, souffrances qu’il ne nous est pas possible de préciser. BAcHMANN rappelle en outre que 2 Cor s’adresse à tous les chrétiens de l’Achaïe, parmi lesquels maint petit troupeau pouvait avoir à subir bien des vexations. — Il faut reconnaître que le êote, ainsi que le évepyovuévns du v. 6.et tout le parallélisme des v. 6 et 7, parlent plutôt en faveur de souffrances présentes, ce qui n'empêche pas que é4xis ne fasse allusion à l'avenir.

implique Timothée. — Hormanx, d’après XL, 25 (rois évavdynoœ), admet un naufrage : cela s'accorderait bien avec le v. 9, qui suppose une position dans laquelle Paul ne pouvait absolument rien faire pour se sauver. Mais il faut alors interpréter &v 77 ‘Acta : « sur les côtes d'Asie »,ce qui n’est guère possible. En outre, le v. 10, qui parle d'une délivrance continue, sans cesse répétée et devant se renouveler dans l'avenir (grâce aux prières constantes des lecteurs, v. 14), ne convient pas à un danger aussi exceptionnel qu’un naufrage. La plupart des exégètes (THÉoD., CALVIN, OLSHAUSEN, OSIANDER, EWALD, BEET, [BACHMANN, LIETZMANN|) pensent au tumulte de Démétrius (Act. XIX, 23. ss.). MEYER-HEINRICI objecte que Paul n’v a pas été personnellement en danger. Mais l’issue heureuse qu’eut pour lui cette affaire, grâce à l'intervention des Asiarques (v. 31), ne pouvait être prévue; le danger était imminent et les conséquences pouvaient être graves : Paul aurait pu être condamné à mort. Une autre objection est celle de KcôPper : Paul aurait dû dire &v ’Epéo® plutôt que &v 77 Aoia. Mais pourquoi ne pourrait-il pas opposer province à province, l’Asie à la Macédoine, où il se trouve maintenant ? HorMANN, enfin, avec plus de raison en apparence, objecte que Timothée avait déjà quitté Éphèse lorsqu’eut lieu l’émeute (Act. XIX, 22). Mais le récit des Actes est bien suecinet ; 4 et 2 Cor. nous révèlent nombre de faits dont il n’est pas question dans les Actes. Timothée pouvait être revenu avant le tumulte. — On peut admettre enfin tout simplement qu’il s’agit d’un fait à nous inconnu: il y en à tant que nous ignorons ! Cf. les souffrances de l’apôtre, énumérées dans notre épitre, à XI, 23.ss., ou le danger couru par Aquilas et Priscille pour sauver la vie de Paul (Rom. XVL, 4), ou encore le trait cité 1 Cor. XV, 32, dont nous ne savons d’ailleurs rien. Meyer pense à des pièges tendus par les Juifs (mêlés déjà au tumulte de Démétrius, Act. XIX, 33) ; cf. Act. XX, 3 (embüûches) et ce que Paul dit dans 1 Cor. XVL 9 de ceux qui s’opposent à l'Evangile à Ephèse (@vzsxeluevor xoÂÂoi). Cela conviendrait à l’idée du v. 10: déli-vrance constante, donc délivrance d’un danger continuel de la part d’un ennemi qui s’acharne contre lui et dont Dieu le délivre toujours et toujours de nouveau (MEYER-HEINRICI). 2 CORINTHIENS — 3

Les mots ëmèo O6vawr précèdent le verbe éBagrdmuer dans x A BCM P, et le suivent dans DE F GKLIt. Vulg. Syr. etc. et le T. R. Le sens reste au fond le même. On peut dans les deux cas prendre la locution bxèg Übramw éBae. (ou : &Bao. dnèe dvv.) comme formant un tout et exprimant une seule idée : « Nous avons été accablés au delà de nos forces. » Cette idée est modifiée par le complément xad” dxegBo“v. qui indique le degré du Baogndÿva bnèe Ébvaur : «et cela à l'excès ». C’est ainsi qu'’entend Weiss ; il paraphrase : « L’épreuve dépassait si excessivement notre force que... etc. » — Il me semble plus simple de prendre xad” bnegBoÂy et dnèo Übvauw comme deux déterminations distinctes et parallèles, portant toutes deux sur le verbe et renchérissant l'une sur l’autre: la première indiquant la grandeur dé l’épreuveen elle-même (l'excès objectif), la seconde indiquant qu’elle était hors de toute proportion avec la force subjective de l’apôtre. Advamus ne désigne donc pas iei la force de Dieu, mais la mesure (le force morale que l’apôtre possédait à ce moment. La mort qui le menaçait lui paraissait inacceptable (pour son œuvre). HOFMANN croit pouvoir tirer de ceci un argument en faveur de son idée d’un naufrage : une mort violente, le martyre, n'eût point paru à Paul si terrible et si inacceptable. (?) — Bagéw, comme Baodvo, Baoës, se dit de toute espèce de peine accablante (maladie, sommeil, persécution, impôts) : ef. p. ex. Matt. XXVE, 43 ; Luc IX, 32 :1 Tim. V, 16. — Dans le verbe ééamogetr, le &x sert à renforcer le sens. Axogeir s'emploie intransitivement : « manquer de quelque chose, être dans l'embarras ». Au passif : «être mis dans l’état d’émoçia » (situation sans issue, détresse, embarras extrême). Le génit., qui indique ordinairement la chose dont on manque, désigne quelquefois aussi la cause de l’embarras, de la détresse (MEYER-HEINRIcI cite un ex. tiré de Démosthène et un de Platon): ici, roù £ÿv : Paul a « désespéré de vivre », il a cru perdre même (xæi) la vie ! C’est jusque là qu’a été sa détresse ! CI semble, remarque Beer, que dans une vie toute de périls, ce péril couru en Asie ait fait date. »

v. 9. — Le &244 marque une opposition à l’idée de désespoir exprimée par ééaxopnd va roù Cv : « La fin finale n’a pas été cela, mais. ; le résultat a été de nous apprendre que,

alors qu'à vues humaines tout était perdu, nous n'avions autre chose à faire qu’à nous confier en Dieu ! Et plutôt que de nous laisser aller au découragement, c’est ce que nous avons fait !» C'était le but (tvæ) que Dieu visait en les faisant passer par là : leur apprendre à se fier wniquement à lui. — ædtoi êv éavrois est expliqué par MEYER : « par nous-mêmes, indépendamment de ce que Dieu ferait.» Le sens est plutôt : «quant à nous-mêmes, dans notre propre conscience. » Il s’agit de ce qui s’est passé en eux dans le momeñt solennel où ils se voyaient en face de la mort. — zù dnéxçguua toù Javdrov écymxauer : Le mot éréxpuua n’est pas l’équivalent de xardxçgrua : il signifie: réponse (Vulgate : responsum). et spécialement : réponse officielle, décision de l’autorité ; [c’est le terme technique pour désigner la réponse que reçoit une ambassade, voir LierzmanN|. L'idée est que lorsque, dans ce moment terrible, ils se posèrent la question de savoir s’ils vivraient, la réponse qu’ils obtenaient, la décision qui toujours de nouveau retentissait au-dedans d’eux était une sentence de mort : «En nous demandant : Que nous arrivera-t-il ? nous avons dû nous répondre à nous-mêmes : la mort ! nous avions déjà prononcé sur nous-mêmes : la mort !» Ils avaient déjà fait le sacrifice de leur vie! — Le parfait éoyfxauer est un parfait de durée. Selon MEYER- HenRici, il sert à rendre présente une situation passée, cf. Rom. V, 2. Voir également BLass, Gramm., $ 59, 4.

Et quel à été Le résultat (voulu de Dieu) ! ? Réponse : ivæ a nenovôres… ete. Cette certitude de la mort (v. 92) devait exclure toute confiance propre (Meyer-HEINRIcr). [ls devaient en arriver à ne plus, en aucune façon, se confier en euxmêmes, à ne plus regarder qu’au Dieu qui, étant celui qui ressuscite les morts, est aussi celui qui sauve du danger de mort (v. 10). Leur position était telle qu’ils S’envisageaient comme déjà morts, et que la délivrance leur apparaissait comme rien de moins qu’une résurrection. S'ils échappaient, ils seraient de vrais ressuscités, et leur vie, un pur don de la grâce de Dieu, un yéorouaæ (v. 11). C’est alors seulement,

1 [£a exprime ici à la fois l’idée de but et celle de résultat ; il est en même temps final et consécutif.]

remarque Hormanx, qu’ils ont appris cette parfaite confiance en Dieu, et en Dieu seul. Cf. le beau développement de CaLvin (Comment., ad IL.) sur le besoin qu’ont même les saints d’être amenés à désespérer, pour apprendre l’humilité. — t@ éyeioovr todç vexçods, Cf. Rom. IV, 17 ; [comp. également la deuxième action de grâces du Schemoné-Esré (prière quotidienne des Juifs, en 18 points) : «Tu es à jamais Tout- Puissant, Seigneur, tu ressuscites les morts; tu es Tout- Puissant pour secourir. Tu nourris les vivants par ta grâce; tu ressuscites les morts par ta grande miséricorde... O notre Roi, c’est toi qui fais mourir et qui fais vivre ; de toi vient tout secours. Tu accompliras ta premesse de ressusciter les morts. Sois loué, Éternel, qui ressuscites les morts.» (Voir STAPFER, La Palestine au temps de Jésus-Christ, 5% éd., p. 376.)

Le v. 10 indique quel a été le fruit de la zexotd nous du v. 9 : leur délivrance et l’espoir qui en découle pour l’avenir. — x tmhxodrov davärov : d'une si grande puissance de mort, qui les enveloppait déjà comme un ennemi (cette. dernière idée est contenue dans l'expression $6eo9ar êx davärov, MeyEerR-HEINRICI), d'une mort à laquelle il paraissait si impossible de se soustraire. — Le pluriel /éx rm4xo6ror davdrwv] qu’on trouve dans Itala, Syr., Orig., est une forme emphatique qui désigne le danger de mort au plus haut degré (M.-H.). — A la suite de l’aoriste égodoaro u&s, les documents donnent soit le présent xai éverer (EF GKL M Minn. Vulg. Syr. Orig. Jér.; c’est la lecon du T. R., adoptée par Meyer-HEiNRiGr), soit le futur xai géceræ (R B C P Copt. : leçon admise par LACHMANN, TiscaeNporr, Wesrcorr-Honr, NesrLe). Enfin A D omettent ces mots, que Bousser retranche également.

Le présent (leçon du T. R.) donne un sens très simple et très bon : Les dangers (analogues à celui couru en Asie) continuent; les menées hostiles des adversaires (p. ex. des embüûches, cf. Act. XX, 3) ne cessent pas; mais l’apôtre sait que maintenant Dieu le dérivre (géeræ) et il est assuré qu'il le délivrera encore à l'avenir (ai Er Gécerar). — es 5v qanixapev : «lui Sur qui nous avons fondé notre espérance et sur qui elle repose » (cf. 4 Cor. XV, 49 : & Xçuorÿ Andres).

Le futur (leçon de x etc.) semble faire tautologie avec le xai Ërr Gdoera de la fin du verset. On a proposé différents moyens d'en rendre compte : Hormanx retranche le ôz (avec B D M) et met un point après qu&s, ce qui.donne : «lui qui nous à délivrés d’un si grand danger de mort. Et il nous délivrera, celui en qui nous avons espéré, et il nous délivrera encore ! » Ce sens est ingénieux, mais la construction est forcée. — Weiss propose une explication plus satisfaisante : il retranche également éx, mais il ponctue après 7Axixauer, de manière à faire commencer une nouvelle phrase avec xai ëre Gdoerau. Cette nouvelle phrase reprend le évoeræ, en laccentuant par ë&x, pour y joindre une condition : cela se fera pour autant que les lecteurs y coopéreront par leurs prières (v. 1). Le sens de Weiss est donc le suivant : «et il nous délivrera, lui en qui nous avons espéré. Et il nous délivrera encore, grâce au concours de vos prières »|. Selon Weiss le ëz aurait été introduit par un copiste qui ne se rendait pas compte qu’une nouvelle phrase commence avec ai Er Gôcera. (Tertkritik der paul. Briefe, p. 122.) — MEYER- HEINRICI et SCHMIEDEL voient dans le premier ééceræ une faute, due au évceru final. L’omission de #ui ééceræ par À et D serait une correction de cette faute. — [LIETZMANN, qui se range, lui aussi, à la leçon de 8 etc., explique la répétition du futur comme un doublet paraphrastique au cours de la dictée (als paraphrastische Diktatdublette) ; BACHMANX trouve tout naturel que le premier xœi géoero soit repris et renforcé par le second (xai pourrait ici se rendre par «réellement »), d'autant plus que la répétition a pour but d'introduire une nouvelle idée (celle du v. 41), à laquelle Paul attachait sans doute une grande importance. ]

v. 41. — Paul indique un motif de plus qu’il a de compter sur la délivrance : les prières des lecteurs. Ces prières contribueront à lui procurer la délivrance continuelle dont parle le v. 10; cf. Phil. [, 19 : dcà 75 budv Üeñoews. — Le génitif ovrvroveyodvror xai du@r n’exprime pas un doute («si vous...»), mais montre que Paul, qui souffre pour les Cor., compte sur leur collaboration, leur secours, et que c’est là pour lui un encouragement: le sens est donc : «puisque vous aussi. ». — Il est plus naturel d’entendre le our — :

Page 1