‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 5 sur 117 · GEORGES GODET XI · texte numérisé non relu

GEORGES GODET XI

intime de son père, qui lui avait ouvert toutes grandes les portes de sa demeure. G. Godet conserva toute sa vie le souvenir de son premier séjour en Allemagne: il aimait à en parler, et, trente ans plus tard, à la mort de M. Bonnet (1892), il consacra à celui-ci, dans la Revue chrétienne, un article ému, témoignage de sa reconnaissance et de son affection. Et c’est un peu son propre portrait qu’il a tracé quand il dépeignait ainsi le caractère de son ami vénéré: « Aux facultés morales les plus rares, il joignait une remarquable étendue d’esprit, une grande justesse de jugement, une mémoire admirable, enrichie par d'incessantes lectures et qu’il conserva intacte jusqu’à son dernier jour. Tout cela, sanctifié par une vie religieuse intense dont les traits cara ‘téristiques étaient une grande intimité unie à une grande réserve : attitude filiale vis-à-vis de Dieu, confiance absolue en son amour «de Père auquel il S'en tenait malgré tout, mais dont l’expression — fait digne de remarque chez un homme chez lequel le sentiment jouait un si grand rôle — fut toujours d’une extrème sobriété. »

Rentré dans sa ville natale, G. Godet fut admis le 25 jui 1863 à suivre les cours de la Facul.é de théologie ; nous n’étonnerons personne en disant qu’il fut un brillant étudiant et obtint chaque année à ses examens la note «très: satisfaisant ». En automne 1865, il reprit le chemin de l’Allemagne: il passa d’abord un an à Gœættingue, où il entendit quelques-uns des plus célèbres théologiens de l’époque, l’hébraisant Bertheau, Ritseh], qui S’occupait alors surtout -de la Théologie du Nouveau Testament, le dogmaticien Gess, pour qui son père avait une très haute estime, et le philosophe Lotze, qu’il compta toujours au nombre de ses maîtres préférés Préparé comme il l'était, il tira un grand profit de ce contact avec tant d’esprits supérieurs; il était du reste parfaitement à même de juger de la valeur de l’enseignement qu'il recevait. Il conserva longtemps dans ses papiers le récit d’une longue conversation théologique qu’il eut avec Albert Ritschl. Il lui apportait la brochure de son père sur les recherches récentes de la critique biblique relativement au quatrième Évangile : « Vous trouverez dans cette brochure, Jui dit-il entre autres, la doctrine de la Kenosis., — Toute

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