‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 6 sur 117 · XII GEORGES GODET · texte numérisé non relu

XII GEORGES GODET

cette dogmatique dans un travail de critique ! — Oui, pour établir l’authenticité des discours de saint Jean. — La Kenosis est un expédient désespéré. — Elle est à mes yeux le seul moyen de sauvegarder l'humanité de Jésus-Christ tout en tenant compte des déclarations de Paul et de jean sur la préexistence.» Mais Paul et Jean ont-ils cru à la préexistence ? Ritschl assure que le premier ne s’en est guëre préoccupé, et quant à Jean, il est bien difficile de savoir à quoi s’en tenir à son sujet. Et voilà une longue discussion exégétique qui s'entame à propos de Jean VII, 58 ; Georges Godet, qui parait avoir été alors déjà un dialecticien de premier ordre, tient fort bien tête à son interlocuteur. L'entretien se termine par cette déclaration de Ritschl: «Il faut toujours se rappeler que les formules théologiques ne sont pas identiques aux déclarations bibliques. Elles ne les recouvrent pas. Il faut se garder de substituer aux intuitions bibliques des notions philosophiques (platoniciennes) ainsi que l’Église l'a fait en formulant ses dogmes. Nous sommes saturés de platonisme et nous devons revenir à la méthode théologique de Paul et d’Aristote. »

Georges Godet passa l'hiver suivant (1866-1867) à Tubingue, avec nombre de camarades suisses et français qui restèrent ses amis pour la vie!, suivant avec enthousiasme et discernement tout à la fois les cours de Weizsäcker et de Jean Tobias Beck. Il entretenait naturellement une correspondance suivie avec son père et le mettait au courant de ce qu'il voyait et entendait. F. Godet, tout en approuvant son zèle. l’exhortait à cultiver la vie intérieure et à ne pas se griser d'intellectualisme : « J'espère que ton travail théologique se fondra plus complètement à Tubingue avec le travail intérieur. Ce qu’il y à de plus à craindre en théologie, c'est le: - pur intellectualisme. Tout l’homme doit concourir à la trouvaille, à la conquête de la vérité éternelle, de la vérité qui doit devenir la base de la vie personnelle. La vraie méthode. pour arriver à la connaissance, — telle est la pensée fondamentale de Saint Jean, — c’est de se sanctifier.» (Lettre du 24 octobre 1866.)

1 Voir P. Dieterlen: Arnold Bovet, pages 78 et suiv.

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