‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 51 sur 117 · LA · texte numérisé non relu

LA

«avec moi» que : «avec Dieu». Les Corinthiens joindront leurs prières à celles de Paul, ce que feront d’ailleurs aussi d’autres Églises (ceci ressort du xœi qui accompagne ou@v) ; ef, Rom. XV, 30 : ouvayovioaodal por êv Trais noocevyais… — bnèe muy doit être lié à ovrvroveyodvrow, non à Üenoer. — À donne la leçon : quür brèo dur.

v. 440. — ÿva indique le but divin de ce concours de leurs prières. — Les deux régimes éx xollôüv nçoownor et üà noÂiüv créent une difficulté : à quoi faut-il les rattacher ? Meyer, KcôpPer, Meyer-HeiNRict, Weiss les font dépendre tous deux du verbe esèyaçrorn®ÿ. Le premier (éx) indiquerait par qui l’action de grâces doit être offerte : par beaucoup (les lecteurs. tous ceux qui aiment l’œuvre de Paul) ; le second (ô:&) indiquerait à l'intervention de qui est due cette action de grâces : à ces mêmes xzo42oi, en tant qu'ils ont auparavant prié (112) et obtenu par là la délivrance, et qu’ainsi c’est par leur moyen (ü&) que l’action de grâces est possible, a lieu. Le sens serait donc : «afin que la grâce qui nous a été accordée soit louée de beaucoup (et) par (c’est-àdire grâce à l’intervention de) beaucoup » (von Vielen durch Vermitilung Vieler)1 Mais ce sens de ôvà moy est très alambiqué, et l’on ne voit pas pourquoi l’apôtre insisterait sur cette idée. Le sens naturel du && est : «qu’il soit rendu grâces par beaucoup. » Mais alors ce ü& xoÂ2üv fait tautologie avec le &x xo4üv nçocwnowv. — HOFMANN, qui construit comme les précédents, échappe à la tautologie en donnant à à xo42&y le sens de : «par beaucoup de paroles » (ef. les locutions &à Boayéor, à 6liywv), sens aussi oiseux que plat ! — D’autres, OLSHAUSEN par exemple, lient && noÂÂüv à yäqioua : la grâce obtenue pour nous par plusieurs (par leurs prières). Mais cela rend bien lourd le sujet, qui est déjà déterminé par rù sis qu&s, et en grec cette liaison du régime au substantif est dure. — La construction la plus simple et naturelle, qui évite toute tautologie entre 8x 7044. nooo@n. et Ôà moÂür, est certainement de rattacher êx

! [Ainsi aussi, à peu près, BACHMANN : &x z044. xoo06x. indique le milieu d'où part l’action de grâces ; dà xoAÂ&v, les agents par lesquels elle se fait entendre].

no. nçoown. à 10 els Qu&s Yéovoua, en sous-entendant comme lien entre le régime et le substantif l’idée verbale renfermée dans ydgsoua (qui nous a été accordé par...) puis de lier, comme le voisinage des mots paraît l’imposer, && noüv à edyagorndÿ (CALVIN, RÜCKERT, DE WETTE, OSIAN- DER). On obtient ainsi un sens excellent : «que le bienfait obtenu pour nous par les prières de beaucoup (qui est le fruit des prières de beaucoup), soit loué aussi par beaucoup ». (CALVIN : ut donum, ex multis personis erga nos collatum, gratiarum actione per multos celebretur pro nobis.) L'article zô devrait proprement se trouver avant éx xoÂ10v x90067&v ; linversion fait ressortir l’idée que c’est des prières de plusieurs que ce yéoroua est sorti, est né, pour ainsi dire !.

I n'est pas nécessaire de prendre xodowxo» dans le sens de «personne » (LUTHER). Ce sens, [bien que courant à l’époque impériale, voir LiETzMaANN |, ne se trouve pas dans le N. T. (sauf peut-être Jude v. 16), et il réclamerait dxé plutôt que x (MeyEeR-HEINRICE). Il faut conserver ici à xp60@zæov SON Sens propre, « visage» (ainsi, avec raison, MEYER, Horuanx, EwaLp, ete., [BACHM.])) et retenir la belle et dramatique image qui en résulte : le yégrouæ a été obtenu par beaucoup de visages tournés vers Dieu. — HorMANN à raison aussi de remarquer que xolià znodoœna n'est pas Synonyme de zo4loi, et d’en conclure que zoliér est plutôt complément que prédicat de mçooœmov : «les visages de plusieurs » et non : «plusieurs visages » (cf. Vulgate : ex multorum facie, et CALVIN, dans l'explication : multorum respectu). Cela fait mieux ressortir l’idée du grand nombre. — Le ydoioua els ju&s ne peut être, dans le contexte, l’apostolat de Paul (OsrANpER, HorManN, EwaLD), mais seulement sa délivrance dans ce grand péril. — Dans notre sens, le && no4Âüv répond d’une manière très belle et simple au 8x no Â@y nçoooroy : Timothée et Paul ne doivent pas seuls rendre grâces pour leur délivrance ; beaucoup ont prié et

1 [BACHMANN estime, avec raison. semble-t-il, que la position de l’article ne permet pas de rapporter &x zolüv xçoowmov à yéçuaua. Il faut probablement voir, avec LiETZMANN, dans le &.à xollüv une simple reprise de êx zo4Âüv nçooému, c'est-à-dire de nouveau un doublet ; cf. v. 40, fin].

prient pour eux ; beaucoup remercieront pour eux. Et le second drèg fu@r (Aprés edyagorn9ÿ) répond bien aussi au premier, ainsi qu’au eiç fu@s : on rend grâces pour quel- ‘qu'un de ce qu’on a demandé et obtenu pour lui. — Au lieu du second èrèe muôv à la fin du v., qui est appuyé par NRACDGM et toutes les Versions anciennes, on trouve dans BEKLP la leçon éxèo ou@v, à laquelle on n'arrive à donner un sens qu’à force d’ingéniosité ; voir p. ex. WEIss : pour eux, en tant que la délivrance de l’apôtre et son activité future (le yéovouæ) tourneront à leur avantage. Cf. également CaLvin, qui lit 4u&v, mais qui explique d’une manière intéressante la lecon bu&@y : potest exrponti hoc modo : ubi pro mea salute vos deus eraudierit. et quidem in salutem vestram, agentur vestro nomine gratiæ à pluribus. (Quand Dieu vous aura exaucés pour mon salut, et ce à votre profit et salut, grâces en seront rendues par plusieurs pour vous.) Gette leçon èxèe tu&r est très probablement une simple faute. — Le passif aéyaosoreiodæ doit être expliqué d’après l’analogie de dyaçroreioda, que Polybe emploie dans le sens de «être payé d’ingratitude ». [L’actif edyaquotetv w signifie : « remercier pour quelque chose », voir LierzmaAnN. — Bien que nom de chose, yéoroua peut être regardé comme sujet de sôyapsornd, voir BLASS, $ 54, 3. Cette construction est plus simple que celle qui ferait de Aéorouæ un accusatif et de eéyaorormdÿ un verbe impersonnel.]

Le but de ce morceau d’un caractère si personnel, de cette action de grâces que Paul fait porter sur ses expériences à lui, est certainement de réveiller chez les lecteurs le sentiment de l’étroite relation qui existe entre eux et leur apôtre. Ce qui lui arrive, lui arrive pour eux et par eux. pour leur salut et par leurs prières ! Paul veut, en leur indiquant cela si délicatement, en faisant d’eux le but et en leur faisant honneur des grâces qu’il a reçues, resserrer le lien qui les unit à lui, mais qui s’est relâché et menace de se briser.

Nous avons là un beau modèle de la relation normale entre le pasteur et l'Eglise : ce qui arrive au pasteur ne lui arrive pas seulement à lui-même, pour son bien personnel,

JE à ER OS PT AUE 4

mais aussi en vue de sa tâche pastorale. Toutes ses expériences doivent tourner au bien de l'Église, en fécondant sa prédication, ses visites, ses démarches, son activité tout entière. Et l’Église, à son tour, répond, réagit, collabore par son intercession. C’est ainsi que S’établit et se maintient entre pasteur et troupeau un lien vivant.

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