‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 53 sur 117 · EE · texte numérisé non relu

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thèse explicative, intercalée là pour dire que cette vanterie est bien fondée, qu’elle n’est autre chose que l'expression du témoignage que la conscience de Paul lui rend devant Dieu. Le sens est alors : « Car nous nous vantons de ceci (vanterie qui n’est que le témoignage même que nous rend notre conscience). de ceci, dis-je, que nous. »

Le mot xavynars n’est done pas l'équivalent de xatyqua (sujet de gloire): il désigne l’acte de se glorifier : « Notre glorification consiste en ceci, que, selon le témoignage de notre conscience, nous... » [Selon BousseT, xadynous ferait déjà allusion, en passant, au reproche de vanterie qui était adressé à Paul par ses adversaires et auquel l’apôtre revient plusieurs fois dans le cours de notre épître. Peut-être bien! et cela quand même il n’a pas encore été question jusqu'iei (BACHMANN) des vanteries de Paul.}

Au v. 42b, on trouve les deux lecons &éxAdrqu (T. R., d'après DEFG L It. Vulg. Syr.) et éycérnu (R À B C K M P Copt., admise par Wesrcorr-Horr, Tiscx., NesTLE). Le sens de &Gysôrns (terme rare, qui ne se retrouve que Hébr. XIE, 10), est trop général et convient moins ici que celui de &nÂdrns, qui répond tout à fait au reproche spécial que repousse l’apôtre : c’est justement de cela qu’on accuse Paul d’avoir manqué. Les raisons internes sont done pour &xAizntr, tandis que les autorités sont en faveur de &ysérqu. Les deux termes pouvaient aisément être confondus par les copistes !. Les commentateurs se divisent : MEyYER admet äyôrqu et voit dans éxÂdrmm une glose d’après Éph. VE, 5. tandis que KLôPpER, Horm., HEINRICI, [L1ETZM., BACHM. | défendent éxAésns, qui est plus précis et qu’on aura jugé ne pas convenir au complément zoù d'eod. — xai ellinquveia : on regarde généralement le mot eilxoivea (ou : — viæ) comme dérivant de efÂn ou &n, éclat du soleil, et de xgévo, désignant par conséquent la qualité de ce qui, examiné à la lumière du soleil. est trouvé pur, authentique, exempt de fraude (cf. THÉOPHYLACTE : «ce qui n’a rien de ovveoxa- Guévoy xai dnovAov »). ethxoiveua désigne donc la droiture

1 [LIETZMANN suppose que AITAOTHTI aura été écrit fautivement ATIOTHTI (par omission du À), et qu'ensuite un copiste aura lu ATTIOTHTI (en dédoublant le IZ en l'T).]

intérieure dans la poursuite d’un but ; ef. 1 Cor. V, 8. — Le complément 105 405 n'est pas simplement une espèce de superlatif (1) ; il ne signifie pas non plus «agréable à Dieu » (Rückerr), « valable devant Dieu » (GaLvIN, KLGPPER, Bousser), ni «divine » (OsiANpER), ni «conforme, semblable à Dieu » (Hormann). Le génitif zoù eo, complément de eilurouwele, doit être expliqué d’après l’analogie de locutions comme Ôxaoovvn deoùd (Rom. I, 17), eiofvn deod (Phil. IV, 7). Le sens est done : «la simplicité et la droiture que Dieu donne, communique, produit » (NEANDER. DE WETTE, OLSHAUSEN, Meyer, MEYER-HEINRICI), et cela par Esprit (voir ce qui suit : 4224’ &v yäorrr deod).

La fin du v. développe par une antithèse l’idée de parfaite droiture exprimée dans &rmldrqu na ellinqureia To deod : a) Développement sous forme négative : oùx &v copia oapxxr. Le é peut être regardé soit comme instrumental, soit plutôt comme indiquant l’élément moral au sein duquel l’action se produit : cf. le &v yéoux qui suit et le &v éxÂdrmu xaù eiÂixowela qui précède; ces trois & ont la même valeur ; cf. Éph. IL, 3 (Meyer-HeINRICI). La copia oaqxixr désigne l’habileté au service de la o@gé, la sagesse purement humaine, déterminée par la o&oé. c’est-à-dire au service de l’égoisme ; ainsi: les moyens habiles et détournés qu’on emploie pour atteindre un but intéressé. — à) Développement sous forme positive : A4’ &v yéorr deod. Il faut voir ici dans la yéors %eoù non pas les miracles opérés par Paul (CHRYSOSTOME), ni les dons spirituels, les yagiouara (GRorIus), mais l’action de Dieu dirigeant et fécondant le travail de son serviteur. L’apôtre n'a agi que dans l’élément de cette grâce, dans et par cette grâce, ne comptant que sur elle pour réussir et n’employant que des moyens qu’elle peut bénir. Toutefois, il ne faudrait pas expliquer, avec BÈzE : « me confiant dans la grâce » ; l’idée est autre :il n’y a pas à sous-entendre un motebovtec, il faut lier directement l’idée de &v your Seoû À dveoroäpnuer. — êv T® x0ou@ à un sens local, avant tout, rhais sans exclure une nuance morale: au milieu de ce xéouog corrompu, plongé dans le mal ; parmi une humanité profane, antithèse de la vie sanctifiée du chrétien (Phil. II, 45). — HEQLOCOTÉQOS TQùs bus ne signifie pas que Paul se soit con-

duit à Corinthe mieux qu'ailleurs, ou qu'ailleurs il se soit plus aisément permis de ne pas suivre cette règle ; mais, dans un milieu comme celui-là, si compliqué, si difficile, en face des tendances diverses, des susceptibilités à ménager, etc., il eût pu être plus aisément tenté d’user d’habileté, de détours, de recourir à des moyens humains, de ne pas marcher dans une parfaite droiture et simplicité : il lui a donc fallu, de cette vertu et de la grâce qui en est la source, une mesure toute spéciale ; il a dû veiller sur lui-même d’une manière plus intense qu'ailleurs, et il v a eu ainsi aussi «une mise en œuvre quantitativement plus grande » (pe WETTE) de cette vertu à Corinthe que dans d’autres milieux, où, la situation étant bien moins difficile, il était aussi bien plus aisé de ne pas s’écarter d’une ligne de conduite absolument droite.

Les v. 13-14, introduits par y@e, justifient dans un domaine plus spécial l’affirmation générale contenue au v. 42. Si le caractère de l’apôtre a été noirci, si ses intentions ont été mal interprétées et sa loyauté suspectée, c’est avant tout, semble-t-il, parce que ses lettres ont fait aux Corinthiens l’impression de n’être pas entièrement franches, de cacher des arrière-pensées, des finesses. On l’accusait sans doute de chercher à tromper ses lecteurs sur sa vraie pensée en employant des termes ambigus, des tournures à double entente. C’est à cette accusation qu’il répond maintenant.

v. 432. — «Nous ne vous écrivons pas autre chose que ce que vous lisez (dans mes lettres) ou même ce que vous pouvez comprendre vous-mêmes (par ce que vous savez de mon caractère) », c’est-à-dire : «Il n°y a pas d’arrière-pensée, de dessous de cartes dans ce que je vous écris; il y a parfait accord entre ce que je vous écris, ce que j'ai l’éntention de vous dire, de vous faire savoir en vous écrivant (yoépouer se rapporte à ce que Paul a l’habitude de faire, à ses lettres antérieures ; on se rappelle que 2 Cor. est la Ave lettre de l’apôtre aux Corinthiens) et ce. que vous lisez dans mes lettres, ou même aussi (gradation) ce que, sans mes lettres, vous pouvez reconnaître vous-mêmes. Ge que je vous écris s’accorde parfaitement avec ce que vous apprend la lecture de mes lettres et tout ce que vous connaissez déjà de moi !» — Hor- MANN, [BousserT, LIETZMANN] rapportent émymwoonew à la

compréhension du contenu des lettres elles-mêmes («ce que vous y lisez ou aussi ce que vous en comprenez ») ; mais le ñ nai, «ou aussi », indique évidemment une gradation, le passage à une nouvelle idée. Le sens de HoFmaANN ne pourrait se soutenir que s’il y avait simplement # (sans xai). —|[BACH- MANN rapporte le # xai émywoonere aux Communications de Tite aux Corinthiens]. — La locution &22’ ? & résulte du mélange de deux constructions : 06x &A4Âa (adjeet. pronom) &...: «Nous ne vous écrivons pas d’autres choses que celles que vous lisez », — et: odx &lÂa, dA2à &...: « Nous ne vous écrivons pas d’autres choses, mais seulement celles que vous lisez.» — BF G omettent le mot 444. — Le ÿ qui suit dvaywooxere n’est évidemment pas à mettre en relation avec celui qui précède : il faudrait pour cela : 4224’ à ÿ dva- VIVOONETE À) HO ÉMYIVOOHETE.

v. 13-44. — Les exégêtes qui rapportent les deux verbes de 132 au contenu des lettres de Paul donnent encore à émyvoceode le même objet : «les choses que vous lisez et aussi connaissez (par mes lettres) et (dont) j'espère de plus que vous les comprendrez jusqu'au bout » [ainsi Bousser, LIETZMANN |. Ce sens paraît bien lourd et compliqué : il reste à peu près aussi forcé si on lit ôz ai ëwçs. Au reste, cette leçon, qui est celle du T. R., n’a pour elle que KLMP ; les autres documents retranchent le xœ£. Il n’y a pas de raison, nous semble-t-il, de construire 43P avec ce qui précède. La phrase qui commence par &4xi£o se relie au contraire étroitement avec ce qui suit. Il faut mettre un point après ÿ #ai énvywvoonete [ainsi BACHMANN}. Avec &4miêæ ôé commence une nouvelle idée: «Je ne vous écris que ce que je pense (432). Et j'espère que vous reconnaîtrez quelle intime et glorieuse relation existe et existera toujours entre nous (laquelle évidemment exelut toute supercherie du genre de celle qu’on m’impute). »

Trois interprétations sont possibles pour 43-14, selon la manière dont on construit le 67 du v. 14.

1° On peut entendre ce ôz dans le sens de car. Alors les deux verbes émiyvoceode et äméyvore ont pour objet commun ju&s : «J'espère que vous nous connaîtrez jusqu’à la fin. comme «déjà vous nous avez connus en partie, car nous som-

mes... Comme vous êtes, vous aussi...» (ainsi MEYER-HEIN- RICI, OLSHAUSEN). — Cela donne un sens peu clair ; il n’y a pas de lien logique distinet exprimé par le ê% (car) ; enfin, comme le remarque finement KLüPPER, est-ce bien habile de la part de Paul d'affirmer lui-même qu’il est la gloire des Corinthiens ? N’est-il pas plus délicat de l’indiquer comme contenu de leur propre pensée à eux (ce qui est le sens des deux autres constructions) ?

2 et 3° Si on donne à ôz% le sens de que, on peut hésiter entre deux manières de le relier à ce qui précède : ou bien il est objet de éxyvooeote, et les mots xados ai éméyvore quäs &nù uéçgovs sont une parenthèse : « J’espère que vous reconnaîtrez toujours — conformément à ce que vous nous avez connus déjà en partie — que nous sommes... » (MEYER, HorManN, KLÜPPER ; ce sens est bon) ; ou bien on peut faire de ôt.. l’épexégèse de étéyvore quäs (fu&s étant l’objet des deux verbes): «J’espère que vous nous connaîtrez toujours, comme déjà vous nous connaissez en partie, à savoir que nous sommes. » (RÜCKERT, DE Were). Nous préférons cette seconde construction, plus élégante et très claire.

Le terme désigné par £wç télovs est indiqué au v. 44? : c’est la Parousie, le zé40oç toù aiüvos, le ré40ç absolu : ef. 4 Cor. LE, 8 : XV, 24 (ainsi SCHMIEDEL), et non la mort de l’apôtre, comme l’entendent HOFMANN [et BACHMANN;, qui rapportent alors le dx uéçovs au temps, jusqu'ici écoulé, des relations de l’apôtre avec les Corinthiens. Mais Paul eût dit plutôt £ws &ou. La plupart des exégètes appliquent ce éxd mégovs à la portion de l’Église qui a reconnu l'autorité de l’apôtre et voient ici une allusion au fait qu’une partie de l'Église ne s’est pas encore soumise (Kiüprer : Paul espère que toute l’Église le reconnaîtra, comme une partie le reconnaît déjà).

Mais peut-être l’apôtre ne partage-t-1l pas encore ici Eglise en deux camps : s'adressant à la totalité, il veut dire que la reconnaissance de la part de l'Eglise n’est pas encore complète : ils ont commencé, mais il y a encore quelque chose à faire (CALVIN : quodam modo). [En d’autres termes, le dxè méoovs désigne, non «une partie des Corinthiens », mais «une partie de Paul » (LIETZMANN) |. [BoussEr et LIETZMANN

voient une corrélation entre drû uéoovs et ëws télovs, et donnent à éwçs zélovs le sens de : « jusqu’au bout, entièrement, complètement »; LiETzmANN compare l’expression eis tékos qu’on trouve fréquemment chez Polybe dans ce sens. |

xaëynua Signifie «sujet de gloire» ; le sens doit être distingué de celui de xaëynous (voir à v. 12). Les Corinthiens peuvent se glorifier de ce que Paul est à eux, leur apôtre, leur maître (en parlant de quelqu'un de distingué, on dit avec une certaine fierté : C’est mon ami ! Il a été mon maïtre !). Mais il y a plus que cela : en retour, eux sont à lui! IL existe entre les Corinthiens et Paul un rapport intime d’appartenance (qui ne suppose pas seulement le fait que Paul les à instruits), un lien réciproque et indissoluble, qui-exelut toute tromperie, tout nuage, et qui sera leur gloire à eux, comme la sienne aussi, au jour de Christ (xañaxeo : exactement comme). — La détermination év 77 fuéoa.…. porte probablement sur les deu.r affirmations : « nous sommes » et « vous êtes », ou plutôt: «nous serons » et « vous serez », car les présents éouér (et éoré sous-entendu) sont des présents d'anticipation certaine : « Vous devez là m’appartenir comme mon ouvrage,aussi bien que moi je vous appartiendrai comme votre apôtre. » Mais on pourrait aussi presser le oué» : Paul est dès maintenant (devant les hommes) leur sujet de gloire Lef. V, 12, (LIETZMANN)], comme eux, à leur tour, seront un jour son sujet de gloire en présence de Christ. (Is ne veulent pourtant pas le priver de ce sujet de gloire !) ef. 4 Thess. IE, 19 ; Phil. IF, 16. [D’après 2 Cor. IE, 2 et VIE, 4 on pourrait même dire que les Corinthiens sont déjà maintenant le xabynua de Paul, mais le êv 77 fuéoa… oblige à garder le sens futur, en tout cas pour dueïs fuüv.]

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