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5 Et c’est en vertu de cette confiance que je voulais venir chez vous tout d’abord, afin que vous eussiez une seconde grâce, l6et passer par chez vous pour me rendre en Macédoine, puis de Macédoine venir de nouveau chez vous et être convoyé par vous jusqu’en Judée. !7 En déci-
dant cela, ai-je donc usé de légèreté? Ou bien les plans que je forme. les formé-je selon la chair, en sorte qu’il y ait chez moi (en même temps) le «oui, oui » et le «non, non » ? !8 Par le Dieu fidèle : la parole que nous vous (avons prêchée) n’est pas «oui et non». {° Car le Christ Jésus, fils de Dieu, qui a été prêché parmi vous par nous, par moi et Silvain et Timothée, n a pas été «oui et non» ; mais en lui s’est réalisé le «oui» (divin). #Car tant qu’il y ait. de promesses de Dieu, en lui (Christ) est le «oui»; c’est pourquoi c’est par lui aussi que l’«amen » est prononcé à la gloire de Dieu par notre moyen. ?! Or celui qui nous affermit avec vous (en nous fondant) en Christ et qui nous a oints, c’est Dieu, ??lequel aussi nous a scellés et nous a donné les arrhes de son Esprit dans nos cœurs.
Avec le v. 45, l’apôtre aborde le fait spécial qui a motivé les accusations portées contre lui et au sujet duquel il tient à se justifier : le changement de ses plans de voyage. Le sens général des v. 15-16 est celui-ci : « J'avais arrangé mon plan de voyage de manière à vous voir deux fois plutôt qu’une. » — radtp 1ÿ menovdmoa: «dans la confiance, en vertu de la confiance que j'avais en ce lien par lequel nous nous appartenons mutuellement » (v. 13-14) : pe WetTE: « dans cette assurance que je suis reconnu de vous » (v. 13P-14). — Le xoôregov, omis par N, est placé par les autres manuscrits soit après é£ov4ôumr (AB C etc. It. Vs. Syr.), soit avant ivaæ devréoar (K L Copt. ; ainsi le T. R.). Le sens reste le même, et zmoûrepor porte en tout cas sur éÂdetr et non sur éBov- 2ôunyr. Ce rapport à &4%e%r justifie seul le va Üevréoar… et est du reste clairement expliqué dans le v. 16: l'intention de Paul avait été de se rendre d'abord auprès des Corinthiens avant d'aller en Macédoine, puis de revenir ensuite chez eux, (avant son départ pour la Judée), de façon à leur apporter ainsi une seconde grâce. Aevréoar n’équivaut pas à dxAgr (double), mais signifie bien ici « seconde » : le passage de l’apôtre au milieu d’eux ne peut avoir lieu sans qu’il leur apporte et leur laisse quelque grâce : cf Rom. I, 41. Par
ce séjour répété, ils auraient eu une première, puis une se- 2 CORINTHIENS — #4
conde grâce! On a expliqué ce devrégar du second séjour de Paul à Corinthe, absolument parlant, c’est-à-dire de celui qui a suivi le séjour de fondation ; mais le séjour REMEIE est en tout cas le troisième (XIE, 1%).
v. 16. — Le deldeiv (8 BC etc. Vg.) est probablement une correction pour déxeldetv (A D FGP Copt.), amenée par le 8 buwr («par votre pays »): ef. Rom. XV, 28: dxeledaoouor dv buüv eis Znaviav. — nçoneupdve: être pourvu par eux de tout ce qui est nécessaire et convoyé de leur part.
Ainsi le premier plan de Paul était de se rendre d'Ephèse à Corinthe, puis de Corinthe en Macédoine, puis de revenir de Macédoine à Corinthe et de là à Jérusalem. Ce plan se rapportait à lui seulement, non à Timothée: de là le singulier éfovAdunr : cela explique aussi pourquoi l'apôtre a déjà dit plus haut &2xi£o, bien que dans la même phrase il dise hu&s, ju®v. Le changement de ce plan le concerne donc lui spécialement, et de même f’accusation de légèreté ou de mauvaise foi à laquelle il va répondre (le singulier continue au v. 17).
Ce plan a dû être changé : les lecteurs le savent. Paul s’en justifie. Il n'est pas venu d’abord à Corinthe, comme il se l'était proposé. À quoi se rapporte cette allusion ? D'après Meyer. HorMANN. HeINRiCt, ete., Paul voudrait parler d’un plan antérieur à 4 Cor., qu il avait annoncé alors à l’Église. Puis, après avoir tracé aux Corinthiens ce plan (celui qu’il rappelle ici), il l'avait abandonné et leur avait, dans 4 Cor. XVE 5. 6, indiqué un nouveau plan : celui de passer par la Macédoine avant de se rendre à Corinthe. Ce serait ce changement qu'on aurait commenté défavorablement à Corinthe : on avait dit: Il n'ose pas venir, il renvoie, il a peur ! — Si c'est en effet à 4 Cor. XVI, 5 que Paul fait ici allusion et à un plan antérieur à celui-là, il ne peut y avoir entre 1 Cor. et 2 Cor. aucun fait important : ni lettre perdue, ni séjour de Paul à Corinthe (voir l’Introduction). Mais il faut remarquer que À Cor. XVI ne renferme aucune allusion à un plan antérieur, que Paul remplacerait par un autre. Et d’ailleurs,
! xdouv n'est pas l'équivalent de yapd» qu’on trouve dans B LP, ainsi que chez CHRYSOSTOME.
une relation aussi simple et directe que celle qu’on prétenil ainsi établir entre 4 et 2 Cor. n'est pas soutenable : com: nous le verrons plus loin dans l'exégèse, elle ne rend pas compte de plusieurs passages importants de notre épitre (voir, en attendant, l'Introduction, $ 1). Aussi, bon nombre d’exégètes pensent-ils que le plan modifié dont parle notre passage doit être postérieur à 4 Cor.: Paul avait été à Corinthe après 4 Cor. : il avait quitté les Corinthiens en leur promettant de revenir : au lieu de cela, il avait envoyé Tite et était retourné directement à Éphèse, sans repasser’ par Corinthe.-{ Dans l’une comme dans l’autre de ces deux explications, on admet que le plan indiqué par Paul était connu des lecteurs : BACHMANN, en revanche (p. 66), estime que dans notre passage Paul dévoile aux Corinthiens un plan jusqu'ici resté inconnu d'eux.) Le v. 17 indique deux possibilités. deux suppositions - également fâcheuses par lesquelles les Corinthiens pourraient être tentés de s'expliquer le changement de plan de Paul: a) il avait peut-être conçu Son plan à la légère, ou bien : b)ila manqué de bonne foi en ne l’exécutant pas, c'était une ruse calculée ! — Le Bovievouevos du T.R. (d’après D EK Syr.). paraît être une correction amenée par le verbe BovAetoua du v. 47». La vraie leçon est FovAduevos (N A B etc. Ve. Copt.) — ri attend une réponse négative. — &pa: «en conséquence de ce changement ». L'emploi de ce mot n'indique pas, comme le prétend HormaNN, que, tout en attendant une réponse négative, Paul se rendait bien compte qu’il pourrait en recevoir une affirmative : c’est là une subtilité !— L'article tÿ devant &4æpoia peut s'expliquer de deux manières : « la légèreté dont on m’accuse », ou bien: « la légèreté qui est si ordinaire, si répandue ». — Le # ne signifie pas : « ou en d’autres termes », « c’est à-dire » (MEYER), mais: « ou bien » (latin: aut) ; il sert à introduire, non une seconde expression de la même supposition, mais une autre supposition. Paul ne s’arrête pas à l'hypothèse de légèreté : appliquée à un homme comme lui, elle s’écarte d'elle-même, et ce n’était d’ailleurs pas de cela seulement qu’on accusait l’apôtre à Corinthe. Mais il y à une autre supposition possible : e’est qu’il ait agi par calcul, par ruse. — Karà o&gxaæ : « par un caleul intéressé,
mû par des vues égoistes, selon mes fantaisies et mes goûts du moment » (cf. la copia oaquix du v. 12). — & Bovetouai : « les plans que je forme ». — va ÿ ...: «de telle sorte que je passe sans scrupule du oui au non et du non au oui », ou plutôt: «de sorte qu’il y ait en moi à la fois le oui et le non (c’est-à-dire que je pense le non au moment où je dis le oui et vice-versa) ». Ce dernier sens est meilleur, car ce n'est pas simplement d’inconséquence (cela rentrerait dans l'élapoia). mais de mauvaise foi que l’on aceusait l’apôtre. — Les répétitions rô vai vœi, 1ù où où, ne sont pas autre chose qu’un redoublement renforçant l’idée du vœi et du oë. Elles expriment la promptitude à promettre sans le ferme propos de tenir, l’empressement à dire sans intention sérieuse : oui ! oui ! je ferai telle chose ; ou bien elles relèvent la solennité d’une affirmation (oui ! oui! vous pouvez y compter) qui n’est suivie d'aucun effet. Le sens est donc le même, seulement plus accentué, que s’il y avait : fvæ ÿ... Tù vai nai td où, à savoir: «de sorte qu’il y ait simultanément en moi le oui et le non ». Cette idée de simultanéité est marquée par le xœ£. C est ainsi qu'expliquent CALVIN, DE WETTE, MEYER, KLÔPPER, OSIANDER, NEANDER, etc., [BACHMANN, LiETZMANN |. Cf. le vai xaœi où au v.18 (à propos de la parole de l'Évangile) et au v. 49 (à propos de Jésus-Christ). Comparez également la déclaration suivante du lexicographe Festus : « Un homme qui ne tient pas sa parole est un vai xai oë ». — HormaANN, d’après CHRy- SOSTOME, THÉODORET, BENGEL, fait du second vai et du second où l’attribut du premier, qui serait sujet : « en sorte que le. oui chez moi soit oui, et le non, non » (ef. Matt. V, 37; Jacq. V, 12), dans ce sens : « afin que mon oui demeure oui et mon non, non, quoi qu'il arrive. » Le sens serait : « Pensez-vous que je forme des plans dans un esprit charnel, orgueilleux, de sorte que (ou : afin que) je tienne ensuite obstinément à les accomplir ? Est-ce ainsi que j’aurais dû faire : m'en tenir obstinément à mon premier plan, bien que les ‘ circonstances m'amenassent à en changer ? Bien plutôt quand je forme un plan en moi-même, c’est toujours avec la réserve qu’il pourra être changé si Dieu le veut ; je le forme d’une manière spirituelle, et non en prétendant substituer ma volonté humaine à celle de Dieu, de sorte que le oui est toujours
prononcé avec la réserve que le non pourra y être substitué, et vice-versa.» Hormanx met en outre l'accent sur za’ éuoi: «en vertu de mon pouvoir propre, par moi-même », c’est-à-dire « même contre la volonté de Dieu, sans lui (opposé à zaoû 1@ de), comme S'il m’appartenait de décider souverainement du oui et du non ».— Mais si l’on met ainsi l’accent sur xzaç° éuot, le redoublement du vai et du o6 devient inutile. Au reste, tout ce sens de HOoFMANN est condamné par le contexte : la réponse que l'apôtre fait aux v. 18. ss. prouve qu’il repousse le reproche de duplicité, le reproche de dire à la fois oui et non. C’est donc ce reprochelà que sa question doit formuler.
Mentionnons encore la construction de Lurner, bien qu'elle nous semble impossible : il met le point interrogatif après le second Boviesboua et sous-entend ensuite la réponse : «Non certes ! » (nequaquam). Le iva exprime alors le résultat de cette négation : «(Il n’en est pas ainsi), afin que chez moi le oui soit oui et le non soit non, c’est-à-dire que je sois trouvé parfaitement droit et sincère. » —[Indiquons enfin la conjecture de BALION : 70 vai où xaœi 10 où vai, QUE SCHMIEDEL trouve très plausible.)
v. 48. -— Aprèsavoir parlé au singulier de l’inculpation de légèreté et de mauvaise foi qui s’adressait à lui personnellement, Paul revient au pluriel pour parler de la prédication de l'Évangile qu’il a annoncé à Corinthe en commun avec Timothée et d’autres. Ce v. 18 apporte la réponse à la question posée au v. 47, nous verrons tout à l'heure comment. — ruotès Ô deôs ! est probablement une énergique formule d'affirmation ainsi aussi LiETZMANN] : Proh ! Dei fidem ! «aussi certainement que Dieu est fidèle, que Dieu vit t» cf. v. 23, ainsi que l’expression 7 6 #edç dans LXX, 1 Sam. XX, 3; 2 Sam. IE, 27. Meyer et d’autres! par ex. BACHMANN | entendent le 6z dans le sens de sis éxetvo Om: « Dieu est fidèle en sorte que...», c’est-à-dire « Dieu, dans sa fidélité, produit ce. résultat, que... » Mais il faudrait pour ce sens Gore au lieu de ôte. — à Adyos uv est entendu par plusieurs exégètes
1 [CF. 4 Cor. EL, 9 ; X,13 ; 4 Thess. V. 24 ; 2 Thess. III, 3; 1 Jean I, 9. (LIETZMANN). |
54 I, 18. 19 des discours ordinaires de Paul, des paroles quelconques qu’il prononce, et plus spécialement de ses promesses et de ses plans (Boxer). Mais cette explication ne convient guère à l’ensemble de la locution 6 Adyos uv à noùs du&s, qui semble bien désigner la parole par excellence et la présenter comme prononcée par plusieurs (juôy) ; ainsi : la prédication de l'Évangile. Et les v. 19. 20 sont en faveur de ce sensf. Cette prédication n’a pas été contradictoire, vai xœi où ; elle a été une affirmation absolument vraie et conséquente, l'affirmation parfaitement certaine de la réalité de toutes les promesses de Dieu, accomplies en Jésus-Christ (v. 20). C’est comme si Paul disait: «Vous le savez bien vousmêmes ». Il faut admettre alors que de ce caractère de véracité de son Évangile l’apôtre conclut par un raisonnement a majori ad minus à la véracité de ses discours en général et des promesses qu'il a faites aux Corinthiens: «Notre prédication n’a pas varié, donc nos discours en général non plus ! » — oùx éotuv vai xaœi où : « L’Évangile que nous vous avons prêché n’est pas oui et non, oui en parole, et non en réalité ; ce qu’il a promis (vœi), il l’a tenu, ce n’a pas été oë».(Geci en rapport avec ce que l’apôtre avait promis aux Corinthiers et qu’on lui reproche de n'avoir pas tenu.) La leçon &ovw (R À B etc. It. Vg. Copt.) confirme le sens de « prédication de l'Évangile » que nous donnons à 26yos ; le présent &otw marque l'efficacité permanente de ce 26yoçs. Le éyévero du T. R. (d’après EK L) conviendrait mieux au sens : « discours ordinaires et promesses de Paul ». — HorMann, en vertu de son explication du v. 47 (voir plus haut) est obligé d’entendre le v. 48 comme suit : « [Il n’en a pas été de même de notre prédication ; si mes plans ont été modifiés, elle est restée la même. » [Mais cette interprétation tombe avec celle du v. 17. dont elle n’est que la conséquence très forcée. | Les v. 19 et 20 expliquent quel est le fondement de cette invariable fidélité de la prédication de Paul, relevée au v. 18: l’'apôtre remonte de sa prédication de l'Évangile, qu’il a dé-
1 I nous paraît difficile de réunir les deux sens, comme fait ScHMre- DEL. Il faut choisir. Le premier sens (discours ordinaires de Paul) se rattacherait plus simplement à ce qui précède, mais les v. 49. 20 conduisent à admettre le second (prédication de l'Évangile).
I, 49 sons 55 elarée exempte de touté contradiction, à l’objet de cette prédication, qui est le oui divin en Christ, la fidélité même. Le caractère de l’objet (v. 19) garantit (yo) le caractère de la prédication (v. 18). — Malgré le dv’ fuôv xnovydeis, il ne s’agit pas avant tout du Christ préché, de la doctrine de Christ, mais du Ghrist lui-même, en qui les promesses de
Dieu se sont accomplies. La liaison de v. 48 à v. 19 porterait
au premier sens (doctrine de Christ), mais celle de v. 19 à v. 20 exige le second: l’accomplissement des promesses de Dieu ne peut s'appliquer qu’au Christ lui-même, dans son apparition historique. C’est aussi, d’ailleurs, le sens naturel de là tournure si personnelle 6 … vids … xnpvydeis ; il faudrait, pour le sens de « doctrine », quelque chose comme zè xovyuæ Toù vioù. — MEYER-HEINRICI entend un peu autrement le lien du v. 18 avec les v. 19. 20 : Paul justifie ce qu’il a dit au v. 18 en rappelant l'établissement de l'Évangile à Corinthe (v. 19) et le contenu de sa prédication (v. 20), qui en fournissent la preuve ; puis il rapporte sa fidélité à l'affermissement qu’il reçoit de Dieu (v. 21. s.). — [Bousser et ÉtETZMANN, qui entendent, sauf erreur, le 26yos du v. 18 des discours ordinaires de Paul, admettent comme lien entre v. 18 et v. 19 cette pensée sous-entendue : «Tel maître, tel serviteur » ; quand Paul parle (v. 18), il le fait dans l'esprit de son Maître (v. 19)]. — Remarquez la solennité de l’expression Ô ro deoù y&o vids, dans laquelle le génitif zoù Seod, placé avant yéo, a l'accent : il serait contraire au caractère du Fils de Dieu de changer, d’être infidèle à luimême, Dieu étant l’être immuable, absolument fidèle à luimême (Paul vient précisément d'invoquer comme témoin le Dieu fidèle, æordç, v. 18). Fils de Dieu et vœi xai où sont incompatibles, contradictoires (M.-H.). En Christ, les promesses de Dieu sont absolument accomplies ; non pas quelquesunes seulement, mais toutes. Il ne les à pas en partie accomplies, en partie démenties. Son apparition, son œuvre a été un out sans désaveu à toutes les promesses divines : vai é&v adt® yéyovey, c’est-à-dire qu’en lui a été prononcé le oui absolu et définitif, qui confirme pleinement, en les réalisant, toutes les promesses divines. Il n’y a pas lieu, remarque avec raison Meyer-HEINRicI, de supposer que Paul songe ici à faire
antithèse à «un autre Jésus » (XI, 4), comme le veulent KLop- PER €t SCHMIEDEL.
Paul nomme, outre lui-même, ses deux collaborateurs : Silvain et Timothée ; c’est sans doute qu'il tient à rappeler aux Corinthiens la première prédication de l'Evangile parmi eux, l’époque de la fondation de l'Eglise (Act. XVII, 5) : il les reporte à ce moment pour leur faire repasser les expériences qu’ils ont faites dès lors de la parfaite fidélité de ce Christ qui leur à été annoncé. Depuis cette époque jusqu'à aujourd’hui, Christ n’a pas été pour eux vai xaœi où. On comprend ainsi que Paul ne nomme pas Apollos, ou d’autres, qui n’avaient pas prêché alors à Corinthe. — La forme ZrAovavds est constante chez Paul (cf. 1 Thess. I, 4 et 2 Thess. I, 1) ;on la trouve également 1 Pierre V, 12. Le livre des Actes donne la forme abrégée Zilaçs. — Silvain est placé avant Timothée parce que, de ces deux compagnons de Paul, il était le plus ancien ; cf. Act. XV, 40 (départ pour le second voyage) et déjà Act. XV, 22. s. (députation de l’Église de Jérusalem à celle d’Antioche). — d44à vai êv adt@ yéyovev: « mais le oui, (l'affirmation par l’accomplissement des promesses) est réalisé en lui». Le parfait yéyovey signifie: « a été produit et demeure ».
v. 20. — Les éxayyeliæ sont les promesses de l’A. T. ; ef. VII, 1 ; Rom. IV, 13; Gal. IL. — 66œ : « autant il y en a, si nombreuses soient-elles, vous trouverez à toutes le oui, un oui effectif, c’est-à-dire l’accomplissement, en Christ ». Cevæt a lieu par l’action de Dieu, qui réalise ses promesses en Christ. — Le yo sert à justifier en le développant, en l’expliquant, le vai év adt® yéyover du v. 19. — Au v. 20, la leçon du T. R. : xa êv ad1® T0 Œuv (d’après E K L) est une simple répétition de 20%, avec substitution du terme hébreu dur au terme grec vœi. Il faut certainement préférer la leçon : ôô «ai Ôr' adroù 1ù dur (8 À B C etc.), qui donne un sens très bon : le vaœi de 20» est l'affirmation: le du» de 20b est la confirmation ; l’un est la cause de l’autre (M.-H.); l’un est prononcé par Dieu, l’autre par l’Église, qui a coutume de - dire amen. Dans l’A. T., le peuple répondait amen aux bénédictions et aux malédictions [ef. Deut. XXVII, 15-96 ; 2 Chron. XVI, 36; Néh. V, 13: VIIE 6]. Dans le culte juif,
la bénédiction du prêtre ou la prière est confirmée par le amen de l’assemblée. De la Synagogue cet usage a passé à l'Église : l’amen de l'assemblée répond à la prière et la confirme (1 Cor. XIV, 16)!. Ainsi: « En Christ, il y a l’affirmation objective des promesses divines, leur certitude par l’accomplissement (202) :et c’est aussi par lui (6° æëro®) que se produit le amen, c’est-à-dire l’assentiment de la foi qui reconnaît cette fidélité de Dieu à ses promesses, qui répond amen à ce oui divin prononcé en Christ (20b) ». Comme dit Meyer-HeINRici, le vœi désigne le contenu de la foi, etle dur, Ja certitude de la foi. Il s’agit donc dans 20? de la certitude subjective de la foi s’appropriant l’œuvre de Christ ; cet assentiment existe dans l'Eglise de Corinthe, chez tous les eroyants, mais n’existerait pas en dehors de Christ; il a lieu grâce à lui (d° œôroë), puisque c’est lui qui réalise les promesses ; c'est done par lui qu’on peut direamen. — ô1ù xaœi: «c’est à cause du vai de Dieu (accomplissement des promesses de Dieu en Christ) que aussi... » ; l'amen de l’Église suppose le vai de Dieu &v aÿr® : il ne peut avoir lieu que par la réalisation des promesses en Christ. — BILLROTH, DE WETTE, appliquent à tort uv à la prédication, au témoignage chrétien.
Cet amen, l’amen bien connu (remarq. l’article), cet amen qui se rapporte aux promesses, a lieu à la gloire de Dieu (16 de dépend de xodçs ÔS£ayr). Tandis que le væi de Dieu va au monde pour le sauver, l’amen de l’Église croyante va à Dieu pour le glorifier ; cf. Eph. I, 3, où le së4oynros répond au eè2oyoas. Cet amen n’est pas à la gloire de Paul, quand même l’apôtre ajoute de fu&y : « par notre ministère ». Sans doute, Paul se sait l’instrument de cet amen, car c’est la prédication du Christ par lui, Paul (cf. v. 19 : à uv xnovyxTels), qui produit, provoque cet amen ; le dc’ u&v relève en passant la dignité apostolique. Mais Paul rapporte néanmoins toute gloire à Dieu, réduisant ainsi à néant l’accusation portée contre lui. Cette préoccupation de la gloire
1 BousseT conclut de notre passage (et de 4 Cor. XIV, 16) que la prière solennelle, déjà fixée, de l'Église se terminait chaque fois par un «amen par N. S. J.-C. », et il trouve là «une notice importante concernant la liturgie des prières du christianisme primitif ».
de Dieu exelut la copia oapxium (v. 12), le xard odçua (v. 17), c’est-à-dire les moyens détournés, les ruses, etc., qu’emploie l’homme qui cherche sa propre gloire. Le travail de Paul est désintéressé, tout au service de ce d'eds mots qui accomplit ses promesses, tout au service de la fidélité de Dieu qui éclate dans le Christ prêché par lui. Son travail est donc pur ; le caractère de sa prédication, au contenu de laquelle la conscience des lecteurs a dit amen, est la garantie de la sincérité de tous ses discours et de toute sa conduite : les instruments de la fidélité divine seraient-ils des fourbes ? C’est ici le nerf de la preuve : si l’accomplissement historique des promesses divines en Christ porte ses fruits dans le monde paien et en particulier à Corinthe, si le dur de l’Église retentit dans cette ville païenne à la gloire de Dieu, par l’intermédiaire de qui cela se produit-il ? Réponse : ds fu@v ! « Et nous serions ce qu'on nous accuse d'être! Et le Dieu fidèle à ses promesses, le zuozds eds dont toute ma prédication tend à faire éclater la fidélité, sanctionnerait de sa bénédiction, de sa divine coopération, un ouvrier aussi indigne que celui qu’on m’accuse d’être ! »!
Cette dernière idée est justement celle que Paul développe dans les v. 21. 22, auxquels on passe ainsi par une transition toute naturelle. |
Le v. 21 se rattache au à fu&v : « C’est par notre intermédiaire que cette œuvre s'opère, c’est par l'Évangile que nous prêchons (v. 19) que la fidélité de Dieu est démontrée et que sa gloire est prouvée parmi vous ; mais comment ? Comment pouvons-nous accomplir eette œuvre, l’accomplir invariablement, comme nous l’avons fait, en sorte que notre À6yos noùs bus soit vai vai, et non pas vœi xai où ? » Réponse: 0 BeBoüv u&s….,c'est-à-dire: «nous avons agi, non par notre force, mais par celle de Dieu, qui nous unit, vous el nous, constamment à Christ (es Xgvorév), nous attache indissolublement à lui. Dieu n’a pu faire cela par nous, par notre moyen (ô uüv, v. 20) que parce qu'il à agi et agit sans cesse en nous ». La fondation de l’Église de Corinthe et
da, [ScHmiEDEL, HeiNkict, BACHMANN, rapportent également 6 ju&v à . et à ses compagnons; LiETzMANN l'entend des chrétiens en général. |
son maintien est done une œuvre divine (ce qui exelut l’emploi des moyens artificieux !) — u&s : «nous qui avons travaillé au milieu de vous pour lui ». — Paul ajoute où» uv pour montrer aux lecteurs qu’ils ne sont pas exclus de cette BeBaiwous : «et vous aussi, en qui ce Christ doit prendre vie, qui devez être conquis à lui ». — eëç Xçvotév: pour lui demeurer attachés, inébranlablement fidèles ; ils sont toujours plus fermement fondés dans la communion avee Christ, de façon à avoir part à son caractère de parfaite véracité (v. 49 : vai êv aùr® yéyover). (WEISS). — BeBœdr S’oppose sans doute à l'inconséquence (&24aæpoia, v. 172) et à la duplicité (vai xaœi où, 17b) reprochées à l'apôtre : son activité à Corinthe à eu le caractère de fermeté, de droiture invariable qui convient à celui en qui le Dieu fidèle et immuable agit. Et le oùdv duty pourrait renfermer un reproche ou au moins un avertissement aux Corinthiens qui se laissent si facilement détourner de leur apôtre.
Les mots xai yoioas fu&s (remarq. l’aor.) indiquent un fait antérieur au BeBœa&y et accompli une fois pour toutes, dans le passé : c’est la vocation et la dotation spirituelle de Paul pour l’apostolat, la consécration en vue du ministère, qui à précédé l’affermissement continu, actuel, et qui justifie la relation de Paul avec l’Église de Corinthe (voir KLüPPER). Appel et dotation sont réunis Gal. [, 15. [Il y à sans doute une intention dans l’emploi du mot yotoæs!, vu sa relation étroite avec Xovcorés : Paul est un yororôs, un oint, parce qu’il est l’instrument du Xosordç dans son œuvre divine envers les hommes. L’onction qu’il à reçue (yoioæs), c’est-àdire le don de l'Esprit, est le point de départ de l’œuvre divine qui S’opère actuellement en lui et que désigne le participe présent BeBœ«üv. |
La construction est la même que V, 5: de là le sens: «Celui qui nous affermit.…, c’est Dieu, lequel aussi... » — On à voulu faire de tout le v. 21 le sujet, et du v. 22 l’attribut : «Le Dieu qui nous affermit.… est aussi celui qui nous a scellés .. » Mais cette construction est bien lourde, et rien n'y oblige;
‘ Le verbe yo, dans l'A. T., signifie : oindre d'huile, symboliquement, pour revêtir quelqu'un d’une charge.
on ne voit pas la raison qu'il pourrait y avoir d’établir l’identité du Dieu qui oint et de Celui qui scelle. Et il faudrait : xai 6 opoayioäuevos (au lieu de : 6 xai).
v. 22. -— 6 nai: « lui qui aussi... », ou bien, en commençant une nouvelle phrase : « C’est lui aussi qui... ». — Eph.I, 43. 14 parle également de « sceau » (de l'Esprit) et d’«arrhes » (de l'héritage) (cf. Éph. IV, 30). Si on interprète notre pas. sage d'après cette analogie, il est difficile d’y distinguer opoayioduevos de yoioæs : il s’agit les deux fois du don de l'Esprit (auquel se rapporte également le éçoaBüva). Il vaut mieux [faire abstraction de Éphésiens et] entendre opoaytoduevos du sceau que Dieu à apposé sur l’apostolat de Paul par les succès qu’il lui a accordés et aussi par les dons miraculeux (œuvres du Saint-Esprit également) qui ont signalé l’activité de l’apôtre ; ef. £ Cor. IX, 1. 2 : «mon œuvre... le sceau de mon apostolat ». — HorManx, tout en entendant opoayioduevos du sceau de l'Esprit (d’après Éphés.). y voit les marques de l’action du Saint-Esprit en Paul, qui éclatent aux yeux des hommes et confirment son ministère. Ce sens se rapproche du nôtre. —- À ce témoignage extérieur correspond le témoignage intérieur que Paul a par l'Esprit : doùs tov GooaB@va….; c’est l'Esprit d'adoption, gage de l'héritage (Rom. VII, 4517 ; Éph..[, 14). Le mot égoaBor est d’origine sémitique ; il a passé en grec (il est connu déjà d’Aristote eton le trouve dans les Septante, par ex. Gen. XXX VIIE, 17), puis en latin (arrhabo, arrha) : il désigne les «arrhes » que, dans un marché, par ex.. l'acheteur remet au vendeur et par lesquelles il s'engage à exécuter le marché conelu; puis, au figuré, il signifie «gage ». Le Saint-Esprit est le gage, la caution, le don de prémices qui nous garantit toutes les autres grâces que Dieu nous réserve. — où nvebuaros est un génitif d’apposition ; ef. Éph. E, 44 où 6 éoxw &ooaBy se rapporte à z@ nvebuarti qui précède. Paul veut done dire : « Dieu agit par nous (v. 21) et nous scelle comme ses ouvriers; mais il y a plus : par son Esprit d'adoption, il nous assure, comme à ses enfants, l'héritage à venir. Possédant une telle position, nous ne pouvons être ce dont on nous accuse! » — Goûg.. êv raïs xaQôiœis (NON pas : sis Tàç xaçôlas) : donner dans, c’est-àdire de manière que la chose donnée y soit, y reste. — Pour
Meyer-HeiNRici, les mots xai 6oùç Tor époafüva.. sont une simple épexégèse de cpoaæyiotuevos : ils expliquent en quoi consiste le sceau.
[Dans cette explication du v. 22, le ju&s, puy est entendu uniquement de Paul (et de ses compagnons). Plusieurs rapportent ce «nous» aux chrétiens en général, et cela à partir de la fin du v. 21 (xeioas fu&s, Bousser) ou même déjà de la fin du v. 20 (6° qu&v, LIErzMANN). Selon ces interprètes, les expressions yoicæs, opoayioduevos, Goùç 1ôv dgoaBüva servent toutes trois à désigner le baptême, elles paraphrasent cette idée : «nous sommes devenus chrétiens ». Voir Bousser ! et LiETZMANN. — Mais cette interprétation, outre qu’elle affaiblit considérablement la pensée, se heurte à la difficulté qu’il y a à passer tout d’un coup, au v. 21, du sens étroit du «nous », qui s’impose nécessairement pour le premier #u&çs (Paul et ses compagnons), au sens large pour le second qu&s (les chrétiens en général): le saut est trop brusque |.