‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 55 sur 117 · V. 23-II · texte numérisé non relu

V. 23-II

23 Et quant à moi, je prends Dieu à témoin sur mon âme que c’est pour vous épargner que je ne suis pas revenu à Corinthe. Non pas que nous dominions sur votre foi; mais nous coopérons à votre joie; car pour la foi, vous vous tenez fermes. Ch. II. Et je résolus ceci pour moi-même, de ne pas venir de nouveau chez vous dans la tristesse. 2 Car si je vous attriste, qui me donnera de la joie, si ce n'est celui qui est attristé par moi? *Et je vous ai écrit précisément cela, afin qu’une fois arrivé je ne reçoive pas de la tristesse de ceux qui devraient me donner de la joie, pénétré que je suis de cette confiance en vous tous que ma joie est la vôtre à tous. ‘ Car c’est du milieu d’une

1 [Bousser compare : 40 pour l’onction : Act. X, 38 (baptême de Jésus-Christ), et Apoc. I, 6.9 ; 1 Jean IT, 20.27 ; — 20 pour le sceau : Éph. 1.43; IV, 30; puis: 4 Cor. I, 43 (invocation du nom de Jésus sur le néophyte); enfin Gal. VI, 17; Apoc. XIV, 1; II, 42; VIE, 28.; XXIE, 4 ; XII, 46 (inscription sur le corps du nom de la divinité); — 30 pour les arrhes : 2 Cor. V, 5; Rom. VIE, 23; et Gal. III, 2 qui suppose le don de l'Esprit accompagnant le baptême.]

grande affliction et d’une grande angoisse de cœur que je vous ai écrit, à travers beaucoup de larmes, non afin que vous soyez attristés, mais afin que vous connaissiez l'affection que j'ai pour vous tout particulièrement.

Avec le v. 28 Paul arrive enfin au fait : après avoir montré qu'il est émpossible d'admettre les explications présentées au v. 17, c’est-à-dire après avoir repoussé les accusations injustes lancées contre lui, il donne enfin (1. 23-IT, 4) la vraie explication de sa conduite qu’on avait si mal interprétée. Cette explication doit faire tomber les derniers doutes qui peuvent exister encore chez les Corinthiens. — Le Ôé marque la gradation : de la simple négation des sentiments qu’on lui prête, Paul passe à l’énoncé positif de ses motifs. Il ne veut pas cacher sa pensée aux lecteurs : « Vous voulez savoir pourquoi... eh bien ! voici Le fait ! » — éyo : « pour ce qui est de ma personne, c’est-à-dire pour parler de moi seul, à l’exclusion de Silas et Timothée». — rùv dsdr éme Aoüua: «j'en appelle à ce Dieu-même » (celui dont il vient d’être question aux v. 21.22). — êxi vÿv éuÿv pvuyr: «contre mon âme, dans le cas où je mentirais ». Dieu, qui est le témoin (uäçrvça), est aussi le vengeur : Paul appelle sur luimême le jugement de Dieu, il risque son propre salut s’il n’est pas sincère. Nous avons là une vraie formule de serment; cf. XI, 31: Rom. [, 9; Gal. I, 20. Un tel serment n’est pas en contradiction avee Matth. V, 34. ss. ; ef. Jacq. V, 12. Jésus-Christ lui-même a juré (Matth. XX VE, 64) et il v a des serments de Dieu (Gen. XXII, 16, ete. : Hébr. IE, 44. 18; VI, 15). Il faut distinguer entre le serment qui est fait surtout en vue de celui qui jure, pour le lier davantage que ne ferait une simple déclaration (ce serment-là vient du malin, il Suppose que celui qui le prête est un homme qui ne respecte pas Son oui) — et le serment qui est fait en vue des autres, qui à pour but de vaincre leur défiance [et qui, en en appelant à Dieu, est une véritable prière]. — ôv pedduevos a l'accent : «que c’est en vous épargnant, avec l'intention de vous épargner que... ». « J'aurais dû punir, venir chez vous év 6&Bd@ (1 Cor. IV, 21 ; cf. 2 Cor. IT, 1); j'ai préféré y renoncer. Voilà pourquoi je ne suis pas venu de nouveau ». —

Le oûxex n'est pas l'équivalent de oëxo, il signifie, non : «pas encore », mais : cne... plus», «pas de nouveau », et. fait allusion à la précédente visite de Paul, c’est-à-dire au séjour & 2ërn qui avait eu lieu depuis le séjour de fondation (voir Introd.), Paul veut done dire : « Je ne suis plus revenu chez vous (depuis ma dernière visite), contrairement à mon plan primitif (v. 15 et 16) : mais si j’ai agi ainsi, si j'ai modifié mon plan, cela a été uniquement pour vous éparyner ».

v. 24. — oùyôu: [«ce n'est pas à dire que», cf. HE, 5: Phil. IV, 17; 2 Thess. IE, 9 (LirrzMANN) |. Le v. 24 atténue ce que le perdduevos pouvait avoir de pénible, de blessant pour les lecteurs : en effet, en déclarant qu'il les épargne, Paul déelare qu'il aurait le droit de sévir, d’user de la verge (64860s). L'apôtre prévoit l'impression fâcheuse que risquait de produire le v. 23, et afin de la prévenir, il rappelle que le ministère dont lui et ses compagnons sont revêtus n’est pas un ministère de domination, mais de service : il éveille, développe la vie de la foi, mais ne la régente pas. La foi des Corinthiens les a affranchis. 11s ne sont plus sous le pédagogue (Gal. ITE, 25). Paul est pour eux non un maître, mais un simple auxiliaire, un compagnon de travail, et cela au service de leur foi, non pour la dominer. Il y à un seul xéços ! Les Corinthiens dépendent directement de Lui: c’est Lui qu’ils servent, non l’apôtre. — | Ce verset 242 fait peut-être allusion à un reproche qu’on adressait à Paul, en le traitant de «tyran de la foi » ; ainsi Bousser, LiErzMANN. Ce dernier compare À Cor. VIT, 35 ; 2 Cor. X, 8 : XIE, 10.

&AÀ& ovvepyoi…. ne doit pas être entendu : « coopérateurs de Dieu» (cf, À Cor: II, 9), mais: «coopérateurs des /ecteurs » (ainsi la plupart des exégètes), car ovvegyoi S’oppose à xéçuor (impliqué dans xvguevouer). Cela n’empêche pas qu’en dernière analyse la yœæo& soit produite par Dieu, soit un fruit de l'Esprit (Gal. V, 22). Tout ce que Paul veut en reprenant les Corinthiens, en les censurant, c’est d’enlever ce qui fait obstacle à leur joie. Or, pas de joie sans la fidélité ! La joie naît de la vie de la foi sûre et forte. Si l’apôtre veut les ramener à cette foi virile, c’est donc non pas pour exhiber une autorité qu’il exercerait sur eux, mais dans

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