‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 56 sur 117 · T 24 IP A · texte numérisé non relu

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leur propre. intérêt, pour augmenter leur joie. — 1ÿ ya mioter éorxare : « Car quant à la foi, vous êtes debout, je n’ai pas d'inquiétude. Vous n'avez done pas besoin d’un maïitre. Vous n’êtes plus des enfants qu’on mène à la lisière. Je fais donc appel à vos propres lumières, à votre propre foi, au Christ que vous avez reçu ; je ne prétends rien vous imposer qui ne s’imposerait pas à votre conscience.» (Cf. (Rom. XIV, 4: XI, 20). — 77... xiore est un datif de relation, cf. Rom. IV, 49.5. ; Gal. V, 4. Il ne faut pas expliquer : per fidem (HOFMANN).

Ch. II, 4-4. — L’apôtre achève ici l'explication commencée I, 23. 24. Le chapitre est done mal coupé. « Quiconque soit celui qui a divisé les chapitres, observe CALVIN, il à fait iei une sotte division. »

v. À. — Le Ôé n’est pas adversatif, mais progressif : Paul développe l’idée qu’il vient d'exprimer dans [, 23? : ôzr pauddevo. oùxérr ÂAdov; il explique comment il a épargné les Corinthiens. — éxgwa: « je résolus, je jugeai bon», comme 4 Cor. IE, 2: cf. VII, 37 (l’homme qui a « résolu en son cœur » de garder sa fille) et l’expression de Cicéron : mihi judicatum est. — éuavr® ne signifie pas: «en moi-même », comme entendent la Vulgate {apud me) et LUTHER!:; — ni : « par moi-même», c'est-à-dire : « d'une façon autonome, indépendante, sans être mû par des considérations terrestres » (MEYER-HEINRICI, Cf. I, 47), — mais : « pour moi-même, dans mon propre intérêt » (dat. commodi) ; Paul enveloppe les ménagements de son amour pour les Corinthiens (perôduevoc du&y) de l’apparence d’un intérêt personnel : il aurait eu lui-même du chagrin s’il était venu sans ménagement, pour sévir avec rigueur (WEIss). — zoûro, 76... cf. Rom. XIV, 43. — T0 uÿ m&iw.…..: On trouve ici deux leçons principales: a) 8ATeïv est placé après nods bu&s (NRA B C etc. Syr.,TISCHEN- DORF, 8me éd. et les éd. mod.) ; b) &48etr est placé avant rodç du@s (DEF G It. Vg., TiscHENDoORr, 7% éd.). Une troisième leçon est: c) celle du T. R., où 849eiy vient déjà avant & Ann (quelques Minuscules) ; mais ce n’est là, très probablement, qu’une correction destinée à faire porter le z&4»

! Il faudrait : zag’ êuoi, ou: &v éuot.

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uniquement sur 44e et à écarter l’idée de deux séjours antérieurs. — Les deux leçons a) et b) ont sans doute le même sens : dans les deux, le z&w porte sur toute la locution & Ann moùs bus éASeiw (ainsi MEYER et la plupart, entre autres ZAHN, Introd.), et non pas seulement sur 449 eiy (Meyer-HEINRICr). Ce xl suppose done un précédent séjour év Aôn», qui ne peut être le séjour de fondation : l’explication de LANGE, qui voit dans la 26x celle que Paul avait apportée d'Athènes, est tout à fait invraisemblable. L’expression mdrr êv Adnn noôs bus 8Tetr ne saurait non plus se rapporter à 1 Cor., comme l’ont voulu CHRYSOSTOME, CALVIN, BENGEL (1 Cor. représenterait une « venue» de l’apôtre par lettre!) Notre passage suppose donc au moins deux séjours de Paul à Corinthe avant la rédaction de 2 Cor. : le séjour de fondation et le séjour &v 26.

&v Adxn : S'agit-il de la tristesse que l’apôtre aurait éprouvée lui-même ou de celle qu’il aurait causée aux Corinthiens en venant & 6&66@ (1 Cor. IV, 21)? Meyer, EWaL, Reuss, et déjà THÉODORET, CALVIN pensent que la suite (eê éyo Zvrd bu&s, V. 2) force à voir dans le & 26xy du v. 1 la tristesse que Paul apporterait, causerait (ef. Rom. XV, 29 : & rmÂAnowuar edhoyias Xovoroù élebooua) !. Mais sans vouloir absolument exclure la tristesse des Corinthiens qui devait être nécessairement la conséquence de la tristesse de l’apôtre, le séjour de Paul à Corinthe étant ainsi &v 2ëxn pour tous, absolument parlant, je ne puis croire que é2deiv êv dan ne signifie pas avant tout: « être et venir mor-méme dans la tristesse ». Ce sens est confirmé très décidément par le v. 3 : tva uÿ ÉD EY Âbdnmr oy@. Et je crois que le rapport au v. 2 se comprend quand même (voir à v. 2). CHRYSOSTOME, BILL- ROTH, HOFMANN entendent également la 2ëzr de la douleur de l’apôtre. D’autres mélangent les deux sens; ainsi HEIN- RICI : L'idée qu’il devra punir, causer de la 6x, le remplit lui-même de 267. — En tout cas et quoi qu’en dise MEYER, il est étonnant, si ce séjour dans la douleur a eu lieu avant 1 Cor., que cette épître n’y fasse pas la moindre allusion et que l’apôtre ne parle qu'ici de ce sujet de tristesse qui, dans

1 [C’est ainsi qu’expliquent aussi Bousser, LIETZMANN, BACHMANN.] 2 CORINTHIENS — 5 ?

l'hypothèse de Meyer, eût dû le préoccuper de plus près encore lorsqu'il écrivait 4 Cor.

v. 2. — Pour ceux qui entendent &v Âôxn de la tristesse causée aux Corinthiens, la liaison marquée par ydo est toute simple : « car si je vous afflige, qui me réjouira ? » Avec le sens que nous avons admis (tristesse de Paul lui-même) le lien entre v. 4 et 2 est un peu plus difficile à saisir. Il n’est cependant pas incompréhensible : l’idée de l’apôtre est que, s’il a de la tristesse (v. 1 : &v Aënn &A®eir), les Corinthiens en auront aussi ; affligé lui-même (parce qu'il doit sévir), il les affligera, et alors, qui le consolera parmi eux ? Ainsi le sens est: «je ne veux pas venir chez vous de nouveau & Adzn (\. 1), car si moi (moi-même qui ne voudrais vous apporter que de la joie, [, 24) je vous afflige (et je ne pourrai faire autrement, si je suis attristé moi-même — idée sousentendue), qui done me donnera parmi vous joie et consolation ? » ou : « Il est évident que je ne serai pas dans la tristesse sans vous attrister aussi vous-mêmes ; vous ne pourrez me voir au milieu de vous affligé (attristé à votre sujet, cen surant, reprenant, en un mot : venant év 6460) sans en être affligés vous-mêmes : et alors qui done me consolera, me réjouira, si ce n’est précisément celui que j'afflige (vous) et qui ne sera pas en état de me consoler, étant affligé luimême ! » L’apôtre se priverait ainsi lui-même (yo) de son seul sujet de joie, celui que les Corinthiens devraient lui donner ! — Si ce sens ne parait pas admissible, il ne reste qu’à prendre &v dry é2%etv au v. 1 dans le sens de: « venir pour vous affliger ». — xai ziç... (le éorv qu’on trouve ici dans DE F G etc., manque dans 8 À B GC): « Et qui donc ? » [«qui donc alors ?» ] Voir BLass $ 77, 6 (p. 286) et ef. Luc X, 29 : Mare X, 26. Le xai marque le lien étroit, la presque simultanéité de l’antécédent (« si je vous afflige ») et de la conséquence («il n’y aura personne pour me réjouir »). — 6 Avnoëuevos ne désigne pas un individu déterminé (comme celui dont il sera parlé aux v. 5 et 6), mais tout membre quelconque de l'Eglise de Corinthe, chacun d’eux. — A propos de &ë éuoë, Meyer-Heinrict fait observer que le &x marque un point de départ, d’origine, plutôt qu’une cause directe (qui serait indiquée par éxô) : la tristesse part, provient

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de l’apôtre ; ce n’est pas lui qui la produit volontairement.

Plusieurs autres explications ont été proposées pour ce verset, mais elles sont insoutenables :

BILLROTH, OLSHAUSEN, BENGEL, et déjà CHRYSOSTOME entendent : « si je vous afflige, qui est-ce qui me réjouira pourtant mieux que celui qui se sera laissé affliger par moi (sc. : en acceptant ma répréhension) ? » Mais cela ne motive pas (ydo) le v. 1 ; au contraire. Et le oûy iva Avandÿre (v. 4) défend de donner ici ce sens à 2vxoëuevoc.

Selon RÈCKkERT, le ei yèo Avnd buäs serait une aposiopèse, il y aurait ellipse: « Si je vous afflige.. !» — « Je ne dois pas le faire, ce serait un manque d’amour » ; puis le motif: «car ceux que j'afflige sont précisément ceux qui me donnent de la joie ». A cette explication, MEYER objecte avec raison que les termes de la proposition qui commence avec “ai vis devraient être intervertis; il faudrait : xai vis 6 Âvroduevos é£ éuod el ur 6 edpoalvov ue.

HormanNN recourt à un moyen plus violent encore : selon lui, l’aposiopèse aurait lieu déjà après ei y&e, et l’apodose commencerait avec éy& Avr® vu&s. Le sens serait donc: « Car si (sous-entendu : je viens de cette manière), alors je vous afflige, et alors qui... etc. ? » Mais c’est là un expédient désespéré !

V. 3. — nai éyoaya.. « Et pour éviter d’être obligé de sévir, de venir dans la douleur et d’en causer à mon tour, j'ai préféré (plutôt que de venir chez vous avant que tout y fût rentré dans l’ordre) écrire ». — &nxçiva (v. 1.) et éyoæya se rapportent à la même chose (MEeYER-HEINRICI), Sontsimultanés (SCHMIEDEL). — zoûro adrô, complément direct de éyoapa: «cela précisément que j'ai écrit, c’est-à-dire les choses sévères que vous savez ». [LIETZMANN suppose très ingénieusement que ce zoo «616 indique une citation que Paul ferait ici de la lettre perdue, intermédiaire entre 4 et 2 Cor. Seulement, il n’est pas possible de déterminer avec certitude ce qui constitue la citation. En effet, Paul emploie l'expression œôrd rodro (sans doute équivalente au zoûro aœÿr6 de notre passage) tantôt relativement à quelque chose qui précède (Rom. XI, 6 ; 2 Cor. V, 5 ; VIL, 11 ; Gal. IL, 10), tantôt relativement à quelque chose qui suit (Rom. IX, 17; Phil. [, 6;

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Col. IV,8 : Éph. VE, 22). On pourrait donc chercher la citation soit dans le v. %, depuis va, — soit dans l’une des pensées qui précèdent, à savoir: celle du v. 2, ou celle du v. 1, ou même celle de I, 23.] — Plusieurs prennent le zoûro œré adverbialement : « précisément pour cela, que... », « justement afin que » (ainsi THÉODORET, RÜCKERT, HOFMANN, Zaux; cf. BLass $ 49, 2; 34,7) 1. Mais ce sens adverbial, grammaticalement possible, ne se rencontre pas chez Paul ; voyez son eîs zoûro, v. 9, et comp. zoûro, objet direct, au v. 1. — L’aoriste &yoaæya est rapporté à la présente lettre (2 Cor.) par CHRYSOSTOME, OLSHAUSEN, HEINRICI, maïs le v. 4 et les passages IT, 9 et VII, 8.s., qui font allusion à la même lettre que celle désignée par &yoæya de notre v., et à l’effet produit par elle, s'opposent à cette explication : If, 3. s. et VII, 8. s. se rapportent en tout cas à une seule et même lettre: or, VII, 8. s. ne saurait être entendu de 2 Cor. Il s’agit donc d’une lettre antérieure, qui peut être soit 1 Cor., particulièrement le ch. V (ainsi MEYER, HEINRICI, SCHNEDERMANN, Hormanx), soit une lettre perdue, intermédiaire entre 4 et 2 Cor. (BLEEK, NEANDER, KLôPPER, EwaLp, F. Goper). Et Meyer-HeiINRICI reconnaît que cette dernière explication convient mieux aux expressions de l’apôtre, à condition, toutefois, qu'on ne fasse pas du « Vierkapitelbrief » (voir Introduction, $ 3, p. 12) la lettre intermédiaire. — Les mots &d or... 046 ne doivent pas être rapportés hypothétiquement au passé: « de peur que si j'étais venu, j'eusse eu » (RückERT); il faudrait, pour ce sens, l’optatif. Le sens est bien plutôt : « afin que, quand je viendrai (c’est son intention, son projet formel encore au moment où il écrit 2 Cor.), je ne recçoive pas... » Le conjonctif présent (yo) ou aor. 2 (ox$) convient parfaitement, même après l’aoriste éyoæya, car il exprime l’intention encore actuelle de Paul. L'idée de l’apôtre est que, ne voulant pas avoir de la tristesse quand il viendrait (et viendra), il a préféré écrire et dire par lettre les choses pénibles qu’il eût dû sans cela dire personnellement. — dép" &v est contracté de &xd roërov &p° &v. Le verbe

1 [WENDLAND, cité par LIETZMANN, regarde roëro aëré comme , + L » ? .

l'équivalent d’un wdvov renforcé: « seulement, uniquement ». Paul voudrait dire : « J’ai écrit uniquement pour ne pas devoir venir ». |

nero | |

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xaigeu se construit ordinairement avec éxé (quelquefois avec &v), quand il s’agit de l’objet de la joie. Quand il est question de personnes qui causent de la joie, on peut employer aussi dé et éx6 (ce dernier, qu'on trouve dans notre passage, est plus rare): recevoir de Ja joie par quelqu'un, ou : de la part de quelqu'un. — ëôa: c’est là ce qui devait et devrait être, par réciprocité, c'est-à-dire en vertu de la nature du lien qui unit l’Église de Corinthe et l’apôtre, ouvegyds de là yagd (1, 24) des lecteurs (KLÜPPER) ; mais c’est justement ce qui, dans le cas supposé, fait défaut. — xexordwçs se rattache à ëyoapa pour le motiver subjectivement en indiquant dans quels sentiments l’apôtre a écrit les choses sévères que contenait la lettre en question : il l’a fait dans la confiance que sa joie est la leur, qu’ils trouveront dans sa joie la leur, et que par conséquent ils s’empresseront de mettre ordre à ce qui l’afflige chez eux et a provoqué les remontrances de sa lettre. — êxé avec l’accusatif exprime l’idée de direction : la confiance s'appuie, porte sur quelqu'un ;cf. Matth. X XVII, 43 : 2 Thess. IIT, 4. — Le xdévras étonne: et les récalcitrants ? les adversaires déclarés ? Il s'explique cependant comme captatio benevolentiæ : Paul ne veut désespérer de personne : il laisse la porte ouverte à tous pour le retour, en exprimant l’espoir que tous reviendront. C’est le langage de la charité qui « croit tout, espère tout » (4 Cor. XIE, 7). L'apôtre se refuse à penser qu'il y en ait parmi eux qui veuillent persister à lui faire de la peine! CaLviIx : « Que si les Corinthiens ne répondent au jugement et à l’opinion que saint Paul a d'eux, ils l’abusent trop lâchement. »

Le v. 4 motive (ydo) non le v. 3 (ainsi MEYER: «si je n’avais eu une telle confiance, cette lettrene m'aurait pas tant coûté »), mais le v. 32, qui renferme l’idée principale (KLôP- PER) : «Je vous ai écrit afin d’écarter tout sujet de tristesse qui troublerait ma visite, et afin qu’elle fût une fête pour vous et pour moi (v. 3). Eten effet (x. 4), cette lettre qui vous disait des choses si dures (VIE, 8) est sortie d’une profonde affliction et angoisse de mon cœur! (éx), elle a été écrite à travers

1 Le génit. xxod/as se rapporte aux deux substantifs {peus et ovvoyÿs. Le mot ds désigne ici l’affliction intérieure. Jointe à l’angoisse, elle se manifeste au dehcrs par les larmes, à propos des-

beaucoup de larmes (&&). Et mon buten vous écrivant n’était pas, comme beaucoup l’ont cru, de me venger d'une offense, de vous rendre 2ézn pour 2ëzm, au contraire: oùy tva Avnndÿre. » Ainsi, faire de la peine n’était pas le but de Paul; si sa lettre en a fait (il ne le nie pas, et cela résulte indirectement de tout le passage, comme cela est d’ailleurs dit expressément au ch. VID), c’est que c'était l’inévitable moyen de ramener les Corinthiens au bien et de leur procurer, à eux et à lui, de la joie; l'apôtre devait les affliger afin qu’ils reconnussent l'amour particulièrement tendre qu’il a pour eux. Il les aime assez pour ne pas hésiter même à leur faire de la peine afin de les sauver. Amour sévère et courageux! Amour exceptionnel! A sa sévérité, ils peuvent mesurer sa charité. Le but, c’est finalement leur joie et la sienne (V. 3: I, 24), la satisfaction complète de sa tendresse à leur égard par le parfait rétablissement des relations entre eux et lui. A cela uniquement tendait sa lettre. — 7ÿv dydnny ivæ.…..: cette inversion fait ressortir le &yéx», que Paul veut mettre en relief. — xeoroootéows: abundantius, majore gradu, vehementius, et aussi: potius, præ ceteris, in primis, maxime (GRIMM.) THéoPHYLACTE supplée ? rods &2ovs uadmräs. Paul aime toutes les Églises, mais son affection a des degrés (cf. Jésus vis-à-vis de ses disciples, un père vis-à-vis de ses enfants): les Corinthiens, tout comme les Philippiens, étaient l’objet d’un sentiment particulier de la part de l’apôtre.

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