La puissance glorieuse de ce ministère: IH, 14-IV
9. Les divines consolations dans les souffrances attachées à ce ministère: IV, 7-V, 40.
3. Son origine divine, bien qu’il soit méconnu des hommes: V, 41-VII, 4. — Ceci ramène l’apôtre aux Corinthiens et à la situation historique.
dre section: La puissance glorieuse du ministère chrétien. II, 14-!V, 6.
14 Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ et qui manifeste l'odeur de sa connaissance par nous en tout lieu! Car nous sommes la bonne odeur de Christ à (la gloire de) Dieu chez ceux qui se sauvent et chez ceux qui se perdent, ‘aux uns odeur de mort (qui mène) à la mort, aux autres odeur de vie (qui mène) à la vie. Et pour cela, qui est pleinement capable ? 17 (Nous!) Car nous ne sommes pas comme les autres, trafiquant la parole de Dieu, mais nous parlons en toute sincérité, comme de la part de Dieu, en présence de Dieu, en Christ.
v. 44. — L’apôtre était arrivé en Macédoine, angoissé et troublé: «Mais, voici! grâces à Dieu!» tout change tout à coup; Dieu vient à son secours et le relève. Le ô£ marque l’antithèse entre l’état nouveau et ce qui l’a précédé. — En quoi, dans la pensée de Paul, a consisté ce changement? On
peut l'entendre de deux manières: ou bien Paul fait allusion au fait (qu’il racontera VIL, 5. ss.) que Dieu l’a relevé par les bonnes nouvelles que lui apporte Tite : enfin arrivé, celui-ci l’a informé de la victoire que la vérité vient de remporter à Corinthe. Ou bien Paul pense plutôt aux succès extraordinaires que Dieu a accordés à sa prédication en Macédoine, Les deux applications sont possibles (voir KLôPrer). Les expressions, très pareilles à celles des v. 12 et 43 de notre chapitre, dont Paul se sert dans VIE, 5, sont favorables à la première ; le ch. VIT et notre ch. IT sont tout à fait parallèles à beaucoup d’égards. Néanmoins, la seconde application me paraît préférable : il serait peu habile et peu délicat de parler sur ce ton triomphant de la victoire qui vient d’être remportée sur les Corinthiens. L’apôtre bien plutôt interrompt, pour y revenir au ch. VIT, le récit de ce qui se rapporte à cette victoire: il emploie maintenant des expressions très générales, qui se rapportent aux conquêtes que l'Évangile fait dans le monde par son ministère, et ne dit rien qui rappelle spécialement les faits de Corinthe. Les termes zmévrore et &v mavri 1énœ ne Sexpliquent pas bien si Paul pense spécialement à ce qui s’est passé chez les Corinthiens ; on les comprend beaucoup mieux s’il s’agit de triomphes de l'Évangile en Macédoine, comme à Troas, comme partout! — Il y a: 76 Ôè deg ous (c’est-à-dire que 76 eo a l’accent,, et non : ydous Ôè 1 de@, qui opposerait simplement la délivrance au découragement précédent. Hormanx relève, sans doute avec raison, cette nuance. Il faut alors chercher l’antithèse spéciale de 16 de dans ce qui précède, et on ne peut la trouver que dans la personne de l’apôtre lui-même : lui, tellement abattu et découragé qu’il n'avait même plus la force de continuer à prêcher l'Évangile à Troas (malgré le succès qu'y rencontraient ses prédications) et qui avait pour ainsi dire déserté ce poste pour se jeter, l’âme en angoisse, sur les chemins de la Macédoine; lui, qui n’avait en lui-même ni force ni secours! Mais en Dieu il en a trouvé! r@ Ôè &ew... ! Le Dieu qu'il sert lui ouvre ici comme ailleurs les portes et lui prépare de magnifiques victoires! Cela, il ne le doit qu’à Dieu seul, qui, voyant son serviteur dans une telle angoisse, a eu pitié de lui, et lui accorde, pour le relever et le consoler, de
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nouveaux succès, inespérés; Paul ne peut assez glorifier ce Dieu dont la yéous s’est si admirablement montrée envers lui! — Ce sens est confirmé par le zévrore et le &v mavri zôn® qui ont déjà été relevés plus haut: « pas seulement à Troas, mais en Macédoine aussi, mais partout où nous posons le pied pour y apporter le message dont nous sommes chargés! » — Ainsi compris, ce passage est la transition naturelle au grand développement sur le ministère de Paul et le ministère en général (ch. IHI-VT). Paul, à dessein, habilement, abandonne ici tout à coup le cas spécial de Corinthe pour parler d’abord de la grandeur de son ministère, et revenir à ce qui concerne Corinthe après seulement. — A 76 4e sont jointes deux déterminations: 7 SorauBebovn et paveoodv, qui se rapportent toutes deux, sous des images différentes, au même fait: la puissance de propagation de l'Évangile prêché par Paul et ses collaborateurs (#uæ&s). — Le sens ordinaire de DovaubBeveu est: «conduire en triomphe». L’accusatif (objet direct) désigne celui sur lequel, duquel on triomphe (Vulg.: qui semper triumphat nos). Ge sens sé trouve chez Paul, Col. IE, 45 (triomphe sur les puissances spirituelles adverses); cf. Plutarque!: Baorleis &oudubevoe nai Myeudvas. MEYER, Hormaxn, WEiss, BoussET, HEINRICI, |BACHMANN] maintiennent ce sens, qu’il est cependant bien difficile de justifier dans le contexte. On rappelle que Paul est le vaineu du chemin de Damas; Dieu, qui l’a alors vaineu, le traîne pour ainsi dire en triomphe en tout lieu, triomphe continuellement de lui dans le monde, en se servant de lui pour accomplir son œuvre, en manifestant en lui sa puissance. Dieu triomphe aux yeux de tous par les succès de son apôtre, dont celui-ci, son vaincu, est l’instrument?. Ce sens ne me paraît pas soutenable: il est sans à propos dans le contexte, où il est question de la puissance déployée par Dieu non sur Paul, mais par lui. Et surtout si, comme le font plusieurs, on applique le YosaubBeberr aux récentes expériences de Gorinthe, que signifierait la déclaration que Dieu à triomphé
1 Thés. et Rom. IN.
2 14b serait ainsi l’explication de 144, Mais on glisse par là au sens: «qui triomphe par nous » (d1° ju@v, cf, CALVIN, BENGEL), ce qui est tout autre chose.
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de son apôtre parmi les Corinthiens? Le seul sens possible serait celui de Weiss: que Dieu a triomphé de sa faiblesse, de ses craintes, lui a montré dans cette occasion combien ses angoisses étaient superflues, combien il a manqué de courage et de foi. (A peu près de même autrefois MEYER et DE WETTE: « qui nous confond sans cesse en réduisant nos craintes à néant par les succès qu’il nous accorde».) Mais Paul entend-il vraiment faire ici une telle confession aux Corinthiens? Non, ses inquiétudes, bien loin d’être vaines, étaient au contraire très fondées. Aussi les rappelle-t-il avec insistance au v. 4 et au ch. VIT. — CALVIN, BENGEL, DEWETTE, EWALD, tout en se rattachant à ce sens de d'ovauBevbewv, le faussent en interprétant: qui triumpho nos ostendit, non ut victos, sed ut victoriæ suæ ministros (BENGEL). JÉRÔME déjà, bien que traduisant correctement: triumphat de nobis, paraphrase: triumphum suum agit per nos. — Il faut donc nécessairement recourir à un autre sens, celui adopté par la plupart des traductions (version de Lausanne, OLTRAMARE, REUSS, LUTHER, WEIZSÂCKER, STAPFER, OSTERVALD, révision de Paris), par le dictionnaire de Grimm! et par bon nombre d’interprètes (BÈZE, RÜCKERT, OLSHAUSEN, OSIANDER, KLOPPER, SCHMIE-
DEL) : «qui nous fait triompher». C’est le sens /actitif (hiphil)
qu’ontsouvent les verbes neutres et les verbes en-e6o : exemples: dvaréherv rdv Zion (Matt. V, 45), uadnreverr tv, «faire disciple » (Matt. XX VII, 19), BœorAsterr nv, « faire régner quelqu'un » (LXX, 1 Sam. VIIE 22), yooevberr tivd, « faire danser autour de quelqu'un en son honneur » (1 Macch. NIIL, 13). I est vrai qu’on n’a pas d’exemples de l’emploi de JoraubBever dans ce sens factitif, mais cela peut très bien être accidentel. Ce sens est parfaitement dans les analogies de la langue et paraît nécessaire ici. — [LrETzmMaNN mentionne deux significations spéciales de l'expression doraubeverw rvd: 1) «conduire publiquement un eriminel par les rues » ; 2) « exposer quelqu'un au mépris ». Il estime que dans notre passage l’idée du triomphe et celle de l’opprobre disparaissent et qu’il reste seulement l’idée de «conduire publiquement », de sorte que dDorauBeberr serait — mévrore mequdyewv. LIETZMANN
1 [EL par celui de PREUSCHEN .|
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admet cependant comme possibles le sens de Bousser et celui de SCHMIEDEL. | — zdévrore: « même dans le temps de la plus grande angoisse ! » comme à ce moment où il arrivait de Troas en Macédoine. — êv 7@ Xoo1® : le &v indique la
sphère dans laquelle ce triomphe a lieu (cf. év xvçio au v. 19): c’est en Christ, c’est-à-dire en tant qu’il est spirituellement en Christ, demeure dans la communion de Christ, que l’apôtre triomphe; Christ est le vrai vainqueur. Paul ne manque donc pas à l'humilité en parlant des triomphes que Dieu lui accorde. — Le v. 14 développe par une nouvelle image l’idée exprimée par docauBebovrr ju&s. Dieu nous fait triompher toujours et partout (142): en quoi consiste ce triomphe ? La réponse est dans le xœi... pavegoüvrte 1 fuür: «Dieu fait rayonner dans le monde sa connaissance (ou: la connaissance de Christ) ». On peut, en effet, rapporter le œôroù soit à %eo5, soit à Xovoroô. Le Xororoù edwdia du v. 15 semblerait favoriser la seconde construction ; maïs la position subordonnée de &v 5$ Xowor® conduit à rapporter plutôt œûroù à Dieu. Au reste, comme il n’y a pour l’apôtre de vraie connaissance de Dieu qu'en Christ, cela revient au fond au même. La «connaissance» de Dieu n’est pas simplement la connaissance monothéiste, mais la connaissance vivante de Dieu — comme Père, Dieu rédempteur — qu’on ne peut avoir que par Jésus-Christ. — pavepodru convient bien à y»&oiç: Dieu met au jour cette connaissance qu’ils ont reçue et possèdent en eux-mêmes. Il y a là une révélation divine qui s’'accomplit par eux dans le monde. — Cette connaissance, Paul la compare à un parfum: ou 1ÿç yvocews. Le génitif est un génitif d’apposition : le parfum quise répand, c’est la connaissance de Dieu, dont les prédicateurs sont tout pénétrés. Elle se répand d'eux, comme un parfum qui pénètre partout. Remarquez le 6° fuôv; Paul ne l’oublie pas. — L'image de éowr est, selon la plupart, suggérée par celle du triomphe: le char de triomphe était accompagné de porteurs de parfum, il s’avançait dans un nuage d’encens. C’est peut-être l’explication la plus simple.
© [LreTzmanN, toutefois, fait observer qu’il n’est pas démontré que la combustion d’encens accompagnât toujours la célébration d’un
L'idée de l’encens du sacrifice, qu’on a aussi proposée, ne se rattache à rien dans le texte. HoFManN à pensé que l’image est celle d’un parfum précieux renfermé dans une cassette, et qui, du vase une fois ouvert ou brisé, se répand partout. Cela conviendrait bien au paresgodvu, qui exprime l’idée de la diffusion de la connaissance de Dieu, se répandant partout (év xavri rôxw) comme une lumière ou comme un parfum pénétrant. Mais l’image de la cassette de parfum est ici bien peu naturelle: rien dans le contexte n’y amène. Et l’encens du triomphateur se répand aussi partout et pénètre tout. — êv xavri rôno : le monde entier est le théâtre de ce triomphe. Paul et les apôtres parcourent l’univers en triomphateurs, répandant partout la connaissance de Dieu en Christ et gagnant ainsi le monde à leur Maître. «Le monde est la via sacra par laquelle le cortège des prédicateurs évangéliques monte au Capitole à la suite de Christ glorifié».1
v. 15. — Paul explique cette puissance, ce triomphe de l'Évangile remporté à fur êv navri réxo, en ajoutant: Gt Xroù edw0ia écuér…., qui peut se rendre par: «Car nous sommes. » ou: «C’est que nous sommes... », c’est-à-dire : «ce n’est pas par une force à nous propre que nous triomphons; nous ne sommes dans notre ministère que le parfum exhalé par Christ que nous portons en nous». — Xçroroë est génitif subjecti: «le parfum qui sort de Christ». — 16 de6 : «pour Dieu, pour sa gloire, pour son service ». — év trois owbomévous … : le & ne signifie pas seulement «parmi», mais: «chez, dans » ; il désigne une action exercée en eux. Le parfum de Christ se répandant par Paul, l’action pénétrante de l'Évangile atteint et affecte les uns et les autres, c’est-àdire que le ministère et la personne de Paul font sentir à
triomphe et en fût un trait essentiel. Il cite Wissowa, selon qui les porteurs d’encensoirs marchant devant le char du triomphateur ne sont mentionnés qu’une seule fois, dans un passage d’Appien. Lier - MANN estime que l'expression dou ris yvoews reste pour nous une énigme. | |
1 [L’auteur, tout en mettant cette citation entre guillemets, n’indique pas la source où il l'a puisée. Nous n’avons pas réussi à la découvrir.]
90 Il, 45. 16
tous quelque chose de ce qu’est Christ. Il y a sur les uns et les autres une action exercée, mais chez les uns pour leur salut (ils sont par là sur le chemin du salut, oo£ovræ), chez les autres pour leur perdition (ils sont par là en voie de perdition, dzdrAvrra). Cet effet est expliqué au v. 16.
v. 16. — Paul abandonne ici le mot sèwdiæ et reprend le terme de éou, terme neutre | quant au sens] déjà employé au v. 14, parce qu’il va développer le double effet de la prédication de l’Évangile. Ce double effet se produit simultanément: le même parfum est mortel aux uns, vivifiant aux autres. La leçon originale est probablement celle du T. R. qui omet les deux éx devantles génitifs davdrov et £œÿs (d’après DEFGKL It. Vulg.). Les &x qu’on lit dans ABC Copt. sont sans doute une correction par souvenir ou imitation des formules dû dd£ns eis 0dEar (AIT, 18), x miorews eis niouv (Rom. I, 47). Le êx … eiç indiquerait une gradation: «les fait passer de mort en mort», c’est-à-dire d’un état mortel à un état plus mortel encore: l’idée serait qu’ils sont déjà dans la mort avant d'entendre l’Évangile. Le &x s’expliquerait ainsi aisément, du moins devant gavdrov. Mais il est difficile à comprendre devant £wÿs, car les sauvés ne sont pas dans la vie avant que l'Évangile leur soit apporté. [Selon Bousser nous aurions ici l’idée de la prédestination (cf. Rom. VIIE, 29) : il y a des gens prédestinés à la mort et des gens prédestinés à la vie; l'Évangile décide, fait le triage. — LIETZMANN pense qu’il ne faut pas presser la tournure x... eis; il y voit une simple formule rhétorique, exprimant uniquement l’idée d’une arrivée par degrés au but, à la perfection, soit dans un sens, soit dans l’autre: cf. les passages Rom. I, 17 (èx.….. eis) ; 2 Cor. II, 18 (dn6… sis) ; IV, 17 (xard.….. elç)]. — Avec la leçon du T. R. le sens est très simple: «le même parfum, l'Évangile, est mortifiant (dou davdrov, génit. de qualité) pour les uns, vivifiant (dou £wÿs) pour les autres, de sorte qu’il à pour résultat (es marque cette idée de terme, résultat final) chez les uns Sévaros (mort définitive, perdition), chez les autres £wr (vie parfaite, éternelle) ». Non que le parfum soit, de lui-même, mortel. Il est, en soi, porteur de vie, d’un principe saint, sanctifiant et vivifiant, le même pour tous. Mais, selon les dispositions morales des hommes, leur atti-
er
tude à l’égard de Jésus-Christ, il devient pour eux l’un ou l’autre: il repousse et tue ceux qui ne veulent pas accepter son principe sanctifiant, la sainteté dans la vie, la croix, l'Esprit de Christ; il vivifie ceux qui acceptent ce principe avecune vraie sympathie (Jean IF, 20.21). L'Évangile aggrave done la position des uns, pendant qu’il sauve les autres; il ne laisse personne indifférent. En repoussant Jésus-Christ, on s'éloigne de la sainteté, on s’endurcit, on se juge, on se condamne, on attire sur soi la colère. Ge que Paul dit ici est le fait de son expérience actuelle: il parle des effets de l’Evangile qu’il constate dans l’exercice de son ministère à l’époque où il écrit. {Les rabbins parlent souvent de la Loi comme d’un aroma ou d’un odor vitæ et mortis. LIETZMANN cite exemple suivant, tiré du traité Taanith: « À celui qui s'occupe de la doctrine de la Loi pour elle-même. à celui-là elle est un baume de vie. mais à celui qui ne s’en occupe pas pour elle-même, elle est un baume de mort ».]
Le v. 16? se rattache à 162 par le lien que voici : «Et qui est le prédicateur capable d’accomplir un tel ministère, d’exercer une telle puissance? » Le zaüra se rapporte à tout le tableau v. 44-16. — La réponse sous-entendue est: «Nous!» (et non pas : «Personne!»). De là le yéo du v. 17.
v. 47. — «Nous ! car nous sommes qualifiés pour cela. » — xarmRever vient de xéxy2os qui signifie: a) «cabaretier, marchand de vin »:; b) «revendeur, marchand de vivres, de denrées. » De là pour le verbe les deux sens: a) «frelater, falsifier », cf. LXX, Es. [, 22: b) « trafiquer, de manière à avoir un gain déshonnête. » [Selon LiETzMANN, quand xannederr est employé au figuré, c’est-à-dire en parlant de choses spirituelles (comme ici), l’idée est avant tout celle du gain ; l’idée de falsification ne s’y joint pas nécessairement et ne vient qu’en second lieu. Paul veut insister sur le fait que ceux dont il parle cherchent leur avantage personnel dans la prédication de l'Évangile; cf. XI, 43.20]. — On peut hésiter entre les deux leçons oi xo4loi (RABCK It. Vulg. Copt.) et oi Aoumoi (DEF GL Svyr.). Si on lit oi xoZlloi, diverses explications sont possibles: a) «ces nombreux que vous connaissez» (MEYER) ; b) «la majorité, le grand nombre de ceux qui sont à Corinthe» ; c) «la plupart des prédicateurs
de l'Évangile (en général)» (Rückerr). Mais les deux premiers sens soñt peu naturels, et le troisième est inadmissible: Paul n’a pas pu vouloir affirmer cela. Il faut donc préférer oi Aounoi, et entendre par là, non pas tous les autres prédicateurs, hors Paul, mais ceux qui ne sont pas de son bord, ceux de l’autre parti, ses adversaires, les judaïsants qui falsifient, frelatent le vin pur de l'Évangile en y mêlant les exigences légales (circoncision, etc. ; voir l’épître aux Galates). — 17». ds &£ ellunguviaæs : «comme on peut l’attendre d’un homme qui agit en toute sincérité» !. [LIETZMANN : le &$ ne signifie pas «comme» en opposition à la réalité]. Paul veut dire que sa parole sort (x) d’un cœur absolument sincère, découle d’une absolue droiture. C’est le point de vue subjectif: pas de mobiles intéressés qui ôteraient à la Parole son efficacité. Le point de vue objectif'est indiqué par &ç êx deod : «comme il convient à une parole venant de Dieu! c’est-à-dire sans altération qui ôterait au message quelque chose de sa force: nous vous annonçons quelque chose qui vient de Dieu, non de nous»! Cette sincérité (pureté subjective. désintéressement) et cette vérité (pureté objective, message divin non falsifié) de la prédication de Paul, en expliquent la puissance S'exercant en sens opposés (pour produire soit la vie, soit la mort, v. 16). — Le second &444 est une r'épétition oratoire émue. — Les deux leçons xarévavr («en face de ») et xazevcmuov («sous le regard de») donnent au fond le même sens ; elles expriment l’une et l’autre l’attitude morale sérieuse dans laquelle Paul prêche: Dieu est £émoin … donc Paul n’altère pas l'Évangile ! — ê» Xç@107G : « nous ne parlons pas seuls, mais dans l’intimité de Christ, par qui nous avons reçu cette parole qui vient de Dieu ». Le &v Xoo7G répond à éx deod, tandis que le xarévavti #05 répond à &£ eilixqurias.
1Recommençons-nous (ainsi) à nous recommander nousmêmes ? Qu bien, aurions-nous peut-être besoin, comme
quelques-uns, de lettres de recommandation auprès de
‘Sur le sens et l'étymologie de silinouvia, voir à [, 42.
vous ou de votre part? ?C’est vous-mêmes qui êtes notre lettre, écrite dans nos cœurs, connue et lue par tous les hommes, * puisqu'il est manifeste que vous êtes la lettre de Christ (dont le Christ est l’auteur) et dont nous avons été les instruments, lettre écrite non avec de l’encre, mais par l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables (qui sont) des cœurs de chair.
Les versets 1-3 du chapitre IIL! renferment une courte digression, provoquée par le sentiment qu’a l’apôtre de l’impression que peut produire chez certains lecteurs ce qu’il vient de dire: on s’écriera : «Il se vante! Le voilà de nouveau qui se recommande !»
v. 4. — La première proposition est évidemment interrogative: «Commençons nous (en parlant comme je viens de le faire au v. 17) à nous vanter de nouveau?» Le z&äw» porte SUT éavrods ovviordveuv; C’est une allusion à des reproches qui avaient été adressés à Paul à propos de ses lettres antérieures (ef. p. ex. 1 Cor. IX; XV, 10), sans doute surtout la lettre perdue ; on avait dit: éavrdr ouriordvaær, ce qui laissait supposer des mobiles intéressés. Voilà pourquoi l’apôtre repousse si vivement ce reproche dans plusieurs passages (IV, 2: cf. X,18et V, 12). — ouriorévew : «faire tenir ensemble deux choses, deux personnes, rapprocher » ; puis: «recommander » (z1vaœ zum). De là les termes émorolai ovorarixai, voduuara ovorarix& (Épictète, Diogène Laërce) : « lettres de recommandation » ; en latin: litteræ communicatoriæ. Cf. pour l’usage de donner des recommandations d’Église à Eglise : Act. XV, 25-27 (Jude et Silas) ; XVIIL, 27 (Apollos allant d’Ephèse à Corinthe) ; Rom. XVI, 1.2 (Phébé); Col. IV, 10 (Marc) ; l’épître à Philémon ; cf.aussi 2 Cor. VILT, 22. ss. ; 1 Cor. XVI, 10.s. — L'usage subsista ; voir KLôPPER (qui renvoie à Tertullien, De prescript. XX, 8.), HEINRicI. — HorMANN prend cette proposition comme affirmative : «Je me recommande de nouveau. Qui!» Le lien avec ce qui suit est alors difficile. Hor- MANN est obligé d'introduire cette idée : « Et si quelqu'un s’en choque, eh! bien, je lui laisse le choix de répondre à la ques-
1 Sur le style du ch. IE, voir Mever-HeiNRict, p. 108; BLass $ 82, & ; sur la construction des ch. HIT à VII, 4, voir Henriot Il, p. 452.5.