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la confirmation de la gloire plus grande qui a été affirmée au v. 8, en l’envisageant sous un nouvel aspect. — dræxoviæ ts xaraxQioews: « le ministère qui est l’instrument de la condamnation, qui a pour effet la condamnation » ; xardxçrous est le caractère distinctif de ce ministère (génitif de l’effet). Remarq. l’article devant xaraxçioews : c'est la condamnation bien connue (celle de Deut. XXVIL 26 : « Maudit est l’homme qui ne maintient pas les paroles de cette loi en les accomplis: sant » ; cf. Gal. IIT, 10). La xardxçuois était l’office de la Loi et de son représentant, vis-à-vis de l’homme pécheur. Ce rôle est grand : c’est celui du juge sur son tribunal. Mais il est plus grand encore d’absoudre, de justifier : le droit de grâce n'appartient qu’au souverain lui-même. Moïse prononce la condamnation divine : cela est grand ! Paul et ses compagnons proclament la justification du pécheur en Christ : c’est plus grand encore ! — Nous lisons : # &axovtæ, avec le T. R., d’après B E K L P Vulg. Copt., et non : 77 üraxoviæ, qu’on trouve dans 8 A C D F G Syr., etqui est sans doute une correction. — 06£a : sous-entendu éo7év (qu’on lit dans DE F G It. Vulg.): «est, c’est-à-dire a été gloire ». ÆEorir est le présent de principe : ce ministère a, possède une gloire. L’emploi du substantif Ôd£a (au lieu de l’adjectif #vd0$0o5) fait ressortir davantage l’idée, cf. Rom. VITE, 10 : 70 wèr oôua vexoôv, Tù Oë nvedua Cow. C’est une expression forte, dont le sens est : «ce ministère est tout entier gloire ». [Avec la leçon 77 Gvaxoviæ, le subst. 6déæ est tout simplement le sujet du éoté» sous-entendu, lequel signifie alors : «appartient à», cest le fait de »].—draœxovia 195 ixœoobvns: « le ministère qui proclame et procure la justice », comme l’autre fait tomber sur l’homme la condamnation. Opposée à xardxouous, la Oexaoodyn ne peut être que la justice déclarative, la justification accordée à la foi, que proclament les prédicateurs de la Nouvelle Alliance, une Gsxaroodvn qui repose sur la sentence divine de dxœioois (Rom. IV, 25, etc.), et qui est la condition préalable de l’œuvre de l'Esprit, qui lui fraie la voie, lui ouvre un accès dans l’homme réconcilié (ef. MEYER- Herici : le ministère de la Nouvelle Alliance prêche la for. par laquelle s’obtient la justice, Rom. 1,17. etc.) — Remarq. la force des expressions mo4$ u&Âlor, «infiniment plus»,
meçuooever, « abonde ». — 66£n : lesimple datif (qu’on lit dans ABC) accompagnant zegsocebaw se retrouve Act. XVI, 5 et 4 Thess. IIT, 12. La construction ordinaire dans le N. T. est neooceveiv êv. Le T. R. a ce &v dans notre passage, d’après DEFGK L.P It. Vulg. Orig., mais il peut y avoir été amené par ceux des v. 8 et 11. Le 66£æ den est une faute. — Le présent xegroceba Signifie: « il abonde actuellement et toujours». Ce présent confirme le sens logique du éorar (v. 8).
Le v. 10 vient expliquer et justifier le zo426 u&ZZor neçrooever du v. 9: « Cela est tellement vrai que, comparée à la gloire du ministère de la Nouvelle Alliance, la gloire de l’Ancienne Alliance n’est plus même une gloire, ne mérite pas le nom de gloire ». (Paul, a-t-on dit, n’est jamais content qu’il n’ait retourné la thèse de l’adversaire contre celui-ci). — xai y4o, « Car même », marque une gradation : la gloire de ce qui est glorifié (de l’Ancienne Alliance glorifiée, d’après les v. 7. 8) disparaît devant une gloire supérieure. — Les mots où Üe0d£aoræ ont l’accent : «destitué de gloire est ce qui...» Le parfait indique un fait qui demeure : «a été et est ». — La difficulté du v. 10 réside dans les mots &v rodro 1@ uéoa. Les lier à 7 Gedo£aouévor (bE WETTE, EWALD, Weiss) ne va pas; il faudrait interpréter : «ce qui est glorifié en ce point, c’est-à-dire que le visage de Moïse était illuminé ». Mais le zoëro ne peut se rapporter à quelque chose d'aussi éloigné (v. 7). Il faut donc lier &v rodro 7 uéçer à où Üed6£aorar. Et alors, deux interprétations sont possibles : a) faire porter le zo%r@ sur ce qui suit, c’est-à-dire sur évexer Tÿs dnreoBa??. Ô6Ens ; on obtient ainsi le sens suivant : « Ce qui est glorifié (le ministère de l’Ancienne Alliance) se trouve n'être pas glorifié en ce point, sous ce rapport, à savoir à cause de (en comparaison avec) une gloire bien supérieure (celle du ministère de la Nouvelle Alliance) ». Mais & roé7@ 1@ uéçe paraît dans ce sens superflu et lourd; la phrase serait tout aussi claire, plus claire même sans ces mots. — b) ou bien (ce qui est préférable et plus naturel) il faut faire porter le &v roûro 16 uéçer sur ce qui précéde immédiatement. Le sens est alors : « Car il arrive même en ce point, c’est-à-dire dans le cas de l’Ancienne Alliance, dans le cas de ce ministère de Moïse dont il vient d’être parlé, ou : en ce
III, 40. 41 ail
qui concerne le rapport de (la gloire de) l’Ancienne Alliance avec (celle de) la Nouvelle (v. 8.), — il arrive même en ce point que ce qui avait une gloire se trouve n’en plus avoir (sa gloire disparait) à cause (&vexer) d’une gloire supérieure qui l’éclipse… » (Ainsi, avec des nuances, MEYER, KLÔPPER, Meyer-HEINRiIcr). Tô ÉedoËaouévoy ne désigne donc pas in concreto le ministère de l’Ancienne Alliance, mais ce qui est glorifié en général (in abstracto), et &v rodro 1 uéger indique l’application au cas concret dont il est question ici. — Pour &v roro 16 uéçer, Cf. IX, 3; Col. IL, 16 (év wéoer éoorÿs) ; [Act. XIX, 27].
Le v. 11 renferme la troisième et dernière conclusion, le gme raisonnement «a minori ad majus, qui clôt la preuve. L’apôtre y justifie le z7s dmeoBañlodons 06ëns du v. 10, c’està-dire cette supériorité de gloire dont il a parlé et qui est telle que ce qui avait de la gloire se trouve n’en plus avoir. La justification a lieu au moyen d’une thèse générale incontestable, dont l’application ici est claire. — 7ô xarapyoüuevor («ce qui est en voie de disparaître ») ne peut désigner l’éclat passager de la figure de Moise (v. 7 : tv xarapyovuévnv), à cause de d& 6d£ns qui suit. Il doit être entendu de la üvaxoviæ de Moïse, de ce ministère passager! qui à été mis en parallèle dans les v. 7-10 avec le ministère de la Nouvelle Alliance; il s’agit du ministère de la condamnation, dont léclat était figuré par l’éclat passager du visage de Moïse (v. 7), destiné à disparaître lui-même, et qui, au moment où Paul écrit, est sur le point de disparaître en effet (cf. Rom. X, 4 : sé40ç vôuov Xçouotdç). — 10 uévoy : Le ministère de justification, de vie, doit subsister jusqu’à la fin, jusqu’à la Parousie, car il apporte le salut complet ; il n’y a donc point de ministère supérieur. Ce qui donne la vie demeure ; ce qui a pour résultat la mort ne pouvait demeurer à toujours, devait prendre fin, et prend fin, en effet, quand l’avènement du ministère de vie a lieu ! — Devant dà ddëns il faut sous-entendre 07» (ou #v), et &oza (au sens logique, comme v. 8) devant &v 6dë, à moins qu’il ne faille suppléer
1 Le caractère transitoire du ministère de Moïse était déjà indiqué par le sv xarapyovuévnr du v. 7 (WEIss).
xaræpyeiror (d’après xarapyoduevor) et uéver (d'après uévov), ce qui faciliterait l'explication du v. suivant. — Les deux prépositions (êc& et &v) sont choisies en rapport avec les caractères des deux ministères !. Le premier ministère est üà d6Ens : [il a lieu à travers une gloire], il est accompagné de gloire; il disparaît, mais à travers une gloire, laquelle est passagère, extérieure, comme l'éclat momentané qui brillait sur le visage de Moïse. Le second est &v ddr : il demeure rayonnant de gloire, il est installé dans la gloire; la gloire tient à son essence même, tandis qu'elle n’était qu’un moyen extérieur d’accréditer le ministère de Moïse. Et il s’agit évidemment d’une gloire que ce ministère possède déjà, non qu'il aura à la Parousie. Or, une gloire permanente est nécessairement infiniment plus grande qu’une gloire purement passagère !
Le v. 12 tire la conséquence (0%) qui découle de cette gloire permanente du ministère de la Nouvelle Alliance, quant à la manière dont l’apôtre revêtu de ce ministère s’en acquitte (v. 12. 13). — zosadrmr &Âxiôa : Ttouæbrny se rapporte naturellement à la certitude que Paul vient d’exprimer que ‘ ce qui demeure (rù uévor) sera en gloire (év ôd£y). Le mot éAnida, selon MEYER, obligerait à penser iei à la gloire future qui couronnera le ministère de l’apôtre à la Parousie. Mais la Parousie, la couronne, etc., est le terme, la fin de la ôüsaxoviæ fidèle. La gloire du ministère de la Nouvelle Alliance est, d’après tout ce qui précède, déjà actuelle ; l’idée d’espérance se rapporte à la durée de la gloire de ce ministère (wévor êv Ô6£n), car le verbe wévei implique l’idée d’avenir. Paul exprime la certitude qu’il a du caractère permanent de cette gloire, qui n’est autre chose que le déploiement de la puissance divine dans le ministère apostolique. Cf. avec 84xis la menoidmois Au v. 4. — Et cette assurance lui donne une grande æaæçonotæ, une pleine liberté, une grande hardiesse pour se présenter et parler, en un mot le franc-parler dont il use ?; car, en vertu de cette &xis assurée, il n’a pas à crain-
! [L1ETzMANN ne voit dans l’emploi de ces deux prépositions que l’alternance que Paul affectionne; il compare Rom. III, 30 ; 4 Cor. XII, 8.]
? [LIETZMANN : La zaoonoia est la courageuse proclamation de ce qui est désigné au v. 4 par zexo{dmois.]
dre de confusion dans l’exercice de sa dcaxovia, il est certain de son triomphe ; il peut donc se passer des moyens tortueux, des caleuls humains; il n’a rien à ménager ni à cacher, il peut agir en toute franchise, sans peur ni timidité ; son ministère peut s’exercer à visage découvert. Cf. CHrysosr. (cité par MeYER-HEINRICD) : wer” 8Aevdepias navrayoù pd eyyoueda, oddèv dnoxgurrôuevor, od0èv bnootellduevor, od0EÈr dpogwuevor, GAlà caps Aéyovres. — Xoueda est l'indicatif, non le subjonctif : wfimur, non utamur (ERASME).
v. 43. — De cette hauteur où il se trouve, Paul abaisse ses regards sur Moïse (Bousset) et il oppose sa propre manière d'agir (décrite au v. 12) à celle de Moïse : «Et non comme faisait Moise qui plaçait un voile. » Il faut sous-entendre un verbe pour la proposition principale, p. ex. : «Nous n’avons rien à cacher comme Moïse... » (Weiss), — ou bien : «Nous ne procédons pas en nous voilant, comme Moïse... » (MEYER- Heinricr). Dans cette dernière explication, le verbe de la proposition principale est le même que celui de l’incidente: sous-entendu dans la première, il est, dans la seconde, adapté au sujet de celle-ci ; cf. BLass $ 81, 2. — Paul fait allusion à Ex. XXXIV, 33-35 (cf. v. 7) et il l'interprète (sans doute suivant une tradition rabbinique) en ce sens : que Moïse voilait son visage afin que les Israélites ne vissent pas la fin de l'éclat qui rayonnait sur celui-ci (z£40ç dans la relation à xaraoyovuévov ne peut signifier que : « fin, cessation », non : «bué, accomplissement »). Moise voulait leur cacher la cessation graduelle de cet éclat. C’est le sens évident de xoûs rù um ävevtoœ : «afin qu'ils n’arrêtassent pas leurs regards sur...» Le zoùs tù ur indique soit l’intention de Moise lui-même (Meyer, KLôPPER), soit plutôt celle de Dieu, le but divin en cette affaire (ne Were, MEYER-HeiNRici), ef. Matt. XII, 11. s. ; Luc VIII, 10; Rom. XI, 32. Moïse agit selon le dessein de Dieu : l’éclat diminué et voilé de son visage devient le type du caractère passager de la religion de l’A. T. ; Moïse est l’illustration du plan de Dieu. Le récit de l’Exode ne dit pas expressément ce que Paul affirme ici ; mais ce récit ne dit pas non plus, comme on le croit généralement et comme plusieurs de nos anciennes traductions contribuent à le faire croire, que Moïse mettait ce voile pour ne pas éblouir les Is-
raélites qui ne pouvaient supporter cet éclat !. Sion consulte attentivement le texte de l’Exode, on constate que Moise sortait du tabernacle la face rayonnante et qu’il proclamait les paroles révélées de Dieu à visage découvert. Puis, quand il avait fini, et cessé de parler, il remettait le voile sur son visage, jusqu’à ce qu’il rentrât vers Dieu. Il semble bien ressortir du récit de l’'Exode qu’à chaque fois l’éelat disparaissait dans l'intervalle des révélations, pour se montrer de nouveau quand Moïse avait parlé avec Dieu, car c'était alors, quand Moïse avait été avec Dieu, que cet éclat se produisait, mais pour un moment seulement. Moïse ne mettait pas son voile pour parler au peuple, parce qu’il se présentait alors comme le porteur de la révélation divine et voulait la proclamer dans le plein rayonnement de la gloire de la majesté de Dieu qui se reflétait sur sa figure. D'ailleurs il ne pouvait parler avec la figure voilée. Mais pourquoi remettait-il le voile ensuite ? Paul répond : Afin que les Israélites n’arrêtassent pas leurs regards, leur attention, sur la fin, la disparition de cet éclat, laquelle avait quelque chose d’humiliant pour Moïse; ce spectacle eût diminué la gloire et l’autorité de son ministère devant le peuple, car il en aurait trahi l’imperfection : la diminution progressive, la disparition de l'éclat du visage de Moïse était, en effet, comme la prophétie de la cessation de son ministère, le symbole de la fragilité et du caractère transitoire de l’Ancienne Alliance. — 100 xaræpyovuérov est neutre (cf. v. 11) ; cependant il ne désigne pas ici la caxovia de Moïse (comme au v. 411), mais la Ô6Ëa xaragyovuérn (comme au v. 7). — Le sens du v. 143 est donc celui-ei : «Nous n’avons pas besoin d’agir comme Moïse, car notre ministère permanent est revêtu d’une gloire permanente aussi, gloire non extérieure comme celle de Moise, mais intérieure, inhérente à notre ministère, à notre personne même, et qui rayonne sans intermittence dans toute notre activité. Nous n'avons donc pas besoin de rien cacher, de mettre notre figure sous le voile, d’user de ménagements, de timidité, de ruses ; nous pouvons agir, parler (même par-
! Voir p. ex. OSTERVALD, v. 33: « Moïse avait mis... »: v. 35: «les Israélites avaient vu. »
Ill, 13. 14 115
ler de notre ministère) en toute liberté, avec une pleine zœgonoiæ (V. 12)». — Mais on peut se demander si Paul entend dire, dans notre verset, que Moïse ait voulu tromper les Israélites ? Nous ne le pensons pas : Paul ne juge pas la conduite de Moïse, il la mentionne, la décrit. Moïse peut avoir eu ses raisons pour agir ainsi, par ex. des raisons pédagogiques (voir plus haut et cf. Meyer). Moïse ne pouvait pas dire aux Israélites ce que signifiait l’évanouissement de l'éclat de son visage, à savoir : la fin de la Loi ! Il avait done recours à un moyen artificiel pour laisser croire "permanent ce qui était fugilif (KzôPPER). Les Israélites ne pouvaient ni ne devaient savoir à ce moment-là que le ministère de Moïse était imparfait et destiné à passer. Mais si Moïse a eu ses raisons d’agir comme il l’a fait, Paul, lui, a aussi ses raisons pour agir d’une autre manière ! Weiss pense que dans l’idée de Paul, c'était non seulement le peuple, mais aussi Moïse lui-même, qui ne pouvait comprendre cette signification de la disparition de l'éclat de son visage; il ne peut donc pas être question d’une intention que Moïse aurait eue de tromper les Israélites. C’est Paul qui, allégorisant, voit dans la conduite de Moïse l'intention divine !.
v. 14-18. — Dans les v. 12-43, l’apôtre à indiqué la manière dont il s’acquitte de son ministère: c’est la zaçonoia, qui découle, pour les prédicateurs de la Nouvelle Alliance, de la gloire permanente, infiniment supérieure à celle de Moïse, que possède leur ministère. L’idée des v. 14. ss. est celle-ci : Malgré la gloire supérieure de la Nouvelle Alliance et la hardiesse de ses ministres, cette gloire est méconnue par Israël, et l'Évangile qu’ils préêchent, repoussé par ce peuple (v. 14. 45); l’apôtre dit ensuite quand et comment cet état de choses prendra fin (v. 16), puis, en opposition à cet aveuglement d'Israël, encore esclave de la lettre qui tue (ef.
1 Selon BoussET, en revanche, Paul entend bel et bien blâmer la conduite de Moïse ; toutefois le reproche de dissimulation qu’il lui adresse serait atténué par la considération qu’il y avait là le résultat d’une dispensation divine (indiquée par le zoùs rù uy...). [LIETZMANN relève que rien dans le texte n’indique un blâme, un reproche même indirect de Paul à l’adresse de Moïse, et que l’apôtre, en dictant ces versets, n’a peut-être pas du tout dirigé sa pensée de ce côté-là].
v. 6»), il place les glorieux effets du ministère de la Nouvelle Alliance, dont la gloire toute spirituelle se communique déjà maintenant à ses adhérents (v. 17. 18).
v. 44 — On a voulu rattacher le 24’ éxwowdn à ce qui précède immédiatement (13P: «afin qu’ils ne vissent pas la fin. ») en sous-entendant une pensée intermédiaire : «et en effet, ils ne l’ont pas vue, mais bien plutôt leurs pensées. » (KLôPper). [LierzMANN rattache le &22' éxwçodn à 13 et explique : « Mais Moïse n'aurait pas eu besoin de prendre cette précaution, car leur entendement est si dur que, jusqu'à ce jour, ils sont encore incapables de percevoir la vérité »]. Mais la portée de tout le développement v. 14. ss. (qui n’est pas une digression) ressort mieux, si l’on fait porter &24@ sur l’idée principale des v.12, s. : « Nous agissons avec une entière franchise, nous proclamons sans timidité la gloire de la Nouvelle Alliance, — mais Israël qui devrait nous écouter ne nous écoute pas ! Nous disons tout haut ce que cachait Moïse, mais on ne nous comprend pas, on reste sourd! Les intelligences ont été endurcies!» cf. Weiss: « Nous ne cachons rien, et surtout pas la fin de la Loi et de son ministère arrivée avec Christ (Rom. X, 4). Mais cela ne leur sert de rien, parce que... » — énwçwdn: Le verbe zwgdo (de züços, «tuf, concrétion, cal, callosité »), signifie: «rendre dur », au physique, puis au moral ; dans cette dernière acception, ilexprime l’idée de l’insensibilité morale, voir Éphés. IV, 18: zoçwois. — Par qui a eu lieu cetendurcissement? Est-ce par Dieu ? (Rom. XI, 7. ss.;Jn. XIF, 39. ss.), ou bien par le diable ? (2 Cor. IV, 4: Matt. XIE, 19). L’apôtre ne le dit pas, il constate seulement le fait; et d’ailleurs, les deux explications ne s’excluent pas. Peut-être faut-il penser, avec Werss, que cet endureissement est le résultat d’un jugement divin. — vojuara désigne les produits qui découlent de l’activité du voôs, c’est-à-dire de la faculté qui discerne, de la raison à la fois théorique et pratique. — aërüy se rapporte naturellement aux Israélites (les vioi Top? du v. 13) : ils ont été rendus incapables de discerner la manifestation du divin, inaccessibles, réfractaires à cette manifestation. — Quand ce é7wg&9n (l’aoriste désigne un fait historique) s’est-il produit? Il a eu lieu, d’une manière progressive, déjà au cours de l’histoire d’Israël (voyez
ss :
par ex. Es. VI, fin): mais l’apôtre pense sans doute surtout au moment de la venue de Christ, où les Juifs auraient dû voir clair (ef. les passages des évangiles dans lesquels J.-C. parle de l’aveuglement, d’abord volontaire, puis infligé par Dieu, des pharisiens et de la génération israélite d’alors en général).
V. 44D. — Gyor yo... : c’est la preuve d’expérience de ce ëétwog@dn : ils ont perdu le discernement moral (142), car ils ne S’aperçoivent pas que l’Ancienne Alliance à fait son temps et qu'avec Christ quelque chose de nouveau à commencé. Paul exprime cette incapacité, cet aveuglement en revenant à l’image du voile. — Tù œbrd x&Âvuua: le même voile dont Moïse se servait pour cacher aux Israélites la fin de son éclat, — non le même matériellement, mais allégoriquement, symboliquement: le voile qui couvrait la diminution de l’éclat du visage de Moïse, c’est-à-dire qui cachait aux Israélites la disparition de l’économie légale, ce voile existe encore aujourd’hui et empêche les Israélites de discerner l’effacement de l’Ancienne Alliance et son remplacement par Christ : il a aujourd’hui, au spirituel, les mêmes effets que le voile de Moise avait matériellement pour les Israélites. — &yor ris Omuegor fuéoas: [littéralement: « jusqu’au jour d’aujourd’hui»], «jusqu’à l’heure actuelle », celle où Paul écrit ; ainsi: même depuis que Christ est venu. Ce voile demeure «sur la lecturede l’Ancien Testament » (sur «Moïse lu», v.15, comme jadis sur Moise vu) ; non pas sur l'Ancien Testament comme tel, mais sur la lecture qui en est faite. Ce n’est done pas l'A. T. lui-même qui est obscurci, mais l’intelligence, la compréhension en est ôtée aux Israélites quand on le leur lit. On sait que les Israélites n’avaient guère connaissance de VA. T. que par la lecture synagogale du sabbat (Act. XV, 21), que désigne précisément le mot dvéyvœous dans notre v.-- êxi a le sens local (Meyer-HEINRICI) ; on pourrait aussi entendre : «à l’occasion de » (HoFMANx : «quand on lit »). — 795 na luiäs Gad mans désigne proprement, non pas le livre, le document, mais l’enstitution qui y est contenue; les deux choses sont ici confondues : quand on lit le livre, on lit pour ainsi dire l’institution dont il est le document (cf. v. 7: Ovaxovia... êvrezurœuévn). — Le sens de 414b est done le suivant : Aujourd’hui
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encore, les Israélites sont incapables (à cause de leur endurcissement, 142) de reconnaître le caractère transitoire de l’Ancienne Alliance, de comprendre ce que l'A. T. devrait leur apprendre et qu’il a appris aux chrétiens (MEYER-HEIN- RICI).
v. 140. — uÿ dvaxavrréuevor peut se construire grammaticalement comme apposition de x&Zlvuua : «le voile demeure.. sans être levé » (ainsi les anciens, puis KLÔPPER, HOrMANN, DE WETTE, SCHNEDERMANN, WEISs, BOUSSET, [Lie rzMANN]). Le dx prend alors le sens de « parce que » et xaTagyeira à pour sujet x&lvuua: «parce qu'il (le voile) n’est détruit qu’en Christ ». Ce voile, étant détruit seulement en Christ que les Juifs rejettent, ne disparaîtra done que lorsqu'ils croiront en ce même Christ (v. 16). Mais il semble que d’après le contexte, le xaraæoyeiræ doit se rapporter non au voile (qu'on ne détruit pas, mais qu’on enlève, cf. zeçuougetra, V. 16), — mais au ministère de l’Ancienne Alliance, ou (ce qui revient au même), à la zœlœià Gadxn (d’après v. 14b) ; cf. le xaraoyoëuevoy des v. 11 et 13, qui prouve que xatapyeirar ne peut Se rapporter qu’à l’Ancienne Alliance. Il vaut done peut-être mieux, avec Meyer et plusieurs interprètes modernes [BAcHMANN entre autres], faire de évaxaÂvarduevoy un participe absolu (à l’accusatif ou au nominatif). Cette tournure est plus élégante et paraît plus conformeau génie de Paul. Le 67: doit alors se rendre par « que », et lesujet de xaraçpyeiror est nai Giæÿxn. Le sens est : « n'étant pas dévoilé que», c’est-à-dire « vu qu'il ne leur est pas dévoilé que cette Ancienne Alliance est désormais annulée, anéantie en Christ» (xaræoyetrar est un présent de principe) : cf. Rom. X, 4: 16206 véuov Xçuords. Meyer-HeiNrici et Weiss objectent le choix du verbe dvaxalbnrew qui oblige, selon eux, à rapporter le participe Gvaxalvrréuevor à x&lvuua; autrement, pensent ces interprètes, Paul aurait employé le verbe &xoxahbrrerwv. Mais cette objection n’est pas décisive : Paul choi- Sit dvaxaZ2. plutôt que éxox«2. justement à cause de l'i image de voile (qu'on relève) qui précède immédiatement 1. Ce voile
! On trouve d’ailleurs dans Deut. X XIL, 30 (LX X) les deux leçons : oùx Gvaraldpe xélvuua (A) et : où» âronaldpe xélvuuax (B).