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demeure sur les yeux! des Juifs de façon qu’en lisant PA. T. ils ne voient pas que l’Ancienne Alliance a pris fin en Christ: «il ne leur est pas dévoilé que…., précisément parce que le voile les empêche de voir ». Ils croient la voir toujours dans sa gloire précédente (comme les Israélites croyaient à la permanence de l'éclat du visage de Moïse sous le voile qui leur en cachait la diminution et la disparition); ils ne voient pas que en Christ (l'accent est sur & Xovor®@) tout cela a pris fin, qu'une autre gloire a éclipsé celle-là, qu’un ministère nouveau et bien plus glorieux s’est substitué à celui de l’Ancienne Alliance, qui a fait son temps. — Le T. R., LuTHeR, et quelques éditeurs admettent la leçon 6, x (au lieu de ôx) et rapportent ce 6, x (argumentatif) à xélvuua : «lequel, en effet, n’est annulé qu’en Christ». Les anciennes versions (Et. Vulg. Syr. Copt.) reposent sur la leçon 6% qui nous paraît préférable. — BoussET, qui rapporte w} dvaxaÂvnrôouevor à x&Âvuua (voir plus haut) trouve dans 44° une allusion à la coutume qu’avaient les Juifs d’envelopper les rouleaux de la Loi dans des couvertures d’étoffe ; Paul ferait de ces couvertures le symbole du x&lvuua durable qui cache VA. T. ‘Peutêtre! Mais cette hypothèse n’est pas indispensable pour l’explication de notre verset, et 14 ne semble pas la favoriser, car Tù a«ôrd x&Avuua vise le voile de Moïse (v. 13), et l’idée que la couverture du rouleau reste «sur la lecture » de celui-ci serait bien étrange].
v. 45. — « Mais, au contraire, bien loin que cela leur soit dévoilé, il arrive que, toutes les fois que Moïse leur est lu, un voile est posé sur leur cœur. » — Au lieu de #vixa &v (cf. LXX, Ex. XXXIV, 54) avec le subjonctif (dvayswocxnra) qu'on trouve dans 8 AB C et qui signifie « toutes les fois que », « chaque fois que » ?, les autres documents ont fvixa avec l’indicatif (dvaywwoxeræ), qui signifie simplement quando.—Pour la tournure: «Moiseestlu», ef. Act. XV, 91. — Les mots éws ofueçor sont une répétition du &yor Ts ofueoor muéoas de 14», destinée à faire ressortir la ténacité
de l’endurcissement des Juifs. — x&ivuua : L'image du voile
1 [C'est-à-dire : sur le cœur, cf. v. 15.] , 2 Quand il s’agit du futur, le sens est : « aussitôt que », « dès que ».
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est ici appliquée différemment : il ne s’agit plus du voile de Moïse, voile déterminé dont il a été parlé au v- 14 [où 7ù æôrè x@Avuua reprend (allégoriquement, il est vrai) le xélvuua du v. 13], mais, d’une manière générale, d’un voile (xéivuma sans article) qui couvre leur cœur (éxé avec l’accusatif: « qui a été projeté sur »!, cf. v. 13: ni rd xçgdowxor; le datif, en revanche, se trouve au v. 14: éxi rÿ) et les empêche de voir. S'ils ne voient pas, ce n’est pas que l’objet à voir soit en réalité lui-même voilé, mais c’est que leur œil spirituel est incapable de le discerner. La moçoois tv vonudror qui a été présentée au v. 14 comme un obscureissement objectif, est présentée ici comme obscurcissement subjectif : c’est au fond la même chose, sous deux aspects différents. — xaçôia désigne le centre de la vie personnelle, intellectuelle et morale, dont le voës (avec ses vofuara) est l'organe. — aëôrr se rapporte ici, comme au v. 14, aux Juifs en général (les viot ’Ioçpær2 du v. 13), non aux adversaires judaisants ,de Paul (SCHMIEDEL).
v. 16. — Quand et comment cessera cet état de choses ? Quand se rendront-ils compte que l’Ancienne Alliance a pris fin ? Ce sera quand ils se tourneront vers le Seigneur. Alors le voile tombera, alors le vrai sens de l’A. T. leur sera dévoilé ; en le lisant ils saisiront le caractère transitoire de l’Ancienne Alliance, caractère que Moïse ne pouvait expliquer aux hommes de son temps ; ils comprendront que toute l’ancienne économie tendait à Christ et qu’il en marque le terme. — Le sujet de émeoroéypn serait, d’après KLôPPER, un x&ç *Iogæñ? à suppléer comme étant dans la pensée de Paul; — d’après MEYER-HEINRICI, un 7é$ quelconque. Nous pensons plutôt, avec DE WeTTE, MEYER, HOFMANN, qu’il faut chercher ce sujet dans un # xa«çôia «ro à tirer du v. 15 (rÿv xaçôia adtrv). Le singulier désigne la collectivité ; il s’agit done ici d’une conversion générale et nationale (cf. Rom. XI, 25. ss. : n@çs Togar?). — nçodç xbçguor : « à Christ » (cf. v. 15 : &v XoorG et voy. v. 17), etnon pas: «à Dieu» (Hormanx). Cependant, le sens de Hormanx est ingénieux : le peuple s’est détourné de son Dieu ; quand il reviendra réellement à Lui, alors il com-
! [Keïuœ est souvent employé comme passif de rémue.]
prendra que l’Ancienne Alliance a pris fin en Christ. — meqraugeireu: le meçs— exprime l’idée que le voile couvre tout autour, enveloppe. Ce voile « estenlevé »: le passif relève que c'est l’œuvre de Dieu ; le présent est destiné à peindre, en l’aétualisant, cet enlèvement soudain (qui est encore à venir): c’est comme un coup de théâtre; en un clin d’œil, c'en est fait: dès qu’ils se convertissent, le voile a disparu ; c’est comme des écailles qui leur tombent instantanément des yeux. Naturellement ceci trouve aussi son application lors des conversions individuelles (cf. la conversion de Paul). — Les expressions du v. 16 sont certainement une réminiscence de Ex. XXXIV, 34 (LXX) : fvixa Ô' @v etosmogevero Moboÿs Évavri xvçiov AaÂeir aûr®, meçpumosïro (moyen: « il s’enlevait ») ro xélvuua Eoç où éxnogebeodar. Paul voit dans ce qui avait lieu pour Moïse le type de ce qui doit arriver au peuple juif: comme Moise, chaque fois qu'il entrait vers le Seigneur (Jéhova), ôtait le voile afin de recevoir un nouveau reflet de sa gloire, ainsi, dès qu’Israël se convertira au xvçros (Christ, qui reçoit chez Paul tous les prédicats divins que l'A. T. applique à Jéhova), le voile qui couvre son cœur sera Ôôté, de façon qu’il comprendra les desseins de Dieu et ses dispensations en Jésus-Christ.
Le v. 17 montre ce qui résultera pour les Juifs de l’enlèvement de ce voile, qui aura lieu par l’effet de leur conversion à Christ: le Seigneur, qui est Esprit, les affranchira complètement du joug des observances légales dans lesquelles Juifs et judaïsants veulent encore retenir les âmes. — Le dé est explicatif, progressif. — Si à zvedua désignait le Saint- Esprit comme troisième personne de la Trinité, la proposition 472 offrirait une grande difficulté, à laquelle on à cru pouvoir échapper en faisant de xégvos l’attribut (« l’Esprit est le Maître »); mais cette construction est impossible après le v. 16. On a cherché à justifier l’interprétation 7 mvedua — le St-Esprit en rappelant que J.-C. a désigné la venue du St-Esprit dans les cœurs comme son propre retour: le St-Esprit est la vie personnelle de Christ, qu’il envoie aux siens; par lui il se communique à eux, il est à eux. (Ainsi MEYER, KLôüppEer, BousseT.) On compare, chez Paul, Rom. VII, 9-11, où rvedua Xoo1où Eyerv et Xouords év butr Sont synonymes.
La présence ou l’action de Christ dans les cœurs est identique à la présence ou à l’action du St-Esprit en eux. C’est vrai. Cependant la distinction du Seigneur et de l'Esprit subsiste. Paul ne confond et n’identifie pas le Seigneur et le St-Esprit : il dit ailleurs que Christ est devenu par sa"glorification xvesdua £wonorodv (1 Cor. XV, 45), mais il ne dit pas là zù zveôua. Il faut, pour comprendre ici le terme zyeèua, remonter à l’antithèse qui domine tout le développement, celle de zù yoduua, Tr nvedua (v. 6), comme le fait avec raison Hormanx. Ce qui caractérise l’Ancienne Alliance, son essence, c’est le yoduua, le code extérieur et impératif, le vôuos: ce qui caractérise la Nouvelle, c’est le zveüua, la puissance créatrice, spirituelle, qui agit dans l’Evangile. On comprend que parlant des deux personnes dans lesquelles s’incarnent ces deux alliances, ces deux principes, Paul . puisse dire : « Moïse est le yo&uua (voir v. Get cf. v. 14-15 : identification de Moïse avec l’A. T.); Christ est le xveüua ». Dans notre v. 17, rù nveüua désigne donc, non l’Esprit personnel, mais la catégorie, l’essence spirituelle qui est celle du Christ: Christ n’est plus, comme sur la terre, avant sa glorification, c&oé. Il estaffranchi de la o&g£. L'Esprit, qui était le principe de sa vie intérieure sur la terre, le pénètre maintenant tout entier: s’il a encore un oôua, c’est un côua rvevuatixdr. En lui, tout est zvedua. Il est le zveduaæ même, le mveüua incarné. Tà nvedua désigne ici l'Esprit comme nature, comme essence, non comme personne ; ce terme a le sens de «vie spirituelle, puissance spirituelle », comme quand J.-C. dit: zvedua 6 deds (Jn. IV, 24), ou bien: oëxo y&o ÿv avedpa (Jean VII 39). L'article z6 marque une oppposition à autre chose, à savoir au yo&uua représenté par Moïse (v. 6). Cf. aussi Jean XIV, 6. Et de ce Christ-xveüua émane naturellement une puissance de vie spirituelle qui se communique à ceux qui se convertissent à lui et lui appartiennent: ainsi en sera-t-il d'Israël quand il se convertira. Et l’effet de cette communication pneumatique sera ce que Paul indique au v. 17P: la liberté.
V. 17. — où Ôë rù nvedua...: « Et là où est cet Esprit émanant du Seigneur, là où réside et agit cette puissance spirituelle qui procède de lui, là où Christ est lui-même pré-
sent par ce souffle pneumatique qui est sa propre essence, sa propre vie, là est &2evdeçia », c’est-à-dire affranchissement de toute norme extérieure, de toute observance matérielle et légale, affranchissement de la Loi et de l'esclavage dans lequel elle tient l’homme, esclavage fait de erainte, de condamnation, de mort (daxovia yeduuaros, Savdrov, xaraxogloews). L’Esprit affranchit l’homme de la Loi, parce qu’il accomplit lui-même en l’homme ce que la Loi réclame, parce qu’il produit la vie, l’obéissance joyeuse, filiale (cf. Rom. VIT, 45 : mvedua viodeciag, et non zvedua dovÂeias n&hwv sis péBov), qui fait qu'on sert Dieu &v xœwvdrnu avebuaroc, el non plus nuÂadtr yoduuaros (Rom. VIE, 6; cf. VI, 14; Gal. IV ; V,1). Voilà la liberté que l'Esprit apporte ! Voilà ce qui sera réalisé en Israël quand ce peuple se convertira au Seigneur !Quel contraste avec l’état de servitude dans lequel il est maintenant, ayant un x&Zlvuua sur les veux!, esclave de l’erreur, ennemi de Dieu et de son salut ! Il sera affranchi de ce voile : on n’est pas libre avec un voile sur les yeux ! !
Le v. 18 confirme la déclaration du v. 17 en faisant appel à l’expérience chrétienne : «Mais nous, nous la possédons déjà, cette liberté ! Ce qui se réalisera un jour pour Israël est déjà réalisé en nous tous, les fidèles de la Nouvelle Alliance !» Ce v. contient un exposé admirable de l’œuvre de révélation intérieure qui s’accomplit dans les croyants par la puissance spirituelle qui émane du Seigneur. — uets rrdvres : «nous tous, les croyants, Juifs et paiens, en opposition (dé) à Israël encore aveugle: nous tous, nous sommes d’une manière permanente dans cet état où était Moïse quand il entrait dans le sanctuaire, le visage découvert, [admis à contempler la gloire divine et à la refléter] ». Le xévres ne permet pas de rapporter le weis uniquement aux ministres. L’antithèse de ces zévres, dans l’allégorie, c’est tout le peuple d’Israël qui a le x&lvuua sur la figure{ et qui ne peut contempler la gloire de Christ. Il s’agit donc bien, avec queës, de tous les croyants. — dvaxexaÀ. nçoo@re : comme Moïse quand il entrait dans le sanctuaire (en opposition aux Juifs, qui ont un voile sur les veux!). — rÿv Ü6£ar xvçiov : «Nous
1 [Ou plutôt : sur le cœur, cf. v. 15.
avons une gloire à contempler (comme Moïse); c’est la gloire du Seigneur glorifié », qui est l’image de la gloire de Dieu, laquelle consiste dans la manifestation des perfections divines (sainteté, amour, puissance, etc); voir IV, 4. 6 et cf. Jn. XIV, 9. — xaronroQôuevor : Le présent indique un acte constant, permanent, parce que tout intérieur, spirituel, tandis que chez Moïse l’action était intermittente, parce qu’extérieure, liée aux moments où il parlait avec Dieu : la gloire de Dieu rayonnait pendant ce temps sur lui et laissait pour quelques instants un reflet sur son visage. Le verbe xarontçilo signifie à l’actif: «montrer dans un miroir, refléter » (dexérontoov, éconteov, «miroir », cf. 1 Cor. XIIE, 12); au moyen : «se mirer. se regarder dans un miroir » (cf. ce que Diog. Laërce II, 33 dit de Socrate : rois ueddovour ovve- BoëÂeve xaronroiéeodœ). Mais le moyen peut aussi avoir le sens actif : «contempler (pour soi) dans un miroir » ; ce sens se trouve p. ex. chez Philon. CHRYSOST., THÉODORET, LUTHER, CALVIN, BENGEL, OLSHAUSEN, [BOUSSET, LIETZMANN, BACH- MANN} entendent le moyen dans le sens de «refléter », c’està-dire recevoir le rayonnement de cette gloire en soi de manière à la refléter ainsi qu’un miroir, comme l'œil, ce miroir vivant, qui contemple et reflète tout ensemble. Le miroir serait alors l’âme, ou le cœur: cf. THÉODORET : À xadag& 2aQ0ia Tÿç Deias Ô0Ëns olov 1 Éxuayeïor nai xdrontoov yiveræ. Ce sens est fort beau : de même que le visage de Moise reflétait la gloire de Dieu, de même notre âme reflète la gloire de Christ. Mais le moyen n’a pas ce sens. [LIETZ- MANN, en effet, tout en faisant valoir qu’il est supposé par les commentaires de Carysosr. et de Taéonorer et en rappelant que le grec hellénistique emploie souvent le moyen pour l'actif (cf. BLass $ 55, 1), reconnait qu'on n’a pas jusqu'ici d’exemples à citer à l'appui de ee sens]. Il faut donc accepter le sens que le moyen a quelquefois (voir plus haut) : «contempler dans un miroir ». Quel est alors le miroir ? Pour Meyer, HoFMaNx, c’est l'Evangile; cf. IV, 4 : rdv gorioudr où edayyehiov tic Ô6Ens toù Xoworoë. Sens: « Nous ne contemplons pas, ici-bas, la gloire du Seigneur directement, face à face (1 Cor. XIIT, 19) ; ce mode de contemplation ne sera possible qu'après la Parousie, lorsque ‘* nous lui serons