‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 65 sur 117 · DAS · texte numérisé non relu

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semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est?’ (4 Jean IT, 2). Pour le moment, nous ne le contemplons que dans un reflet, indirectement, dans l'Évangile ». KLôPPER estime qu'il ne faut pas presser l’idée du miroir, ni chercher à l’appliquer : l’idée serait seulement que nous ne contemplons pas d’une manière vague, mais dans une image précise, déterminée, comme celle que renvoie un miroir (Plut. : Gone êv xartônreo1s, x«apôs). Il me semble toutefois arbitraire de supprimer l’image du miroir; [il faut donc, sans doute, en rester à l’explication de Meyer et HormMANN]. — Cette contemplation est naturellement celle de la foi; ef. Jean VI, 40 : x&çs Ô dewçpôr Tôv vidr rai motebov sis adtÔv. v. 18b. — L'idée d’une transformation en vertu de laquelle nous porterons l’image du Seigneur glorifié se retrouve Rom. VIIE, 29; Phil. IE, 21. — 1%» adrv eixdva n’est pas l'équivalent de xar& Tv œdtyr stxôva. L’idée n’est pas celle d’un modèle extérieur à nous auquel nous essayerions de nous conformer (xaré) :le sens est que nous devons subir une transformation par laquelle l’image en question devient notre propre nature, notre propre être moral. L’accusatif indique que cette image (reproduite en nous) est le résultat de la métamorphose, l’objet et le terme de l’action de former (uégpœous, idée principale de werauoppobueïa). Le verbe au passif conserve le régime à l’accusatif, [cef. BLass $ 34, 6]. Nous sommes rendus spirituellement semblables à Christ. C’est un processus graduel (remarquez les présents xarontoubduevor, uetauoopoÿueda) et non une transfiguration subite et magique (comme sera celle du corps au moment de la Parousie). Cette transformation a lieu par la contemplation : à mesure que nous contemplons, il se fait une communication de vie de Christ à nous (les derniers mots du v. diront comment cette communication réelle résulte de la contemplation), communication bien plus réelle et durable que celle qui avait lieu pour Moïse. Pour celui-ci, quelque chose de la gloire divine, de la majesté de Dieu se communiquait à lui, s’attachait à sa figure, mais cette communication se faisait du dehors ; c’était donc un reflet tout extérieur, accidentel, et non permanent ; il cessait quand Moïse n’était plus en présence de Dieu et ne contemplait plus sa gloire. Pour nous, il s’agit d’une action

qui S’opère au dedans de l’être, car la gloire de Christ est d’essence spirituelle (x6ç10ç mvedua) : il s’agit d’une contemplation intérieure, spirituelle, done permanente, habituelle, qui à pour effet non un simple reflet extérieur, mais un renouvellement réel, provenant du dedans et embrassant finalement toute la personne. C’est une transfiguration permanente étendue à tous les fidèles. L’image sainte de Christ, rayonnant d’une beauté divine dans l'Évangile, s’imprime dans le cœur et la vie des croyants et devient leur propre nature spirituelle ; elle nous communique une gloire qui est nôtre et permanente. Cf. Jean XIV, 19 : « Vous me verrez, et parce que je vis, vous vivrez aussi ». — Les mots dr d6ëns es Ô6£æv peuvent être entendus de deux manières : a) «de sa gloire, c’est-à-dire la gloire de Christ (cause et principe de la transformation), en notre gloire (effet) ». Ainsi MEYER. BENGEL, HormanNN, REUSS. On appuie ce sens sur la corrélation, qui semble indiquée, avec dr xvoiov nvebuaros. Mais l'expression de Paul serait bien peu claire, et l’idée un peu subtile. Pourquoi ne pas déterminer ôd£7s par le génitif adroù ? Et les mots drû Ô6£ns eis Ô6Ëær ne font alors que répéter les deux idées déjà exprimées : zÿv 06£ar xvoiov xarontoiCouevor (cause) et : Tv aùrv eixôva uETauoppowueÿa (effet). Il me semble plus naturel d’admettre : b) l’idée d’une gradation, avec RÜCKERT, OLSHAUSEN, DE WETTE, OSIAN- DER, EWALD, KLÔPPER, OLTRAMARE, et la traduct. de Lausanne : «de gloire en gloire ». Cf. les expressions analogues : êx dvvdueos eis Obvaur (Ps. LXXXIV, 8): êx xaxdv sic xax& (Jér. IX, 2); dd Saldoons sis tlacoar (Xénophon, Hellen. 1, 3,4); cf. également 2 Cor. Il, 16, si on adopte la leçon &x (voir à ce passage). Cette idée de progrès ajoute ici un élément nouveau qui convient bien au contexte : en opposition à l’éclat du visage de Moïse, qui allait diminuant (xarapyovuévnr, V. 8), la gloire des chrétiens est non seulement permanente (uévov &v ÔdEm, v. 11), mais grandissante : elle progresse jusqu’à la gloire parfaite. — L’apôtre veut donc dire, dans ce v. 18, que nous tous, chrétiens, nous sommes plus que des Moïses. 11 oppose au simple reflet, à la simple projection extérieure et passagère qui avait lieu chez Moise, la transformation organique, vitale et par conséquent

durable, qui se produit chez le chrétien. Et il relève que cette transformation est progressive : elle va et elle conduit de splendeur en splendeur ! — Les derniers mots du verset (xadänee nd xvçlov nvebuaros) ajoutent l’idée : «comme cela doit être quand l’objet contemplé est le Seigneur, un Seigneur qui est Esprit, principe créateur.» Quand il s’agit du zveduaæ qui nous met en communication avec l’essence même de la vie, tout voile, tout intermédiaire est exclu (dvarexa?. nçoown®), et il Y a transformation radicale et sans cesse croissante. — xaddmee nd : «Comme on peut s’y attendre de la part de». B, suivi par Weiss, lit : xadoonee. — Trois constructions sont possibles pour les deux génitifs xvoiov mvebuaros : a) «le Seigneur de l'Esprit» (MEYER, OLSHAUSEN, DE WETTE, EWALD, OSIANDER, REUSS, [Lie TzMANN |). L’idée serait correcte, sans doute, mais l’expression insolite. Et pourquoi mettre-ici l’accent sur l’idée du Seigneur ? C’est l’idée de mvedua qui caractérise la Nouvelle Alliance (v. 17) et qui, par conséquent, doit avoir l’accent. — KiüPPer, Weiss, et quelques autres [BACHMANN] entendent myebuaros comme génitif de qualité, dépendant de xvçiov, cf. l'expression xéoros rs ÔdEns, 1 Cor. II, 8. Le sens serait : «le Seigneur dont l’essence est l’Esprit ». Mais nvedua et 06£a sont des notions d'ordre différent : d6£æ est en effet une notion purement attributive; mveüua est une notion essentiellement substantive (une puissance, une force, personnelle ou non) et ne peut être ainsi subordonné comme simple attribut. — b) «l'Esprit du Seigneur » (Syr. Vulg. AUG., ERASME, CALVIN, BENGEL, HOFMANN). Quoi qu’en disent KLôPpEr et MEYER, cette construction n’est pas du tout exclue par la position des mots: elle est très soutenable en soi et trouve un appui dans le v. 17b : oô Ôè mvedua xvgiov. Mais elle se comprendrait mieux si le zveüuaæ dont parie le v. 17 était le Saint-Esprit, car elle tend à personnifier l'Esprit comme l’auteur et non pas seulement l’agent de la transformation. — Notre interprétation du v. 17 (le zvedua désignant la vie spirituelle, l’économie spirituelle) nous conduit à pré-

férer une autre construction, qui est mieux dans l’esprit de

tout le contexte, à savoir : c) «le Seigneur qui est Esprit», rvebuaros étant regardé comme apposition de xvoiov (SCHMIE-

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