DEN
non le présent (yw@ueña) qu’on trouve dans le T. R., d’après quelques Minuscules. Le sens n’est pas: «afin que nous devenions dans le moment présent », mais: «afin que nous devinssions du même coup ». — Gxaoodvm deod ne peut désigner la justice comme attribut divin : il n’est pas possible que nous devenions cela ! Le génitif 205 est un genit. auctoris : une justice dont Dieu est la source, qui provient de Dieu lui-même (cf. Rom. I, 17), puisqu'elle est procurée par le sacrifice de Christ, par cet échange entre Christ et nous que Dieu lui-même a institué. Il s’agit done, ici encore, très évidemment, d’imputation, non de communication. Le parallèle &uagriav énoincev, la symétrie des termes le prouvent. L'idée du verset est celle d’un renversement des rôles par un échange entre Christ et nous. Le sens de drxaoodvm eo ne peut être: « afin que nous devinssions justes moralement, c’est-à-dire saints ». Nous avons bien plutôt ici le sens juridique, déclaratif qui appartient, chez Paul, à l’expression Gxmododau. Il y a eu imputation de péché à Christ; il y a imputation de justice à nous. Cf. Phil. ILE, 9: zyv x deoû duxœoodymr, OPPOSÉ à éuÿr Oxauoodvmr Tv x vôOuov (Qui désigne la justice propre, légale, pharisaique) et Rom. X, 3: zhv Toù Deod Oxo dv, OPposé à 7yv idiar. Cette justice, c’est avant tout l’absolution, résultant du fait que Christ, « fait péché », a subi le châtiment pour nous. (Il pouvait, lui, le saint, être châtié sans que le châtiment fût pour lui.) Nous sommes par conséquent délivrés de ce châtiment, en même temps que de toute coulpe. Mais il y a plus qu’absolution, non-imputation du péché, pardon: il y à un état de justice positive devant Dieu: nous sommes, en Christ, rendus agréables à Dieu, nous devenons ses enfants d’adoption (Rom. V et VII). L'état de justice qui est celui de Christ et qui nous est étranger, devient le nôtre devant Dieu, comme notre état de péché, qui était étranger à Christ, est devenu le sien. — êv œëôr@: en lui, en tant qu'il nous représente, nous sommes justice, tout en étant pécheurs en nous-mêmes. Cf. Rom. IV, 5 : rôv drxœrodvra 10v GoebT.
Le va de 21b renferme l’idée que l’expiation était nécessaire pour que la justification, le pardon, le salut de l’homme
fût possible. Mais pourquoi cette expiation était-elle nécessaire ? Paul ne le dit pas ici. Il constate le fait; mais il indique ailleurs quel motif Dieu a pour agir ainsi.