‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 77 sur 117 · VI, 5-10). VI · texte numérisé non relu

VI, 5-10). VI

dans les veilles, dans les jeûnes, 6 par la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par un esprit de sainteté, par une charité sans hypocrisie, ? par une parole de vérité, par une puissance de Dieu, par les armes de la justice, celles de la droite et celles de la gauche ; “à travers gloire et déshonneur, à travers bonne et mauvaise réputation, comme séducteurs, et pourtant véridiques, comme méconnus, et pourtant bien connus, comme mourants, et voici nous vivons, comme châtiés, et pourtant point mis à mort, {comme affligés, et pourtant toujours dans la joie, comme pauvres, et pourtant nous en enrichissons plusieurs, comme n’ayant rien, et pourtant

- nous possédons tout !

v. 4. — Le Ôë xai marque la transition à ce nouvel aspect du ministère de Paul, qui est une autre forme du xæaçpaxa- Zeiv (V, 20). — ovvepyodvres : le ovy- peut avoir pour complément sous-entendu soit de (d’après ce qui précède, V. 20. 21), soit duir (d’après ce qui suit : « vous qui avez reçu la grâce »), mais non Xo:076 (MEYER), car ce n’est pas Christ qui apparaît comme le personnage actif dans tout ce passage, c’est Dieu. Il s’agit donc d’une coopération de l’apôtre soit avec Dieu, soit avec les croyants eux-mêmes, dans l’œuvre divine qui s’accomplit en eux (cf., pour ce dernier rapport, I, 24) La première relation me paraît meilleure, car Dieu est le sujet qui précède immédiatement, et dans tout ce qui suit il n’est pas question de l’activité de l’Église (unie à celle de l’apôtre), mais de ce qui est fait pour l'Eglise (MEYER-HEINRICI). — xai: « outre l’œuvre que nous accomplissons dans le monde, par le 6eioda du v. 20, nous travaillons aussi pour vous.» — eis #evôv: «pour rien», latin : in cassum. Gelui-là a reçu la grâce en vain, qui ne lui laisse pas produire ses fruits de sanctification, qui ne marche pas &v xaœvdrmu Cœwÿs (Rom. VI, #). PÉLAGE dit très bien: In vacuum gratiam Dei recipit, qui in Novo Testamento non novus est. (Voir l’exhortation morale qui suit : VI, 14. ss.). — L’aoriste Üééæoda peut se traduire par le présent (recipiatis) ou par le prétérit (receperitis). Dans le premier cas, l’idée est que les lecteurs doivent recevoir chaque jour la

grâce, mais ne pas la recevoir en vain, c’est-à-dire sans les fruits moraux correspondants (Meyer). Dans le second sens, les lecteurs sont envisagés comme ayant déjà reçu la grâce, mais l’apôtre les exhorte à prendre garde que cette acceptation, n'étant pas suivie des fruits, ne soit vaine (KLÔPPER, DE WETTE). L’état de grâce du croyant (cf. I, 24) peut être annulé par l’infidélité (ceci est l’enseignement de Paul, comme de Jésus). Le second sens est préférable. Le danger était réel, pour une partie tout au moins de l’Eglise de Corinthe, chez laquelle il y avait des symptômes de relâchement moral, de retour au paganisme (voir la fin du chapitre et déjà 1 Cor.).

V. 2. — Âéye, SCil. Ô eds (à tirer de 77» your roù deoÿ, v. 1)1. — Le yéo introduit une parenthèse qui signale le motif pressant qu’il y a d’obéir sans délai à cette exhortation. Paul cite Es. XLIX, 8, textuellement d’après les LXX. C’est une parole d'encouragement adressée au «serviteur de l'Eternel » qui se plaint de travailler inutilement. L’application que Paul en fait aux Corinthiens est amenée par le rapport [tout extérieur] qui existe entre Oééaodar et Üexr®. Cette application est néanmoins légitime, parce qu’il s’agit, au fond, de la même œuvre de Dieu ; l’Église étant le corps de Christ, les promesses d’exaucement sont pour elle. — L'expression xœç@ Ôeuxr® est, dans les LXX, la traduction de l’hébreu RES. nÿ2, «au temps du bon plaisir divin, au temps où l’on peut entreprendre quelque chose avec le secours de Dieu. » Le terme ôexrôs signifie proprement : «le temps agréable à Dieu » (littéralement : « reçu de Dieu ») ; d’où : «le temps que Dieu favorise, et par conséquent favorable pour agir ». Cf. Es. LXI, 1 : évrœvrô» xvoiou Oextév, traduction de DIET NIÙ — juéoa cwrnoias : «le jour où l’on peut travailler efficacément à son salut». Cf. Phil. IT, 12. — Les aoristes sont des passés prophétiques : Dieu voit le futur déjà réalisé. — idoù vüv: «c’estune apparition qui passe, hâtez-vous ! » Le jour du salut» dure jusqu’à la Parousie, qui est proche

! [Autres exemples de ce 4éye, devenu presque impersonnel : Gal. HE, 16; Éph. IV, 8 ; Rom. IX, 25. Cf. gnoév, 4 Cor. VI, 16. On peut suppléer comme sujet soit 6 Sedçs (BLAss, $ 30, 4) soit # yoap#].

aux yeux de Paul. Il sera trop tard ensuite. Le temps est court (4 Cor. VIE, 29); il s’agit de l'employer, non seulement à recevoir le salut (c’est fait pour les Corinthiens), mais à poursuivre et achever l’œuvre de la sanctification &v p68o xvoiov (VIL, 4). — esënçododexrog (cf. VIII, 12) renforce le simple Üexrôs.

Le v. 3, après la parenthèse du v. 2, renoue avec le v. 1: le participe Ôcôdvres S’appuie sur zaçaxaloduer et développe le ovvegyodvtes en montrant comment Paul travaille pour eux avec Dieu. Le v. 3 décrit le côté négatif de la conduite de l’apôtre (le côté positif sera relevé dans v. 4. ss.) : Paul déclare ne rien faire qui soit de nature à entraver l’œuvre divine en jetant le trouble dans une conscience et en attirant ainsi un blâme sur le ministère chrétien. Ceci est une affirmation, non une exhortation (LUTHER). — êv undevi: in nulla re, « dans aucune occasion, en aucun point » ; cf. le êv mavti du v. 4. — La négation subjective w# signifie: «en tant que nous sommes des gens qui s’efforcent.… »; comme tels, ils ont le droit de zapaxæÂeir. — noooxon“ est un hapax dans le N. T. et les LXX. Ce terme est synonyme de nodoxouuæ, Cx&vôœAov ; il désigne une occasion donnée à quelqu'un de pécher ou de se détourner de la foi. lei, cette occasion serait fournie par la conduite de l’apôtre, si elle était en contradiction avec son enseignement. Cf. Rom. XIV, 43: 1 Cor. X, 32. — ÿva u...: l’apôtre a à cœur l’honneur de son ministère. — uœudoua (de uôuos, «tache, déshonneur »), vitupero. — DEFG It. Vulg. Syr. ajoutent #uôr à duaxoviæ. É

v. 4a. — L’apôtre passe maintenant au côté positif de sa conduite. — ovrsorévreg : Paul se recommande lui-même en tout point, à savoir par sa conduite, par ses actes, et non, à la manière des adversaires, par des vanteries ou des lettres de recommandation. Cf. ILE, 1; IV, 2. Avec TISCHENDORF, NESrLE, il faut lire oursordvres, leçon de RCD FG, plutôt que ovriordvovres, leçon de B P, adoptée par Weiss et Wesrcorr-Hort, ou que ovrsorvtes (T. R., d’après E K L). — oc Jeoù Gdxovos : « en tant qu’étant, ou: comme il convient à des serviteurs. » Le sens serait un peu différent avec l’accusatif écaxévovs : cela signifierait que Paul se recommande

pour se faire valoir ou reconnaître comme serviteur de Dieu, c’est-à-dire que sa qualité de serviteur de Dieu serait plus ou moins le produit de son ovwordvæ, tandis qu’au contraire il part, dans toute son activité, de la conscience certaine qu’il a d’étre déjà serviteur de Dieu en vertu d’une divine installation (V, 48. 19). — #05 a l’accent: des serviteurs des hommes auraient peut-être besoin d’un autre genre de recommandation. — Le êv xavri est développé dans les versets suivants au moyen de trois séries de faits :

a) Les souffrances endurées (vertu passive de la èmouovi), v. 4-5.

b) Les vertus actives déployées par Paul dans les luttes de son ministère, v. 6-7.

c) Les circonstances opposées à travers lesquelles il maintient sa ligne de conduite, v. 8-10.

v. 4b-5, {re série de faits. — v. 4. &» dnouovÿ noi: « Beaucoup de patience », voilà la vertu par laquelle tout d’abord Paul se recommande! Les neuf termes qui suivent jusqu’à vyoteiaus, dépendent de &v dxouovÿ et montrent dans quoi (&v) la patience se manifeste. Les &v de ces neuf termes (v. 4r-5) sont donc subordonnés au év bmouovÿ, tandis que les &v des v. 6-72 y sont coordonnés et dépendent ainsi de l’idée ovvrordvres. Les &v de 6-72 expriment des vertus morales, tandis que les év qui suivent év drouovÿ jusqu’à la fin du v. à, indiquent les circonstances dans lesquelles Paul travaille et se conduit avec patience. — Les neuf termes se répartissent en trois groupes de trois chacun; et d’abord : 1) les situations difficiles, dont quelques-unes vont jusqu’à oppresser l’apôtre, jusqu’à le mettre tout à fait à l’étroit. Il y à gradation de Zipeorr à orevoyoogiæus (cf. IV, 8).

v. 9. — Puis: 2) les persécutions des hommes : fouet, prison, émeutes. — xAnyais, cf. XI, 23. ss., où Paul dit entre autres : «j’ai reçu cinq fois quarante coups moins un ». — Le mot duaraotaoia pourrait désigner l’état de celui qui erre, ne trouvant pas où se fixer, chassé d’un endroit dans un autre (cf. 4 Cor. IV, 11: doraroduer) ; mais le N. T. emploie plutôt ce mot dans le sens de désordre, tumulte, émeute (4 Cor. XIV, 33; 2 Cor, XIE, 20 ; Luc XXI, 9 : moléuovs xai duaraoraoias). 1l s'agit done probablement des soulèvements popu-

laires dans lesquels la vie de l’apôtre fut en danger (voir, par exemple, Act. XII, 50; XIV, 19; XIX, 23-41).

3) Privations de tous genres : travaux, pour subvenir à ses besoins (ef. 1 Cor. IV, 12: xomuer &oya{ôuevor raïs dla xeootr, et Act. XX, 34), plutôt que: tous les travaux du ministère de Paul (MEYER) ; — veilles, amenées par le travail, par les voyages, par les prières, par les soucis, etc. (cf. XI, 27 et Act. XX, 31: vôxra xaœi muéoav); — faim, c'est-à-dire non pas des jeûnes volontaires, religieux (cf. Act. XIIE, 3; XIV, 23), mais plutôt des privations involontaires; ceci convient mieux au contexte (cf. XI, 27 et 1 Cor. IV, 11).

v. 6-7, 2ne série de faits: les vertus (actives) que Paul déploie dans cette dure vie. Ces vertus sont groupées deux à deux, en cinq paires:

V. 6. — 1) &v &yvôrmn: avec droiture, désintéressement, avec une entière pureté de motifs ; yrooe : avec le discernement spirituel nécessaire pour juger soit les questions théoriques, soit les questions pratiques. Cf. avec cette première paire : Matth. X, 16 (dxéoœor gs ai mepioregal, poévimor &s oi das). — Plusieurs entendent &yvérns de la chasteté ; mais nous ne voyons pas de raison de spécialiser ainsi, tout en reconnaissant que ce sens s’expliquerait vis-à-vis des Corinthiens et des adversaires de Paul.

2) uaxçodvula et yonor6rns désignent la charité sous deux aspects: celle qui supporte les injures ({onganimité), et celle qui agit (générosité, bonté active). Ces deux termes sont réunis également dans 4 Cor. XIIL, 4; Gal. V, 22.

3) avedua dyov, dyänn évundxquros : le souffle divin aw dedans, le zèle, la sainte énergie, — et au dehors, dans la conduite, l’amour non feint, qui ne cache pas la vérité. —

. aveu &yroy ne doit pas être restreint au pouvoir miracu- Jeux; il ne signifie pas non plus le «Saint-Esprit» comme per-

sonne : il désigne la vie, l’action du Saint-Esprit qui pénètre l’apôtre et se rend sensible aux âmes de ceux qui sont en relation avec lui. — dydnn dvvnduçrros (cf. Rom. XII, 9): une charité qui ne craint pas de dire, au besoin, même de dures vérités ; un amour qui repose sur la base de la vérité, de la sainteté.

v. 7. — 4) Â6yos &Ândelas, Üdvams Ÿeod: une parole

constamment vraie, sincère, loyale (ceci se rattache bien à dydnn dvvnôxouos), et qui ne cherche pas son succès dans des moyens humains, mais dans la seule puissance de Dieu. Cf. 1 Cor. IL, 4: êv dnodel£er nvebuaros xai Üvrduecs.

5) Où 1ôv GnAwr... Cette cinquième paire fait transition à la troisième série de faits, aux circonstances adverses, mais se range pourtant encore dans les vertus. Paul emploie déjà dv, mais comme équivalent du & instrumental, tandis que les ô& suivants signifient : « au travers, au milieu de ». — 1ÿs dixœoodvns est un génitif de propriété ou de qualité : les armes dont se sert la justice, ou les armes moralement justes, en opposition aux armes charnelles (habiletés, injustices, ruses, zavovoyia des adversaires, IV, 2). Ce sont les ênxÂa 1où pwrôs (Rom. XII, 12). Cf., dans notre épître, X, z. Paul est le champion de Dieu. — Il est impossible de prendre ici dxaocbryn dans le sens de justice imputée (MEYER) ; il s’agit de la justice morale, comme dans Rom. VE, 43, où 6mÂa ôvxaocvvns S’oppose à émAa ddumias. Cf. aussi Éph. V,9. — rÔv Oebidy nai douoreeüv: celles que l’on tient de la main droite (armes offensives, épée) et de la main gauche (armes défensives, bouclier). Paul a besoin de ces deux sortes d’armes pour attaquer les forteresses juives et païennes, et pour se défendre, lui et son œuvre, contre toutes les attaques.

v. 8-10, 3ue série de faits : les circonstances opposées au travers desquelles Paul maintient pure sa ligne de conduite. Ces circonstances sont indiquées au moyen de neuf antithèses, dont les deux premières sont introduites par &&, et les sept dernières par &ç.

v. 8. — Et d’abord les deux antithèses avec d&&. Le Ga ne peut pas signifier ici « par le moyen de » et dépendre encore directement et étroitement de ovrsordvres, comme le veut: Meyer (une antithèse comme Ô6£« — druia est inexplicable avec ce sens). Il s’agit évidemment de circonstances à travers lesquelles Paul se meutet travaille. Ce sont : 4) des circonstances extérieures : Ü6£a, druuiæ, c’est-à-dire d’une part l'éclat de l'œuvre qu’il accomplit, les succès de son ministère (par exemple l'accueil qui lui a été fait en Galatie, Gal. LV, 1%); — et d'autre part l’opprobre des insuccès, des traite

ments ignominieux qu’il doit si souvent endurer, sa vie extérieure misérable. — 2) des circonstances morales : ôvopuiæ, blâme, imputations viles, et eègnuiæ, louange, approbation enthousiaste. — A travers tout cela, il poursuit fermement son chemin, il marche droit au but.

Viennent ensuite les sept antithèses avec &ç, dans chacune desquelles le &ç ne porte que sur le premier membre et signifie : « passant pour », «aux yeux de, au jugement de nos adversaires », «envisagés comme ». Le «a marque une opposition : «et cependant, et en même temps», c’est-à-dire: «mais en réalité ». — 1) xÂdvor, «égarant les autres, séducteurs » ; le sens n’est pas: «égarés, fous» (sens passif). Cf., pour le sens actif, Jn. VIT, 12: xzlava rdv dy2ov.

V. 9. — 2) dyvooëuevor peutsignifier «inconnus, obscurs », ou bien « méconnus ». Ce second sens vaut mieux, à cause de l’antithèse éxeywwooxduevor, « bien connus ». De qui Paul veut-il dire que lui et ses compagnons sont bien connus ? Est-ce äe Dieu? (Rückerr). Nous pensons plutôt que c’est des hommes, des chrétiens : «Nous sommes connus de tous les fidèles, quoique méconnus ou ignorés par les autres. »

3) dnodvmonovtes — Côuer: «On dit de nous: Ce sont des hommes qui vont mourir (des hommes finis!), et voici nous vivons! Il semble que nous soyons au dernier soupir, et puis (i6o%), nous revoilà sur pied ! » CF. IV, 7.ss., qui est le meilleur commentaire de ce passage.

4) zœbevéuevor [D F G It. ont la variante zesoabduevor] — davaroduevor: « Dieu nous frappe de la verge, nous apparaissons aux hommes comme étant châtiés sévèrement. Et puis, nous ne sommes pourtant pas tués ». Il y a probablement ici une réminiscence de Ps. CXVIIE,. 18: mœdebov ênaldevoér ue #bçQ1oG, nai 7© davdro où mapéüwrér ue. Ou bien: « On dit de nous : C’est un frappé de Dieu (Es. LI, un homme qui est sous la verge divine ; mais si Dieu nous frappe, ce n’est pas pour la mort !»

v. 10. — 5) Avroduevor — yaioovres : « Nous sommes dans l’affliction, nous devrions être envahis par la douleur et nous chantons de joie ! » Cf. Paul etSilas dans la prison de Philippes (Act. XVD). Leur joie est la yæoû êv nvebuarr &yiw (Rom.

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