VI, 16-VII, 1). VI
c'est nous qui sommes le temple du Dieu vivant, selon que Dieu a dit: «J’habiterai parmi eux et j'y marcherai, et je serai leur Dieu, et eux seront mon peuple.» !7C’est pourquoi «sortez du milieu d’eux et séparez-vous, dit le Seigneur, et ne touchez à rien d’impur; et moi, je vous accueillerai, !$ et je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant». Ch. VIT! Ayant donc de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, parachevant (notre) sainteté dans la crainte de Dieu.
Paul revient à l’idée du v. 1 (ovvepyodvres…. maoaxalodmer u eis. xevôv...). L’apôtre a travaillé fidèlement pour l’Église et son œuvre le recommande; mais l’Église répondelle à ce ministère ? est-elle à la hauteur de sa mission ? La question se pose, et ceci justifie la sévère zœodxAnois de la fin du chapitre. Cette exhortation énergique (VI, 14-VIH, 4) est précédée d’un appel au cœur des lecteurs (v.11-13), qui sert de transition.
v. 41. — Paul ne craint pas de parler de lui-même : il vient de rappeler toute sa carrière apostolique. Arrivé au terme, il s’arrête et se retrouve en face de ses lecteurs, auxquels il exprime son affection par l’apostrophe émue Koçirdror. (Cf. Phil. IV, 15, le seul autre exemple de ce genre. Gal. IE, 1 est sensiblement différent.) — Le parfait second dvéoya (de dvotyo, Gvoiyvvwm) est pris souvent, dans le grec postérieur, au sens du parfait passif duéoyua. Ce terme, qui en soi est une simple expression plastique pour dire : « commencer à parler », doit marquer ici, d’après le contexte, la franchise de l’apôtre (Meyer-Heinric1). Paul vient, en effet, de parler avec un grand abandon : il a ouvert son cœur, il ne s’est pas tenu sur la réserve. Et pourquoi? C’est son grand amour pour les Corinthiens qui l’y a poussé ; il a suivi le mouvement de son cœur: # xaoôlæ uv (NB ont la leçon buy, mais à tort) zexÂdrvvra. Ces derniers mots ne désignent ni la joie (Luraer), ni la franchise (pe WertrE: « Je me suis dégonflé »), mais l'affection, comme le prouvent les v. 12 et 13. L'amour rend le cœur large: le manque d'amour, la haine le rétrécit, le resserre. (Cf. MEYER-HEINRICI).
2 CORINTHIENS — 14 ë
Le v. 42 s’ajoute sans particule de liaison: Paul confirme par une phrase négative l'affirmation # xaçôla quôv nemÂüuvre : «Non! vous n'êtes pas à l’étroit (dans ce cœur qui s’estélargi pour vous) !» L’image reste la même. Cf. Phil. f, 7: diù vd Eyerr ue êv 7ÿ naoôia buäs. BoUSSET explique un peu autrement: Paul voudrait dire, en réponse à un reproche de ses adversaires : « Je ne vous tiens pas serrés, je ne vous tyrannise pas. » — Dans 12? Paul fait une paronomasie (07evoxooeïode) pour reprocher tendrement, paternellement, aux Corinthiens lefait qu’il occupe une place beaucoup trop petite, à son gré, dans leurs cœurs à eux. Il passe de l’idée « être à l’étroit » à celle d’ «être étroit ». « Vous êtes, leur dit-il, à l’étroit dans vos propres entrailles », c'est-à-dire «elles sont rétrécies, en sorte qu’il n’y a pas de place pour moi. » Ils ne sont pas à l’étroit chez lui, mais eux sont étroits intérieurement, ne font pas à leur apôtre une large place. — oxldyyva désigne le siège des émotions profondes (pitié, amour) : c’est l’équivalent de xaçôta du v. 11. Cf. 1 Jean II, 17: xai xÂeion 1à onÂdyyva œûrod. Paul ne dit pas : orevoywgoüuar dE («je suis à l’étroit »): c’est pour faire porter l’antithèse non sur les personnes, mais plutôt sur les é£ats différents.
. v. 43. — Après la constatation de ce fait, qui l’afflige, il réclame d’eux le contraire de ce qu’il vient de dire : «au lieu du o7evoywoeïoda, pratiquez le mAarvrd vou ! » — Tv œûriv Gvruuodiar est un accusatif absolu, déterminatif de xlarvrdnte. Ou bien l’apôtre avait-il peut-être dans l'esprit un verbe comme «accordez-moi, donnez-moi », qu'il remplace par le mlarévdmre, plus précis ? En tout cas, il y a, dans l'expression 7%v aûryv dvruumodiar, combinaison des deux idées à aùré et rÿv dvrumodiar, dans le sens : rù œét6, Ô êonuv dyrumodia (MEYER), c’est-à-dire: « Rendez-moi le même amour (7 ædrô), SOÿezZ pour moi ce que je suis pour vous ; ce sera un rendu (dévrumoiær) bien naturel.» Le sens est donc, pour l’ensemble du verset: « Faites pour moi ce que je fais pour vous, en ayant à mon égard la même largeur de cœur dont j'use envers vous. » — Les mots &ç réxvous Aéyo sont une parenthèse qui justifie zÿv aûrÿr durumodiær : des enfants ne doivent-ils pas rendre à leur père amour pour amour ! CHRYSOSTOME paraphrase très bien: od0èv uéya air,
ei. rate dv, Bobloua quisioda rap budv. Cf.1 Tim. V, 4. — Cet appel à leur cœur, à leur amour filial, doit les préparer à bien recevoir l'exhortation suivante.
Comme nous l’avons dit plus haut (voir avant le v. 41), cette exhortation (zapdxAmois) se rattache à l’idée du xaoaxaeir uÿ eis xevdv… (v. 1). Après l’appel au cœur des lecteurs, à leur affection personnelle pour l’apôtre, vient l’appel à leur conscience chrétienne. Paul, qui les aime comme un père, qui les porte dans son cœur, est inquiet à leur sujet : il les supplie de rompre définitivement avec toutes les souillures du paganisme, pour poursuivre avec ardeur (v. 14- 18) le but de la sanctification chrétienne (VIE, 1).
v. 14. — uÿ yiveode : L'apôtre s'exprime avec beaucoup de délicatesse (et d’habileté); il emploie un terme (devenir) qui ne suppose pas que ses lecteurs aient déjà succombé, soient déjà retombés, mais qu'ils sont en danger de le faire. La participation aux impuretés du paganisme est ainsi présentée comme un recul, un abandon de la condition chrétienne première, à éviter. — érepo{vyetv : « porter le joug d’un autre, qui est celui d’un autre », c’est-à-dire, d’après l'emploi du mot dans l’A. T.: « porter le même joug avec un être d’une autre espèce », societatem inire cum imparibus, en opposition à éuo£vyeir : «porter le joug avec un être de même espèce», societatem inire cum paribus. Cf. Lévit. XIX, 19 : zà Atvn Gov où xaroyedoers ËteooGdy®, « tu n’accoupleras pas ton bétail avec un animal fait pour un autre joug », et Deut. XXIE, 40 (défense de faire labourer ensemble un bœuf et un âne). Le sens est done : «Ne vous associez pas à des êtres d’une autre sorte, à des non-croyants!» « Vous, des zrovoi, qui êtes #œrvÿ uriois êv Xouor® (V, 17), vous n’avez pas à VOUS unir aux &mioror en vous mettant avec eux sous le joug qu'ils portent ». Le datif dxiovors est le complément de l’idée de £6yos : «s’allier aux infidèles ». Meyer, WEIss expliquent un peu différemment ; ils rapportent l’idée de éregos non à l’autre partie accouplée, mais au joug lui-même: «ne pas porter un joug étranger, un joug qui n’est pas fait pour toi, mais pour un autre, le joug du paganisme ». Mais alors le sens du datif n’est pas très clair. Weiss découvre dans ce datif l’idée de secours (aider aux infidèles à porter leur joug) ;
ne faudrait-il pas plutôt oév ? Hormanx y voit un datif commodi: «pour plaire aux infidèles». KLôPPER regarde ërepoGvyeir dniorois comme une expression prégnante qu'il faudrait analyser de la manière suivante : ur yiveode êrego- Cvuyodvres ai oÙros Ouobvyodvres dxiorois. L'idée est en tout cas : «Ne vous mêlez pas avec des gens et à des choses dont l'alliance est désormais pour vous une alliance contre nature! » Il n’est pas nécessaire de préciser davantage et de voir spécialement ici la condamnation des mariages mixtes ou des repas de sacrifices (4 Cor. VIT et VIID ; l’exhortation est plus générale : Paul recommande aux Corinthiens de ne pas se mêler à la vie paienne.
Ce uÿ yiveode étepolvyodvres de 142 est confirmé énergiquement par cinq questions, dont les quatre premières forment deux paires, tandis que la cinquième est isolée (44b- 162), puis par une solennelle affirmation (16?) appuyée sur l'Écriture (46°).
v. 44. — La lrequestion oppose les deux sphères d’existence entre lesquelles les Corinthiens voudraient établir une confusion. Elles sont caractérisées d’après leurs principes moraux respectifs, à savoir d'une part la dxæroobyn qui distingue la vie chrétienne (dxaooëvn ne saurait désigner iei la justice imputée, la justice de la foi, comme le veut Meyer ; il ne peut s'agir que de la justice morale, vu l’antithèse dvouia: cf. Rom. VI, 14. ss.), — et d’autre part l’évouia, qui caractérise la vie paienne, dissolue, immorale, privée du frein du véuos, livrée à l’éxadagoia et aux méôn 1ÿç éruuias (Rom. D. Cf. Rom. VE, 19.20.— ueroyr nese retrouve pas dansleN.T., mais on y rencontre le verbe weréyesv. Il s'agit soit de la participation d’une sphère à l’autre par leur union contre nature. soit d’une participation commune à la même vie (ainsi, par exemple, le païen et le chrétien assis au même banquet idolâtre). — La deuxième question établit une opposition sur le terrain religieux : le paganisme, en vertu de son manque de droiture, de vérité morale, est privé de la connaissance de Dieu (Rom. D); il n’a pas la lumière (pô), il est donc livré à la puissance des ténèbres (oxdros) et ne produit que des œuvres de ténèbres. La vie paienne est oxéros, tandis que la vie chrétienne est pôs, c’est-à-dire Dieu connu, révélé