Sous-préfet. (iV. du irad
intéressante, mais sans importance quant au voyage des frères Zeni.
Le chronomètre réparé, la carte emballée et expédiée à Stockholm, nous levâmes Tancre, à sept heures et demie du soir, le 10 juin. En sortant du port, le cap fut mis sur la côte orientale du Grônland, au N. SI** 0., direi^tion indiquée par les instructions d'Ivar Baardsôn pour la route d'Islande au firônland. Ces instructions, très brèves, ont donné lieu à de nombreuses controverses.
Voici en quels termes s'exprime Ivar Baardsôn :
ce Du Sneffelznis (Snefellsnes) en Islande, situé juste en face du (irônland, il faut, pour arriver à ce pays, naviguer vers l'ouest deux jours et deux nuits durant. A moitié roule entre ces deux terres, se trouve le récif de Gunbjôrn. Telle était, ajoute Ivar Baardsôn, la route anciennement suivie. Aujourd'hui la glace a dérivé du nord-est (du Lanndtnordenbottné) et l'on ne peut la suivre sans danger de mort*. ))
L'interprétation de cette instruction présente deux difficultés. D'abord, dans ces derniers siècles, les glaces ont toujours fermé la route qu'elle indique; en second lieu, il n'existe aucun récif entre l'Islande et le Grônland. A mon avis, la première difficulté provient de ce que l'on accorde trop d'importance à l'indication de la direction donnée par Baardsôn. Quant au récif de Gunbjôrn, que les sagas mentionnent à différentes reprises, il est difficile de savoir ce qu'il est devenu. Actuellement il n'existe ni île ni récif entre le Grônland et l'Islande. Dans l'opinion du capitaine Graah — et cette opinion est adoptée par beaucoup de géographes, — le récif de Gunbjôrn doit être quelque îlot situé un peu au sud du cap Dan. Il est beaucoup plus probable que le récif de Gunbjôrn n'a jamais existé, ou bien, s'il a existé, qu'il a été détruit par la glace ou par l'érosion des lames. La curieuse carte de Buysch, publiée dans l'édition de Ptolémée de 1508*, et qui est reproduite en facsimilé pages 46 et 47, fournit des arguments en faveur de cette der-
i. D*après une copie do la n^laiion d*Ivar Baardsôn. copie datée de i54i et conservée aux archives de Suède.
2. L'exemplaire de cette cai*te que je |H)ssède est inclus dans Tédition de Ptolémée de 1507. Cette édition est identique h celle de 1508, à cela près que cette dernière a une
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nière hypothèse. Elle indique une île entre Tlslande et le Grônland, juste sur remplacement présumé du récif de Gunbjôrn, et cette île porte l'inscription : [imila hec inano drd 1456 fuit tolaliter combusta. La géologie nous enseigne que les terres et les mers ont subi de profondes modifications et que certaines chaînes des Alpes datent d'une période relativement rapprochée de nous. A différentes reprises, dans ce siècle, on a observé l'apparition et la disparition de volcans sur les côtes de Sicile, des îles Aléoutiennes et d'Islande. Nous savons également que, depuis le onzième siècle, l'érosion a enlevé à l'île d'Helgoland une grande partie de sa superficie primitive. Néanmoins, jusqu'ici on n'a prêté aucune attention au renseignement donné par la carte de Ruysch, sous prétexte que cette carte est l'œuvre d'un géographe inconnu. Les annales islandaises, qui contiennent une liste exacte des éruptions volcaniques de l'île, ne mentionnent, à cette époque, aucun cataclysme de ce genre; elles n'indiquent même pas, cette année-là, un redoublement d'activité volcanique. Mais, d'autre part, plusieurs faits semblent indiquer que la catastrophe rapportée par Ruysch a réellement eu lieu. D'abord l'auteur indique avec précision la date à laquelle l'événement se serait produit; en second lieu, en 1507, on ne connaissait guère en Europe les volcans de l'Islande, et a cette époque on ne supposait pas qu'une île pût être détruite par une éruption volcanique. Enfin, tous les anciens documents islandais mentionnent l'existence d'une île située à mi-chemin de l'Islande et du Grônland, dans une partie de l'Océan où ne se trouve actuellement aucune terre.
Pour essayer de résoudre cette intéressante question de géographie historique, j'avais l'intention de faire exécuter des sondages sur l'emplacement de la terre disparue en 1456, et, en quittant Reykjavik, je fis mettre le cap dans la direction de Vîle de Ruysch. Comme tous les marins qui traversent chaque année cette partie du détroit de Danemark, nous ne réussîmes pas à apercevoir cette terre, et la grosse mer nous empêcha de faire aucun sondage avant les approches de la côte orientale du Grônland.
nouTelle feuille de titre et quelques modifications nécessitées par la découverte du Nouveau Monde. Le planisphère de Ruysch se trouve dans d'autres exemplaires de rédition de 1507. Ce document peut donc être considéré comme commun à ces deux éditions.
Fu-oiinilù du fnijjiiiuiil HU|)tenlnoiwl
de bi carie de Kuj'sc)i.
Le récif (le Gunbjôrn et l'île de Ruyseh ne sont pas les seules terres disparues dîins cette partie de l'Atlantique que menlionnent les «flgffl«, les ouvrages de géographie et les légendes des matelots. Rarement, autrefois, un marin faisait la traversée d'Europe au Grônland ou allait à la chasse à la baleine, sans que quelque incident de navigation amenât la conversation, au gaillard d'avant, sur \epay$ de Bimey cette grande et riche île qui aui*ait disparu dans les flots au seizième siècle. Un calme plat subit, la rencontre en pleine mer d'un vol d'oiseaux, ou la chute d'une grosse lame sur l'avant, ou bien encore une tempête, suffisaient pour mettre en travail l'imagination des matelots. Voici l'origine de cette légende :
En 1578 Frobisher entreprit son troisième voyage, dans le but de rapporter de l'or en Angleterre. 11 prétendait avoir découvert, lors de son premier voyage, des liions sur la côte occidentale du détroit de Davis, et les avoir soigneusement étudiés pendant sa seconde exploration. L'attrait de l'or est irrésistible. L'examen des échantillons rapportés du second voyage ne doima aucun résultat satisfaisant; néanmoins, pour découvrir le précieux minerai, la prudente reine Elisabeth éijuipa la plus importante expédition arctique qui soit sortie d'un port européen. Frobisher n'avait sous ses ordres pas moins de quinze navires, chargés d'immenses approvisionnements, de matériaux de construction et de l'outillage nécessaire au forage des puits et galeries de mines, etc.; outre les équipages, des ingénieurs, des mineurs, des essayeurs de métaux avaient été embarqués. L'expédition rencontra de grandes difficultés; tous les navires réussirent pourtant à rapporter en Angleterre des cargaisons d'un minerai brillant. L'analyse prouva qu'il ne contenait aucune parcelle d'or. L'exploration, qui, au point de vue géographique, fut sans importance, eut cependant pour résultat de former de nombreux marins anglais. Dans les luttes qu'ils soutinrent courageusement contre les éléments, les compagnons de Frobisher acquirent l'expérience de la mer, <?t cette expérience, ils eurent bientôt l'occasion de l'utiliser contre J'Invincible Armada. Parmi les capitaines anglais qui prirent part à cette lutte héroïque contre TËspagne, on retmuve les noms de beaucoup de lieutenants de Frobisher. Ce fut