E> VUE DE LA CÔTE ORIENTALE DU GRÔNLAND
était très curieux, mais toutefois facilement explicable. Par un effet (le réfraction, les hautes montagnes de la côte situées au-dessous de riîorizon du navire étaient visibles très distinctement. La banquise, située entre le plan de notre horizon et la base de ces montagnes, ne pouvait au contraire être distinguée ; par suite, la mer paraissait libre jusqu'à la côte. A mesure que le navire approchait de terre, la réfraction diminuait, et en même temps apparaissait la banquise qui barre presque toujours la côte.
Après plusieurs heures de marche, nous arrivâmes près de terre; les montagnes apparurent alors plus hautes et plus distinctes. La vigie signala alors Texistence d'une plaine couverte de neige à la bîise des montagnes; puis, quelques instants après, à une heure de l'après-midi, elle reconnut que cette plaine était une banquise impénétrable à tribord. Je fis alors gouverner un peu plus au sud, pour nous rapprocher de la côte; dans cette direction, nous trouvâmes également de la glîice en masses compactes. Sur la lisière de la banquise, les glaçons étaient très petits ; mais à peu de distance de Viskant s'étendaient de larges flaques de glace. Nous ne vîmes aucun isberg. En vue de la côte je fis mettre à la mer la sonde et le chalut. Les fonds avaient une profondeur de 300 mètres et étaient couverts de grosses pierres roulées, qui déchirèrent notre filet. C'étaient des blocs erratiques qui avaient été apportés jusqu'au rivage par les glaciers de la côte, et que les isbergs et les drifis avaient dispersés ensuite très loin au sud au fond de TOcécin. L'eau avait, dans les profondeurs, une température de H- 3°; à la surface, près de la côte, elle était plus froide et moins salée. En avant de Yùkant, plusieurs baleines furent signalées; au milieu des glaces, nous n'en aperçûmes aucune. En fait d'oiseaux, nous ne vîmes dans ces parages que quelques mouettes {Larm tridactyhis et glav,cm)j des guillemets, des pétrels arcticjues et un trhassier. La faune ailée était beaucoup plus pauvre qu'au milieu des drifis de la côte du Spitzberg. Bien que le navire naviguât assez avant dans le pack\ il était secoué par une houle très forte. Malgré cette agitation de la mer, une mince couche de glace se formait sur l'eau ; ce phénomène était vraisemblablement produit par la condensation
1. «( Champ do di'ifis » plus ou moins compact. (/V. du trad.)
(le la vapeur d'eau en snsj)ension dans Tair sur la surface de la mer, dont la température était inférieure à zéro.
Nous rencontrâmes plusieurs baleiniers. Nous hélâmes l'un d'eux et invitâmes le capitaine à venir à bord. Ce baleinier était de Saint- Jean de Terre-Neuve. Il était allé à la chasse au phoque et, dans une première cmisiere, en avait capturé 7)5000. II faisait maintenant sa seconde campagne. Jusqu'ici il n'avait pris ni baleine ni narval et n'avait encore tué qu'un petit nombre de phoques. I^e cap Farewell était, disait-il, libre de glaces, mais, jusqu'à ce point, toute la côte orientale était barrée par une banquise.
Il n'entrait pas dans nos projets d'essayer de foiver cette banquise pour atteindre la côte. Du reste, cette entreprise n'aurait certainement pas réussi. Nous mîmes, par suite, le caj) au sud ou plus exactement au sud-sud-ouest, en suivant la lisiei'e du pack. Le 15 juin, le temps fut magnilique et la mer calme; la nuit fut si froide qu'une couche de glace nouvelle st» forma enti^e les glaçons. Nous draguâmes à différentes reprises.
Dans la nuit du 14, la côte nous apparut si distincte que nous crûmes en être très près. Il n'y avait pas un gla(;on dans le voisinage du navire. J'ordonnai alors de mettre de nouveau le cap sur la côte. Bien que nous eussions diï être instruits par l'expéric^nce de la veille, tous nous n'en crûmes pas moins, pendant quehjues instants, que nous {)ourrions atterrir. Comme le 12, la vigie signala d'ahoitl que la mer était libre jusqu'au rivage, puis qu'une longue bande de glace coinrait la base des montagnes, et finalement qu'une banquise s'étendait le long de la côte. (]ette ban(|uise était simplement formée de drifis très serrés, mais elle était certainement impénétrable. Nous reprîmes alors notre route vers le sud. Dans l'après-midi du 14 nous exœutAmes des sondages en différents endroits; une tentative pour draguer ne réussit pas, par suite de la nature pieiTeuse du fond. Une embai-cation fut mise à la mer pour que des hommes pussent aller à la chasse et rechercher, à la surfacedes glaçons, de la poussieit» analogue à celle que j'avais re(*ueillie au Spitzberg et dans la mer de Kara. La surface de tous les drifis voisins de Viskant étant balayée par les vagues, ces rechei-ches n'eurent aucun résultat. Comme échantillons de la faune aihk*, les chasseurs rap-
' CAP FAREWELI,. 13
portèi-enl des mouelles {Lartis leucopterus, tjlaucus, tridactylut), des stercoraires, des ffuillemots [Uria grylte L. el MerguUus aile) el des pétrels arclif|ues. Quelques phoques et baleines furent signalés. Dans l'après-midi, par 62° 13' de latitude noi-d, nous pûmes -admirer les belles montagnes anx formes alpines «jui se dressent le long de la côte. Klles s'élèvent là en ci-étes sauvages, hérissées de sommets neigeus et d(Vou[)ées par des vallées remplies de placiers.
Le va^ Farvwvll.
|1)es3iu nétulé d'pprèt uiif |iholugni|Jiic |.riM |ur H. KjcIIslrOm le 50 aoùl 18«S.J
Elles atteignent très ceitaincmeul une altitude de plusieurs milliers de mètres. I,es dri/is qui couvraient la mer i-essemblaient à ceux que Ton reiit-ontre au Sjiitzberg el que les fàngilman appellent delà « grosse glace « {sioris). Nous ne rcneontrAmes que de rares isbei^s, tous de iwîtites dimensions.
Le 15, aux approches du cap Farewell, la Sofia fut assaillie par une lempOte. La mer était 1res haute et l'air obsctiivi par une petite pluie Ihie et sprii'ïe. IViidaiit (juelques heures nous dûmes mettre à la cape; dans la soirée, le vent étant tombé, nous continuâmes notre route. Nous passâmes devant le cap Fareweli, ce promontoire si i-edouté. sans pouvoir le distinguer, ka retour, nous
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le doublâmes de Ires près ; ce jour-là la mer était si calme et le temps si clair que nous pftmes photographier du pont du navire les pointes rocheuses, effilées comme des dents de requin, qui forment l'extrémité méridionale du Grônland.
Le 16, le temps était tri»s beau et la mer calme, grâce à la présence des drifis. Le cap fut mis sur Julianehaab. Vers midi la terre était en vue. Pendant tout notre voyage le long de la côte orientale, nous n'avions rencontré que (|uelques isbergs. Sur la côte occidentale, au contraire, la mer était couverte de ces magnifiques montagnes de glace su|)erbement d('»coup('»es. Nous en photographiâmes plusieurs du pont du navire. Bientôt nous trouvâmes des drifis; ces glaces et la brume nous arrêteront. Comme il ne nous était pas possible d'atteindre la côte avant la chute du jour, et, d'autre part, que je ne voulais pas naviguer, pendant les (juehjues heures d'obscurité, au milieu des drifis très compacts dans le voisinage de la terre, je fis mettre à la mer la sonde et la drague. Le résultat de ces recherches fut très intéressant au point de vue zoologique et hydrographique. Dans ces parages, les animaux supérieurs font complètement défaut. Jadis phoques et oiseaux s'y ébattaient probablement en troupes nombreuses; aujourd'hui on n'en voit plus un seul. C'est la conséquence de la chasse acharnée que les indigènes, maintenant armés de fusils, font à tous les animaux.
Dans la matinée du 17 juin, la vigie signala une petite goélette. Xous en étant approchés, nous reconnûmes que c'étîul un des navires de la Compagnie gronlandaise qui font le cabotage entre les principales colonies c\ les établissements de commeive moins importants. Il était commandé par un capitaine danois et monté par un écjuipage en grande partie indigène». Le capitaine m'offrit de nous piloter jusqu'à Julianehaab, à condition que nous prendrions sa goélette à la remorque. J'acceptai avec d'autant plus d'empressement qu'il me proposa de nous piloter ensuite de Julianehaab à Ivigtut, à travers l'archipel côtier, où il n'y avait pas à craindre de rencontrer des glaces, si toutefois il obtenait la permission du directeur de la colonie. Nous vîmes bientôt de nombreux Eskimos montés sur leurs kayaks et occupés à chasser le phoque. Avec ces légères embarcations ils purent nous suivre durant un certain temps, et,
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pendanl qu'ils nous fireul la conduite, ils ne cessèrent île plaisanter, de nous inlarpcller el de se livi-pr à une véritjible fantasia, en lançant en l'air leurs harpons et leurs flèches. I*our montrer leur courage, ils allaient frôler la basé de (iuel([ue isberg, ou bien traversaient les magnifiques nreades bEàiiIantes que la fonte avait découpées dans ces masses de glace. Les Kskimos étaient tout fiers d'une pareille hravoui-c, qui i-nntrasle si fort avec leui- limiditc .habituelle.
Isbci'g rencuiihv pnr lu Sofiù uu iioi'il du Juliujichaab.
(Dntin Lii^rul.' .Vapri'i um: |>lio[(>tcniphii'. ii»liiiilauéi! prisf Ir 17 juin ItUG |.iir M. KjcLJ'IrSm.)
Pour les récompenser de leurs prouesses, nous leur donnâmes des cigares el des oranges; les cigai-cs, ils les allumèrent immédiatement; mais les oranges, ils les déposèrent soigneusement sur la ligne enroulée à l'avant de leur cmbarcatioti, probablement pour ménager une surprise agréable à leur famille.
I.* kayak est la plus élégante embarealion que les hommes aient jamais consiruile. Aucun cjinot monté par un seul homme n'est aussi rapide, el cette frêle embarcation, maniée par un rameur espérimenté, tient parfaitement la mer par la tempête. Lt forme du kayak, sa construction, ses rames, ses lances, ses lignes, les nombreux boutons en os, et les courroies qui les garnissent, le moindre
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détail eiiliii alleinl un degré do peifectitpii merveilleux. C'esl là le résultat du travail continu de nombreuses {îénéni lions, et l'^iprit inventif de rKumjHien ne tmuve aucun perfectionnement à apporter à cette embarcation. La t'ui'me du kayak a été véntablemcnt inventée par les Kskimos. Au point de vue de la construction ou des matériaux, il difRu-e complètement des auta's cîmots de petites dimeiisioi^s employés par les peuples sauvages. Les kayaks des Tschukischis sont de mauvaises copies de ceux des Kskimos. Les
Kuyaks CMvrlanl lu Sofia k sun cnlréi' dniiR l« |Nirl ilp Juli:in<'li;i;ib.
(DeMiD ru'ciilù <l'i)irPK une pliotg|!ra|.1iii' in^biiilaiii'i |.ri>r l" 17 juiii 1883 pur M. K)el]slrBin.|
canots des Indiens de l'Amérique, conslniils pour naviguer sur les fleuves et sur les lacs, sont d'un modi'le loul difféi-entet ne peuvent braver les vagues de l'Océan,
La g;ravure de In page suivante donne au lecteur une idée de l'aspect du kayak. J'ajoutei'ai ipi'il est consti-uil en peaux, tendues sur un léger appareil en bois ou en os, assemblé à l'aide de courroies. Comme Zeno le dit très justement, le kayak a la forme d'une navette. La partie supérieuœ de l'embait'ation est i-ecouverte de peaux, (|ui empêchent l'eau d'y pénétrer. Ce« pont» entoure la ceinture du rameur, qui est assis au milieu du canot les jambes étendues. Je n'ai pas vu au (imnland de kayaks montés par deux rameurs, sem-
blables à ceux en usage chez les Kskimos du nord-ouest de l'Amérique. Le pont de pareilles embarcation s est percé de deui trous — un pour chaque rameur — ou encore d'un seul, assez grand pour que deux rameurs puissent s'asseoir dos à dos. Le kayak est mis en mouvement à l'uide d'une double rame en bois. Soit pour augmenter sa résistance, soit pour l'embellir, elle est terminée par une garniture en os. Les lignes sont en peau de phoque ou de morse, les boutons en os ou en dents de ces mêmes animaux. L'ar-
Kajak grûnlandais.
mement est complété par un vêtement imperméable, fixé au pont du kayak ; le rameur ne l'endosse que dans les chasses dangereuses ou dans les longs voyages pendant lesquels le mauvais temps ou une grosse mer est à craindre.
L'Européen devient rarement un bon kayakman. Une longue pratique est nécessaire pour apprendre à ne pas faire chavirer ce canot. Presque toujours, les matelots européens qui vont au Gronland veulent faire un tour en kayak, et souvent des accidents ont failli leur arriver. Après plusieurs coups d'aviron donnés par un rameur inexpérimenté, le kayak chavire, et, si une grande embarcation ne se trouve pas dans le voisinage, prête à porter secours, l'homme est noyé. Un bon kayakman peut faire le saut périlleux
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SOUS Teau avec son enihaivation et difforenls oxercices gymnasliques du même fifenro. Los femmes ne vont pas en kayak ; mais (|uel(juefois, dit-on, un amoureux Iransporle sa bien-aimée à Iravers une étroite |)asse. Dans ee cas la fenmie s'agenouille derrière le rameur et lui passe les liras autour du eou. Si' deux kayaks se placent hord contre hord, Tentreprise est moins dangereuse. Moi-môme, en IS70, j'ai traversé <le cette manière un grand Lie situé sur la presqu'île» entre le Tasiusarsoak (»t l'IJc^éiUi. J'étais aîrenouillé derrière les rameurs sur tL»ux kavaks attachés ensem- Lie. A Port-Clarence, dans h» nord-ouest de* l'Amérique, les indigènes emploient souvent un kayak [)lus grand que celui des Gronlandais, à Lord duquel ils peuvent prendre un passager. Le passager s'éten<l au fond de l'embarcation, derrièn» le rameur; mais il court risque d'être asphyxié dans la cale, absolument étanche et remplie d'odeurs qui ne* sont pas précisément agréables. Nous qui ignorions ce mode ih transport, nous ne fûmes pas peu surpris de voii', un jour, (|uatre hommes ramer vers le navire et huit débarquer.
Le kayak grôniandais \w peut porter aucune cargaison. Pour effectuer des transports le long de la côte, les Eskimos emploient une autre espèce de canot en peau, Vmimiak. Les Tschuktschis ont appris des Kskimos l'art de construire cette dernière embarcation, et dans ce travail ils paraissent avoir acquis une plus grande habileté que dans la construction du kayak. L'oumiak est spacieux et léger. C'est luw embarcation à fond plat, non pontée, entièrement faite en peau, tendue sur une carcasse en bois assujettie par des courroies. Ses formes ne sont pas élégantes, et Ton ne saurait mieux la comparer qu'à une sébile plate ; mais elle est facile à manœuvrer et porte très bien une lourde cargaison. Pour ces raisons, les Européens emploient l'oumiak dans leurs voyages le long des côtes; beaucoup môme le prêtèrent à la baleinière, à cause de sa capacité. Ce bateau est ordinairement monté par un équipage féminin. Dans les longs voyages, deux kayaks escortent l'oumiak. En cas de gros temps, ils se placent tout près de lui et protègent ses flancs, qui sont trop légèrement construits pour résister aux grosses lames.
LE KAYAK. 59
Tous les Eskimos ne réussissent pas à acquérir l'adresse et l'assiette nécessaires à un bon kayakman. A la chasse, le rameur est souvent imprudent, et la mince couche de peau du canot est facilement percée par un glaçon. Par suite, des accidents arrivent souvent, surtout aux jeunes gens, toujours téméraires, au Grônland comme dans tout autre pays. Aussi, bien des mères ne permettentelles pas à leurs fils d'apprendre ce dangereux métier. Devenus hommes, ces enfants gâtés sont alors incapables d'aller à la chasse au phoque, et portent la peine de la tendresse maternelle, obligés qu'ils sont d'avoir recours à autrui pour se procurer des vivres. Les kayakmen vont souvent comme courriers le long de la côte d'une colonie à l'autre; dans leurs petites embarcations, ils parcourent de très longues distances en très peu de temps, quel que soit l'état de la mer, et sans aucun effort. D'après ce que j'ai entendu dire au Grônland, je suis persuadé que, si l'on organisait des régates dont le parcours fût long, le résultat avec de bons kayakmen serait aussi inattendu que celui de la course des patineurs lapons effectuée au printemps dernier*.
Les kayaks des Eskimos ont excité Tétonnement et la curiosité de la plupart des voyageurs*, et il est souvent question de ces embarcations dans les récits de voyage. Hall et Baffin les mentionnent dans les relations des voyages de Cunningham, de Lindenov et de Hall (1605 à 1612)^; plus tard, La Peyrèreen parle dans sa Relation du Groenland (Paris, 1647), rédigée d'après les renseignements
1 . On a inéme proposé d'introduire cette embarcation en Europt\ On peut consulter à ce sujet Touvrage intitulé : Forslag iil cl Kajakroercorps OpretteUe til Nylle for Krigeme i Almindelighed, fer Sôkrigerne i Sserdeleshed og maaskee ogsaa for Poslvœsenety par Henric Christopher Glahn. Copenhague, 1801 (Projet d'organisation d'un corps de rameurs en kayaks, destiné à servir en temps de guerre, notamment sur mer, et peut-être également au transport des dépêches.) En fait d'armes, les équipages devaient être munis d'une flèche, et les officiers d'une épé« qui, lorsqu'ils eussent été embarqués, aurait été placée derrière eux dans le kayak.
2. Les curieuses embarcations des Eskimos sont mentionnées, en termes plus ou moms vagues, dans Ziegler (1552), dans Olaus Magnus (1539) et dans N. Zeno (1558, d'après un manuscrit de la fin du quatorzième siècle). Olaûs Magnus vit en 1505 deux kayaks (navicuise coriariœ) suspendus au-dessus de la porte ouest de la cathédrale d'Oslo. La relation du voyage de Zeno, écrite par Marcolini et imprimée en 1558, contient la description la plus complète qui ait été faite jadis de ces canots.