‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 21 sur 111 · Mnllotus rillosm, (A*, fin trad · texte numérisé non relu

Mnllotus rillosm, (A*, fin trad

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LE KANGERDLUARSUK. 77

n'était pas précisément un bon marcheur, en exécutant une fantasia avec leurs harpons. Pour les récompenser de leur adresse, nous leur donnâmes du beurre, du biscuit de mer et autres friandises, enfin quelques petits verres. Assez imprudemment je remis une bouteille encore à moitié pleine à l'un des plus vaillants, en lui faisant signe de partager avec ses camarades. Notre compère, au lieu de suivre ma recommandation, rama en riant a l'écart et d'un trait avala tout le contenu. Je craignais d'abord que notre homme ne se fût complètement enivré et ne fût plus capable de calculer ses mouvements pour diriger son kayak. Je reconnus bientôt qu'il n'y avait aucun danger à redouter. Après cette libation, l'indigène en question n'était que plus joyeux et plus ardent à faire montre de son adresse comme harponneur, et il continua à ramer avec autant d'assurance qu'auparavant. S'il avait été à terre, il n'aurait certainement pas pu se tenir sur ses jambes. J'ai entendu raconter des faits analogues sur les Kirghiz des steppes de l'Asie centrale. Un de ces hardis cavaliers ne peut-il se tenir debout après de copieuses libations : une fois en selle, il ne tombe jamais.

L'extrémité du Kangerdluarsuk-Qord est entourée par trois hautes montagnes : l'Iviangusat (875") , le Nunasarnausak (764") et le Kitdlavat (1249") *. Cette dernière montagne est appelée, par les Danois, Redekammen, à cause de la ressemblance que son sommet, découpé en pics isolés, présente avec un peigne. Cari Giesecke gravit, accompagné du commerçant danois Sôren Graae, un des sommets méridionaux du Redekammen, le 16 août 1806. Pour y laisser trace de son passage, il y bâtit un ruhebank sur lequel il grava un C, Soixante-dix ans plus tard, ce même sommet a été gravi par Steenstrup et Korncrup ; à côté du C de Giesecke encore parfaitement conservé, ils tracèrent un K et une S ; enfin ils surmontèrent le ruhebank d'un cairn. Tous ces explorateurs ont été frappés par le grandiose panorama qui se déroule du sommet de cette montagne. Pour que le lecteur puisse juger du style de Giesecke, j'emprunte à son journal la description qu'il a faite de cette montagne :

i. D*après les mesures faites par MM. K.-J.-V. Stcenstioip et A. Korncrup au cours de l'exploration qu'ils ont exécutée dans ces parages. (MeddeleUer om Grônland, 2* partie, Copenhague, 1887.)

78 LA SKCOM)K EXPÉDITIO.N AL GUÔNLAM).

Lorsque j'étais au sonimot, sous l'influence d'un vent d'ouest il comnienra à neiger sur les montagnes et à pleuvoir dans les vallées. Les nuages passaient devant le soleil, et la neige tombait en même temps que le soleil luisait : ces effets de lumière ne peuvent se décrire, pas plus que la vue grandiose que nous embrassions. Nous apercevions Vinlandsis^ la mer couverte d'isbergs et ruisselant d'une lumière aveuglante, et les sombres précipices escarpés du Kangeitlluarsuk. En face de nous s'élevaient les murs blancs de granit du Kirkefjeld, crevassés de petiti* lacs d'mic eau laiteuse provenant de la fonte des neiges, et sillonnés de cascades formées par les émissaires de ces nappes d'eau. (Juelques-uns de ces ruisseaux sautaieot la falaise d'un bond ; d'autres dessinaient des astragales blanches sur la paroi rocheuse. Le lièvre blanc, le renard bleu, la perdrix et le grand hibou sont les seuls habitants de ces rochers arides. En descendant par la face méridionale du Redekamme, je passai, non sans peine, des rochers crevasser, des précipices; (inalement, après avoir suivi le chemin d'une cascade, j'arrivai à ma tente, fatigué et mouillé, à dix heures du soir. A mon retour, les Eskimos étaient occupés h manger un mélange de camarines, d'huile et d'intestins de lièvre, qu'ils n'avaient pris soin ni de cuire ni de laver; ils m'offrirent la viande de l'animal. Il ne faut point disputer des goûts*.

\. Gieseckes mineralogiske Reise i Grônland, Copenhague, 1878. p. 29.

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