‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 22 sur 111 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Ivigtut. — Tentatives d'exploitation minière au Groulund. — La cryolithc; historique de ce minéral. — Tentative infructueuse pour relâcher à Ëgedesminde. — Godhavn et Disko. — Le Waigat. — Mirages. — Hans Uendrik. — L*Âulaitsivik-ijord. — Arrivée dans le Tasiusarsoak. — Un journaliste gronlaudais.

Le 21 juin, de très «^rancl malin, nous revînmes à Julianehaab. Apres un dîner fort gai, donné en notre honneur par le gouverneur de la colonie, la Sofia leva Tancre, à sept heures du soir, à destination d'ivigtul. Cette localité est le siège d'une exploitation de cryolithe, située à cent milles au nord de Julianehaab. Nous devions embarquer, dans cet étiiblissement, du charbon et différents autres approvisionnements que les n.ivires de la compagnie minière avaient transportés là pour le raviUiillement de l'expédition. Pendant la nuit nous naviguâmes au milieu d'isbergs, tous plus beaux les uns que les autres; la mer était unie comme un miroir, l'air absolument calme et la température aussi élevée que celle d'une belle nuit de juin en Suéde. D'un point du chenal situé à environ trente milles de Julianehaab, nous aperçiimes Vinlandm. Elle apparaissait entre ' les montagnes comme un gigantesque mur rectiligne d'un bleu azuré; aucune crevasse n'était visible. « Il sera facile de marcher là-dessus, s'écria un de nos matelots. — Tu le verras quand tu y seras », répondit le Lapon Lars. Vinlandsis n'est visible (jue de quelques points de la côte occidentale du Grônland : aussi beaucoup d'Européens qui ont habité longtemps le pays ne l'ont-ils jamais vue et en ont-ils seulement entendu parler.

En naviguant à travers l'archipel côtier du Grônland, un géologue est frappé de la ressemblance qu'il présente avec le skàrgârd de Norvège. Au Grônland comme en Norvège, les montagnes du littoral

80 LA SKCONDH EXI'KDITION AT (iHÔNLAM).

sont conslilluîes par des {gneiss; iUxus les deux pays, elles sont éfralemcnt eflilces au sommet, arrondies à la base j)ar le passaj^e des glaces, et d(îeoupées par des vallées éti'oites et des Qords cjui pénètrent à une grande dislanee dans rintériem* des tern»s. La seule diflei'enee entre les deux pays, e'est que la cote du (ironland est complètement déboisée. Ici pourtant, la température est (|uel(|uefois en été assez élevée, plus élevée même (jue celb^ de certaines nuits (jue nous avons passées pendant la belle saison sur les cotes de la Norvège septentrionale. Pai' suite, l'aridité du (ironland doit être attribuét\ croyonsnous, à ce que les essences vivaces du Nord n'ont [)as encoiv eu le temps de se développer sur c(»tle terre. La |)résencc de nombreux isbergs nous rap[)elail, du reste, qu'au Gionlaïul dure encore une période géologique qui, depuis longtt»mps, a j»ris lin en Scandinavie; elle nous prémunissait également contre les conclusions prématurées que nous serions tentés de tirer de la température d'une belle journée. En tout cas, il est diflicile d'iiuli(|uer les causes (|ui empêchent cer- Uiines essences de pousser au (Jrônland et d'y former, dans les vallées abritées, des forêts toufTues comme» cell(»s de la Sibérie. Sur les rives de la Lena et de la (Ihalanga, exposées aux rigueui*s du climat sibérien, ces essences ii'avanc(Mit-elles |>as au delà du ?()• et du 71' degré de latitude nord, c'est-cWire à une latitude plus septentrionale que la [)res(ju'île Nuarsoak.

Sur un point du chenal entreJulianehaab et Ivigtut, un énorme isberg avait barré la passe étroite que nous devions suivre. En pareille ciiTonstance, (|ans ces parages dont l'hydrographie est inconnue, on n'hésite pas à passer au milieu des récifs, la sonde a la main et en redoublant d'attention; si l'on maivhe avec prudence, cette manœuvre est plus facile que ne le pensent les marins habitués à naviguer dans des mers dûment levées et balisées.

Le 22 juin, à onze heures du matin, la Sofia arriva à Ivigtut. Elle y mouilla seulement sur l'ancre de bâbord, par un fond de 90 brasses, (le dernier renseignement indi(|ue aux marins que ce port n'est pas très sur. Les mouillages aussi mauvais sont rares sur la côte du Grôniand. Mais ici l'emplacement du port a été choisi à cause du voisinage de la mine, (jui est exploitée depuis un ceiiiiin temps.

. AU CBUMAND.

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