Sorcieis. (N, du trafl
GODHAV.N. • 95
reposent les basaltes de l'ile Disko. Ici, comme autour de la plupart des auti'es établissements danois, s'étendent des rochers arides, couverts des reliefs de la pèche et de la chasse, cl semés d'immondices et de débris apportes par les hommes et les animaux. Des hauteurs voisines la vue s'étend, dans deux directions, sur la pleine mer, parsemée de nombreux isbcrgs plus beaux les uns que tes autres. Au nord, au contraire, le regard s'arrête sur de noires montagnes de basalte, sculplées de la manière la plus fantastique par
Vue pi-tse sur la côte de l'île Dîsku au pied du Skarfvcfjell.
[D'iprtiunilewiii.leTli. .Sordilriliii. 1S70.)
les agents atmosphériques : ici les falaises s'élèvent eu murs babyloniens, là elles se hérissent de colonnes, plus loin elles sont niellées de grottes, et toutes sont blanchies par une nappe de neige d'où s'écoulent, pendant le court été des régions arctiques, nombre de cours d'eau. Quelques-uns de ces torrents sautent d'un bond les escarpements, en traçant une parabole de cristal ; d'autres se précipilenl dans de profondes el étroites ci-evasses, au fond desquelles la masse écumanlc de l'eau se détache comme une plaque d'argent au milieu des noiiï rochers. Dans les vallons abrités entre ces murs de basalte, comme par exemple dans le Lyngmark, tout près de la colonie, un joli tapis de tleui-s et de verdure charme la vue du botaniste.
m h\ SKCO.NDE KXPÉDITIO.N Al IJKONLAML
Là également, le iniiiéralogislt* trouve de iR'au.v minéraux, la ehahasie, la levvne, la stilhite, Theulandite, etc. A (lix-neuf milles si l'ouest (le (lodhavn est situé (Kifak, où en 1870 j'ai découvert les célebivs hloi's de 1er natif (|ui ont fait Tobjet de si nombreuses discussions. Se ilirige-l-on, au contraiiv, vers Tesl, en suivant la côte, on arrive au Skarfveljell, le Stalîa du (irônland, peuplé de milliei^ d'oiseaux. Partout ce ne sont que piliei's, grottes et aixades taillés dans le basalte.
D'apivs le faciès des couches de basalte, au |KÛnt où elles se terminent sur le boixl de la mer, à (lodhavn, cette formation se serait étendue jadis iR'aucoup plus au sud, probablement jusqu'aux lies du Prince-Royal (Kronprinsens dar), situées à mi-chemin entre Godhavn et Egeilesminde. Si Ton veut évaluer le nombiv d'années qui a été nécessaiiv à ce grand travail d'érosion, en calculant le cube des blocs qui toml>ent chaqiie année de la falaise et celui des matériaux que les eaux y enlèvent |H)ur les dé|K)ser ensuite en mer, on airive à un chiflro de phisieui's millions d'années. Ce phénomène s'est accompli apivs la dernieiv partie de l'éiio^juc tertiaire, c'est-à-dire à un âge relativement rapproché de nous, géidogiquement parlant. Les essais qui sont faits )H)ur déterminer la longueur d*une période géologique en se servant de nos unités de temps habituelles, que cela soit des années ou des siècles, conduisent, comme on le voit, à des chiffR^ aussi grands que ceux que l'on obtient lorsqu'on évalue la distance d'une étoile en prenant |K)ur unité de longueur une mesure terrostiv.
Après avoir emban|ué du charlnm à l'approvisionnement que la Compagnie de commeix^e du Crôuland avait mis à ma disposition à Gocihavn, je lis lever l'ancro dans l'apros-midi du 28 juin. De (lodhavn la Sofia lit route à l'est, en longeant la côte méridionale de l'île Disko, juM[u'au détroit cpii sépaiv cette île du continent. Ce détroit porte encore aujourd'hui le nom de Waigat (le Trou du Vent), que les baleiniers hollandais lui ont donné autrefois. En I870« pendant plusieurs semaines j'avais navigué dans ce détroit, tantôt en baleinière, tantôt en oumiak. J'avais toujours été favorisé par un temps magiiilique et j'en avais conclu, |H.nit-étre à la lé|Fère. que ce nom n'était guèiv ju>tilié. Le Waigat |x>urrait être très