HISTORIQUE DES DÉCOUVERTES FAITES A ATANEKERDLUK
contenant des plantes fossiles tertiaires. Ces limonites se rencontrent à une hauteur de 250 mètres (gravure de la page 245, 1), en petites couches lenticulaires ou en rognons, dans des formations meubles, I les unes schisloïdes, les autres arénacées, toutes très friables. Une quantité de ces limonites, contenant des plantes fossiles, sont détachées de la montagne par le délitement de la roche encaissante, et recouvrent les pentes des falaises. Les empreintes sont particulièrement bien conservées sur la face délitée de la roche, où les plus fines nervures de la feuille sont très apparentes. La surface de la roche a une couleur d'un rouge sombre, tandis que les plans de cassure récents sont gris. Les premiers géologues qui ont exploré le gisement ont dû faire de magnifiques collections; ils n'avaient alors qu'à examiner les pierres éboulées pour trouver des fossiles. Aujourd'hui il n'en est plus ainsi, bien que la dénudation continue toujours. En faisant des fouilles, on met à jour des couches nouvelles, mais elles sont constituées par des roches très friables, et les plantes qu'elles contiennent n'ont pas le bel aspect de celles que l'on trouve dans les limonites détachées de la montagne par les agents naturels. Ces premières découvertes rendirent célèbre Atanekerdluk. Le premier volume de la Flora fumlu arctica (1868) de Heer contenait la description d'environ cent espèces nouvelles provenant de cette localité, la plupart recueillies par Rink et Olrik; en outre quelques Anglais y avaient fait d'importantes collections. Plusieurs des expéditions envoyées à la recherche de Franklin relâchèrent à Godhavn et visitèrent Atanekerdluk. C'est ainsi que les amiraux Mac Clintock et Inglefield, le lieutenant Colomb, le docteur Lyall en rapportèrent des plantes fossiles. 0. Torell recueillit également, lors de son voyage au Grônland en 1858, une petite collection d'empreintes de plantes. Le nombre des espèces déjà connues s'augmentîi considérablement à la suite du voyage de Whymper et de Brown en 1867, et de l'expédition do Nordenskiôld en 1870. Plus loin je parlerai d'une découverte faite alors par notre compatriote et qui donna une nouvelle célébrité à Atanekerdluk. En 1871 un des membres de l'expédition suédoise envoyée au Grônland pour rapporter les blocs de fer natif découverts par Nordenskiôld à Ovifak, le docteur G. Nauckhoff, acheta d'un habitant de Godhavn une
250 LA SECONDE EXPÉDITIdS Al! «ROM.ASH.
pelile PolltHiion de plantes fossiles lerliaires, 1res bien conseiTées, provenant vmisemhlablpmentd'Atanekei'dluk, Os empi'einles étaient incluses dans une iiiche différente de la limonitc et n'appartenaient ])as aux espèces signalées dans cette dernière roche. M. K.-J.-V. Sieensli-up a découvert plus tard que la couche tertiaire contenant ces fossiles se trouvait au-dessus de celle qui était déjà connue, à une
altitude de -tOO mètres (gravure de la page 245, II). Dans ce nouveau gisement comme dans l'ancien, ce naturaliste a l'ecueilli une collection considérable pendant son séjour de plusieurs années au Gronland. La dernière partie de la Flora fmsilis arctica de Heer donne la description de 145 espiV*s provenant de l'ancien gisement, et de 78 trouvées dans les couches su|>((rieures. 54 espèces seulement sont communes aux deux localités: actuellement on ne
Claoles fussilt^s lerlîaires il'Atanukerdliik. (D'3|i»4 lu Flora feêniu arclica.) •le Séquoia Lanijidorfii Elr»;ii. •|i. Ignui. n>l.|. — 3. Cixliga aéianMâtt
connaît donc pas moins de 187 espèces de plantes fossiles tertiaires provenant d'Atanekerdluk. Ne pouvant donner ici un tableau complet de cette flore, je me bornerai à indiquer les plantes intéressantes. Les empreintes de conifères, les plus abondantes, proviennent du cyprès aquatique d'Amérique, et d'un séquoia {S. Langsdorfii, fig. 1, 2, p. 251), très rapproché du redtcood d'Amérique. On en recueille, en outre, appartenant au Ginkgo adiantoïdes (fig. 5, p. 251), très voisin du Ginkgo biloba^ qui vit actuellement au Japon et en Chine, et à différentes espèces de cyprès, de pins et de genévriers. Les troncs d'arbres en place contenus dans ces couches appartiennent peut-être à des cyprès de marais qui croissaient dans l'eau à une assez grande distance des berges. En creusant le sol, Nordenskiôld a mis au jour des racines d'une souche dressée qui était carbonisée; j'en ai trouvé également une qui était creuse. Les empreintes de feuilles de tremble et de peuplier (fig. 4, page 251), très communes dans les limonites, se trouvent également dans les couches supérieures. De plus, on découvre des feuilles de saule, d'aune, de charme, de hêtre, de chatîiignier, de chêne de différentes espèces, dont quelques-unes à feuilles toujours vertes. Dans les limonites on recueille encore en grande quantité des empreintes de feuilles de Mac Clintockia (fig. 5, p. 251), parfaitement conservées jusque dans leurs plus petits détails, de platane, de noyer, et, dans la couche supérieure, des feuilles de laurier. Pour compléter cette nomenclature, il faut ajouter à celte liste des feuilles de bois d'ébène, de frêne, de lierre, de vigne (fig. 6, p. 251) et de magnolias. Whymper a rapjx)rté de l'île Disko de magnifiques exemplaires du fruit de ce dernier arbre, qui ressemble à une pomme de pin. Le Cocculites Kaniij qui n'est pas rare dans cette localité, avait de grandes feuilles semblables à du cuir. A cette énumération il fîiut encore ajouter le platane, l'aubépine, l'alisier, le Rhamnmy le Rhus, etc. Sur cette terre aujourd'hui glacée il y avait jadis une variété de plantes et d'arbres comme on n'en trouve actuellement qu'au Japon et dans le nord-est de l'Amérique.
Les lauriers, le Magnolia Inglefieldi, une espèce de Prunus, le Cocculites et plusieurs espèces de chênes llex étaient toujours cou-