‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 55 sur 111 · ENTREVUE DE ROSS AVEC LES ESKÏMOS · texte numérisé non relu

ENTREVUE DE ROSS AVEC LES ESKÏMOS

jus({u*uu sommet du mât. Ne croyaient-ils pas que les voiles étaient de grands morceaux de peau ! Nos visiteurs examinèrent ensuite une seconde fois le canot ; connue le charpentier avait laissé là ses instruments, nous leur montrâmes Tusage du marteau et des clous. A peine eurent-ils vu les clous, qu'ils nous en demandèrent quelques-uns, demande à laquelle nous nous empressâmes de satisfaire. Ils nous suivirent ensuite jusqu'à la muraille du navire, le long de laquelle était établi un escalier; nous leur montrâmes comment ils devaient Tescalader, mais tout d'abonl ils n'osèrent pas nous suivre. Enfm le plus âgé, qui semblait leur guide, se décida à grimper à l'échelle, et tous les autres montèrent à sa suite. Les merveilles qu'ils virent sur le pont excitèrent de nouveau leur ébahissement, et ils ne cessèrent de manifester par de bruyants éclats de rire leur étonnement de ce qu'ils voyaient.

Les indigènes exprimaient d'habitude leur surprise par les cris de hcighy yatv! S'ils apercevaient quelque objet particulièrement curieux à leurs yeux, ils poussaient plusieurs fois et très vite l'exclamation : hcigh! puis allongeaient les bras et se regardaient les uns les autres, bouche bée.

Ces Eskimos ne paraissaient connaître, en fait d'arbres, que des broussailles rampant sur le sol, dont la tige n'est guère plus épaisse qu'un doigt*. Ils ne pouvaient, par suite, se rendre compte du poids des bois qu'ils voyaient à bord. A plusieurs reprises, deux ou trois d'entre eux essayèrent de soulever les mâts de rechange couchés sur le pont: peut-être même pensaient-ils pouvoir les emporter avec eux. Lorsque les Eskimos eurent fait plus ample connaissance avec l'équipage, ils nous demandèrent de leur donner les objets qu'ils voyaient autour d'eux, comme le font du reste les sauvages. Tout ce qu'ils virent à bord excita au plus haut degré leur envie, sauf un petit terrier : ils ne jugeaient pas sans doute pareil animal apte à être attelé à un traîneau. Par contre, les indigènes manifestèrent la crainte la plus vive en voyant un porc des Shetlands aux oreilles pointues*. En entendant grogner l'animal, l'un d'eux se trouva mal et il ne fut rassuré que lorsqu'il quitta le navire.

Ross raconte plusieurs anecdotes qui prouvent que ces Eskimos n'avaient subi jusque-là aucune influence de la civilisation. Ils avaient encore la nîiïve ignorance des peuples qui n'ont pas eu de

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