‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 57 sur 111 · RENSEIGNEMENTS DE ROSS SUR LES BLOCS DE SOWALLICK · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS DE ROSS SUR LES BLOCS DE SOWALLICK

plusieurs gros dam ces parages ; Vun d'eux, plus dur que les antres, était enchâssé dans la montagne; les antres étaient épars sur le soL Avec une pierre les indigènes en détachent des fragments et ensuite les polissent et les arrondissent en morceaux de la grandeur d'une pièce de six pence. La localité où était situé ce gisement s'appelait Sowallick et était éloignée de vingt-cinq milles. Ross, ne pouvant y envoyer une reconnaissance, vu la distance et la mauvaise apparence du temps, offrit à Meigack une forte récompense s'il lui procurait quelques fragments de ce métal. L'indigène accepta et revint à boni le 14 dans l'après-midi, mais sans apporter de fer. Sur la promesse d'une nouvelle récompense, Meigack s'engagea une seconde fois h chercher un fragment de fer; mais il ajouta que le voyage serait long. Avant d'arriver à Sowallick, il était nécessaire de dormir deux fois en route. Le 15, dans l'après-midi, des indigènes vinrent à hord, mais aucun n'apporta non plus le fer promis. Ils n'avaient pu, disaient-ils, encore se le procurer, ayant dil d'abord aller chercher au nord les pierres nécessaires pour détacher du bloc des fragments de fer. Ils remirent à Ross un échantillon de ces roches*. Pour les punir de leur manque de parole, l'accès du navire leur fut interdit ce jour-là. Le 16, la banquise qui retenait les navires bloqués s'ouvrit; immédiatement Ross mit à la voile pour se diriger îiu nord-ouest. Depuis on n'a plus eu d'autres renseignements sur ces blocs de fer que ceux donnés par Ilans Henrik à Nordenskiôld (voyez p. 99) et par les indigènes d'Ivsugigsok à mes collègues et h moi- (voy. p. 301). Le D' Wollaston, auquel Ross avait remis un des couteaux des Eskimos, trouva dans ce fer 5 à 4 pour 100 de nickel, et lui attribua, par suite, une origine météorique.

Le 16 et le 17, les navires anglais continuèrent leur route au nordouest. Sur les rochers situés au nord-ouest du cap York, Ross fit une découverte également fort intéressante en signalant pour la pre-

i. Au retour (1er expédition, le D' M'Culloch détennina cette roche comme une « diabase porphyriquc », sans donner aucun renseignement sur sa composition. A Ivsugigsok j*ai trouvé une diabase très dure incluse dans le gneiss et poiphyrique en certains endroits. Probablement les indigènes employaient une roche de cette espèce pour détacher les fragments de fer. D'après l'analyse micmscopique faite par le D' A.-E. Tornebohm sur réchanlillon que j'ai rapporté, cette diabase aune composition particulière; ce géologue doit publier dans un autre recueil le résultat de ses recherches.

mière fois la belle teinte rosée qui colorait la neige accolée aux falaises. Des échantillons de cette neige rouge furent recueillis cl remis, au retour, aux naturalistes qui commençaient k rechercher les causes de cette coloration des névés. C'est la première fois que la neige rouge est signalée dans les régions polaires*. Pour rappeler celte découverte, Ross appela ces falaises Crimson Cliffs. La relation du voyage de Ross contient une planche coloriée de cette localité. La teinte de la neige y est certainement beaucoup trop vive. En 1850 Sutherhmd observa également sur les neiges de ces rochers la curieuse coloration signalée par Ross. «Depuis le mémorable voyage de 1818, écrit-il, les névés ont conservé la même teinte rouge. » Cette observation n'est pas exacte, car chaque année la coloration de la neige varie suivant que le développement des algues a été plus ou moins favorisé par les conditions météorologiques. D'après Kane (relation de l'expédition à la Terre de Grinnell en 1850), Ross a exagéré la couleur de la neige. Cette année-là, les névés avaient une teinte toute différente de celle qu'il observa en 1855, lorsqu'il revint dans celte localité. Lors de sa seconde visile, la neige rouge était visible à une distance de dix milles de terre. « Je comprends maintenant, écrit Kane dans la relation de son voyage, le nom poétique que sir John Ross a donné à cette localité. »

Ross, qui était Écossais, appela la région voisine du cap York les Highlands Arctiques {the Arctic Highlands)^ et les indigènes les Jlighlanders du Nord {the Arctic Ilighlanders). Il longea ensuite la côte jusqu'au 77** de lat. nord, en laissant de côté le Wolstenholme Sound et en passant à l'ouest des îles Cary. A bord des deux navires les vigies montées au sommet des mats avaient cru reconnaître que le détroit de Smith n'était qu'un golfe, et que le continent enveloppait complètement la mer deRaffin. L(;s glaces paraissant compactes, Ross résolut de battre en retraite. Les membres de l'expédition ne virent également dans le Jones Sound et le détroit de

1 . Voir à ce sujet le travail du professeur Wittroek : Oni snont och isent florOf dans les Studier och forskningary etc.

2. (( Probably, dit Sutherland, because with a true Uighland spirit, he thought them as much superior to their relations in a more southeni latitude, as the Highlanders are to the Lowlanders everywhere exc<^pt in Scotland. »

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