‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 7 sur 111 · MM · texte numérisé non relu

MM

R. Arpi, candidat en philosophie, né le 29 juin 1 855.

Le comte H.-F.-G. Strômfelt, candidat en philosophie, né le 9 mars 1861.

G. Flink, étudiant à l'École supérieure de Stockholm, né le 18 janvier 1849.

M. Flink était envoyé en Islande par M. Dickson pour en étudier la géologie et la minéralogie. Le comte Strômfelt et le candidat Arpi faisaient le voyage à leurs frais pour entreprendre, le premier des recherches botaniques et particulièrement algologiques, le second des études philologiques.

Au cours du voyage l'équipage de la Sofia s'augmenta de deux personnes. A Ivigtut un matelot norvégien que les mauvais traitements avaient déterminé à déserter d'un navire américain s'enrôla parmi nous pour pouvoir revenir dans son pays. Plus tard, à Frederiksdal, notre petite troupe s'adjoignit le pasteur J. Brodbeck. Ce missionnaire, qui avait découvert des ruines Scandinaves dans la partie méridionale de la côte

1. Matelot allant à la chasse des cétacés dans locéan Gluclal. (iV. du trad.)

orientale, accompagna l'expédilion dans sa croisière le long de celle côte, en qualité d'interprète. Enfin, dans plusieurs circonstances, nous embarquâmes, pour quelque temps, un personnel supplémentaire.

Avant notre départ, les prophéties de mauvais augure ne nous manquèrent pas. Un des maîtres de la Sofia refusa de s'embarquer, craignant, sans aucune raison du reste, que le navire ne pût résister à une tempête sur l'Océan. Plusieurs des marins danois qui connaissaient le mieux les mers du Gronland me conseillèrent de ne pas m'aventurer dans les parages dangereux de la côte orientale avec un navire construit seulement pour la navigation en hiver sur la Baltique. Enfin, deux des explorateurs arctiques les plus célèbres, habitués à la navigation dans ces mers, écrivirent à M. Dickson que l'expédition courait de grands risques avec un navire tel que la Sofia. Ces prédictions ne m'effrayèrent pas. Nous avons navigué autour du Gronland plus loin que tous nos prédécesseurs, nous avons atterri sur la côte orientale en nous frayant un passage à travers la barrière de glace qui bloque le littoral, entreprise qu'aucun explorateur n'avait réussie depuis dix siècles; la Sofi^ n'en rentra pas moins en Europe sans aucune avarie et avec son équipage au complet. Le malheur cependant nous frappa, mais d'une manière que nul ne pouvait prévoir. Au printemps de 1884 le pasteur Brodbeck périt, en retournant au Gronland, à bord d'un navire de la compagnie minière, VAlba, commandé par le capitaine Toxwierd, qui avait une grande expérience de ces mers. Dans la nuit du l**" au 2 avril, ce bâtiment se perdit sur la côte orientale des Shetlands : le capitaine et la majeure partie de l'équipage de VAWa furent novés.

AU

GRÔNLAND

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