‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 78 sur 111 · NAVIGATION SUR LA COTE ORIENTALE · texte numérisé non relu

NAVIGATION SUR LA COTE ORIENTALE

Eskimos auxquels j'ai demandé de me procurer un imrukitsok n'en avait vu. Je n'ai découvert non plus aucun os appartenant à cet oiseau ni dans les kjôkkenmôddings du Grônland, ni les emplacements de huttes indigènes où sont accumulés des débris de cuisine*.

Pendant toute la journée nous essayâmes de nous frayer un passage a travers les passes encombrées de glacés, et de louvoyer au milieu des vastes cAamps qui se trouvaient devant le cap Farewell. Ce ne fut que tard dans l'apres-midi que nous atteignîmes des eaux libres. Peu de temps après, l'obscurité nous obligea tan toi à meltre à la cape, tantôt à ne marcher qu'à vitesse réduite.

Nous avions à lutter dans ces parages non seulement contre les glaces, mais encore contre un violent courant contraire, et, pour doubler le champ de drifis, nous fûmes obligés à de longs détours dans la direction du sud et de l'est. La plus grande partie de la journée du lendemain fut employée à cette manœuvre. Par suite, le 1®' septembre, dans la matinée, nous n'avions pas encore atteint le 62* degré de latitude nord. Le temps était beau, clair et absolument calme. Au nord on apercevait le reflet d'un champ compact de drifis qui s'étendait loin en mer devant le glacier de Puisortok, si redouté des indigènes lorsqu'ils voyagent en oumiak dans ces parages. Au sud de ce champ la mer paraissait libre dans la direction de la côte. Du haut du mât la vigie ne signalait aucune glace du côté de terre; il semblait véritablement que la banquise, jusque-là très large, présentât à cet endroit une solution de continuité. Immédiatement je donnai l'ordre de gouverner vers terre. Après avoir navigué plusieurs heures dans cette direction, nous aperçûmes devant les falaises sombres du littoral une lisière de glace d'un beau bleu pâle. Cette banquise, qui pouvait avoir une largeur de six milles, étail assez compacte.

1 . Dans mes deux voyages au Grônland je me suis occupé de cette question. Il est, en effety très important pour Thistoire de la géographie de savoir si cet oiseau se trouve sur la partie de la côte orientale située en face de l'Islande : car si, comme Steenstrup le suppose avec raison, VAlca impennis n^est pas venu pondre en troupes nombreuses au Grônland durant les trois ou quatre derniers siècles, il est évident que Latra Clemens a visité Tei rc-Neuve et non le récif de Gunbjôrn, comme Bjôrn Johnson le rapporte à lort dans ses annales grônlandaises. {Soir Giônlands historUke Miridesmœrker, I, p. 125.) Une des relations qui mentionnent ce récif s'expliquerait alors d'une manière très simple.

ProhahUîineiU nous aurions pu traverser ces glaces sans de trop faraudes (lifliiMiltés, mais je ne voulus pas exposer l'expédition aux dangers que présente toujours pareille entreprise, cette partie du littoral n'élant pas habitée, d'après les renseignements donnés au pasteur Brodbeck par les indigènes, et étant, par suite, sans intérêt. Après avoir photographié les monfagnes de la côte, nous continuâmes notre roule pour essayer d'atterrir entre le 65' et le 64* degré de lalilude nord. Suivant les informations données par Timotheus Kujanangitsok, il y avait dans cetle région, sur les rives des grands Ijords d'Umanak et d'Ekallumiut, un grand nombre de ruines d'habitations des Kablunaks. Après avoir contourné le champ qui se trouvait devant le glacier de Puisortok et qui s'étendait en mer à une distance de vingt-cinq à trente milles, la Sofia continua sa route vers le nord en suivant Viskant. Notre marche était très lente, retardés que nous étions par les nombreux détours que nous devions faire en longeant Viskant, et par le violent courant portant au sud qui se faisait sentir dans la zone voisine de la c^te. Mais à peu de distan(re de terre on se trouvait subitement dans un courant portant au nord, dont les eaux avaient en certains endroits une température maxima de-f-6''- Au nord du 62'' degré de latitude, la banquise était si large (|ue je perdis presque l'espoir de pouvoir atterrir. Vers midi, ayant découvert une profonde échancrure qui paraissait s'étendre jus(|u'à la côte, nous fîmes route vers terre; cette fois encore, une mince bande de glace nous empêcha de débarquer. Dans cette région bî littoral présente un aspect nettement alpin, avec ses haut(\s montagnes noires dépouillées de neiges, séparées par des vaHées (|ue remplissent [)resque toutes des glaciers qui descendent jus(|u'au niveau de la mer. En suivant cette côte on n'aperçoit point rinlandsis, comme lonquon navif/ne le long de la câU occi^ dentale.

Les drift^s ((ui composaient la banquise étaient, presque tous, des débris (h^ gros blocs rongés par les eaux chaudes du Gulf-Stream et la chaleur estivale. Plus en avant dans lepackj il y avait des flaques de glace étendues, la plupart isolées par des canaux, quelques-unes seulement amoncelées les ufies au-dessus des autres. Çà et là entre les drifîs s'élevaient des isbergs. Ces montagnes de glace me parais-

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