La couronne vaut i fr. 40. {N. du trad
2. Lucas Jacobsôn Debes, Fœroœ et Fœroa reserata, dei er : Fœrôemia oc FœrOeshe Indbyggeris Bcsknfvehe, Kiôbenhafn, 1675, p. 140.
Les expressions manquent pour qualider le eourage dont certains habitants font p?'euve en allant capturer les oiseaux sur des rochers escarpés, hauts, en certains endroits, de plus de deux cents brasses. Tous les habitants des Ferô ne sont pas aptes à ce métier de dénicheur; seuls quelques hommes ont Tagilité nécessaire à un pareil exercice, et on leur donne le titre de fogelmàn (oiseleurs). Les fogehnân accomplissent leur périlleux travail de deux manières : tantôt ils partent du bas de la falaise et gravissent les murs verticaux des rochers, tantôt ils se laissent glisser le long de Tescarpement, attachés à une corde suspendue au sonunet de la montagne. Dans le premier cas, ils sont munis d'une perche longue de onze ou douze brasses, terminée par un crochet en fer. Cette perche, tixée à la ceinture du chasseur ou à une corde «pi'il porte autour du corps, est tenue par des hommes postés au pied de la montagne, soit sur la plage, soit en mer dans un canot. A Taide de cette galïe, ces hommes soutiennent le dénicheur pour lui permettre d'ath'indre les premières saillies sur lesquelles il peut prendre pied. Ils aident ensuite un second honune à monter. Lorsque les deux dénicheuis se sont établis sur un rocher, ils s'arment chacun d'un bâton, s'attachent l'un à l'autre par la ceinture à l'extrémité d'une longue coitle, puis conunencent l'ascension. Rencontrent-ils un rocher difficile à escalader, ils peuvent ainsi s'aider mutuellement; l'un soutient l'autre avec son bâton jusqu'à ce qu'il ait atteint une saillie plus élevée. Une fois là-haut, celui qui est en tète hisse son camarade à raid<' de la corde. Ces deux hommes continuent ainsi leur chemin jusqu'à ce qu'ils soient arrivés sur les rochers où les oiseaux ont leurs nids. Les gravisseurs doivent-ils contourner des rochers glissants, l'un d'eux se place dans un endroit commode, en se cramponnant solidement au rocher, pendant que son compagnon traverse le passage diflicile. Malgré ces précautions, l'homme tombe quelquefois; dans ce cas scm camarade le soutient par la corde et l'aide à remonter. Lorsque celui qui marche en tète a dépassé l'endroit dangereux, il s'accroche solidement à une pierre jusqu'à ce que l'autre l'ait rejoint. Les deux dénicheurs grimpent ainsi et vont chercher les oiseaux partout où ils espèrent faire bonne prise. Malheureusement, souvent l'un d'eux n'est pas assez solidement cranqionné ou assez fort pour résister au choc produit par la chute de son camarade : tous deux tombent et se tuent. Chaque année on a à déplorer de pareils accidents.
En certains endroits de la côte, l'escalade des falaises est impossible. Pour atteindre les nids placés sur ces parois, les dénicheurs montent au sommet de l'île par le chemin ordinaire, puis descendent le long des rochers, comme il est dit ci-après. Les dénicheui^s s'attachent autour de la ceinture une corde, longue de 80 à 100 brasses et épaisse de trois pouces.