‹ La seconde expédition suédoise au GrönlandChapitre 95 sur 111 · I.' 1870 a» Urôiil-ui't · texte numérisé non relu

I.' 1870 a» Urôiil-ui't

.. iUii|>|nirl6> |>ul' IVHH^itial:

rapide, mais encore très stable; habilement manœuvrée, elle lient bien la mer par le gros temps; de plus elle est légère, élégfinteet très judicieusement aménagée pour la capture des plus grands animaux marins — un homme peut la transporter sur de longues distances en la chargeant sur sa tête, comme le montre la gravure de la page 215. Aucune embarcation mue par un seul homnie n'est, par suite, supérieure au kayak.

Avant l'arrivée des Européens au Grônland, les engins de chasse et les ustensiles de ménage des Eskimos atteignaient déjà un degré de perfection absolue — tous les ethnographes sont d'accord sur ce point. Aucune amélioration n'aurait pu être apportée non seulement à leurs embarcations et à leurs armes, mais encore au moindre bouton et à la plus petite agrafe en bois. Tous ces objets ont en outre une forme élégante. Comme dans une épopée nationale, on a ici le produit du travail de plusieurs générations. Aucune peuplade arctique n'a un matériel aussi perfectionné; à mon avis, ce serait là une preuve que les Eskimos sont le plus ancien de tous les peuples établis dans les régions circompolaires.

Tous les ustensiles de ménage des Eskimos et toutes leurs tentes d'été sont établis pour ainsi dire sur le même modèle* ; ils ne modifient la construction de ces abris que lorsqu'ils peuvent se procui^ur par les Européens de la toile et des piquets en fer. Les habitations d'hiver sont au contraire différentes chez les Eskimos de l'Ouest et chez les Grônlandais; du moins elles l'étaient antérieurement à la fondation des colonies danoises, alors que ces indigènes n'avaient pas à leur disposition de marchandises européennes. Cranz donne la description suivante d'une habitation grônlandaise*.

Les maisons ont une laigeui* de deux brasses, une longueur de quatre à douze — cela dépend du nombre de leurs habitants, — et s'élèvent à hau-

1, Dans Tile Saint-Laurent j'ai vu des tentes d'été à peu près de la mi^nic forme que celles des indigènes de la côte orientale du Grônland reproduites dans rouvi'agc de Gniah. cl que Tabri du même genre des Kskimos de la côtt; occidentale de ce pays, figuré dans le livre de Cranz (pi. 111). Les tentes des Tschuktscbis, dont le Voyage de la Vega contient plusieurs dessins, ont une forme complètement différente.

2. Historié von Grônland, Barby, 1705, 1, p. 185. J'emprunte à cet auteur celte description, car la construction de toutes les babilations que j'ai vues portait des traces d'influence européenne.

Uame da k;iyak; jioiul

Hiigins di' diuss(> H do jH-clir dus Eskiii

au HiisC-E NonLiquc <lu Slvckhalin.)

Ifil LA SKi:O.MIK EXI'ÉIUTIUS AU (;ilO>LAS[).

Ifurd'IioiiiiiK'. Elk's ne sont \r,i$ nvusivs dans le sol, comme oii le ci-oit. mois, iiu coiilniirr. coiisIruiU's sur des {loints élevés, de préférence sur des pentes de inche». pour fiieiltlfr l'écoulement de l'eau provenant de la fonlc de la lU'iftt'. Les amrs mi\i eonsfmits avec de grandes pierres, placées à la distance d'une linisse I'uih^ de l'iuilre et w*[iaréea par des moUes de terre el de gazon. Sur ces murs les Eskimos placent une |>outrc dans le sens de la longueur: lorsqu'elle esl trop petite pour aller d'un liout à l'autre de l'babi-

IViiiiti's il<t liar|Hiiis <'l lit' Itt-rlii's l'ii us, ci: Ijois i-t «ii |iîvrn.'.

(Ilii|i|Kirirn'> |Kir l'i'kinmiliiHi «iii'iUiivi! ili- IHïO m Ordiilaiiil.)

talion, ils atlaclieiil [■nseriilili'. à l'aide de countiîcs. plusieurs pièces de l)i>is. et les sontienneut par des piliers. Sur cette |)outre maitresse s'ap- |)uient transvei-saleinent d'antres |>îéces de hois et une sorte de lattis recouvert de liroussailli's, puis d'une couclie de gazon et d'une troisième de tern>. Aussi liii)gteiiij>s tpie durent les ;;el(''es, ce toit résiste parfaitement; niiiis VvU' les jiluies le ilégradenl. el en anloinne il doit être réparé ainsi que les innrs. Les Kskiuios vivant des piiiduits de rOcéaii construisent toujours leurs lialûhilious sur le Iionl de l'eau, l'entrée tenrniT. du côté de la mer. I.H maison n'a ni porte, ni clieniinée. Ces deux ouvertures sont remplacées

Engins de i-hasse cl de pèche des Kskiiii

l'illoi'

LA SECONDK EXI'ÉllITION Al GUÔMASI».

luD^ rie (l(>ux ou trois bra^xcs, partiiiit du milieu de

|iiil' 1111 t:

la iiuiisoii ('[ bàli égaliiTiiciit on pti'iiv et en terre. A l'cnti-t'ic et ii la sortie, ce cimidor est si bas qu'on m; peut le traverser (ju'en raiiipaiit. Ce loii^ Iwtyau eiiipèc-lii' le vent et le l'niid <ie |)éiiétrcr dans l'iiiU'rïeur, el donne une issue à l'air vicié (les lampes ne ]ir(iduisent point de fumée). Des [waux hors d'usage, provenant de tentes el d'embarcations, et fixées aux murailles et au plafond n l'aide de clous formés de débris de côtes de phoque, protègent contre l'huniidité. Le long d'un mur. dans le sens de la longueur.

IJuultMUï l'ii US iluiil II! Ii-jiii-huiit csl l'ii l'cr. lta|>|iorli» |Nir riiijHHlilii»! iilnloi*!- i<c 1870 nu Gruul:iiii

«si établi tin lit de camp occupant la rnnilîé de la maison, élevé d'iuie denii-amie au-dessus du sol, et eouvert de |K'aux. Ce lit est divisé en ciunpartiments par des peaux tendues entre les piliers qui sonticnnent le toit. Dbaciin de ces luuijiai-tinienls est occupé par une famille, et chaque maison contient de quatre à dix familles. Les habitants dorment sur ce lit. Le jour ils y preiiiieiil également place; le mari s'assoit sur le boi-d. les jambes pendantes, et sa femme derrière lui, aefTon|>ie eouuue une Turque. La uiére de famille coud et prépare la nourriture, liuidis que son époux travaille. En face du lit, c'est-à-dire du côté de l'entrée, le mur est percé de fenêtres carrées ayant au pins une aune de superficie: les vitres de ces ouvertures sont remplacées par des peaux de boyaux de phoque et d'estomacs de soles; ces |>eaux laissent jiasseï' ta lumière et arrêtent com-

llainci^nns rn <is. altiicR en os, grjlloii-s rn os garnis d'une lamplli' Je fer. boulons pi iinrafi's l'n os.

458 LA SECONDE EXPÉDITION AU f.RÔNLAND.

plèlemcnl le vent et la neige. Sous la fenêtre, à Tîntérieur, est disposé un banc destiné aux étrangers en visite.

Au pied de chaque pilier est installé un foyer disposé de la manière suivante : sur un billot entouré de pierres plates est placé un trépied supportant la lampeS sous laquelle se trouve un récipient en bois ovale, destiné à recueillir Thuile qui s'en écoule. Ces lampes, alimentées de graisse ou de lard de phoque, dans lesquelles la mèche est remplacée par un morceau de mousse effdochée, sufiisent non seulement pour éclairer la pièce, mais encore pour la chauffer. Au-dessus de deux lampes de ce genre est suspendue, à Taide de quatre cordelettes, une marmite en pierre ollaire, longue d'une demi-aune, large d'un quart, qui a la forme d'une caisse oblongue. Les habitants cuisent tous leurs aliments dans ce chaudron, et font aussi sécher à ce foyer leurs vêtements mouillés, qu'ils phicent sur des bâtons disposés pour cet usage.

Conune dans chaque habitation il y a autant de foyers que de familles et à chaque foyer plusieurs lampes brûlant jour et nuit, les huttes des Eskimos sont très chaudes, néanmoins pas autant que nos maisons. Ces luminaires ne produisent ni fumée ni gaz désagréable et n'offrent aucun danger d'incendie. Toutefois, quand on n'est pas habitué à vivre dans ces habitations, on supporte dilTicilement l'odeur qui se dégage de ces lampes, de la viande souvent a moitié corrompue que Ton fait cuiire, et surtout du récipient rempli d'urine dans lequel les indigènes trempent les peaux qu'ils veulent assouplir pour les tanner ensuite. On ne sait ce que l'on doit le plus admirer, de l'esprit industrieux des Eskimos dans l'aménagement de leur étroite demeure, de leur ordre ou de leur contentement dans leur pauvreté : car ils se croient plus riches que nous.

Cranz affirme à tort que les huttes d'hiver des Grônlandais ne sont pas aussi chaudes que nos maisons. Lorsque toutes les lampes sont allumées et qu'un grand nombre de personnes se trouvent réunies dans une maison, la température y est si élevée que les habitants, hommes et femmes, doivent se dépouiller de leurs vêtements et même sortir de temps à autre pour respirer l'air frais. Les Européens qui séjournent dans une pareille hîibitation sont en outre obligés îi ces sorties par l'affreuse odeur qui se dégage du baquet rempli d'urine. Telle est la foR'e de l'habitude que les Eskimos i*es-

i. Celle lainpo, en pierre ollaire, est longue d*!in pied et a pivsqiie la forme d'une demi-luue.

lIAItlTATIONS HES ESKINIIS. iSS

pirent sans êti-e incommodés ccUe almosphère cmpcstûe l'I f|H'ils Iroment dësagréahle l'otleur des parfums européens. L'ne vieille femme à laquelle Lyon faisait respirer un flacon d'eau de lavande élernua comme si elle avnit eu le ne/ Imurit^ de tabac, et dn-lara l'odeur mamailpok (très désa^i'éable) .

Los huttes des Kskimos de TOuest auraient, d'apri's le doclenr

lliiltu <1'hiv(<i- irEsklniiiN.

Simpson, l'aspect (î^uré dans la gravure de la pajje suivante. Lorsqu'ils ne peuvent se procurer du bois, ils élèvent une construction ronde en forme de tente avec du gazon et des pierres, ou encore avec des peaux épaisses, comme l'ont fait, je crois, les indigt;nes de l'île Saint-Laurent. Les Kskimos de Winter Isiaiid et d'Igloolik construisent au contraire leuis huttes d'hiver avec des mottes de neige en forme de briques; dans ces abris les vitres des fenêtres sont-remplacées par des plaques de glace. Parry, lïall et nombre d'autres voyageurs décrivent minutieusement la construction de ces maisons. Leur « mobilier » se compose simplement d'un banc en neige établi ie long de la muraille, sur lequel les indigènes entassent du gravier, des broussailles, des rames, des montants de tente, des

44) I.A SRCO>DE ESPÉDITIO AU CRONLASD.

OS »Ic baleine, le tout iwoiivcrt de |M>înix de remie. Un pareil abri peiittftre édilié en peu de temps, |>in'louloù l'on trouve de la neige suflisammenl tassée, et il en coilte si pou de peine que, dans une halle au cours d'un de ses voyafrps on traîneau dans l'archipel polaire Américain, Mae Clinloek paya d'une aiguille la conslnictîon de charjuc maison dt^ neige dont il eut liesoin. 1^ hulted'hiver de Hall,

ITultc d'hivci' Ht's fMiiu» Af lï>ucsl.

^<in-illm.-ll. H<iniil|p<<-

qui mesurait un diaméti-e de près de trois mètres, fut bâtie en deux lu'iiies [)ar trois indifiênes, et (-'élait une maison très soignée'.

Conlraii'ement à ce que l'on pouiriiit eroire, il ne fait nullement froid dans ees huiles en neiffe. L'homni<- s'habitue rapidement à vivii> <lans un milieu dont la lem|H'-rature est voisine de zéro, el tous les Kurôpéeiis qui ont vi'h'.u dans ees abris ont vanlé leur confortjibli\ l,e frrand iiieonvénienl dont ils se plaignent est la chaleur qui

1. J.-K. .Voiirsf, ?iarratiee of Ihe tecond arctîr Expetlilinn by Charlet F. Hall. Cti oiivi-afiu coaliciit )ilii»ieui-s ]il.ins el ilrssins ili' maisons ili' nci);)!. 1^ liïiv de H.-W. Klulscliak, AU Eikimo unler ilen Eikimos, U'ipzig, ri plusieurs autres volumes retilil's i la pai'liit ronlrali^ lie r.iii'lii|ii'l |ial.iin' Aiiiéi'ii'uin l'i'jiri'niu'iii épuleiiient des docuioents de ce ^•('nre. l'enil.iiil un des hîvi-rs ifu'il ji;issii clicf les K^iklinni, Ikll avait une hutlr pn neige pour lui servir spé['iali-mi<nl de l>i Idiot lièq ne.

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