ACTE I i
Nous sommes de 1810. . compte...
LIRMAY.
A quoi bon? je ne compte pas!... Irai-je faire comme ces gens qui consultent Talmanach pour prendre la flanello au temps froid ? — Je me sens jeune^ je le suis... L'âge est pour les sots. Notre jeunesse est en nous^ mon cher.
ROLAND
Avec les rhumatismes.
LIRMAY.
Parle pour toi.
ROLAND
Oh t parce que j'ai quelques cheveux gris qui me vieillissent.
ROBERT
Il vous siéent bien.
ROLAND^ à Robert.
Tu m'ennuies 1 (A Lirmay.) Mais je ne me suis pas épuisé dans une vie orageuse^ moi ; je suis robuste^ et conservé comme...
ROBERT
Comme un homme vertueux.
ROLAND
Tu m'ennuies I...
LIRMAY.
Farceur... hypocrite! —J'en ai des nouvelles de ta vertu.
ROLAND, ge fôchant.
Voyons donc.
LIRMAY, à Robert.
Mon cher ! il faut que vous sachiez qu'il est en train d'écorner votre héritage.
ROBERT
Comment cela ?
ROLAND, àLirmay.
Tais-loi donc !
LIRMAY, à Roland.
• Ne rougis pas, mon jeune ami. (A Robert.) Oui, Robert, ce bon saint se rattrape de son temps d'abstinence... avec la plus jolie diablesse...
ROBERT
Vraiment, mon oncle ?
ROLAND
Va te promener.
LIRMAY.
Pourquoi t'en défendre ? Tu as passé ta vie sans rire, derrière un comptoir; les passions t'arrivent, paye ta dette à la vie. — La folie est une conscription, qui vous prend tard, quand elle ne vous a pas pris tôt. — Paye ta dette, réfractai re.
*R0BERT
Oui, payez vos dettes.
ROLAND, à Lirmay.
Oh ! toi, tu neTaspasétéréfractaire... tu as même gagné de fameux chevrons !
LIRMAY.
Moi, je suis remplaçant pour les jeunes qui s'exemptent.
ROLAND
Quel fou ! — Mais tu as bien besoin de parler de cela de vant lui...
ROBERT
Mon oncle, vous êtes garçon... je vous donne mon consentement.