‹ La seconde jeunesse: comédie en quatre actes et en proseChapitre 64 sur 88 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

ROBERT

Mais vous exagérez les choses... Ne vous fâchez pas !...

LIRMAY^ se calmant avec peine.

Ah ! tenez, Robert, ce langage est tellement étrange... que je ne veux pas le prendre au sérieux... Je vois ce qui se cache derrière ces misérables questions d'argent... A cela... je veux bien répondre... Je comprends comme vous la nécessité d'en finir avec cet égarement déplorable... Mais vous connaissez ma situation vis-à-vis de Renée...

ROBERT, flegmatiquement.

Ah I votre situation est difficile, je ne le nie pas.

LIRMAY.

Eh bienl je dois en sortiren galant homme... Vous venez me parler de vos droits, d'affaires d'argent... c'est une plaisanterie; que diable ! mon cher... vous n'allez pas me faire interdire 1... Vous savez bien que j'aime ceux que vous voulez défendre contre moi... Il me faut du temps pour cette rupture... je vous promets...

ROBERT

Ah ! cœur faible ! que de fois vous avez parlé ainsi. La vérité vous apparaît et vous reculez devant elle ! il en sera toujours de même... Vous aimez.

LIRMAY.

Eh, bien ! oui, j'aime ! laissez-moi m'habituer à cette horrible pensée d'une séparation... un jour viendra... où je pourrai... Non, non, je ne peux pas... je ne veux pas feindre un courage qui est au-dessus de mes forces!... mais ce que vous me demandez est impossible!... Jamais je n'y consentirai.

ROBERT, tranquillemenl.

Ah ! je conçois que la résignation est pénible et je vous

plains... Parbleu! on gaspille ses belles années^ mais quand vient la seconde jeunesse^ on réconomise.— £b! mon Dieu t je serai peut être comme vous un jour !.,. Dans ce cas-là... je me souhaite un gendre comme moi^qui remplisse^ comme moi^ un devoir rigoureux^ mais utile.

L IRMA Y, furieux.

Vous oseriei; ?

ROBBRT.

Il le faudra bien.

LIRMAY.

Robert... prenez garde à ce que vous allez faire î,..

R B £ R T , avfc fiegme.

Pardonnez-moi, mais j'y suis forcé... C'est un devoir... je vous jure que cela me désole^ ce n'est pas dans mon carae* tère. . . Est- ce étonnant que cela tombe sur moi ?. . . Mais Bnôn je le ferai... et vous m'en remercierez plus tard...

LIRMAY.

Ah ! c'est trop longtemps abuser de ma patience!... finissons...

R R £ R T;i sans s'émouvoir.

Gomme il vous plaira!., vous réfléchirez !

Page 1