SCÈNE VI
LIRMAY, MADAME DE LIRMAY.
MADAME DE LIRMAY.
Ah ! tu n'as pas idée de la joie d'Anna à la pensée que ^U viens à Rennes.
LIRMAY, dislraitement.
Vraiment?...
MADAME DE LIRMAY.
Dis donc... j'ai beaucoup réfléchi sur ce que tu m'as dit tout à l'heure... Est-ce que tu n'as pas quarante mille francs à toucher de ce procès?
LIRMAY.
Non, pas encore.
MADAME DE LIRMAY.
Hais ce monsieur Cbavart a été condamné.
LIRMAY.
Il peut en appeler et faire traîner l'affaire six mois... Roland m'a offert de me prêter ce qu'il me faut.
MADAME DE LIRMAY.
Oh ! alors nous partirons demain.
LIRMAY.
Non... Nous les rejoindrons... J'ai besoin de quelques jours... mais écoute... Tu sais que Roland, en sa qualité de banquier, ne procède qu'avec ordre quand il s'agit d'argent; je vais lui faire une reconnaissance; mais... pour la régu*larité, dit-il, il faut... ta signature.
MADAME DE LIRMAY, élonnée.
Ma signature!... A quoi bon?
LIRMAY.
Il est si timoré...
Mais il connaît toutes tes affaires... il n'a donc plus confiance en toi.
LIRMAY.
C'est une simple formalité.
MADAME DE LIRMAY.
Pour une somme si peu importante?... Voyons, mon ami... à qui te confieras-tu si tu te défies de moi?... Tu as fait quelque perte que tu veux me cacher... Pourquoi ne pas me le dire?
LIRMAY.
Tu t'exagères le mal. Il est vrai... que j'ai éprouvé quelques pertes; mais... si Roland demande des garanties... c'est que...