‹ La seconde jeunesse du roi HenriChapitre 14 sur 28 · L.\ SECONDE JEUNESSE · texte numérisé non relu

L.\ SECONDE JEUNESSE

a Oit alors que j'ai été prb d'un véritable désespoir et j que j'ai voulu me passer mon épée au travers du corps.

« La rencontre que j'ai faite d'un gentilhomme qui s’en j allait à Dijon porteur d'un ménage pour Votre Seigneurie j ma fait changer d'avis.

— Ah! dit Biron.

— C’était un gentilhomme du service de Mme Henriette d’Enlragues, duchesse de Verneuil, maîtresse du roi.

— Et il avait un message pour moi ?

— Oui, monseigneur.

— Et ce... message?

— Ce message, monseigneur, me donnait jusqu’à un certain point l’explication de toutes mes mésaventures, à commencer par celle de Sens et à finir par mes deux voyages inutiles à Fontainebleau et à Auxerre.

— Fouronne, dit Biron qui perdait patience, si tu ne t’expliques plus clairement, je te brise la tôle d'un coup de poing.

— Monseigneur, répondit le jeune gentilhomme avec sang-froid, le cavalier porteur du message est en bas. Il a voulu se faire annoncer.

— Et ce message, dis-tu, est de Mme Henriette?

— Vrai. #

— Alors, va chercher le messager.

M. de Fouronne sortit. Dix minutes après il revint avec le gentilhomme de Mme Henriette.

Celui-ci salua le maréchal et marcha droit à lui, sa lettre à la main.

En homme, prudent. M. de Fouronne s’était esquivé.

— Que peut donc avoir à ine «lire Mme Henriette ? pensait Biron en prenant le message des mains du gentilhomme.

Et il en brisa le cachet. Tout à coup le maréchal pâlit et il porta la main à son front.

Puis son visage s’empourpra, les veines de sou cou se gonflèrent, il murmura le mol : « J’étouffe! * et il tomba à la renverse, comme un bœuf assommé par la massue d'un boucher.

Le gentilhomme de Mme Henriette, épouvanté, s’élança en dehors pour appeler du secours.

Mais alors une jiorte s'ouvrit, une draperie se souleva et un homme entra, le sourire aux lèvres : c'était M. de Laffin qui murmurait :

— Je crois que mon heure est venue!...

Ce n'était certes point par hasard que Laffin entrait ainsi chez le maréchal au moment où celui-ci tombait comme foudroyé.

I.aflin ne faisait rien qui ne fût prémédité, et, comme on va le voir, il était an courant de la situation -bien avant que Biron eût vu arriver M. de Fouronne, le messager qu'il avait envoyé au roi et qui revenait sans réponse.

Laffin était, au temps de sa faveur, une manière de gou- , verneur au petit pied.

Pour obtenir une faveur du maréchal, il fallait commen- | cer par se rendre M. de Laflin favorable, et j>endant deux i années, la province de Bourgogne tout entière avait tremblé devant lui.

Le bruit de sa disgrâce avait été accueilli avec joie, arec enthousiasme même.

Pas un page* pas un valet qui n’eût battu des mains, pas un gentilhomme qui n’eùt attendu avec impatience le jour

où Laffin serait jugé et condamné par ordre Ju maréchal.

Quand on avait appris dans le palais que le misérable osait braver les regards de son ancien maître, ou s’était dit: « Le maréchal va le faire pendre ! •

U stupéfaction avait donc été générale quand on avait vu M. de I.affiu sortir tranquillement du cabinet de M. de Biron et traverser, la tête haute, les deux salles pleines de gentilshommes, de solliciteurs et de courtisans.

— Méfions-nous 1 avait dit un vieux seigneur plein d'expérience, qui avait vécu dans toutes les cours de l’Europe, depuis celle de Catherine de Médicis jusqu’à celle du roi Henri de Pologne. Un favori disgracié qui n’est pas mort rentrera en grâce tôt ou tard. Alors il se souviendra, et malheur & tous ceux qui l'avaient prématurément abandonné.

Cette opiuiou exprimée par le vieux seigneur fut bientôt partagée par la ville de Dijon tout entière, lorsqu'on vit M . de Laffin rentrer en sa maison de campagne et y tenir table ouverte.

— Je suis un peu en froid avec le maréchal, avait-il dit; mais c’est un nuage que dissipera le premier rayon de soleil. Au premier jour, nous ferons la paix.

Or, M. de Fouronne, qui était parti de Dijon pour Paria au moment où M. de Laflin était en pleine disgrâce et alors que le maréchal ne parlait rien moins que de le faire pendre, M. de Fourounc fut fort étonné, en passant sous les murs du palais de Laffin, de voir ses fenêtres ouvertes et d’entendre des éclats de rire dans les jardins.

Laffin était-il déjà pendu et le maréchal avait-il donné scs biens à quelque autre seigneur ?

Comipe M. de Fouronne s’adressait cette question, il s’entendit appeler par son nom et, lovant la tête, il aperçut Rénazé. à une fenêtre.

— Bonjour, Fouronne, reprit M. Rénazé d’un air protecteur, attendez donc, que je descende vous serrer la main.

M. de Fouronne, qu’accompagnail le gentilhomme porteur du billet d'Henriette d’Entragucs n’était nullement pressé de paraître aux yeux du maréchal.

Il revenait sans rapporter ce que Biron attendait avec tant d'impatience, et il savait combien le maréchal était emporté.

Chemin faisant, même, il avait cherché dans ses connaissances un homme qui le pût précéder au palais et préparer doucement à de mauvaises nouvelles l’irascible maréchal.

M . de Fouronne s'arrêta donc et fit signe au gentilhomme d'Henriette de l'imiter.

Rénazé descendit.

— Cher monsieur de Fouronne 1 dit-il.

— Bonjour, monsieur Rénazé.

Et M. de Fouronno paraissait avoir sur les lèvres un nom qu’il n’osait prononcer.

— Ah ! dit Rénazé, je vous devine.

— Plalt-il ?

— Vous pensez qu'en votre absence, il s’est passé peutêtre des choses fâcheuses pour M. de Laffin.

— Je n’osais vous le demander.

— Rassurez-vous. M. de I.aflin est ici, bien portant, de belle humeur, et il est probable que s'il avait eu maille à partir sérieusement avec le maréchal, il ne donnerait pas à déjeuner à quelques amis.

O disant, Rénazé fit signe à un valet qui portait fièrement les couleurs de Laflin, «l'ouvrir la grille, et prenant lui-même le cheval de M. de l-onronne par la bride, il ajouta :

— Entrez donc, cher ami, vous déjeum-rez avec nous.

»>U KOI HENRI

PLOMMOXD.

M. de Fouronne ne fit aucune résistance.

Outre qu'il trouvait utile de saluer un homme toujours en faveur, il pensait que M. de Laflin était de ben conseil et qu'il pourrait peut-être lui indiquer une manière adroite d’affronter la colère du maréchal.

M. de Laflin se promenait dans les jardins avec quelques seigneurs qui fi laient par avance sa rentrée en grâce

Il vint au devant de M. de Fouronne avec empressement 2t lui fit bon accueil.

M. de Fouronne ne se lit pas prier non plus pour accepter à déjeuner, et le gentilhomme porteur du message d’Henriette en lit autant.

line heure après, Laflin savait tout.

Il savait que M. de Fouronne n'avait pu trouver le roi et revenait, par conséquent, sans l’autorisation de mariage qu’il était allé chercher.

Il savait, en outre, que le roi était amoureux de Madeleine.

Chose bizarre! Laflin, en apprenant que Biron voulait épouser Madeleine, lui avait voué une haine mortelle.

La nouvelle que le roi courtisait celle pôUT qui il ressentait une passion féroce, le trouva presque indifférent.

— Eh bien ! mon cher Fouronne, dit-il, je vous engage à ne pas vous effrayer; si M. «le Biron commence par se fâcher contre vous, toute sa colère se tournera bientôt coulre le roi.

Et M. de Fouronne, trouvant que Laflin avait raison, se remit en route pour le paluis.

Alors Laflin demanda son manteau:

— Où allez-vous ? demanda de Fouronne*

— Chez le maréchal.

— Y songez -vous, maître?

—J’y songe tellement, répondit Laflin, que ce soir je suij le maître absolu des volontés du maréchal. L'heure de ma vengeance commence à sonner.

Et tandis que M. de Fouronne entrait par la grand'porle de la cour d’honneur, Laflin s'introduisait au palais et presque dans l’apparteiucnt de M. de Biron par un escalier dérobé et uu corridor dont il avait conservé la clef.

LU

Biron (Ha il tombé à la renverse, après avoir lu le billet de Mine Henriette.

Et Laffin était entré aussitôt.

Biron avait le cuu court, une nature sanguine et apoplectique.

Laflin le savait, et avant que le gentilhomme qui s'était précipité dehors pour demander du secours ne fût revenu, il avait tiré un petit outil de sa poche ci saigné le maréchal.

Biron rouvrit les yeux au bout de dix minutes et se trouva seul avec Laflin.

Reprcuant toute son autorité, Laflin avait renvoyé tout le monde.

— Monseigneur, dit-il, vous l'échappez belle : si j'étais arrivé deux minutes plus tard voua étiez un homme mort.

— Et je veux vivre! s’écria le maréchal, qui se redressa l’œil en feu, tandis que Laflin posait tranquillement un appareil sur son bras. Je veux vivre pour me venger!

— Je suis tout à fait do votre avis, monseigneur, dit humblement Laffin.

— Oh ! reprit Biron au comble de la fureur, co ne sera pas la première fous qu’on aura vu le roi croiser l’épée avec un de ses gentilshommes.

— Pluit-il? lit I.aflin.

— Je vais monter k cheval, poursuivit Biron.

— Bon I fit Lai lin.

— Le roi me doit sa couronne. . .

— Cela est vrai.

— L roi fait litière de mon honneur et il me doit une réparation par les armes.

Laflin se mit à rire :

— Vous êtes plein d'illusions, monseigneur, dit-il.

— Que veux-tu dire?

— Le roi est le roi.

— Après ?

— Si vous provoquez le roi en combat singulier...

— Il faudra bien qu’il me rende raison.

— Non pas : loroi trouvera que vous vous êtes rendu coupable du crime de lèse -majesté.

— Ah! par exemple!

— Il vous déférera au parlement, qui vous jugera et vous condamnera.

— Mort et damnation ! hurla Biron ; il faut pourtant que je me venge!

— Ces., lifficile, monseigneur.

— Il faut que je mesure mon épée avec celle de ce roi sans foi ni loi qui m‘a pris ma fiancée !

— il y a un moyen de le faire, monseigneur.

— Ah ! tu en conviens ?

— Oui, monseigneur.

— Mais parle donc!

— El de vous mesurer avec le roi, non plus en combat singulier, mais avec quarante mille hommes pour seconds ï

ltiron frissonna.

— Démon, dit-il, veux tu donc me tenter encore?

— Monseigneur, dit froidement Laflin, les hommes sont punis par où ils ont péché. Le duc de Savoie vous offrait la main de sa fille et une couronne...

— Tais-toi !

— . Vous l'a\ez refusée...

— Et si je l'acceptais? s’écria Biron au combln de la

fureur.

— Ce serait le premier acte de sagesse que vous feriez, monseigneur.

Cependant Biron luttait encore avec sa conscience, il était tombé dans un silence farouche .

Alors, I afïirf, ‘avec un art infernal, avec une éloquence âpre et vertigineuse, lui dépeignit le roi aux pieds de Madeleine, et Madeleine, éblouie par la majesté royale, acceptant l’amour du roi.

El tandis qu’il parlait, faisant valoir que le roi, selon ses habitudes de galanteries, donnerait nécessairement une promesse de mariage à Mlle d’Arcy, et que celle-ci, après avoir rêvé d’être maréchale, se voyait reine de France dans l’avenir; tandis qu’il allumait dans faine éperdue de Biron tous les enfers de la jalousie, le maréchal sc promenait è grands pas, comme une bête fauve dans sa cage, poussant des rugissements étouffés.

Tout ù coup Biron s’arrêta .

— Eh bien ! soit, dit-il, je inc vengerai.

— Vous serez roi ?

— Oui.

— Vous accepterez le main de la princesse de Savoie?

— Oui.

— Malheureusement, dit Laflin, vous vous décidez un peu tard, monseigneur.

I.afliu connaissait Bit on; il savait que los obstacles irritaient sa volonté.

— Vous pensez bien, monseigneur reprit Laffiu, que je suis prêt à monter à cheval.

Lu muge passa sur le front de Biron. Une seconde fois il hésita.

— Monseigneur, dit froidement l affin, croyez-moi, vous n’êtcs pas de taille à ceindre une couronne. Vous êtes un loyal et fidèle sujet du roi de France, capable de céder sa femme à son maître très-gracieux, par excès de dévouement et de courtoisie.

Cett# raillerie exaspéra Biron.

— Eh bien! s’écria-t-il, donne-moi une plume et tu verras !

Et Biron s'assit devant une table, et sa main fiévreuse commença à tracer une lettre, que Laffin lisait par-dessus son épaule.

— Quand on pense, se disail le misérable, qu’il croit écrire au duc de Savoie et qu'il signe lui-iuème son arrêt de mort .

Lin

Biron écrivait :

« Monseigneur le duc et mon bon cousfti,

« Laflin m’a communiqué votre lettre et clic a été pour moi le sujet de graves méditations.

• J’estime, monseigneur et cousin, que votre alliance est trop précieuse pour qu’on la puisse refuser, d’autant mieux que le roi de France poursuit le cours de ses ingratitudes et de scs félonies avec moi.

« Je vous adresse donc, avec la présent»», un homme que je charge de me remplacer auprès de vous eu toutes choses, trouvant par avance bien fait tout ce qui sera convenu entre vous.

« Votre affectionné cousin,

« BlâON. »

Laffin, regardant par-dessus l'épaule du duc, sentit son cœur battre et son sang circuler plus vite, quand le grand uom dt! Biron eut été apposé au bas de cet acte de trahison.

— Ali ! sire, dit-il, voilà que vous devenez véritablement grand.

— Tu m’appelles déjà sire? lit Biron avec un mouvement d’orgueil.

— Ne serez- vous pas roi de Bourgogne dans huit jours?

— Oh! huit jours!...

Laflin uvait aux lèvres un sourire qui acheva de griser le maréchal.

— On voit bien, dit-il, que vous ne comprenez pas votre popularité.

Ht il s'empressait, en parlant ainsi, île fermer la lettre avec un fil do soie sur la ganse duquel il versa de la cire qu’il avait approchée d’une bougie.

Biron le regardait faire et deux fois il allongea la main pour reprendre la lettre.

Mais l.aflin ne parut pas remarquer ce geste et il se hâta d’ajouter :

— Un beau royaume, ma foi ! et qui sera plus grand que la France, celui-là.

— Mats qu'il me faudra conquérir ville par ville , dit Biron.

— Vous avez bien conquis, vous tout seul, celui du Béarnais!

Biron eut un tressaillement de vaniteuse jactance et sa nature hautaine et vantarde étouffa un moment encore le cri de sa conscience.

— l.’est pourtant vrai, ce quo tu dis là, fit-il.

— Parbleu! dit l.aflin.

Et sans moi, coutinun le maréchal, il serait encore le

gentilhomme sans terres et le roitelet sans royaume que noua avons connu, puant l’ait et le fromage de chèvre, et sentant le bouc chaque fois qu’il avait chevauché un peu trop long, temps.

Aussi, ricana Laflin, comme il est dit que toute peine

mérite salaire, le roi Henri vous a réeomj>eusé en vous prenant votre liam ée.

El l.aflin protita du moment d’exaspération que cos paroles amenèrent pour sai>ir le cachet du duc et l’apposer sur la cire enflammée.

l.a lettre était scellée.

— Monta 5 cheval, s'écria Biron hors de lui, et ne t'arrête ni nuits ni jours.

Oui, sire ! dit Laffin.

Et U sortit avec précipitation.

Alors Biron murmura :

— Je me vengerai doue 1 Oh ! je me vengerai 1...

Et il prit sa tête à deux mains, et ferma les veux un instant, comme si b lumière du jour lui eut été importune.

Puis, soudain, une imago flotta dans mu» souvenir, indécise d’abord, puis j lus nette, une image do femme...

O Madeleine ! murmura-t-il.

Et quelques larmes coulèrent au travers de ses doigts crispés.

Alors il se leva et recommença à se promener à grands pas. Sombre, farouche, vomissant de temps à autre des torrents d'injures contre ce roi félon qui le trahissait et lui prenait sa fiancée à la veille «lu jour où il avait besoin de son épée.

Dans les salles voisines, les gentilshommes du maréchal entendaient vagueront tout ce tapage, tuais nul n’osait entrer.

Enfin Biron s’apaisiL

Comme tous les gens violents, il était sujet à «les réactions et une morne torpeur succédait à toutes ses colères.

Il fut donc pris alors d'une sorte d'anéantissement moral et physique, et de nouveau il se mil à pleurer comme un enfant.

Oh ! certes, en ce moment, il eût donné celte conronn«; qu’on lui offrait et renoncé à cette alliance avec In noble maison de Savoie qui lui était promise, pour un sourire de Madeleine .

El il la revoyait souriante, ingénue, baissant devant lui son front rougissant.

Et il se demandait s’il n’était pas le jouet de quelqim rêve horrible et si ce billet qu’il avait reçu n’était pas un mensonge.

Mais comment n’y pas croire?

U roi n’avait-il pas pris la fuite, pour ainsi diro, passé à Auxerre incognito, quand tout le monde le croyait à Fontainebleau ?

El ces gentilshommes qui avaient grisé M. do Fouronne il'étaient-ils pas aussi des gens du roi ?

Et pourtant, en dépit de tout cela, le doute commençait à pénétrer dans l’esprit de Biron.

Et avec le doute, le remords...

Et tout à coup, il eut un accès de repentir et s’écria :

— Eh bien ! si le roi m'a trahi, tant pis pour lui ! nuis moi... je ne le trahirai pas !

Et il frappa violcmmtuit sur un timbre.

Au bruit, M. de Fouronne entra.

— Quoii coure après Laffin ! s’écria Biron. Il ne peut encore avoir quitté Dijon. Qu'un mette au besoin «les gens à cheval et qu'on le rattrape!

M. de Fouronne ‘ortil; mais, à p«»ino était-il dehors que la porte secrète par laquelle Laflin était entré déjà se rouvrit et l.aflin reparut.

— Ali ! s’écria Biron, tu n’es pas parti !

— Non, rire .

— Ne m’appelle pas sire. Je ne veux pas de royaume, je suis le maréchal duc de Biron, cl je ne trahirai pas le roi de France 1

— Ma lettre, donne-moi ma lettre ! dit encore le maréchal.

— Pourquoi faire, monseigneur?

— Pour la jeter au feu.

— Je m'y attendais! murmura Laflin souriant.

— Mais donne «lonc !

— Trop tard, monseigneur.

— Que dis-tu?

— Lu lettre est partie, répondit froidement Laflin, et vous serez roi, monseigneur !

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