‹ La seconde jeunesse du roi HenriChapitre 16 sur 28 · DEUXIÈME PARTIS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIS

La trahison de L&ffiii

Six mois se sont écoulés.

L'heure des rendez- vous d'amour, des billets doux et des galantes aventures est passée.

Le coq gaulois a chanté, le clairon des batailles s'est fait entendre, et l’armée victorieuse du roi Henri, après avoir conquis en quelques semaines les plaines fertiles de la Bresse, jeté une garnison dans la ville de Bourg, emporté d'assaut et planté partout l'oriflamme, marche sur Chambéry, où le duc de Savoie commence à trembler.

Cependant, au boni de l’Isère, à l'entrée de ces gorges profondes qui défendent la Savoie, sentinelle avancée posée

sur le dernier pic des Aljtos, se dresse une citadelle qui défend le passage.

C'est Montineillan.

Les gens du duc couvrent ses remparts et ses tours.

Les gens du roi sont campes en bas.

Le roi est sous sa tente, entouré de scs officiers.

C’est bien le roi Henri des anciens jours, le roi qu’aimait Coriznnde, le roi que Gabriel le suivait au combat, le prince chevaleresque et de belle humeur qui donnait sur l'affût d‘un canon, comme son grand-oncle François I er , cl qui vidait un verre de vin des montagnes avant de sauter tn selle.

Il est là, en grosses bottes eperonnéos, en pourpoint de buffle, tète nue, soncasquc au cimier blanc près de lui.

Il s’est assis à califourchon sur lin escabeau devant un feu de bruyères et de bouses de vache, son épée sur ses genoux, à deux pas d'une table qui supporte son frugal repas.

Comme a Fontainebleau, comme au Louvre, le roi n'aime . ** à souper seul.

Aussi a-t-il convié ses ofliciers à partager dans sa vaisselle do campagne, avec des couteaux et des fourchettes à manche de corne, son souper composé de bœuf salé, de fromage do chèvre et «le vin clairet.

Chacun s’est assis.

— A table! messieurs, dit le roi. Demain nous donnerons l'assaut à la citadelle do Monlumillan. Four le moment, il faut nous refaire un peu de nus fatigues. N est-ce *pas, mon vieux d'Epernon? n’eat-ce pas. mon ami Sully? Et toi, Culaor, as-tu toujours hou appétit ?

— Oui, sire.

— A table donc, nies enfants, continue le roi, et à demain les affaires sérieuses, comme disait Cirac, qui était un assez bon vivant, nous dit 1* histoire.

— Sire, dit Galaor, Votre Majesté est do bien belle humeur, ce me semble.

— Je suis toujours ainsi la veille d’une bataille.

— Comme cette bataille est toujours une victoire, reprend le duc d’Epernon, la joie de Votre Majesté est toute naturelle.

— Maréchal, dit le roi en souriant, vous avez les traditions, les bonnes.

— Quelles traditions, sire?

— Celles de l'ancienne cour des Valois, mes frères ot cousins, ventre-saint-gris !

— - Comment cela, sire ?

— Vous savez par cœur votre code de la flatterie.

— I.c roi me raille, dit d’Epernon, vous en élus témoins, messieurs.

— C'est que le roi sait bien qu'il prendra Montmdllan demain, dit Galaor.

— Tu crois, mon mignon 7

— Pardieu ! sire.

— Messieurs, dit le roi eu riant, vous voyez ce Gascon? Kl» bien! 0 a une singulière idée.

— Ab ! ali ! fait le duc d’Epernon en clignant du l'œil.

— Il prétend qu'il me ressemble...

— Hum! grogne Sully, c'eut possible...

— Et il affirme qu'il est mon fils ?

Et Galaor de soupirer.

— Comme si tous les Gascons ne se ressemblaient pas, dit le roi, riant de plus belle.

— Sire, dit alors Galaor, si j'étais sdr d'être le (ils de Votre Majesté, jeu tirerais un grand profit aujourd'hui.

— Tout Immu! mon mignon.

— J'userais de mes privilèges et je ferais au roi une question.

— Suppose que tu es réellement mon (ils et fais ta questiou, mon mignon.

— Sire, j’ai l'honneur de m'asseoir ù la table de Votre Majesté depuis !•* commencement de la campagne.

— Hou! lit le roi.

— Sj nous sommes trois, jl y a quatre couverts; si nous sommes quatre, il y a cinq couverts, et ainsi de suite. Mais il y a toujours un couvert dé plus et un convive de moins, cl c’est là un mystère que je voudrais bien approfondir.

A ces paroles, le roi tressaillit et sou front se plissa légèrement; puis tout son visage exprima une mélancolie profonde.

Les convives du roi se regardaient avec inquiétude et trouvèrent (’.aiaor bien osé.

Galaor, lui, attendait avec calme lu réponse du roi ol le roi répondit :

— Ce couvert, mon mignon, est celui d’un convive que j’attends chaque jour.

— El qui ne vient jamais?

— Jamais, répéta le roi avec intonation.

— Il n’y a que les malades ou les morts qui n'acceptent pas d'invitation, continua Galaor, qui jouait consciencieusement son rôle d'enfant terrible.

— Celui-là n’est pas mort, dit le rot.

— Vraiment?

— Il n’est même pas malade...

El le roi soupira.

Galaor no fouillait plus mot, et les convives «le Henri de Bourbon gardaient un morne silence.

— Tu devines de qui je veux parler? continua le roi.

— Non, sire.

— C’est de mon hicit-aimé cousin, le maréchal de Biron, qui continue ù vivre loin de moi, quoique me suivant partout, qui »c trouve à inus côtés pendant la bataille, et qui se retire sous sa lente, où il soupe seul, après la victoire.

— Mais... sire...

— Ah ! mes enfants, «lit Henri, avec un redoublement «le mélancolie, les femmes nous font bien du mal ; si notre vie...

Chacun soupira, puisque le roi soupirail; mais il n'y eut «pie Galaor qui osa dire :

— Si elles nous font du mal, elles nons font du bien aussi, ce me semble.

— Je no dis pas non, reprit le roi.

— Et je ne vois pas en quoi Votre Majesté...

— Ce «Irôle-là, reprit le roi, «pii retrouva une («ointe «le sourire dans le coin de sa lèvre, il veut tout savoir.

— Dame! sire, fit Galaor, si je n’apprends rien étant jeune, devenu vœux, je ne saurai rien.

— Alors lu veux savoir pourquoi je fais mettre le couvert de Biron chaque jour, bien qu’il ne vienne jamais ?

— Oui, sire.

— Je vais te le dire, en ce cas, répondit le roi. C’est la faute de Nancy.

— Nancy est pourtant une fciume avisée.

— Je ne dis pas non.

— Et d'une grande sagesse.

— Oh ! lit le roi, c'e«t selon ; toujours est-il que c’est sa faute. Nancy m'a mis en tête, un jour, que, de par le monde, il y avait un brin de tille, jolie à croquer, qui se mourait d'amour pour moi.

Et le roi raconta fort naïvement l'aventure «lu château d'Arcy et sa «iéconvcnue lorsque la belle Madeleine lui eut dit que ce n’était pas lui qu'elle aimait, niais bien le maréchal de Biron.

Et le roi avoua ensuite comment il avait pris la chose et promis à Madeleine de tenir le poêle à son mariage.

— Mais, en vérité. dit Galaor. je ne vois point là ce qui a pu fâcher M. de Biron.

— Attends, mon mignon, dit le roi.

Et il raconta ensuite l'histoire du bouquet.

— Mais enfin, dit Galaor, elle n’est pas demeurée folle.

— Ah! non certes! huit jours après elle avait toute sa raison, grâce à Mérault, le médecin du maréchal.

— Alors, elle a pu dire?.,.

— Elle n'a rien dit du tout, car elle ne se souvenait de rien et ne pouvait se souvenir de rien, du reste, car rien n’était arrivé.

— Mais qui donc avait préparé le bouquet?'— Romance, par ordre de Mme Henriette, qui était jalouse et me Ta avoué depuis...

Kl

— Et le maréchal ?

— Le maréchal ne Ta point épousée.

— Pourquoi?

— Parce qu’il demeure persuadé que j'ai ébréché son honneur.

— Quelle folie î

— On m'a. mémo dit qu’il voulait se séparer de moi.

— Ah ! sire.

— Et s’en aller servir le duc de Savoie .

— C’est impossible ! dit Galaor.

Les officiers gardaient un morne silence.

— On est allé, poursuivit Henri, jusqu’à me dire qu’il nie trahissait.

— Qui, le maréchal?

— Oui.

— C’est faux, sire. J'étais à ses côtés au siège de Bourg, et il a fait vaillamment son devoir.

— Eh bien ! dit le roi, rends-moi un service, Calaor.

— Parlez, sire.

— Va l’inviter à souper de ma pari.

— Parbleu ! oui. dit Galuor, el quand je le devrais apporter sur mes épaules, il viendra!...

Et Galaor prit son manteau el son épée et sortit de la lente royale, tandis que les autres officiers du roi hochaient tristement la tête.

Le roi avait dit vrai : Biron boudait.

Il boudait, tout en faisant vaillamment, au moins jusqu’à présent, son métier de sujet et de soldat.

A la bataille, il était toujours au premier rang.

Le soir venu, il tournait le dos au roi et rentrait dans son campement .

Deux hommes seuls avaient le privilège de l’approcher et de vivre familièrement avec lui, Laflin el le page Klorimoml.

Quant à Héiinzé, on ne l’avait jamais revu, et Florimond ’ estimait qu'il était à la cour du duc de Savoie et qu'il y était choyé comme personnage de qualité.

Laflin ne prononçait jamais le nom dcHénazé devant Florimond .

Florimond ne demandait jamais île nouvelles de Hénn/.é à l.aflin.

Il était presque nuit lorsquo l’armée royalo était venue camper sous les murs de Montmeillan.

Le roi avait donné l’ordm qu’on se tint à distance respectueuse du canon des forts et qu’on prit toutes les précautions d’usage contre und sortie üps assiégés.

Mais Biron n’avait tenu compte de cet ordre.

Il était allé asseoir sa tente auprès du dernier fossé, à une demi-portée de canon, disant que si les Savoyards tiraient sur lui, ils le réjouiraient fort.

Le roi avait haussé les épaules de cette rodomontade.

Biron avait fait ses préparatifs de bivouac, puis il s’était mis à table, selon sa coutume, Avec Laflin et FlorimOml.

Florimond était bien toujours le page favori du maréchal, mais il n’était [mis dans ses secrets.

Devant lui Biron el Laffiii échangeaient bien quelques Aïoto à double entente, quelques signes mystérieux, mais c’était tout.

Ce soir-là, le maréchal avait soupe sans dire un mou

Cependant, de temps à autre; il regardait Laflin d’une façon expressive.

Alors Laflin so levait et quittait In lente sous prétexte de prendre l'air.

Buis il revenait, et Florimond saisissait au vol un signe de tète négatif que le favori faisait ù son soigneur et maître,

Alors Florimond finit par se dire :

— Il parait que je les gène.

Et il se leva

— Où vas-tu ? demanda brusquement le maréchal.

— Monseigneur, répondit Florimond, nous avons fait huit lieues ù cheval aujourd'hui.

— Eh bien?

— Je suis rompu comme si Votre Seigneurie avait daigné ine faire h&lonuer.

— Et tu as envie de dormir?

— Je meurs de sommeil, monseigneur.

— Eh bien! couche-toi dans ton iiiaiitcau et dors.

Florimond ne se le lit pas répéter.

Il alla s<‘ coucher dans un coin de la tente, et quelques minutes après, on entendit résonner uu rondement sonore.

Alors Laflin dit au duc :

— Bien cncoro!

— Tu as exploré le fossé?

— Oui, monseigneur.

— Tu n’as rien trouvé ?

— Bien.

— On a pourtant arboré ma bannière en haut de latente?

— Oui, monseigneur.

— C’est bizarre, dit le duc. La nuit est donc bien sombre?

— Oui. Mais pas assez pour que du haut des remparts, on ne puisse apercevoir votre bannière.

Co urne Laflin disait cela et que Biron fronçait le sourd, un bruit se lit entendre au-dessus de leur tête.

C’était comme le coup d’aile d'un oiseau de nuileffieiiraiil la tente.

Laflin se précipita nu dehors.

Feu après, F.oriinond, qui uc dormait pas, mais qui ronflait toujours, le nez dans son manteau, vit ladlin qui rentrait.

L'tffin avait à la main un ohjet qui u’était autre qu'une flèche.

Cette flèche, en tout semblable à celles des fameux arrliers anglais qui décidèrent du sort des trois journées de Poitiers, de Créry el d'Aziucourl, traversait un morceau de papier.

— Voilà ce que nous attendions, dit Laflin.

I.e duc s'empara de la flèche, arracha le morceau de pipicr, qui n’était autre qu'un billet, et lut :

« Nous avons parmi nous le fameux tireur d’arquebuse, et nous attendons que vous nous fassiez signe. Pour cela. Il vous suffit d’écrire les indications nécessaires sur un autre morceau de papier et de nous renvoyer la flèche que nous vous envoyons. »

Biron avait lu à mi-voix.

— Eh bien ! monseigneur? dit Laflin.

Du nuage passait en ce moment sur le front du maréchal.

— J’hésite encore, dit il.

t'n rire moqueur vint aux lèvres de Laflin:

— Cela ne m'étonne pas, dit -il ; le roi n’a pas de meilleur ami que ce pauvre maréchal de Biron.

Biron pâlit è ces paroles empreintes d’une sourde et sanglante ironie.

Laflin avait trouvé b* défaut de la cuirasse du cœur de Biron.

Quand il le raillait sur son attachement nu roi, Biron entrait en fureur.

— Tais-toi î s’écria le maréchal on frappant du pied, taistoi !

— Monseigneur, reprit Laffin de cette voix si fflanle et pleine d'ironie qui bouleversait Biron, il faudrait cependant savoir qui vous trahissez, et à qui vous êtes fidèle.

— Que veux-tu dire?

— Depuis le commencement do la campagne, le duc de Savtde ménage votre orgueil. Vous êtes avec lui, et il vous laisse batailler contre lui. La garnison de Roncy vous a presque ouvert les portes de la ville.

— Oh ! dit Biron, je n’avais pas besoin de cela pour y entrer l’épéo haute.

— Le due, poursuivit Laffin, ne veut pas que vous passiez à lui en plein jour et en plein soleil, il ménage vos susceptibilités, et il vous laisse tailler en pièces quelques-uns de ses soldats.

Biron écumait.

— Mais enfin, l’heure de tenir les promesses de votre lettre est venue, monseigneur.

— Ah ! fil le maréchal d'une voix rauque.

— Que vous deinandc-l-on? Presque rien. Il vous suffira de monter à l’assaut, en compagnie du roi, et «te vous placer à sa gauche. Le roi porte toujours un cimier blanc; mais vous aussi, monseigneur, et quelque bons yeux qu’ait le tireur d’arbalète, cet homme merveilleux qu'on a arraché à prix d’or à ses montagnes du Tyrol, il lui sera difficile de distinguer, à deux cents pieds de distance, quel est, de ees «leux chevaliers à visière baissée, celui sur lequel il doit tirer.

— Mais enfin, s’écria le duc, que venx-tu de moi ?

— L’exécution de votre promesse.

— Quelle est-elle?

— Ile porter demain un cimier rouge.

— Mais ...

— Songez donc, monseigneur, poursuivit laffin combien cela simplifie les choses. Le roi est tué en montant à l'assaut.

— Fort bien, dit le «Inc.

— Personne 11e songera A accuser Votre Seigneurie de ce malheur. L'armée française, découragée, regagne scs campements en désordre. Vous la ralliez.

— Après? après?

Et la voix de Byron était rauque comme s’il eût eu des charbons ardents dans la gorge.

— Le roi mort, c'est vous qui prenez le commandement; le duc yous fait offrir une paix honorable, vous l’acceptez, et...

l<afTin s'arrêta.

— Et puis? lit Biron dont le front était livide.

— Et puis, non-seulement vous êtes veugé, mais encore vous devenez le gendre du duc, et vous posez une couronne sur sa tête.

— Démon ! s’écria Biron, fais ce que tu voudras.

— A la bonne heure ! monseigneur, voilà que vous devenez raisonnable.

— taris ce qu'il te plaira...

— Oli ! pas moi, monseigneur. *

— Pourquoi donc ?

— Parce que le duc, que tout le monde, dans l’armée française, croit & Chambéry, et qui est dans les murs de Montmcillan, le duc, dis-je, ne se lie qu’à foire écriture.

— El si je ne veux pas écrire, moi ?

— C’est que vous aurez peur, monseigneur.

Ce dernier sarcasme exaspéra Biron.

— Donne-moi donc une plume, dit-il, et tu verras.

El Biron écrivit sur le dos de ce parchemin tout à l’heure attaché à lu flèche :

« J’aurai tut cimier rouge et une cuirasse avec un soleil d’or sur la poitrine. Je me tiendrai constamment à la gauche de celui que vous savez. »

— Signez, monseigneur, dit encore taffin.

— C'est peut-être ma tèie que tu me demandes, dit-il.

— Pour placer dessus une couronne, monseigneur.

Biron signa.

Alors Laffin souleva une draperie qui, dans la tente du maréchal, recouvrait ses armes; et il prit dans le trophée un arc gigantesque.

Puis il passa la flèche au travers du parchemin et sortit de la tente.

Biron s’était assis devant la table, et, la tête dans ses mains, il paraissait anéanti.

Flnrimond n'avait perdu, tout en feignant de dormir, ni un geste, ni un mol de cette étrange scène :

— Oh ! oh ! se dit-il, mais il me semble que le roi de France court un assez joli danger en ce moment. Avant d’être au duc, je suis au roi. comment donc le sauver?

Et comme Biron était complètement absorbé, Florimond se traiua en rampant jusqu'à la porte de la tente et se glissa eu dehors.

La nuit était sombre, les soldats étaient sous leur tente. On n’entendait retentir que les pas mesurés et lourds des son linelles dans les tranchées; on n’apercevait, en levant les yeux, que les créneaux et lès remparts de la citadelle qui se découpait en noir sur le ciel.

Il n’y avait pas une minute que I.aflin était sorti.

Florimond, obéissant à un mystérieux instinct, prit, une fois hors de la tente, le même chemin que lui.

Laffin marchait vers le pied des remparts.

Florimond, glissant comme une ombre, le suivait à distance.

A un certain moment, Laffin se retourna.

Florimond se jeta à plat ventre et Laffin ne l'aperçut point ; mais Florimond avait de bons yeux, et malgré l’obscurité de la nuit, il vit fort distinctement ce que faisait taffin.

Laflin faisait une chose étrange :

Il lirait un parchemin de sa poche, et enlevant celui que la flèche traversait, il le mettait a sa place.

— Celte fois-ci, murmura Florimond, je ne comprends plus rien du tout.

Celle opération terminée, Laffin banda l’arc, posa la flèche dessus, s'ajiprocha encore plus près du rempart, et Florimond entendit un sifflement dans les airs.

C’était la flèche qui retournait à la citadelle.

— Je veux être pendu, murmura Florimoud, si je 'comprends quoi que soit à la conduite de mons taffin. Qui trahit-il? Est-ce le roi? est-ce le duc?

Il n’y avait qu'une chose claire pour Florimond, c’est que les assiégés avaient parmi eux un tireur d’arbalète tyrolien qui avait un merveilleux coup «l’œil.

tal homme avait pour mission de viser le capitaine qui monterait à l'assaut en même temps que le maréchal, lequel, pour sc faire reconnaître, aurait un cimier rouge à son casque.

Et Florimond, qui s’en retournait à pas de loup, sc disait ;

nr ROI HENRI

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