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I.e maréchal se retrouva dans les ténèbres

— laflin! Laflin! ré|H -i ta-t-il.

II v>>ulnt se lever; la l»r|«Mir qui l’étreignait b tint doué sur son lit.

Il essaya d« criée, sa langue se trouva paralysée tout à

coup...

El le maréchal s'endormit, vaincu par les fumées de l’ivresse.

Il faillit grand soleil quand Biron rouvrit les yeux.

Galaor fourbissait son épée, nettoyait ses cuissards et époussetait la poussière «le son pourpoint.

— Ah ! monseigneur, dit-il, vous avez dormi sous le chaume aussi Iden qu'un roi sous les lambris dorés «lu Louvre.

Et vous aussi, ami (îalaor, dit le maréchal.

— Oh ! moi, monseigneur, je dors partout, achevai, comme roulé dans mou manteau, sur la terre nue.

— Et vous avez le sommeil dur, ami (îalaor.

— Moi, monseigneur?

— Vous.

— Oh ! par exemple ! un rien me réveilli*. Le vol «l'une mouche...

— Vous lie m'avez donc pas entendu celte nuit?

— Non. monseigneur.

— Vous n'avez vu personne entrer ici ?

— Il aurait fallu pour cela qu'on me passât sur le corps, car j'étais couché en travers de la j*orfe.

— C'est bizarre! murmura Biron.

— Vais quoi «jonc, monseigneur?

— I n homme est entré ici.

— Ali!

— Il m’a parlé.

— Monseigneur. ..

— Ol homme, je l'ai reconnu.

— Et c’était?

— C’était...

Biron hésita.

— C'était uu «le mes amis que je n'ai pas vu depuis longtemps, et qui m'a douné un bon conseil.

I.'hôte et sa femme, en entendant Biron, se regardaient avec un naïf étonnement.

— Monseigneur, dit (îalaor, le vin «|ue noms avons bu hier soir est excellent, mais il casse un peu la tête. Vous aurez eu le cauchemar... vous avez rêvé...

— Vous croyez? dit Biron.

Ht il ne souffla plus mot.

Un quart d'heure après, il était en selle, et se disait in pt‘lto ï

— Oue j’aio rêvé ou non, que j'aie vu Laflin en chair et en os ou son fantôme, le « onseiJ est bon... U est certain que le roi n'a la preuve de rien, et que ce serait folie que «le la lui «lonner.

Au bout de la forêt le dressaient les murs cl les tours «b* la petite ville de Pont-aur- Yonne, b dernière place fortifiée, de ce côté-là, du gouvernement de Bourgogne.

Bannifrf fleurdelisée, écartelée des ormes de Biron, flottait sur la plus haute tour.

— Je suis encore chez moi ici, pensait le maréchal, poursuivi i«ar le souveuir «le sa visiou nocturne; il est temps encore «le rétrograder.

f.alaor devina sans doute ce qui »e passait dans làme du maréchal, car il lui dit :

— Monseigneur, songez à ce que vous aTez promis à mademoiselle d’Arcy.

Et le nom de Madeleine erra une fois encore 6ur les lèvres «le Biron.

Comme ils n étaient plus qu'à cent pas, Biron se tourna à demi sur sa selle et dit brusquement :

— J’avais placé là un «le mes amis un homnrn dévoué, le sire «le Belleroche. N. de Sully l’aura déplacé sans doute.

— Je ne sais pas, «lit Galaor.

Mais alors retentit un bruit de clairons et de fanfares, la porte principale de la ville s'ouvrit, et le maréchal, étonné, vit une centaine d'hommes à cheval qui sortirent ou tumulte cl vinrent à sa rencontre.

Biron jeta un cri d'étonnement joyeux.

A la tète de ces cavaliers marchait un gentilhomme, qu'il reconnut.

C'était le sire «to Belleroche!

Il chevauchait le premier, à dix pas en avant, comme il convient à un homme investi du commandement.

El quand il hit auprès du maréchal, il mil pied à terre ot le vint salu«?r.

— Belleroche! s'écria Biron. Tu es doue encore gouverneur de Pont -sur- Yonne?

— Oui, monseigneur.

— Sully ne l'a donc |«as remplacé ?

— Ah! «lame I il ne demandait pas mieux.

El Belleroche eut un rire insolent qui fit tressaillir Galaor.

Ce Belleroche «Hait un soudard de basse extraction qui devait sa fortune au maréchal et ne reconnaissait d autre autorité que la sienne.

— Ma foi! monseigneur, reprit-il, j'étais prévenu. Quand M. «le Sully est arrivé avec une suite peu nombreuse, il a trouvé les portes fermées et les canons pointés. Il m’a sommé «le lui ouvrir les portes uu nom du roi.

1)U KOI HENRI

— El qu'as-lu répondu?

— Que je tenais celle place pour vous et non pour le roi.

— Ah ! ali 1 lit Biron, dont le vieil orgueil >e réveilla. U M. de Sully, qu'a-l-il dit alors?

— Il m’a fail dire que je serai pendu.

— Vraiment?

— A quoi j'ai répondu que je voulais avoir une corde neuve, mais qu’en attendant, je lui donnais le conseil de s’en aller au plus vile, car je l'allais saluer à coups de couleuvrine.

— El il s’en est allé ?

— Il courl encore, dit Belleroche avec un accent de matamore.

Biron se disait :

— J’ai pris peur Irop vile. Avec deux cents hommes comme celui-D, je prendrais Paris d’assaut.

El l’orgueil île Biron lui monta de nouveau à la tète comme les fumées de l’ivresse.

— lié ! Belleroche, dit-il, sais-tu où je vais?

— A Fontainebleau, monseigneur.

— Ah ! tu le sais?

Belleroche se hissa sur la poiute des pieds, approcha ses lèvres de l’oreille du maréchal et lui dit tout bas :

— Monseigneur, je vous amène une escorte. Nous vous ferons bonne conduile jusqu'à Fontainebleau et nous n’tu repartirons qu'avec vous.

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