‹ La seconde jeunesse du roi HenriChapitre 23 sur 28 · I.’œil de Biron jeta des éclairs · texte numérisé non relu

I.’œil de Biron jeta des éclairs

— Surtout, jlit Belleroche, n'avouez pas- Biron tressaillit.

— I.c roi n’a pas de preuves... et puis, qui sait? ajouta le Soudan! d'une voix si faible qu’on eût dit on souffle du vent dans les bois, qui sait si vous ne serez pas roi quelque jour ?

Üalaor, à deux pasdedistance.n’enlemlil pas ce que Belleroche disait à Biron . Mais il le devina.

— Ah ! pensa-t-il en soupirant, je sais bien que tout ce que j’ai fait pour sauver M. de Biron est en pure perte; cet homme est fou d’orgueil...

A partir de ce moment, Üalaor n'essaya plu* de ramener le maréchal à d’autres sentiments.

Biron avait retrouvé sa jactance et il parlait (ont haut de scs mérites.

— J'ai bien le temps, disait-il, d’aller confondre mes ennemis auprès du roi, et le roi m'attendra ! je veux tue montrer au populaire de ma bonne ville de Pont-sur-Yonne.

Et Hiron entra dans la ville, saluant d’un geste royal les dames à leur balcon et les bourgeois entassés sur le seuil des portes.

Il voulut déjeuner chez le seul gouverneur qui lui était resté fidèle; il but, d'un ton moqueur, à la santé du vieux Sully à qui les coule uvrines de Pont-sur- Yonne donnaient la colique, et pendant qu’il déjeunait, des gens à cheval entraient un à un dans la ville et venaient grossir cette escorte que lui avait promise Belleroche.

Le maréchal buvait, racontait ses campagnes et prouvait à qui voulait l’entendre que si le roi était roi, c’est que lui, Biron, l'avait bien voulu.

Il vint un moment où üalaor eut pitié de cette pauvre cervelle.

Et comme le maréchal se levait de table, il l'entraîna à l'écart dans un coin de la salle et lui dit :

— Monseigneur, ces gens-là vous perdent .

— Pluil-il? fit Biron.

— Je suis un honnête homme, poursuivit Üalaor, et au risque de perdre à jamais lu faveur du roi, je vous vais donner un bon conseil.

— Ah ! ali ! ricana le maréchal.

— lien est temps encore, monseigneur, dit tout busüalaor, si vous ne devez pas vous amender, vous auriez tort d’aller à Fontainebleau.

— Vraiment?

— Montes à cheval, piquez des deux vers Dijon, et galopez encore, jusqu’à ce que vous soyez hors des terres de France.

Biron haussa les épaules.

— Songez au comte d’Easex! continua Galaor d'une voix suppliante.

— Bah ! dit Biron, ivre d'orgueil, la lèlc d'un homme qui a mis le Béarnais sur le trône est plus solide que celle de cet imbécile !

M. Biron se tournant vers les gentilshommes :

— A cheval, messieurs, dit-il, le roi nous attend!

— El le bourreau après le roi, pensa üalaor qui essuya furtivement une larme.

Le roi était dans son cabinet, avec M. de SuUy, M. d'Épernon et la reine .

Le roi était sombre, taciturne, et ne répondait pas à la question que M. de Sully avait faite trois fois déjà et qui était celle-ci :

— Que compte faire Votre Majesté?

Enfin le roi releva la tète et dit •

— Attendons le retour de üalaor.

La reine secoua la tète :

— Sire, dit-elle, M. üalaor reviendra seul.

— Qui sait ? fit le roi.

— Je suis de l'avis de Sa Majesté la reine, reprit Sully.

— Ali ! dit le roi.

Et il attacha un froid regard sur son ministre.

— M. deBirou ue viendra pas, répéta Sully avec conviction. — Je suis sûr qu’il viendra, moi.

Puis, se tournant vers d’Épernon :

— Qu’en pensez-vous, maréchal ?

D’Epernou baissa la tète et nerépoudit pas.

Alors le roi se leva et se mit à se promener d'un pas inégal et brusque.

Puis, s'arrêtant tout à coup :

— Bien de tout cela n'est prouvé, dit-il.

— Quelle preuve désire donc Votre Majesté? demanda Sully d une voix ironique-.

— Oh! je sais bien, reprit. Henri de Bourbon, que pour qui ne connaît pas Biron comme moi, il est coupable.

— Sire, dit la reine, Votre Majesté ne pourrait nier les pourparlers de M. de Biron avec le duc de Savoie.

— Non. dit le roi. Je sais qu’il devait le servir. Mais l at-il servi? Vous ne vous souvenez donc pas do Moiilmeilloii, Sully?

— Parfaitement, sire.

— Kh bien! m’a-t*il trahi à Montmeillaii?

— Non.

— Vous voyez bien . . .

— Sire, reprit gravement Sully, si M. de Biron s'en élait tenu à- scs intelligences avec le duc de Savoie, je suis de l’avis de Votre. Majesté.

— Eh bien ?

lie

— Mais 11 . de Biron a fail un traité avec l’Espagne.

— Voilà précisément, dit le roi, ce dont nous n'avons ain cune preuve.

— Mais, sire, j'ai mis unécopie du trailé sous les yeux de Votre Majesté.

— Ce n'est qu'une copie . Où est la signature du maréchal?

— Sur l'original, sire.

— Et qui vous dit que cet original existe?

— Oli ! sire.

— Biron a des ennemis comme vous, d'Epernon; comme toi, Sully; comme nous tous. Ce papier, qu’un inconnu remit en s'esquivant, est-ce une preuve?

— Hélas ! dit la reine, Votre Majesté aime si fort l'homme qui a juré sa perle, qu'elle le veut innocenter quand même.

— Eh bien I dit le roi, qu'on me montre le nom de Biron écrit de sa main au bas d'une lettre adressée au roi d’Espagne et je croirai à sa trahison .

En parlant ainsi, le roi regardait Sully.

Sully ne se déconcerta point.

— Sire, dit-il, ce matin même un homme m'est venu trouver.

— Quel est cet homme?

— Attendez, sire. Cet homme a en mains de quoi faire tomber six fois la tête du maréchal.

— Eh bien ! qu’il m'apporte les preuves !

— Sire, il ne le fera que si Votre Majesté lui donne des garanties.

— Il veut de l'urgent ?

— Non, sire.

— Que veut-il alors?

— Ses lettres d'abolition, d'abord.

— El puis ?

— Et puis il veut que Votre Majesté le prenne sous sa protection.

— I n pareil misérable ! fit le roi avec dédain.

— M. de Biron a des parents et des amis puissants qui tueront cet homme s’il dévoile ses trahisons. Il veut que Votre Majesté lui donne une escorte de trente -hommes.

— El il m'apportera la preuve que Biron m'a trahi ?

— Oui, sire.

— Sire, dit la reine, songez au trône de France qui est le vôtre et sur lequel le roi d’Espagne se veut asseoir.

Le roi n’y tint plus.

— Eh bien ! s'écria-t-il, Sully, dites à cet homme, quel qu'il soit, que je lui accorde ce qu’il demande.

*— Il aura scs lettres d’abolition ?

— Oui.

— Et les trente hommes d’escorte?

— Oui, lit le roi-

— Alors, dit M. de Sully, je vais aller vous quérir, sire, la preuve que M. le maréchal de Biron est un traître et qu’il conspire avec l’Espagne contre le trône de Votre Majesté.

El Sully sortit triomphant, tandis que le roi retombait àccablé dans son fauteuil et couvrait son front de ses deux mains.

Sully sortit du cabinet du roi, mais il n’alla pas plus loin.

Le premier ministre, partout où allait la cour, au Louvre, à Fontainebleau, à Hambouillet, était loge dans le palais, de façon que le roi l’eût toujours sous la main.

Donc, Sully avait un logis au bout de la galerie de Diane, et ce fut vers ce logis qu'il se dirigea.

— Mon homme est-il toujours là ? dit-il à un de ses pages qui l’attendait dans l'antichambre.

— Oui, monseigneur.

Sully poussa la porte de son cabinet et entra.

Du homme était tranquillement assis auprès d'une fenêtre et jetait un regard nonchalant sur les grands arbres du parc.

C'était Laflin.

l.aflin avait enfin jeté le masque.

I aflin ne cachait plus sa haine pour Biron au plus profond de son cœur.

Laflin voulait sc venger, et l'heure de la vengeance était venue .

Sully le regarda avec dédain.

Laflin supporta ce regard.

— Monseigneur, dit-il, vous me méprisez, et c’est votre droit. Mais en livrant celui qui fut mon maître au roi de France, qui est mon maitre aussi, iion-seuleineul je me venge, mais encore j'accomplis un devoir et je sauve la monarchie.

— C'est bien, dit sèchement Sully; mais il ne s'agit pas de vous.

— En effet, monseigneur.

— Vous m’avez promis une preuve...

— Contre des lettres d’abolition.

— Vous les aurez. Le roi m'a donné sa parole.

— Et contre une escorte de trente hommes.

— Vous l’aurez aussi.

— Alors, monseigneur, je suis prêt à vous satisfaire.

— Mais, dit Sully, surpris, je suppose que ce n’est pas tout ce que vous demandez.

— Si, monseigneur.

— Par exemple ! vous ne livrez pas votre muilre gratis, et c'est évidemment de l’argent qu’il vous faut. Mais je n’en ai pas parlé au roi, car je suis surintendant des finances et je sais ce que j’ai à faire. Pariez, quelles sont vos prétentions?

— Monseigneur, répondit froidement Laflin, Votre Seigneurie me méprise, et je n ui rien à dire à cela, Cependant j'aurai le. courage de répondre à Votre Seigneurie, dût son opinion sur moi se modifier, que je ne veux pas d'argent.

— Que voulez-vous donc alors ?

— Ce que je vous ai demandé.

— Et puis?

— Et puis, rien.

— Ali ! dit Sully qui , au fond , était toujours ravi de ne pas avoir d'argent à donner.

Laffin s'inclina.

Alors Laffin ouvrit son manteau, et Sully vit qu’il avait une écharpe blanche eu sautoir.

— La voilà, dit le misérable.

— Quoi ! votre écharpe ?

— Oui, monseigneur.

Et comme Sully paraissait étonné, Laflin déroula l’écharpe, l’étendit sur une table et recommença la même expérience qui avait été faite par l’envoyé du roi d'Espagne devant le maréchal de Biron.

Alors, à l’action du feu, l'écharpe humide laissa reparaître une à une les lettres tracées par le roi d’Espagne d'abord, puis la réponse du maréchal.

Oh ! dit Sully avec une sombre joie , le roi ne niera pas la signature du maréchal, j’eu suis sûr, il la connaît trop bien.

Et, dans son empressement à prouver à son maitre cette, preuve éclatante de la trahison de Biron, Sully oubliai l Laflin.

I)U ROI HENRI

Mon*ieur de Biron, dit le reine, ronlcs-voaa jouer* In prime erec moi? il'ago 111.)

Mais Laffin lui dit :

— Pardon, monseigneur, mais si le roi a besoin de renseignements verbaux, je les lui donnerai.

— Eli bien ! attendez- moi ici.

•— Oh! non.

— Pourquoi? demanda le ministre.

— Parce que M . de Biron ne peut tarder à arriver maintenant, et que j'aime autant ne pas me trouver sur son passage .

— Il serait vrai ! dit Sully, le maréchal viendra?

— 11 est en chemin, monseigneur. Il doit, à cette heure, chevaucher en pleine forêt.

La joie de Sully était au comble.

Il ouvrit une jKirte et dit à l.aflin :

— Passez par là ; vous trouverez un escalier dérobé qui descend dans le parc. Si j'ai besoin de vous, où vous trouverai-je ?

— A l'hôtellerie de la Licorne.

— C’est bien, dit Sully. Je vous y enverrai votre escorte ce soir même.

Et, tandis que Laflin s'esquivait, Sully triomphant retourna chez le roi.

Pendant l'absence de Sully, la reine avait continué l'œuvre du premier ministre.

Marie de Médicis exécrait personnellement Biron, bien qu’elle l'eût à peine vu durant les fêtes de son mariage, à Lyon.

Cette antipathie prenait sa source dans la hauteur avec laquelle l’orgueilleux maréchal avait accueilli tous les Italiens quelle tramait après elle, et qui s'étaient installés en France comme dans un pays conquis.

Par attachement au roi, pour le bien du royaume sans doute, Sully avait juré la perte de Itiroii.

Mais Sully n'était pas seulement un homme de guerre et de finances, Sully était encore un diplomate habile, et il savait contracter de mystérieuses alliances.

La reine, dont il avait favorisé le mariage, était une de ces alliances.

En l'absence du miuislre, elle avait insisté sur la faiblesse déplorable dont le roi faisait preuve, sur la nécessité absolue de se débarrasser d'un homme aussi dangereux que le maréchal .

Elle avait montré les daugers qui menaçaient le royaume, si on n’y mettait ordre promptement : la guerre rallumée avec la Savoie, les Flandres espagnoles donnant la main à la Franche-Comté et â la Bmirgogoo soulevées, le roi Philippe III passant les P j renées pour venir» joindre à Biron insurgé.

Le roi écoulait et ne disait mot.

Il continuait à se promener de long en large, les lèvres crispées, lo teint blême.

Tout à coup il s'arrêta.

— Je vous dis, moi, madame, lit-il avec un éclat de voix, que Biron viendra.

— Id ? fit la reine.

— Oui, ici.

— Je n'en crois rien, sire.

— C'est un tort, madame, dit alors une voix sur le seuil.

Et Sully entra.

Il avait roulé l’écharpe blanche autour de son bras, en Forte que le roi ne pouvait deviner ce qu’il en voulait faire et ce quelle signifiait.

— C’est un tort, répéta-t-il, et Votre Majesté est dans l’erreur.

— (Juc voulez -vous «lire, monsieur ? demanda la reine.

— SI. de Biron viendra.

— Ah! s’écria le roi, tu le sais?

— Oui, sire. Il sera ici dans une heure, peut-être avant.

— Je savais bien qu’il viendrait.

— Aussi, poursuivit Sully avec un cruel sourire. Votre Majesté fera bien de se renseigner avant son arrivée.

— Me renseigner sur quoi? dit le roi.

— Mais, sire, j’apporte à Votre Majesté la preuve quelle a demandée.

Un nuage passa sur le front du roi.

— La voilà, dit Sully.

Et il déroula l’écharpe et la plaça sur la table, priant d’un geste la reine de la tenir par un bout tandis qu’il la tiendrait de l’autre.

— Ou'est-ceque cela? fit le roi.

— Ite lettre du roi d’Espagne à son bon ami le maréchal

de Biron, sire. .

Sully avait placé ses mains de telle manière qu'elles couvraient l’écriture et la signature de Biron, et ne laissaient voir que les lignes tracées par Philippe 111.

— C'est très-ingénieux ! disait Sully, l'eucre sympathique [«araèi et disparait à volonté et le porteur d'un pareil message ne court aucun danger.

— Mais, s’écria le roi, cela ne prouve rien.

— PlaHril? fit Sully,

— C'est la signature de Biron qu'il me faut?

— La voilà, sire.

Et Sully découvrit la lettre du maréchal.

Les cheveux du roi se hérissèrent ; son front se couvrit d'une pâleur mortelle, tout son corps parut agité d'un tremblement convulsif.

— O mon Dieu ! fit-il en couvrant son visage de ses deux mains.

— Douterez- vous encore, sire? demanda Sully avec un sourire.

Le roi ne répondit pas.

Puis, tout à coup, relevant la tète :

— Eh bien ! non, dit-il, je ne manquerai point â la parole que j’ai donnée à tialaor, au serment que je me suis fait à moi -même.

« J’ai promis que si le maréchal me confessait ses fautes, je lui pardonnerais, et cela sera, ventre-saint-gris!»

En disant cela, le roi s'était rapproché d’une des fenêtres de son cabinet qui dounail sur le parc.

Au bout de la grande avenue, on voyait s’avancer une troupe de cavaliers.

Et en tète de ce* cavaliers chevauchait un homme que le roi reconnut. C’était Biron . •

— Le voilà, dit le roi qui eut un moment d’espoir.

Il n’y a qu'une escorte d'honneur après lui, et non une armée, madame, cela prouve qu’il vient ici repentant, et jo lui v^ux pardonner.

C’était bien, en effet, le maréchal qui s'avançait à la tête de l'imposante escorte qui lui avait été fournie par le gouverneur de PonC-wr- Yonne.

On eût dit que Biron s’en allait à la conquête du monde, tant il avait lière mine et grand air.

Il avait chevauché une partie de la nuit , avait couché à l’entrée de la forêt , dormi la grasse matinée comme un homme qui a la conscience en repos. et il arrivait, non point en serviteur coupable et repentant, mais en conquérant irrité qui veut châtier ses ennemis.

tialaor avait renoncé, dès le départ de Pont -sur- Yonne, à ramener désormais le maréchal â de meilleurs sentiments.

Biron, tout le long du chemin, avait gouaillé et plaisanté, tantôt le roitelet de Navarre, qu’il avait fait roi, tantôt ce bon Sully à qui les canons de Pont-sur- Yonne avaient donné la colique.

tialaor se taisait et chevauchait triste et morose parmi les gens de l’escorte, qui étaient railleurs et insolents.

Comme le curlége entrait dans les rues de Fontainebleau pour de lâ se rendre au château , Biron avait vu un cavalier immobile en travers de son chemin.

— Hé donc ! avait-il dit , est-ce quelque courtisan à qui le roi a commandé de me prendre mon épée ?

Et ses gentilshommes de rire comme des fous à cette saillie.

Biron fil quelques pas encore.

Alors il reconnut le cavalier.

(rétait maître Hénazé, le secrétaire de Laffin.

— Ventre de biche ! s'écria le maréchal, est-ce donc toi, Rémzét

— Oui, monseigneur.

— Comment donc «s-tu ici?

— C’est mou maître qui m'envoie au-devant de vous, monsftigueur.

— Laftin ?

— Oui, monseigneur.

— Mais où est-il donc, lui? Pourquoi m'a-t-il quitté?

— Voilà ce que je suis chargé de vous dire , mais à vous seul, roonseigueur.

Biron avait poussé son cheval, laissant son escorte à distance respectueuse.

Alors Hénazé, sur de n'êtrc entendu de personne, et surtout de tialaor, lui dit :

— Monseigneur, n'a vex- vous point passé la nuit chez un bûcheron auprès de Pont-sur- Yonne?

— Oui, ma foi!

— Alors vous avez vu Laftin?

— Je n'ai donc pas rêvé!

— Non, monseigneur, c’est bien Ljflin, en chair et en os, que vous avez vu.

— Et ce qu'il m’a dit?.

— Je viens île sa part vous le répéter.

— !,c roi ne sait rien ?

— Le roi n’a aucune preuve. Faites bonne contenance, monseigneur, tout est sauvé.

— Mais pourquoi Laflin ne m’a-t-il pas accompagné?

— Il a voulu sonder le terrain , monseigneur. Au lieu de vous suivre, il vous a précédé.

— Pauvre Laflin ! dit Biron , et moi qui doutais de sa fidélité.

— Vous aviez tort, monseigneur , murmura Hénazé avec un rire étrange.

Mais Biron n’y prit garde et continua sa marche triomphale.

Quand il entra dans la grande avenue du château, il nperçut le roi.

Le roi était à pied, tête nue, et il s’avançait suivi de M. de Sully , du chancelier de Bellicvre et de quelques autres seigneurs.

Biron ordonna à son escorte de faire halte.

Puis il rnit pied à terre et marcha â la rencontre du roi.

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