‹ La SeineChapitre 31 sur 96 · CA V « J · texte numérisé non relu

CA V « J

•g © ^ avec îagrcw, terrain de transporl fc a; J du fond des vallées, composé de fragments calcaires, polis et aux angles émoussés,ni avec les graviers granitiques, roulés et polis, qu'on trouve à l'aval du Morvan. Cette disposition est très remarquable au tunnel de Saint-More:

vqj

es

ce

en

.do «^

8»B in

"^ ta

on voit fort bien, sur la coupe, le dépôt d'arène qui s'est formé sur le revers du promontoire. Je ne crois pas qu'il soit possible de trouver un seul fragment de roche granitique dans cette masse de débris calcaires; on n'y trouve pas non plus un seul morceau de grève.

Sur la rive opposée de la Cure, la route traverse un autre dépôt de terrain de transport entièrement composé de débris granitiques polis et roulés, sans aucun mélange de grève ni d'arène; à quelques pas de là, on trouve la grève aussi nettement séparée de l'arène.

L'arène se distingue donc des autres dépôts diluviens, en place ou remaniés, en ce qu'elle n'a été ni polie ni roulée.

M. Leymerie a signalé le premier l'existence de ces dépôts diluviens; voici ce qu il en dit dans la Statistique géologique de l'Aube^.

«Erène^ ou trasse. C'est encore à cette époque (époque diluvienne) que se rrsont formés d'assez singuliers dépôts appliqués en masses épaisses, jusqu'à une rr assez grande hauteur, sur le flanc de certaines vallées jurassiques, et qui sont ••désignés par les noms à'érène (Riceys) ou de trasse (Essoyes). Ce sont de petits et fragments anguleux, ayant un volume presque uniforme, de calcaire jurassique, rren général compactes, qui sont disséminés dans un limon argileux rouge, ou et réunis presque sans ciment, de manière à former soit des masses incohérentes, rr soit des magmas solides, dont on peut se faire une idée assez juste en les cornet parant à un nougat.

cr Ces masses présentent fréquemment une stratification grossière. . . .

rr c'est là un caractère essentiel, qui, joint à la forme anguleuse des fragments. . . . rr ne permet pas de confondre ces dépôts avec les grèves diluviennes. . . . ; il est cf fort remarquable que le dépôt occupe presque constamment. . . le flanc occi- - dental des vallées, -n

M. Leymerie a très bien vu ces dépôts, et il n'y a rien à ajouter à la description qu'il en fait, si ce n'est que l'orientation n'est pas toujours la même.

Le département de l'Aube s'étend, vers le sud-est, sur les dernières ramifications jurassiques, qui ne se composent que de roches peu dures. Si M. Leymerie. avait vu l'arène dans toute l'étendue de la Bourgogne, il aurait reconnu que, dans les roches plus résistantes, elle est assez dépouillée de limon pour que le chemin de fer de Lyon y ait pris une partie de son ballast (gravelière d'Aisy-sur- \rmançon); elle forme d'ailleurs des dépôts sur le flanc des coteaux à toutes les orientations, comme je vais le démontrer.

Dans Iji Statistique géologique du département MM. Leymerie et Raulin, trompés par la pro-

de l'Aube . l'arène est classée parmi les terrains di- nonciation vicieuse de la basse Bourgogne, ont écrit

Inviens. Dans celle de l'Yonne, MM. Leymerie et érene pour arène. On dit aussi en Lasse Bourgogne

Raulin la rangent parmi les terrains détritiques, ce vèche pour vache, minger ou même wiger pour

qui me paraît inadmissible. manger, etc.

Oucsl-^

-»JEstf

En réalité, l'arène s'est déposée sur tous les flancs des vallées qui n'étaient point battus avec violence par les courants diluviens ; j'ai cherché à figurer, dans les diagrammes ci-dessous, les principaux cas qui peuvent se présenter.

i° Cas le plus habituel Tournant d'une vallée; le sommet du tournant et le côté d'aval du coteau convexe s'abaissant en pente douce recouverte d'arène.

Exemple. Roche de Saint-Moré près des grottes d'Arcy (i). (Voir plus haut la figure h.)

2° Cas presque aussi fréquent. Anse formée dans le flanc d'une vallée; tout le pourtour de l'anse est tapissé d'arène.

Exemple. La figure ci-contre, extraite de la carte iGrancey-sK^u/ve Ju bureau de la guerre, fait voir l'anse ABC do Grancey-sur-Ource. Cette anse est remplie d'arène. Le cap CD, au contraire, exposé au courant, n'en présente pas trace. La plus grande partie de l'arène regarde le sud-est et non l'occident.

3° Cas très fréquent encore. Dans les vallées larges et bien ouvertes, l'arène s'est déposée sur les coteaux, au débouché de toutes les vallées secondaires.

Exemple. Vallée d'Ource, commune de Riel-les- Eaux. On trouve la trasse ou terre à bâtir, nom qu'on donne à l'arène dans cette localité, au sommet des tournants formés par les débouchés des vallées secondaires, notamment aux points A, B, C, D, E; il n'y en a pas sur la Côtc-Serot FG, exposée à toute la violence du courant. On voit que ces dépôts KiéL-ies-Houa- d'arène se sont formés à toutes les orientations.

Beaucoup d'autres dispositions des vallées déterminaient des dépôts d'arène. Tout obstacle qui dirigeait le courant sur une certaine partie des coteaux déterminait un dépôt d'arène sur le côté opposé.

Il n'est donc pas possible d'admettre que les dépôts se soient formés à une orientation déterminée; les faits et le raisonnement détruisent cette hypothèse.

On peni dire, en générai, que l'arène s'est déposée dans les anses et sur le coteau convexe des tournants des vallées, au sommet et un peu à l'aval (\\\ sommet de l;i convexité.

1 Le tunnel de Saint-Moré esl très voisin des marquis de Vibraye a trouvé de si nombreux ossegrotles d'Arcy cl des Fées, dans lesquelles !\1. le ments,ct notamment des débris bumains.

Jford.

-2'i LA SEINE.

Celle disposition ne permet pas de confondre l'arène avec les terrains détritiques entraînés sur les pentes par les eaux pluviales ; ce n'est jamais sur le coteau convexe des tournants que les eaux pluviales qui descendent des montagnes ont tendance à entraîner les terrains meubles.

L'arène est le produit d'un phénomène de courte durée, puisqu'elle est fragmentée et non roulée.

On vient de voir que les roches des terrains crétacés sont trop peu résistantes pour avoir conservé l'empreinte de la violence du courant, mais qu'on y trouve d'autres preuves de cette violence.

J'ai constaté la présence d'un terrain de transport analogue à l'arène des terrains jurassiques au pied et sur la pente des coteaux crétacés de la vallée de la \ aime.

Ces dépôts, composés de débris de craie blanche fragmentés et non roulés, se sont formés dans les mêmes conditions que les dépôts d'arène jurassique, c'est-àdire dans les anses et sur la convexité des tournants. Je citerai notamment une sablière de ce genre, exploitée dans une anse, près de Rigny-le-Ferron ; l'aqueduc de la Vanne coupe un dépôt semblable près des sources d'Armenlières. J'ai encore trouvé une grande sablière d'arène crétacée à l'origine de la vallée du Petit-Morin, près de Pierre-Morins. Mais, en général, on peut dire que ces dépôts sont assez rares.

10. Dès que les vallées se resserrent entre les plateaux de la Brie, les caps Dls en pente rapide du côté d'amont, les coteaux dénudés dans les étranglements, les dépôts et les éboulis dans les anses, au sommet et à l'aval de la convexité des tournants, se montrent de nouveau comme dans les terrains jurassiques.

J'ai pu étudier les dispositions topograpliiques dans d'excellentes conditions, en construisant l'aqueduc de la Dhuis. Cet aqueduc longe la vallée de la Marne, sur ,|,i«i(,r de h Dhuis. une grande longueur, dans la partie moyenne et supérieure des coteaux.

Son point de départ est au fond de la vallée de la petite rivière qui porte le nom de Dhuis, à l'altitude de 128 mètres'1'. Après avoir longé, à flanc de coteau, cette vallée et celle du Surmelin, il débouche dans la vallée de la Marne à 5o mètres environ au-dessus de cette rivière, à peu près à mi-hauteur, entre le plateau de la Brie et le thalweg. Sa pente est beaucoup plus petite que celle de la rivière, il atteint, avant d'arriver à Paris, le sommet des plateaux, sur lesquels il se maintient depuis Clichy-en-i'Aulnoy jusqu'aux fortifications. Il se termine au réservoir de Ménilmonlanl, à l'altitude de 108 mètres. Le tracé suit donc la vallée de la Marne depuis la région moyenne des coteaux jusqu'aux plateaux, et permet d'étudier l'action diluvienne dans tout son ensemble.

Cette rivière coule dans le canton de Condé, département de l'Aisne. Elle était alimentée par une grande source, aujourd'hui dérivée à Paris.

i' - coura

dane I'"- vallées

trains tertiaires

notamment

dans

la vallée de la Mann

sur Ir* tracé

de

Les vallées de la Dliuis et du Surmelin, que l'aqueduc côtoie, sont d'origine évidemment diluvienne, et portent partout l'empreinte du violent courant qui les a creusées; elles ont été à peu près entièrement vidées par ce courant; on n'\ rencontre que d'insignifiants lambeaux d'alluvions caillouteuses, excepté au débouché de la petite vallée de Saint-Eugène, qui est d'origine moderne, et au bas de laquelle se trouve, par conséquent, un cône de déjections. On voit aussi, un peu en amont, un amas de blocs de grès de Beauchamp, que le courant a laissés en route.

La source de la Dbuis se trouve dans le lit d'un ru, au pied d'un éboulis de meulières et de calcaires de Saint-Ouen.

Entre le débouché du Surmelin et la Ferté-sous-Jouarre, la vallée de la Marne est assez resserrée; le courant diluvien devait donc y être très violent, et toul ce qui a été ébranlé par l'action destructive de l'eau a été emporté, excepté dans les anses, les revers des caps et autres abris. Aussi, tant que le tracé de l'aqueduc s'est appliqué à des parties rectiligues ou peu contournées, la tranchée a été ouverte dans des terrains tertiaires en place, et l'aqueduc se trouve dans d'excellentes conditions de stabilité. Mais, dans les tournants à l'aval de la convexité du coteau, au débouché des vallées secondaires, dans toutes les parties, en un mot, qui n'étaient pas exposées à l'action directe du courant, la tranchée est ouverte dans un mélange confus de débris de toute sorte, éboulis de marnes vertes, de blocs de grès de Beauchamp, de meulières, etc.

Les parties peu étendues du tracé qui sont dans ces conditions se rencontrent principalement au débouché de la petite vallée de Chierry et dans les anses de Nesle, près de Château-Thierry et de Saacy, à quelques kilomètres à l'aval de Nogent-1'Artaud.

Je donne, à la page suivante, la coupe de la tranchée du siphon de Chierry, qui traverse la petite vallée de ce nom, près de son débouché en Marne.

Au-dessus du tracé, les sables de Beauchamp se trouvent en place des deux côtés. On voit parfaitement, d'après la disposition de la vallée de la Maine, que le courant diluvien se heurtait violemment contre le coteau que remonte le siphon, tandis que la pente sur laquelle la branche descendante est tracée est à lavai de la convexité d'un tournant, et se trouvait, par conséquent, à l'abri de toute action violente.

La tranchée «le la branche descendante AB, ouverte dans le coteau qui a été préservé de l'action diluvienne, est entièrement creusée, comme le lait voir la ligure, dans un mélange confus de sable et de blocs de grès éboulés.

La branche ascendante Cl) remonte, au contraire, sur le coteau exposé à l'action violente du courant; aussi coupe-t-elle toutes les tranches du terrain tertiaire sans rencontrer un seul bloc, quoiqu'on voie les grès de Beauchamp en place, un peu au-dessus du point D. Toul ce qui a été ébranlé a doue été emporté. La Seike. h

A partir du point D jusqu'en face de Château-Thierry, le tracé contourne le même coteau, dans les marnes du calcaire grossier parfaitement en place; puis il

s'enfonce dans l'anse de Nesle, et le profil géologique de la tranchée fait voir un mélange confus de cailloux roulés, de limon rouge, d'éboulis de meulières, de marnes vertes et de blocs de grès.

A partir de la vallée du Petit-Morin jusqu'à l'aval de celle du Grand- Morin, le tracé se trouve dans des conditions très mauvaises. Le courant diluvien qui creusait ces deux vallées , suivant l'orientation sud-est nordouest, en se dirigeant vers la grande coupure w de Bray, a été arrêté, dans son' action destructive, par l'énorme massif calcaire qui sépare la Marne de l'Oise. Cette ride de terrain résistant a produit des tourbillonnements qui ont creusé cette partie de la vallée de la Marne, en lui donnant une grande lar-

geur. Elle est, de plus, très irrégulière ; les caps de la Ferté-sous-Jouarre, de Ghangis, des bois de Meaux, de Trilport, de Meaux, de Trilbardou, etc., s'entre-croisent de manière à produire de nombreux abris; les terrains aiïouillés et ébranlés par les tourbillonnements des eaux diluviennes sont donc restés en place, et, sur une vingtaine de kilomètres, la tran

chée de l'aqueduc a été ouverte dans des éboulis confus de meulières, de marnes vertes, souvent recouverts de boue diluvienne. La planche n° 5 fait ressortir tout ce désordre.

On y voit d'abord la coupe du souterrain ouvert dans le cap de Quincy- Seguy, près de Meaux. Ce cap n'a point été entamé par l'action diluvienne. Les marnes vertes et les marnes blanches, zonées de glaises vertes, qui se trouvent au-dessous, sont donc parfaitement en place. Mais, de chaque côté, l'aqueduc est tracé sur le revers des coteaux affouilïés; le niveau des marnes vertes, des argiles à meulières, a été très notablement abaissé, et le mélange confus dont il a été question ci-dessus est très nettement indiqué sur la coupe. Il est évident que, si les terrains supérieurs ne s'étaient pas affaissés par suite d'aflouillements, l'aqueduc aurait été construit dans les terrains blancs au-dessous des marnes vertes.

Entre le Grand-Morin et Paris, la vallée de la Marne est presque perpendiculaire à la direction des courants diluviens. De nombreux tourbillonnements ont donc attaqué la masse gypsifère située sur la rive droite, et y ont creusé la vallée, mais avec de grandes fosses, telles que celles du Pin, de Chelles, de Piosny.

Les terrains ébranlés étaient parfaitement abrités au fond de ces anses, et le tracé de l'aqueduc s'est fait dans des éboulis sans solidité , comme ceux dont il vient d'être question.

Il me paraît inutile de reproduire ici la coupe de la tranchée de cette partie de l'aqueduc, coupe qui présenterait les mêmes dispositions que celle des abords du souterrain de Quincy-Seguy.

A partir de Clichy-en-1'Aulnois, le tracé se tient sur les plateaux; la tranchée est ouverte dans des terrains bien en place et non ébranlés.

11. En étudiant le réseau des vallées secondaires, on y trouve des traces non vaii&s secondai. équivoques d'actions violentes; elles sont, en général, comme les vallées principales, d'origine diluvienne. Nous en avons vu des preuves dans les vallées de ''" l'Ecolle, du Surmelin, de Chierry, etc.

Néanmoins on trouve, principalement sur les plateaux de la Brie, quelques vallées creusées par les cours d'eau, en général par les torrents ou rus qui descendent du plateau, tantôt en pente rapide, tantôt en cascade.

Ces vallées, d'origine relativement récente, ne peuvent se confondre avec les autres. On n'y voit point de traces de violente action de transport; les débris des roches dures restent sur les pentes.

Il existe, sur le tracé de l'aqueduc de la Dbuis, divers exemples de ces vallées qui se creusent encore aujourd'hui.

La première est contournée par l'aqueduc lui-même, et débouche dans la vallée du Surmelin, derrière le village de Saint-Eugène. Trois ou quatre petits torrents,

habituellement à sec, tombent pendant l'hiver en cascade, du haut des plateaux de la Brie, et ont creusé, dans le flanc gauche delà vallée du Surmelin, un large ravin de près d'un kilomètre de longueur. C'est une vallée qui s'est creusée lentement, à l'époque quaternaire, qui se prolonge encore de nos jours, et dont tous les flancs sont tapissés de blocs de grès provenant des sables moyens, encore en place audessus des escarpements. On voit dans la vallée du Surmelin le cône des déjections qui proviennent de ces érosions lentes.

La petite vallée de Chierry, près de Château-Thierry, dans la partie inférieure de laquelle l'action diluvienne est si bien marquée (diagramme n° 7), continue à s'allonger encore aujourd'hui par le ravinement de deux rus. Mais les blocs laissés sur les pentes par ces deux petits cours d'eau ne permettent pas de confondre la partie moderne et la partie diluvienne de la vallée. On pourrait, avec la plus grande facilité, en tracer sur place la limite.

On voit encore, sur le tracé de l'aqueduc de la Dhuis, d'autres vallées en général très courtes, d'origine moderne; la plus considérable est celle de Montménard, près de la Ferté-sous-Jouarre. Toutes se distinguent des vallées diluviennes par les détritus de roches solides restés en place sur les flancs des coteaux, et surtout par le cône de déjections, qui se trouve toujours à la jonction de ce ravin et de la vallée ancienne.

Avant d'arriver au Raincy, l'aqueduc passe à proximité d'une autre de ces vallées rudimentaires, qui se dirige vers la plaine Saint-Denis. Il ne coule plus d'eau dans cette dépression, mais autrefois il y avait un ru assez important, qui a laissé du sable et des cailloux dans son ancien lit. M. Liégeard a trouvé, dans ces graviers, des débris de grands mammifères.

Le- creusement 12. Ainsi, non seulement les grandes vallées de la Brie, mais encore toutes

i-s-i-rrains jurassiques les petites, à l'exception des parties qui se prolongent encore aujourd'hui par les érosions des lorrents, ont été creusées dans les directions quelconques et vidées ,l1""1' ' "n : par le courant diluvien, qui, cependant, marchait du sud-est au nord-ouest.

;mi\ * * *■

Les petites vallées des terrains granitiques, oolithiques et crétacés, ont été creusées de la même manière. Dans les terrains oolithiques, la plupart des vallées secondaires sont sèches, c'est-à-dire que le sol est tellement perméable, que jamais les eaux pluviales ne ruissellent à sa surface, et que souvent il n'existe sur les thalwegs ni fossé ni ravin destiné à l'écoulement des eaux.

Si, aux époques anciennes, où les pluies étaient plus abondantes, il exislail des cours d'eau capables de creuser ces vallées, on devrait trouver sur toute leur longueur la zone de grève provenant de ces érosions, et c'est ce qui n'a pas lieu. La grève manque complètement dans les vallées sèches. Il faut donc admettre quelles ont été creusées par une action violente des eaux, qui les a entièrement vidées.

diluviens

Les vallées granitiques ont été entièrement vidées, et, comme elles ont été les dernières attaquées, leurs déjections se sont étendues par-dessus la grève calcaire provenant des autres vallées.

Ces déjections granitiques forment les hauts niveaux des graviers, dans les vallées de l'Yonne et de la Cure jusqu'à Auxerre, dans celle du Serin jusqu'à Chablis.

Les vallées secondaires des terrains crétacés , étant beaucoup plus larges, n'ont pas toujours été vidées entièrement; on remarque, au fond de celles qui débouchent dans les vallées de l'Yonne et de l'Armançon, une zone de gravier plus ou moins puissante. Mais l'action diluvienne se révèle par un fait très caractéristique : un énorme amas de cailloux, provenant du chapeau tertiaire qui couronne la craie, s'est souvent formé au débouché de ces ruisseaux, et ne peut être confondu avec la grève calcaire mêlée de granit des bords de l'Yonne. Tels sont le dépôt considérable de silex jaunes qu'on voit au débouché du ru de Baulche, en face de Monéteau, près d' Auxerre, le dépôt du même genre qui s'est formé au débouché du ru de Saint-Vrain, près de Cézy, etc.

Il paraît donc démontré que, dans tout le bassin de la Seine, les vallées secondaires ont été violemment creusées par érosion; qu'elles ont été presque partout vidées, et que les déjections qui en provenaient s'ajoutaient au long cordon de détritus voyageant dans la vallée principale, excepté lorsque celle-ci était très large; car alors le courant secondaire, perdant sa puissance de transport, abandonnait les déjections qu'il transportait, au débouché même, un peu au-dessus du niveau du thalweg de la grande vallée.

Page 1