CHAPITRE X
Étude des graviers des hauts niveaux dans la traversée de Paris et de la banlieue. Avenue Dautnesnil. — Anse de Mon treuil.
27. Je crois donc que les deux lignes que j'ai tracées à l'altitude de Go mètres Terrains de irans i
sont peu éloignées des limites du plus ancien lit de la Seine. M. Hébert admet que les graviers du fleuve se sont élevés, aux environs de Paris, jusqu'à l'altitude de 65 mètres. Mais cette petite différence est peu importante. Les graviers renfermés entre ces deux lignes sont essentiellement différents de ceux qu'on trouve sur les terrasses plus élevées que j'ai cherché à décrire dans la première partie de cette histoire.
Leurs zones alternent habituellement avec des zones de sable. Lorsque le dépôt s'est fait en plein courant, c'est-à-dire dans une partie où l'eau coulait rapidement, ce sable est pur et ne tache pas les doigts; c'est un des caractères les plus connus et les plus frappants du sable de rivière. Accidentellement, il est parfois imprégné du limon rouge des débordements (23).
Sur la rive convexe des tournants et dans les anses où l'eau était tourbillonnante, ou même dormante, le sable est habituellement beaucoup plus impur, ou même est remplacé quelquefois par du limon; c'est encore ce qu'on voit dans tous nos cours d'eau.
Les terrains de transport des terrasses élevées au-dessus de l'altitude de 6o mètres, dont il a été question plus haut (14), ne renferment pas de zones de sable. Ainsi les entrepreneurs de l'aqueduc de la Dhuis n'ont pas trouvé un mètre cube de sable dans les graviers des terrasses de Crézancy, de Voisins et deDampmard, que l'aqueduc traverse; ils ont dû, à grands frais, aller chercher ce sable au fond de la vallée de la Marne, entre mes deux lignes.
H en est de même dans la construction de l'aqueduc de la Vanne. Les entrepreneurs vont chercher ce sable dans les vallées de l'Yonne et de la Seine; ils ne trouvent rien sur les hautes terrasses.
Sur les terrasses que traverse l'aqueduc de la Dhuis, les cailloux sont confusément mélangés avec de la boue diluvienne, et n'ont aucun des caractères des dépôts longuement et fréquemment, remaniés par les eaux d'une rivière.
J'ai profité des grands travaux exécutés pendant ces dernières années dans Paris
La Seide. i i
Roule île Mon treuil , 55 aie t.
-Cours de Vi licences
.Rue du Bel-Air , 43 mètres
Avenue Daumesnil Coteau de Reuilly.
Rue de Dcrcy, 33in ,5o.
et sa banlieue pour faire relever, avec beaucoup de soin, les coupes du terrain de
transport remanié par les cours d'eau.
Il y a très peu de localités en
France où les terrains de transport
.c aient été exploités sur une aussi large
| échelle qu'à Paris ; je crois donc que
"= les coupes que je vais décrire pré-
-Z sentent un intérêt très réel. J'espère
1 qu'on y trouvera l'explication de cer-
■3 tains faits sur lesquels les géologues
11 sont loin d'être d'accord.
— Je dois naturellement commencer
g par les coupes des graviers des hauts
1= niveaux, c'est-à-dire qui sont compris
-ë entre les altitudes de 63 mètres et de
3 5im,5o, et qui s'élèvent à 36m,7 5 et
nuedecharentoa.semè*. "1 2 6"', 2 5 au-dessus du zéro de l'échelle
g du pont de la Tournelle, niveau d'é-
% tiage de la Seine.
J Je ne dirai qu'un mot de la compo- S sition de ces "raviers; on v trouve sur- 1§ tout des fragments de meulières, de
" silex de la craie, de silex tertiaires, s de roches calcaires, surtout du calcaire ^ grossier, de petits fragments peu noms* breux de granit du Morvan. On n'v a 2 signalé jusqu'ici aucun fragment de •J roche étrangère au bassin de la Seine. g Les graviers des bas niveaux, dont ^ il sera question plus loin, ont identi- ï quement la même composition.
11 ne reste des hauts niveaux que " des lambeaux complètement séparés s' des graviers du fond de In vallée; les principaux s'étendent à droite de la Seine, sur le plateau de Vincennes, entre Joinville-le-Pont et Paris, et. à gauche du fleuve, sur le plateau d'ivry, entre ce village et la Bièvre.
Le diagramme n° 17 donne la coupe de ces deux plaines de terrains de transport, à leur extrémité, du coté de Paris.
... I Seine, i6m, 35 E"aSe ÎQu..., 3a",5o,
Rue du Che\d!cret.
09 mètres.
R. du Château-dcs-Aentiers
60 mètres.
Route d'ivry.
Route de Choisy.
Route de Fontainebleau
5g inrtrcs.
Dièvre , 37 mètres.
C«ui
lu terrain !
relevées
vers le n ■
de
ine.
Avenue Daumesnil.
L'échelle des hauteurs a été décuplée pour faire ressortir les couches du terrain de transport.
Cette figure fait voir la relation qui existe entre les lambeaux des graviers des hauts niveaux des deux côtés de la vallée; ils sont désignés par les lettres DE F. Autrefois, avant l'abaissement du lit de la Seine, ces graviers étaient reliés entre eux, comme l'indiquent les deux lignes ponctuées.
Les coupes dont la description suit ont été relevées aux points D, vers la nouvelle barrière d'Italie, E à l'avenue Daumesnil, et F dans l'anse de Montreuil. (Planche n° 3.)
Ce qui distingue les coupes des points D et E de toutes celles qui seront données dans la suite, c'est que le sable gras de l'alluvion manque, ce qui tend déjà à prouver que l'abaissement du lit des hauts niveaux a été fait par cascades et sur une grande hauteur à la fois (23).
28. En construisant l'avenue Daumesnil, nous avons coupé l'extrémité des graviers des hauts niveaux de la rive droite; j'ai fait relever la coupe de la tranchée entre la rue de Charenton et la place de Reuiïïy; elle est très intéressante, mais trop longue; je la remplace par les coupes de deux sablières qui ont été l'ancien ut de ia s ouvertes latéralement, l'une par M. Rigaut, l'autre par l'Administration du chemin de fer de Vincennes (planche n° 6, fig. 3 et U). Le sable gris qu'on en tire est parfaitement pur, ne tache pas les doigts, ne contient presque aucun débris de coquilles fluviatiles ou terrestres, enfin ne fait pas effervescence avec les acides. Les ossements y sont rares. Il forme des zones qui alternent avec des zones de cailloux très peu roulés. On trouve çà et là des blocs de grès de Fontainebleau ou de meulière, souvent très volumineux, tantôt roulés, tantôt à angles vifs, disséminés dans la masse du terrain de transport, et des zones, quelquefois considérables, de sable ou de gravier agglutiné par un ciment très dur; les ouvriers désignent ces conglomérats par le nom de calcin.
J'ai trouvé sur la place de Reuilly et dans une carrière voisine deux molaires (YElephas primigenius ; M. Reboux y a recueilli les fragments d'une molaire à'Elephas antiquus.
L'emplacement de l'avenue Daumesnil, dans cette partie, se trouvait en plein courant de l'ancien fleuve, presque au milieu du lit; le dessus de la tranchée est à l'altitude de ,r)im,GG; le sable gras, peu perméable, de l'alluvion (23) n'ayant pu se déposer dans ces conditions, le limon des débordements a pénétré irrégulièrement et profondément à travers les zones de cailloux et de sable, sans s'arrêter spécialement à aucune d'elles. De loin, cette dentelure rouge ressemble assez bien à une série de poches qui se seraient remplies d'un mélange de cailloux et de limon; on a cru voir cette disposition dans beaucoup d'autres localités; ce qui a fait dire, jusqu'à ces derniers temps, que le diluvium rouge avait raviné le
près tiflcntion
diluvium gris; mais un examen attentif fait reconnaître que les zones de sable et de cailloux traversent cette dentelure, tantôt grises, tantôt rouges. Il n'y a, en réalité, aucune érosion, et il est évident que le gravier et le sable ont été imprégnés de limon après coup.
La rareté des ossements et des débris de coquilles tient à ce que le terrain de transport appartient, non pas à une anse ou à la rive convexe d'un tournant, mais à la partie moyenne du lit; comme dans nos cours d'eau modernes, les sables qui voyageaient au milieu du lit détruisaient promplement les ossements qui s'y déposaient.
Déversoir du caP d'iiaiie 29. Les deux coupes dont je vais parler ont été relevées sur le tracé du chemin de fer de Ceinture, entre les vallées de la Bièvre et de la Seine (ligne DN, planche n° 3). Le chemin de fer a été tracé dans une dépression du cap de la barrière d'Italie. Lorsque le lit de la Seine s'est abaissé progressivement, l'eau du fleuve s'est longtemps déversée dans la vallée de la Bièvre par cette dépression. En effet, le point le plus bas D du terrain de transport de la route de Fontainebleau, entre l'ancienne et la nouvelle barrière, correspond au tracé du chemin de fer de Ceinture et est à l'altitude de 56 mètres; car l'altitude du gravier à l'ancienne barrière est 62m,6 , et l'on trouve en face de Bicêtre, à côté de la route, la sablière du Kremlin, dont les graviers paraissent à l'altitude de 63 mètres environ. Si maintenant, depuis la Seine moderne, on remonte vers la barrière d'Italie en suivant le fond de la dépression des Deux-Moulins, on trouve partout des altitudes inférieures à hk mètres, qui conduisent au point D.
Pendant le travail d'abaissement des lits, l'eau du fleuve de l'âge de pierre s'est donc longtemps déversée dans la vallée de la Bièvre, en passant au fond de cunette D. Il est résulté de là, dans cette vallée, une agitation qui a empêché tout dépôt limoneux entre les fortifications et la Seine, tandis qu'en amont des fortifications, les coteaux de la Bièvre se sont tapissés d'une couche épaisse de limon, dans laquelle on a trouvé beaucoup d'ossements des animaux de l'âge de la pierre (75). Les ossements des petits animaux ont pu se conserver dans ce limon. Le déversoir D est donc un des points intéressants de l'époque de la pierre, à Paris.
La première de ces coupes (planche n° G, Gg. 2) a été relevée dans la tranchée du chemin de fer de Ceinture, entre les routes d'Italie et de Choisy.
Le calcaire grossier, peu dur dans cette partie, a été très irrégulièrement raviné par le courant assez rapide qui passait au-dessus du promontoire de la route d'Italie. Ces cavités se sont remplies de sable de rivière très pur, et de petit gravier qui n'a pas été recouvert par le sable gras de l'alluviôn; puis, lorsque le plateau a cessé de faire partie du lit, que l'eau des crues seule s'élevait au-dessus, le limon des débordements a pénétré dans toute la masse du sable, et l'a colorée en rouge.
La seconde coupe (planche n° 6 , fig. 1 ) a été relevée également dans la tranchée du chemin de fer, entre la sortie du souterrain de la Maison-Blanche et la rue Patay. Elle se trouve clans le prolongement de la coupe précédente, dont elle est séparée par un intervalle de 600 mètres.
Elle se compose de deux parties.
La première, comprise entre les altitudes de 6om,io et 58m,5o, peut être donnée comme type des sablières des hauts niveaux de la plaine d'Ivry; comme dans les coupes précédentes, les sables gras de l'alluvion manquent, et le terrain de transport est presque entièrement imprégné de limon rouge, qui y a pénétré par infiltration.
La deuxième partie est une couche de limon désignée par les lettres H I sur le diagramme n° 17; il relie, en apparence, ce terrain des hauts niveaux avec le gravier des lits abaissés. Ce limon, de couleur jaune clair, recouvre le dépôt caillouteux supérieur, et descend, en pente douce, jusqu'au pied du coteau de la vallée de la Seine, où son épaisseur atteint 9 mètres. A la sortie du souterrain delà Maison-Blanche, son altitude est de 60 mètres; elle se réduit à ho mètres au point ou il disparaît sous le chemin de fer, à l'extrémité de la coupe. Mais on retrouve le même limon dans la carrière du Chevaleret, à l'altitude de 38m,o,o. Ce dépôt recouvre une bande mince de gravier imprégné de limon rouge, qui descend aussi du plateau de la Maison-Blanche à la carrière du Chevaleret.
On pourrait avoir quelque doute sur l'origine de ce terrain, et le confondre avec les terrains détritiques modernes, si l'on n'y remarquait une série de petites couches de gravier n'ayant, en général, que l'épaisseur d'un caillou, alternant avec les zones de limon. Son origine fluviatile ne saurait donc être contestée.
Il est très probable que ce dépôt a été formé par les eaux qui se déversaient par-dessus le promontoire d'Italie, lorsque la Seine avait déjà abaissé son lit au niveau des graviers du Chevaleret.
J'ai vu des sables limoneux disposés en talus de la même manière, en amont des longs déversoirs des usines des cours d'eau de l'Auxois, du Serein notamment.
Les petites couches de gravier, disséminées dans le limon HI, descendent sans discontinuité, depuis le fond du lit des hauts niveaux, vers l'altitude de 59 mètres, jusqu'au dépôt du Chevaleret, où le dessus des terrains de transport est à l'altitude de 38m,90. Le formidable cours d'eau qui remplaçait alors la Seine avail donc des crues de 20 mètres au moins de hauteur.
D'après la déclaration des employés du chemin de fer, on n'a pas trouvé d'ossements dans remplacement de ces deux coupes, ce qui s'explique de la même manière qu'à l'avenue Daumesnil.
30. La coupe de la planche n° G (fis. 5) a été relevée sur la rive droite du ' :
11 \ u / dcl'nnsc il. M
même lit de la Seine, au point F du diagramme n° 1 7 et de la planche n° 3 , au nombreux 0!
Sablière il» ki. min
fond de l'anse de Montreuil, qui est comprise entre la haute saillie sur laquelle s'élève aujourd'hui le fort de Nogent et le contrefort de Charonne. (Planches n"s 3 et h.)
Ces sablières m'ont été désignées par M. Prestwich, qui y avait trouvé quelques ossements de mammifères de l'âge de pierre.
C'est certainement le point le plus curieux du terrain de transport des hauts niveaux de Paris. 11 y a onze sablières en exploitation; les deux plus intéressantes, les plus riches en ossements, sont celles où mes coupes ont été relevées; elles appartiennent à MM. Trimoulet et Savart.
Le terrain de transport s'élève, dans cette localité, à 55m,o,o; son aspect est très différent de celui des autres dépôts qu'on vient de décrire. On y remarque, comme dans ceux-ci, des couches alternantes de sable et de cailloux; mais le sable y est très dominant, le caillou petit, les gros blocs rares.
Le sable gras de l'alluvion s est déposé partout; au contraire, le sable du reste de l'alluvion et du gravier de fond est très pur et comparable au plus beau sable de rivière; mais il fait une vive effervescence avec les acides, ce qui se comprend facilement, car il contient une poussière formée de débris de coquilles fluviatiles et terrestres et de coquilles du calcaire grossier.
Le caillou est très irrégulièrement roulé; en général, les angles sont simplement émoussés; les gros blocs sont bien plus rares que dans les sablières de l'avenue Daumesnil; on y voit des couches entières formées de fragments de calcaires siliceux arrachés aux coteaux voisins, alternant avec des bancs de sable et de véritables cailloux provenant du lit du fleuve.
Le gravier de fond est composé tantôt de sable, tantôt de cailloux. Enfin, dans la partie supérieure, on remarque le limon rouge des débordements, qui s'étend en longues bandes au-dessus de l'alluvion, mais sans y former de dentelures, comme à l'avenue Daumesnil, et sans descendre à une aussi grande profondeur, ce qui tient à l'imperméabilité du sable gras qui recouvre l'alluvion.
J'ai trouvé beaucoup d'ossements dans ces carrières. Les cadavres flottants affluaient, aussi bien que les sables, dans l'anse de Montreuil (22). Les ossements ne se trouvent que dans les couches inférieures, a -j ou 3 mètres au plus au-dessus du fond des sablières, c'est-à-dire dans le gravier de fond: on n'en rencontre point dans le reste du dépôt, c'est-à-dire dans l'alluvion.
Les coquilles fluviatiles et terrestres y sont très abondantes.
Pris au-dessus du dépôt caillouteux ou sableux, le limon rouge ne fait point effervescence avec les acides; mais, pris dans la masse du terrain de transport, il fait effervescence , comme le sable lui-même. Ce fait seul prouverait que le limon n'a point été transporté avec le caillou et le sable, mais qu'il y a pénétré par infiltration; l'eflèrvescence est due aux débris calcaires mélangés au sable avant la pénétration du limon.
A l'extrémité de la plaine d'Ivry, toujours dans ie même lit de la vieille Seine, on trouve une petite anse où le terrain de transport s'est déposé dans les mômes conditions que dans l'anse de Montreuil. La sablière du Kremlin (route d'Italie n° 5o) est exploitée dans cette anse. Elle présente les mêmes dispositions que les sablières de Montreuil; tandis que, dans toutes les autres sablières de la plaine, le gravier est presque entièrement imprégné de limon rouge, le sable de la carrière du Kremlin est pur et ne tache pas les doigts; comme h Montreuil, on y trouve aussi des ossements.
De ce qu'on n'a trouvé qu'un petit nombre d'ossements dans les graviers pénétrés de limon rouge de la plaine d'Ivry, de la Butte-aux-Cailles et de l'avenue Daumesnil, qui étaient au milieu du lit ou en plein courant, il ne faut pas conclure que ces dépôts ne sont pas de même âge que ceux des anses de Montreuil et du Kremlin; ces graviers appartiennent au même lit du fleuve; ils sont sensiblement à la même altitude, mais ils se sont déposés dans des conditions différentes.
L'examen de ces coupes prouve de nouveau qu'il faut abandonner les noms de diluvium gris , dihwium rouge , qu'on a donnés jusqu'ici aux terrains de transport du fond des vallées.
Si nous relevons des coupes dans la plaine de Grenelle, au Chevaleret, à divers niveaux des lits abaissés de la Seine, nous y trouverons des dépôts plus récents que ceux dont je viens de parler, et ces terrains, comme les premiers, seront irrégulièrement pénétrés de limon rouge. Il faudrait donc admettre des diluviums gi'is et rouges à tous les étages occupés successivement par la Seine, au fur et à mesure que son lit s'abaissait.
Evidemment, ces divisions, purement artificielles, ne sont propres qu'à embrouiller l'histoire des terrains de transport. Les noms gravier de fond, alluvion, limon des débordements, que je propose d'y substituer (23), sont évidemment beaucoup plus rationnels.
La différence de composition des sables, dans les coupes dont je viens de parler, prouve que le fleuve de l'âge de pierre couvrait à la fois tout l'immense lit que j'ai tracé sur ma planche.
Si, en effet, un cours d'eau médiocre, de i5o mètres de largeur, par exemple, comme la Seine d'aujourd'hui, avait divagué entre les points F et D, en occupant successivement toutes les positions, depuis l'anse de Montreuil, sur la rive droite, jusqu'à la barrière d'Italie, sur la rive gauche, et en remplissant son lit degravier jusqu'au niveau des berges, au lui' et à mesure qu'il l'abandonnait, le sable gras de l'alluviou aurait recouvert les graviers dans toute celle élendue. Or c'est ce qui n'a pas lieu; les sables gras ne se sont déposés qu'au pied des coteaux, sur les deux rives, *Vu\\ côté dans l'anse de Montreuil, de l'autre dans l'anse du Kremlin.
Donc tout l'espace compris entre les points 1) et V (diagramme n" 17) était
bien le lit occupé entièrement par l'eau d'un grand fleuve, animée d'une assez grande vitesse au milieu, tranquille et alluvionnante dans les anses qui découpaient les rives.
J'ai retrouvé d'autres restes de l'ancien lit des hauts niveaux de la Seine à des altitudes comprises entre 5im,2o et bk mètres dans la tranchée de la rue Monge, sur la rive droite de la Bièvre; à l'altitude de 63 mètres dans la tranchée du chemin de fer de Ceinture, près de la rue de Vaugirard; enfin à des altitudes variâmes, mais peu différentes de 5û mètres, en construisant les égouts de la route d'Allemagne, de la rue des Cinq-Moulins, etc. (planche n° 3). Tous ces graviers, à l'exception de ceux de la rue de Vaugirard, ne sont pas recouverts par les sables gras de l'alluvion, et, par conséquent, sont imprégnés de limon rouge.
a àlé
le résultai
le L'exhaussement
de l.i Norman lu