CHAPITRE XX
Restes des animaux de l'âge de pierre et traces de l'industrie humaine dans la traversée des terrains tertiaires. — Indices à la surface des plateaux. — Graviers des rivières. — Paris. Hauts niveaux. — Montreuil. — La Bièvre. — Sevran. — Bas niveaux. — Grenelle. — Levallois-Clichy.
70. Les animaux de l'âge de pierre paraissent avoir vécu en très grand nombre l.» animaux sur les plateaux tertiaires du bassin de la Seine. Les points où leurs débris ont ïiïaieut • été rencontrés hors des cours d'eau sont encore peu nombreux, mais très riches
1 ' sur
en ossements. Ies v^^m v^mm
M. Watelet a signalé, le premier, le gisement de Cœuvres, situé à 8 kilomètres à vol d'oiseau de l'Aisne et à peu de distance d'un ruisseau qui débouche sur la rive gauche de cette rivière, à 12 kilomètres environ à l'aval de Soissons. C'est près d'une ferme nommée le Murget, appartenant à M. Rouzé, que la découverte a été faite. Les ossements sont enfouis dans une couche de marne blanche de im,5o d'épaisseur, qui, suivant M. l'abbé Lambert, n'a pas été déposée par le ruisseau de Cœuvres. D'après M. Watelet, ils sont ensevelis à mi-côte, sous un éboulis des roches qui couronnent les coteaux. La liste des animaux dont les restes ont été trouvés peut être ainsi résumée : ours des cavernes, hyène des cavernes, chien (grande taille), grand bœuf, grand cerf , renne, cheval, rhinocéros (lichorhinus) et surtout élép hanl (Elephas primigenius) ; des débris de quarante éléphants ont été trouvés dans un trou de quelques ares de superficie. Enfin on y a recueilli des fragments de mâchoire d'un rongeur indéterminé.
M. Watelet a signalé cette belle découverte dans Y Argus soissonnais du 1 6 février 186/1 et dans le Bulletin de la Société géologique de France (séance du 2 mai 18O/1 , t. XXI, p. 289O).
Un squelette d'éléphant a été découvert dans un atterrissement, au sommet du co.teau du Trosly-Loire (Aisne). (M. Watelet.)
Près de Champcueil, arrondissement de Corbeil (Seine-et-Oise), M. Bréguet a découvert, sous des éboulis de grès, un squelette complet d'hyène des cavernes. La fêle seule a été sauvée; elle est déposée au Muséum. On a trouvé clans le
(l) Voir, en outre, une autre notice sur Cœuvres, même Bulletin, t. XXII, p. 3:2.
même emplacement des dents A" éléphant (Elephas primigenius); j'y ai recueilli moimême quelques ossements de grand bœuf.
M. Desnoyers a décrit les ossements trouvés dans les puits de gypse des coteaux de Montmorency et d'Herblay; ils comprennent la faune suivante :
Carnassiers insectivores. Musaraigne, taupe.
Carnassiers carnivores. Blaireau, belette, putois, martre.
Rongeurs. Campagnol, hamster, spermopliile, lièvre, lagomis.
Solipèdes. Cheval.
Ruminants. Renne, cerf.
Os à'oiseau du genre Râle ; petits batraciens ; coquilles terrestres (l).
On a recueili près de 2000 ossements dans un seul puits de gypse à Montmorency. Je reviendrai sur cette découverte, qui se rattache plus directement au régime des eaux de l'âge de pierre. Des gisements du même genre ont été reconnus sur les coteaux de Dammartin (Seine-et-Oise), à l'extrémité de la plaine Saint- Denis.
71. Silex taillés. Dans un dépôt diluvien qui domine de 10 à 12 mètres la ', ,,, petite rivière de Vesle, près de Quincv-sous-le-Mont, canton de Braisne (Aisne),
la présence de 1 homme l 1 « V /'
sur ks piaicaux. j\j je Saint -M arceaux a recueilli huit haches ou fragments de haches, une pointe de lance et dix-sept silex taillés. 11 assimile cette découverte à celle faite par M. Baudoin près de Châtillon-sur-Seine.
Le même géologue a trouvé des silex taillés en forme de couteaux et de grattoirs dans le gîte à ossements de Cœuvres.
M. Watelet a exposé des haches, type de Saint-Acheul, provenant du même gisement. (Exposition universelle de 1 855.)
M. de Montmahou m'a signalé une localité très riche en silex taillés, dans le voisinage de Nemours, au-dessous des rochers de la Grande-Ecole et de la Joie, et m'a, remis en même temps plusieurs pièces qui en provenaient. Dans le coteau qui descend des roches à la rivière, les vignerons mettent cà découvert de très nombreux silex travaillés. A Nemours, M. Doigneau a réuni une très belle collection de ces objets.
Ces indications suffisent pour démontrer que l'homme et les grands quadrupèdes de l'âge de pierre vivaient en grand nombre sur les plateaux tertiaires qui entourent Paris. Si leurs restes sont rares sur les bords des petits cours d'eau . cela tient à ce que les graviers sont très peu développés dans les étroites vallées secondaires de la Brie et du Soissonnais. Les terrains de transport manquant presque partout, les cadavres n'étaient point ensevelis, et les ossements étaient promptement détruits par l'action des agents atmosphériques.
1 Voir la brochure de M. Desnovers, Annales des sciences géologiques , publiées par M. Rivière, 1 8 i a .
Hauts m.'
Les vallées des grandes rivières, au contraire, sont suffisamment larges pour que les terrains de transport y soient bien développés; elles sont très sinueuses, condition favorable au dépôt des alluvions; leurs pentes sont faibles, et les lits des cours d'eau sont restés longtemps au-dessus des niveaux actuels; les fonds de vallées ne sont pas démesurément larges comme en Champagne, les sablières exploitées en occupent une fraction appréciable, et les gisements d'ossements ont pu être mis à nu dans beaucoup de localités.
Les découvertes de ce genre sont tellement nombreuses, qu'il est impossible de les signaler toutes. Je ne parlerai donc ici que de celles qui justifient ce qui a été dit plus haut du régime des grands cours d'eau.
72. 11 me paraît logique de commencer cette étude par les sablières de Paris, Pan qui ont été exploilées sur une très grande échelle.
Sur la planche n° 3, j'ai figuré en rouge les lambeaux de l'ancien lit, que je rapporte aux hauts niveaux et qui sont compris entre les altitudes de 63 et oi mètres; ces graviers s'élèvent donc de 36m,7 5 à a/i'^S au-dessus du zéro de l'échelle du pont de la Tournelle, niveau des basses eaux de la Seine en 171 9.
J'ai dit que cet ancien lit traversait l'emplacement de Paris presque en ligne droite, et ne dessinait pas les sinueux méandres que la Seine a tracés depuis.
D'après cela, c'est principalement dans les anses des rives qu'on pouvait espérer trouver des ossements.
73. Le 3i mars 1 8 G 6 , je visitai les sablières de la plaine de Vincennes avec Anse <ie Montreuil M. Prestvvich et plusieurs autres géologues anglais, notamment M. Jelfreys et
M. Warrington, président de la Société géologique de Londres, et un géologue belge, M. Dupont. C'est ainsi que j'ai connu les sablières de Montreuil. Le jour de cette visite, nous y trouvâmes divers ossements, et notamment un grand humérus d'éléphant, aujourd'hui déposé au Muséum.
Depuis, j'ai fait surveiller ces sablières par M. Margerie, sous-controleur du service des eaux, qui a rempli cette tâche avec beaucoup de soin et d'intelligence. C'est à lui que je dois la conservation des pièces les plus remarquables, qui étaient tellement friables, qu'elles tombaient en poussière sous la moindre pression. J'ai recueilli ainsi une grande partie de la faune des grands mammifères quaternaires. Les coquilles fluviatiles et terrestres se trouvent aussi en abondance dans les graviers de Montreuil; mais je n'y ai découvert jusqu'ici aucune trace de l'homme et de son industrie.
Ces graviers se sont déposés, comme on l'a déjà dit, dans une anse comprise «•litre les promontoires de Nogent-sur-Marne et de Charonne; au fond, sur la pente, est bâti le village de Montreuil. (Planches \\m 3 et /i.)
Les eaux du fleuve pénétraient en tournoyant dans cette anse, y perdaient leur vitesse et y déposaient les corps flottants et les sables.
Onze sablières y sont exploitées en ce moment; dans toutes on trouve des ossements; mais les deux plus riches, incomparablement, sont celles qui touchent à la route départementale de Paris à Montreuil et qui sont exploitées par MM. Savart et Trimoulet. Pour un ossement qu'on découvre dans les neuf autres sablières, on en trouve certainement dix dans celles-ci. Cela prouve, ce me semble, que les cadavres arrivaient en flottant dans l'anse de Montreuil, et qu'ils atterrissaient à certains points favorables. Si les ossements y avaient été jetés avec le sable, on ne comprendrait pas pourquoi tous les points de l'anse ne seraient pas également riches, et pourquoi les graviers ossifères se seraient portés spécialement dans l'emplacement des carrières Savart et Trimoulet.
Les ossements se trouvent toujours dans le fond des sablières, rarement à plus de 2 ou 3 mètres au-dessus du terrain tertiaire sur lequel reposent les graviers, c'est-à-dire dans le gravier de fond (23).
Leur état de conservation est très variable; quelques-uns n'ont subi aucune altération; on croirait, à les voir si parfaits, qu'ils viennent d'être désarticulés r j'ai découvert notamment une jambe complète d'aurochs (diagr. 34). L'humérus, ie cubitus et le radius, les six os du carpe, le métacarpien et son petit os complémentaire, ont été recueillis dans leur position naturelle; cinq des phalanges et leurs petits os étaient au-dessous, dans le sable.
A côté, et un peu au-dessus, se trouvait la tête, mais renversée, c'est-à-dire à plat sur l'os frontal. L'atlas et une autre vertèbre cervicale ont été recueillis dans le voisinage avec un fragment d'un autre métacarpien; mais, comme ils étaient mêlés avec beaucoup d'ossements provenant d'autres animaux, on n'oserait affirmer que tous ces débris de grand bœuf appartinssent au même aurochs (1).
D'autres ossements sont dans un état de conservation beaucoup moins parfait, et j'en ai recueilli qui sont roulés jusqu'à l'usure presque complète.
Cela démontre d'une manière évidente que la surface des couches ossifères restait longtemps à découvert, exposée à l'action de l'eau; que chacune de ces couches a formé le gravier de fond pendant un temps de régime permanent, comme je l'ai dit plus haut (33). Les ossements les plus anciennement déposés ont été, pendant cette permanence de régime, soumis à l'action des tourbillons qui pénétraient dans l'anse, et la plupart ont été détruits; les plus récents ont été de moins en moins détériorés, et enfin les derniers déposés se sont trouvés dans une position telle, qu'ils étaient certainement sur place avec leurs ligaments bien
11 Ces magnifiques pièces, si friables qu'on n'y d'aurochs qui était réduite en petits fragments. La
pouvait toucher sans les réduire en poussière, ont tête a été restaurée, dans les ateliers du Muséum,
pu être cou ervées. Je les ai consolidées moi-même par M. le docteur Sénéchal, par le procédé de M. Stahl. J'ai remonté la jambe
peu de jours avant le moment où sont arrivés les sables dans lesquels ils ont été enfouis.
DIAGRAMME IN0 3/l.
Coupe de la sablière Savart à Montreuil. Echelle de 0,0 a.
Altitude moyenne du sol : 55m,io.
. iV Terre végétale el limon rouge.
Petits cailloux non roulés.
Sablon jaune impur ( sable gras).
Gros sabic avec parties mélangées de
cailloux.
Sable fin dispose en 1 ides.
S 1 îiî. . m M ui.
Salle.
Sable.
Sable mélangé de cailloux.
Terres à tonrlcalcaire de Saint-Ouen).
C'est donc avec raison que j'ai désigné sous le nom de graviers do l'on d les couches ossifôres (23).
Il n'est pas moins démontré que l'alluvion a été jetée par grande masse dans l'anse de Montreuil. Les ossements de Yaurochs sont figurés dans la position
où ils ont été découverts. Le diagramme n° 34 fait voir nettement que les terrains de transport n'ont point été déposés par petites couches, comme les terrains régulièrement stratifiés au fond de la mer ou d'un lac; la position relative «les os de X aurochs prouve que la surface de la couche à ossements a été assez vivement remuée par les tourbillons, en temps de crue probablement, pour séparer ces diverses pièces par une couche de sable de plus d'un mètre de hauteur. C'est ce qui a lieu encore aujourd'hui dans nos petites rivières. Lorsqu'en basses eaux on voit le corps d'un animal quelconque échoué sur un banc de sable et désarticulé par la putréfaction, on est bien certain, à la suite de la première crue, de trouver tous les ossements dispersés ou enfouis à diverses profondeurs dans le sable, quoique, en apparence, la forme du banc n'ait pas changé. AMontreuil, il faut constater, en outre, que, depuis l'ensablement des ossements de Yauroclis, cette partie de la sablière n'a plus été bouleversée; la disposition très compliquée des amas de sable où étaient enfouis les ossements est due à une seule crue, et la masse AB de terrain de transport a été apportée par la même crue.
C'est très probablement à une époque de changement de régime, dans un moment où le fleuve abaissait son lit, que l'aurochs et toute cette masse de sable ont été apportés (33).
La disposition des zones du limon des débordements, du gros sable et des amandes de sable et de gravier, est d'ailleurs la même que dans les coupes de Grenelle et de Levallois (diagr. nos 20, 91, et 22), et fait voir que les dépôts ont eu lieu par tourbillonnements.
Ossements ; - reraarquabi découverts dans
1 HTI«C (Il M
7 h . C'est dans les sablières de Montreuil que , pour la première fois , on a trouvé des ossements d'animaux considérés jusqu'ici comme appartenant à l'époque tertiaire.
Rhinocéros. J'ai recueilli dans ces sablières trois molaires de Rhinocéros Merchii, la dernière molaire d'une mâchoire supérieure de Rhinocéros etruscus (déterminées par M. Lartet), quinze autres molaires, un fragment de mâchoire inférieure garni A<>> deux dernières molaires et vingt-trois fragments de molaires, qui appartiennent soit à une de ces deux espèces, soit peut-être au Rhinocéros leptorinus. Ce fait seul aurait suffi autrefois pour faire classer les graviers de Montreuil dans le terrain pliocène. Il est certain, au contraire, qu'ils appartiennent à un vieux lit de la Seine et qu'ils sont quaternaires, ce qui rajeunit singulièrement les rhinocéros dont il vient d'être question.
M. Reboux a trouvé les restes des mêmes animaux dans les graviers des bas niveaux de Levallois et de Clichy.
Le Rhinocéros tichorhinus n'a pas été trouvé jusqu'ici à Montreuil.
Cervus megaceros (?). J'ai recueilli divers débris d'un cerf d'une taille à peu près égale à celle du megaceros, notamment un fragment de mâchoire inférieure garni
de deux prémolaires, de la première molaire et des racines des deux suivantes, qui a été déterminé par M. Lartet.
J'ai trouvé, à côté de la tête d'aurochs dont il a été question ci-dessus, les fragments d'un métatarsien de grand cerf qui a pu être reconstruit entièrement, et qui est de même longueur que celui de la femelle du megaceros du Muséum. M. Lartet pense cependant qu'il appartient à un cerf élaphe de très grande taille. La gouttière antérieure est très différente de celle du métatarsien du megaceros; un des bords est beaucoup plus saillant, l'autre plus déprimé.
Cervus Delgrandi. J'ai découvert une autre espèce de cerf non décrite, d'une très grande taille; j'en possède trois frontaux et trois fragments de bois, tous recueillis dans la carrière Savart. M. Lartet a rapproché ces ossements de toutes les figures de bois de cerfs pliocènes et de l'âge de pierre publiées ou photographiées jusqu'ici, et n'en a pas trouvé qui soient comparables; c'est donc une espèce nouvelle. Le plus grand a le front aussi large que le megaceros; voici en quoi il en diffère :
i° Les bois sont plus grêles et moins inclinés latéralement;
2° L'andouiller basilaire manque : c'est un caractère fort important et très rare; le premier andouiller est à 7 centimètres de la couronne basilaire et tourné en dedans. Un des grands cerfs de Saint-Prest manque aussi d'andouiller basilaire; mais le premier est tourné en dehors '1).
M. Lartet a désigné cette nouvelle espèce sous le nom de Cervus Belgrandi. Elle se rapproche beaucoup plus des espèces considérées jusqu'ici comme pliocènes que des espèces quaternaires ou modernes. Il est possible que la mâchoire et le métatarsien décrits ci-dessus et d'autres ossements de grands cerfs recueillis également à Montreuil appartiennent au Cervus Belgrandi. Ce qui donnerait quelque poids à cette opinion, c'est que, jusqu'ici, on n'a découvert dans les sablières de Montreuil aucun fragment de bois de megaceros.
Elan. Un très beau métacarpien à élan a été trouvé dans la carrière Savart. On sait qu'on n'avait jamais trouvé l'élan dans les terrains de transport de France. Ce métacarpien dépasse |d'un quart environ en largeur celui du plus grand élan de la collection du Muséum.
Carnassiers. Je vois encore parmi les pièces que j'ai sous les yeux cinq canines d'ours, dont quatre appartiennent à une petite espèce: une dent canine d'hyène (Hyœna spclœa), et une autre plus petite provenant d'un carnassier indéterminé.
Aurochs. Je n'ai recueilli jusqu'ici aucun fragment de cornes du Bosprimigenius.
[,) Voir la figure donnée par M. Paul Gervais(fle- m'a fuit voir lu photographie d'un autre grand cherches sur l'ancienneté de l'homme, etc. Artus Ber- cerf de Saint-Prest, qui ressemble beaucoup au trand, 1 1, nie Uautefeuille). — Depuis, M. Lartet Cervus Delgrandi.
Uaurochs, au contraire, y est très commun. J'ai recueilli principalement clans les carrières Savart et Trimoulet :
i° La tête dont il a été question ci-dessus, avec les deux cornes, les os orbitaires, la boîte osseuse du cerveau, l'os occipital, le frontal et le nez; la mâchoire supérieure a malheureusement été cassée d'un coup de pioche; cinq dents ont été recueillies; la mâchoire inférieure manque. Une autre tête moins complète.
2° Une jambe de devant entière, à l'exception d'une phalange onguéale et de la moitié supérieure de l'humérus. Cette jambe présente une particularité assez curieuse : le métacarpien est alTecté d'une tuméfaction à son extrémité; l'animal était rachitique. Cette particularité a permis de reconnaître, dans de nombreux ossements trouvés à proximité, l'autre métacarpien, portant les traces de la même maladie.
3° Les cornes ou débris de cornes de huit autres aurochs au moins.
k° Cent soixante et dix dents appartenant à des animaux du genre Bos, la plupart de grande taille, et probablement à l'aurochs, puisque c'est le seul grand bœuf dont les cornes aient été rencontrées. Les débris énumérés ci -dessous appartiennent aussi pour la plupart à de grands bœufs.
5° Dix vertèbres cervicales de grandes dimensions, dont deux atlas et deux axis. Débris très nombreux.
6° Sans compter les os de la jambe décrits ci-dessus, un radius et quatre fragments, un métacarpien entier et quatre fragments, deux os du carpe, six fragments d'humérus.
7° Six fragments de tibia, deux de fémur et cinq de métatarsien.
8° Deux grands calcanéums et deux plus petits, trois os du tarse.
9° Onze astragales entiers de grandes dimensions et quatre fragments.
î o° Six phalanges.
1 1° Innombrables débris qui peuvent être déterminés pour la plupart.
Uaurochs de Montreuil était à courtes cornes; la plus longue corne trouvée mesure 55 centimètres de longueur, en comptant pour 2 centimètres la pointe qui manque; les cornes de la tète décrite ci-dessus ont om,4o de longueur et om,33 de circonférence à la base. L'animal était donc de taille médiocre, quoiqu'il fût vieux. Les dents sont très usées.
Petit bœuf. Parmi les ossements décrits ci-dessus se trouvent ceux d'un petit h œuf non déterminé.
Cheval. Le cheval est plus rare que le bœuf: je n'ai recueilli que quarante dents, les unes appartenant à des chevaux de très grande taille, les autres à une espèce plus petite, un fragment de canon, deux astragales, douze phalanges, une vertèbre brisée et quelques autres ossements non déterminés.
Cerf. Outre les ossements de grands cerfs décrits ci-dessus, on a recueilli à Montreuil : i° un astragale, une phalange et une dent de cerf de très petite espèce; 20 un fragment de bois d'une nouvelle espèce; la meule fait voir que
ce bois était très incliné latéralement; 3° des ossemenls de Cervus elaphus assez nombreux.
Chevreuil (?). Un métacarpien.
Les restes de ces diverses espèces de cerfs sont moins nombreux encore que ceux du cheval. Ainsi le nombre des dents recueillies pour les six espèces du genre Cervus mentionnées ci-dessus ne dépasse pas dix.
Sanglier. Deux molaires, un métacarpien, un fragment d'humérus.
Eléphant. Un humérus énorme, de im,35 de hauteur, a été découvert au fond delà carrière Trimoulet: j'ai dit dans quelles circonstances. C'est le plus grand humérus d'éléphant connu. Cette belle pièce est aujourd'hui dans la Galerie de géologie du Muséum, auquel elle a été donnée par M. le Préfet de la Seine.
Il faut probablement rapporter au même colosse un métacarpien qui n'a pas moins de 26 centimètres de longueur sur 28 centimètres de circonférence, mesurée au milieu de la longueur.
La collection comprend, en outre, plusieurs fragments d'os de toute grandeur : têtes d'humérus, débris de vertèbres et d'os longs.
Elephas antiquus. Deux fragments de molaires, de très grandes dimensions, ont peut-être appartenu à Yéléphant dont les débris gigantesques viennent d'être décrits.
Elephas primigenius. Deux dents de lait très bien conservées, trois beaux fragments de molaires d'adulte.
Les ossements d'éléphant sont moins communs à Montreuil que ceux des animaux qui précèdent.
Hippopotamus major (?). Trois fragments de canines, dont deux de grandes dimensions; deux molaires d'une belle conservation, dont l'une très grosse; la première phalange d'un doigt.
En somme, la faune de Montreuil comprend les espèces suivantes :
CARNASSIERS. SOL1PKDES.
Ihjœna spelœa. Equus, grande (aille.
Ursiis (de petite taille). Equus, petite taille.
Carnassier indéterminé.
PROBOSCID1ENS.
RUMINANTS
Bison curopœus.
Bos, petite taille.
Elephas.
Elephas antiquus. r * /
1 ' Cervus atccs.
' lu * Cervus megaceros hibernions (?).
pachydermes. Cervus Belgrandi, Larlet, espèce nom elle.
Bhinnceros Merlcii. Cervus, espèce non déterminée, à bois très
Rhinocéros elruscus. inclinés latéralement.
Iiltinoceros Irplorhinns (?). Cervus elaphus.
Hippopotamus major. Cervus (espèce indéterminée, 1res petite).
Sus scropha. Cervus eapreolus (?).
Jusqu'ici le renne et le Rhinocéros tichorhinus n'ont pas été trouvés à Montreuil.
Faune 75. On a dit plus haut (35) que les eaux de la Bièvre, refoulées par le lîeuve
îles limons de la ISièvre î i»a î • c i î i î /i -n •
et des graviers de 1 âge de pierre, avaient tonne, en amont de la butte aux Cailles, un épais dépôt
de ia route d'Italie. lim()neux
M. Constant Prévost a donné la liste suivante des ossements recueillis dans cette localité par M. Duval W :
Eléphant. Côte et portion du bassin , fragments de dents.
Cerf. Bois.
Bœufs. Plusieurs os et dents.
Rhinocéros. Os du carpe et dent molaire.
Chevrolain, très petite espèce. Portion de tibia.
Blaireau. Mâchoire et plusieurs os.
Cochon. Dents.
Tigre ou lion. Dent canine.
Cheval. Mâchoire.
Rongeurs. Dents et vertèbres de plusieurs espèces très petites (campagnol).
Oiseaux. Os de gallinacés.
Os de batraciens, lézards, serpents, coquilles fluviatiles et terrestres, telles que hélices, paludines, hulimes, cycloslomes , lymnées et cyclades.
D'après M. Lartet, parmi les ossements de rongeurs se trouvait une tête de marmotte très bien conservée.
Cette faune se distingue delà plupart des faunes connues des autres cours d'eau , en ce qu'elle renferme des débris de petits animaux; cela est tout naturel, puisque les ossements tombant dans un dépôt limoneux, c'est-à-dire dans une partie du lit où l'eau était sans vitesse et sans violence, les plus petits, les plus délicats ont pu s'y conserver jusqu'à nous. Il est évident, au contraire, que le cadavre d'un campagnol et même d'une marmotte, lorsqu'il tombait à la surface d'un banc de sable ou de gravier, devait être presque immédiatement détruit par le frottement des matières lourdes charriées par l'eau.
J'ai cependant trouvé un os long d'un très petit animal dans la sablière Savart, à Montreuil; mais cet ossement, trop friable, a été détruit avant d'avoir été déterminé.
Cette faune de la Bièvre est intéressante à un autre point de vue. Rien ne prouve mieux, suivant moi, l'existence du déversoir de la route de Fontainebleau, si bien dessiné encore aujourd'hui parla disposition des lieux; les cadavres d'animaux et les autres corps flottants qui passaient par-dessus ce déversoir tombaient daris la vallée de la Bièvre; ceux qui étaient entraînés vers l'aval s'écoulaient dans la Seine; mais ceux qui entraient dans les tourbillonnements d'amont s'enfouissaient dans le limon qui se déposait en abondance dans ces eaux tran-
"' Bulletin de la Société géologique de France, t" série, t. XIII, p. 297. La collection de M. Duval a été vendue à M. Arassiz.
Anse du Kremlin.
quilles. 11 est à remarquer que ces dépôts limoneux, si puissants sur les coteaux de la vallée de la Bièvre, eu amont du chemin de ceinture jusqu'à Bourg-la- Reine , manquent en aval. Aussi aucun ossement n'a été découvert jusqu'ici, sur les flancs de celte vallée, entre le chemin de fer et la Seine.
Il est possible que la Bièvre ait été creusée, dès l'origine, à peu près avec son profil actuel; les ossements trouvés par M. Duval ont donc pu se déposer depuis le commencement de l'âge de pierre, tant que les eaux du grand fleuve ont passé par-dessus le contrefort de la barrière d'Italie.
76. Le lit de la Seine formait, sur la rive gauche, à l'extrémité de la plaine d'Ivry, une petite anse coupée aujourd'hui par la route d'Italie, au pied de la rampe de Villejuif; la sablière du Kremlin (route d'Italie, n° 5o) est exploitée au fond de cette anse (30). Je n'ai pu me procurer aucun renseignement sur les découvertes faites antérieurement dans ces graviers; j'y ai recueilli une vertèbre (Y hippopotame de grande taille, des fragments de grands os d'éléphant, des dents de cheval, etc.
Cette sablière, les graviers de l'anse de Montreuil et les limons de la Bièvre, sont, jusqu'ici, les seuls terrains ossifères appartenant aux hauts niveaux de l'ancienne Seine, à Paris et dans la banlieue.
En examinant la planche n° 3, on reconnaît, en effet, que les dispositions des autres restes des lits élevés sont peu favorables au dépôt des corps flottants. Le plateau de la butte aux Cailles et la plaine d'Ivry étaient en plein courant, et d'ailleurs les cadavres qui passaient par-dessus tombaient naturellement dans la Bièvre; le plateau de l'avenue Daumesnil et de la plaine élevée comprise entre Charenton et Saint-Mandé était au milieu du lit; il en était de même des graviers de la dépression de la Villette et de la Chapelle, qui, d'ailleurs, paraissent avoir été emportés presque entièrement dans le travail d'abaissement des lits. Il n'est donc pas étonnant que je n'aie recueilli, dans les nombreuses tranchées ouvertes dans ces terrains, que deux dents de mammouth complètement dépouillées de leur cément (tranchées de l'avenue Daumesnil et de la place de Beuilly), et que les coquilles lluviatiles et terrestres, si communes à Montreuil et dans les limons de la Bièvre. v manquent presque complètement.
Je n'ai trouvé jusqu'ici aucun silex taillé dans les sablières de l'anse de Moutreuil. Est-ce parce que je n'ai pas l'ait surveiller d'assez près les exploitations? Est-ce parce que cette anse était ouverte dans une île de l'ancien lit et que celte île était déserte, (voir la planche n" h )? C'est ce que je ne [mis dire.
Mais nous allons trouver des traces du travail de l'homme à une autre station bien connue des géologues.
77. J'ai démontré plus haut (*20) que la longue dépression de Sevrait . dans
ls', LA SEINE.
laquelle M. Girard, en creusant le canal de l'Ourcq, a recueilli des ossements décrits par Cuvier, faisait partie des hauts niveaux, quoiqu'on n'y trouve ni sable ni gravier; son altitude même prouve que cette dépression établissait une communication entre la Marne et le marais de la plaine Saint-Denis traversé par la Seine.
Quoique ce dépôt ne soit pas à Paris, je crois qu'il convient d'en parler ici, parce que le bras du fleuve dans lequel il s'est formé n'était séparé du bras principal où se trouve l'anse de Montreuil que par une île, la longue bande de terrain gypsifère qui s'étend de Dampmard à Paris.
Les cadavres flottants qui s'engageaient dans ce défdé atterrissaient au point culminant, et les ossements s'y sont conservés dans la vase qui se déposait en même temps dans cette eau dépourvue de vitesse.
Les ossements trouvés par M. Girard appartiennent presque tous à des animaux de race éteinte ou qui ont abandonné le pays : Elephas primigenius, aurochs, Megaceros hibernions, antilope (?), peut-être petit bœuf.
Mais ce qui est très important, c'est que M. Lartet a découvert, sur les ossements décrits par Cuvier, des traces non douteuses faites par des instruments en silex.
tf Parmi les os provenant de cette localité, dit notre savant ami, il y en a qui représentent des entailles profondes avec un plan de section légèrement ondulé et ce strié, comme s'il eût été produit avec un tranchant flexueux et imparfaitement ce aiguisé, analogue à celui de certains silex taillés que l'on a recueillis dans le « diluvium d'Abbeville (l). r>
L'homme existait donc sur les bords de la Seine à l'époque la plus reculée de l'existence de ce fleuve.
A Paris, entre les hauts niveaux qui se terminent à l'altitude de 5i mètres (avenue Daumesnil) et les bas niveaux qui commencent à l'altitude de 38 mètres (sablière du Ghevaleret), on trouve des lambeaux assez nombreux des lits intermédiaires occupés par la Seine; mais, jusqu'ici, on n'y a recueilli aucun ossement.
Basniveaux. 78. Si les gîtes à ossements des hauts niveaux étaient inconnus jusqu'à ces
dernières années, il n'en est pas de même de ceux des bas niveaux, qui sont beaucoup plus nombreux, et, il faut insister sur ce point, la disposition contournée du lit du grand fleuve à cette époque de l'âge de pierre était on ne peut plus favorable au dépôt des corps flottants.
On a vu ("21 et 22) que les contours du fleuve déterminent à Paris trois points d'ail uvionnement favorables au dépôt des corps flottants : le premier, sur la rive droite du fleuve, dans l'anse comprise entre la saillie des coteaux de Bercy et
\ i ii découvertes.
Bulletin de la Société géologique de France, 2e série, t. XVII, p. 692.
de Chaillot, surtout, à l'abri de cette saillie, vers la petite rue de Reuilly; le deuxième, à Grenelle, à lavai de la rive convexe du tournant du Champ de Mars; le troisième, à Levallois-Clichy, à l'aval de la rive convexe du tournant du Lois de Boulogne.
Quoique les géologues aient été peu portés à l'étude des terrains de transport avant les découvertes de M. Boucher de Perthes, cependant les ossements sont si nombreux dans les localités que je viens de nommer, que depuis longtemps ils ont attiré l'attention des naturalistes.
Ainsi, dans l'ouvrage de Cuvier (t. IV, p. 656), il est fait mention de la canine du grandfelis trouvée en creusant un puits rue d'Hauleville et donnée par M. de Bourrieune au Muséum, où elle est encore aujourd'hui. Cuvier a décrit divers autres ossements, notamment une canine d hippopotame découverte à Grenelle. M. le comte de Rambuteau a donné au Muséum un humérus de rhinocéros trouvé dans les fouilles de l'Hôtel de Ville.
Voici l'énumération sommaire des ossements découverts dans les localités désignées ci-dessus, avant ces dernières années :
Sablières du Ciievaleret. Eïephas primigenius, molaire, os du tarse.
Sablière de la petite rue de Reuilly, passage Montgallet, altitude 3o°\2 3. Très nombreux ossements :
Elephas primigenius ; Equns ;
Bhinoceros tichorhinus; Bas;
Bhinoceros l/erc&n(?); Ccrvus megaccros ('?).
Rue Popincourt, même altitude Ossements d'éléphant.
Place de Gbève. Humérus de rhinocéros. (M. le comte de Rambuteau.)
Square Momtholon. Squelette complet d'Elephas primigenius. (.MM. Gonse, Belgrand.)
Rue D'Haute ville. Canine de grand f élis. (Cuvier.)
Rue de Douai. Jambe complète de cheval, métacarpien de renne. (M. Belgrand.)
Tranchée du grand égout de Sébastoi>ol. Défense d'éléphant.
Sablières de la plaine de Grenelle et de l'avenle de Lamotiie-Piquet, n° (i i . aujourd'hui remblayée. Très nombreux ossements recueillis par \l. Cosse, de Genève : éléphant, rhinocéros, cheval, renne, cerf élaphe, grand bœuf, grand tigre, etc. et, en outre, nombreux silex taillés.
Canine d'hippopotame. (Cuvier.)
Bulletin <!<■ lu Société d'anthropologie , séance 'lu 3 mai 1860.
Mâchoire d'hyène trouvée près de l'hôpital Necker et donnée à l'École des mines par M. Llie de Beaiunont.
Plaine de Levallois-Glichy. Dents d'Elephas primigenius et antiquus; hache taillée, forme de Saint-Acheul (M. Ed. Lartet); mâchoire intérieure d'Elephas primigenius (M. L. Lartet). Beaucoup d'autres géologues, MM. Blainville, P. Gervais, Collomb, etc., ont décrit des ossements trouvés dans les sablières de Grenelle et de Clicliy. Je me borne à mentionner ces découvertes, et je me hâte d'arriver à celles qui ont été faites dans ces dernières années par deux géologues explorateurs très dévoués à la science, MM. Martin et Reboux, qui ont enrichi le Muséum d'une faune complète des mammifères des bas niveaux de Paris.
piaine de Greneiic. 79. M. Martin a fait ses recherches dans les sablières de la plaine de Grenelle. (Voir la planche n° 3.)
Ses découvertes ont été mentionnées dans une note de M. Albert Gaudry ' . Voici, d'après cette note, les animaux dont M. Martin a trouvé les débris à Grenelle :
Elephas primigenius; Bos primigenius;
Elephas antiquus; Bison europœus(l);
Rhinocéros tichorhinus; Zebu(l);
Hippopotamus major (?) ; Cerms canadensis (?):
Equus plicidens (très nombreux); Cervus elaphus;
Equus; Cervus tarandus.
Equus <tsinus{T)\
Ces ossements ont tous été recueillis dans la partie inférieure des sablières, dans le gravier de fond. Les plus remarquables sont trois canines, une incisive et une molaire Ôl hippopotame , trois magnifiques molaires d'Elephas antiquus et un bois ('■norme d'un grand cerf que M. Gaudry croit être le Cervus canadensis. Depuis, M. Martin m'a donné un très beau métacarpien de megaceros, une jambe de cheval comprenant le canon, les phalanges et le sabot.
Il a découvert de nombreux ossements hautains dans l'alluvion du dernier grand lit de la Seine, c'est-à-dire à très peu de hauteur au-dessus des eaux actuelles el bien au-dessous du niveau des grandes crues du fleuve moderne; il a aussi recueilli dans la même sablière, exploitée par M. Hélie, des ossements de retint et plusieurs silex taillés.
\insi que je l'ai dit plus haut (23, 37, 53. 73), cette alluvion s'est faite très rapidement, là comme ailleurs; ces graviers appartiennent à la dernière phase de l'âge de pierre, au changement de climat qui a fait disparaître les grands cours d'eau.
Bulletin de la Société géologique de France, •> série, I. XXIV, p. 1^7.
La coupe et le plan ci-dessous l'ont voir la disposition des lieux.
Plan et coupe de la sablière Hélie, à Grenelle.
Avenue S! Charles
~^ aWîutic 30.70.
aUUnric Z8mOO.
ABC , développement de la coupe; — a, pelit gravier avec débris de granit du Morvan; — b, sable fin hv> |>ur; — c, sable fin plus impur, jaunâtre; — d, sable limoneux (sable gras); — e , gravier limoneux; — /, limon des débordements; — PQR, zones dans lesquelles les ossements humains ont dté trouvés; — L, limite de l'exploitation.
Les ossements ont été trouvés à environ t,u,/io au-dessous du sol, soi! à l'altitude de 2()"',5o; mais M. Martin a fait des sondes au point D du plan, el en a découvert jusqu'à l'altitude de -i() mètres. Il est bon de remarquer que l'altitude des basses eaux de la Seine, dans la localité, est de zlim,6']. Les graviers de fond du vieux Ni de l'âge de pierre sont certainement au-dessous de relie altitude; les ossements ont donc été trouvés dans l'alluvion qui a rempli l'excès de largeur de ce vieux lit (37. 53).
Le terrain est très sensiblement horizontal jusqu'au bord de la Seine, qui esl
ai
à 5 60 mètres environ de la rue Saint-Charles. Or les crues de la Seine s'élèvent bien au-dessus du niveau de la sablière. La crue de 1 658 , la plus grande connue, a atteint 3 3m-/i 7 d'altitude, tandis que l'altitude du sol est 3om,c)o. Depuis 1 732 , le fleuve a submergé dix fois cette partie de Paris.