‹ La SeineChapitre 69 sur 96 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Suite des découvertes faites dans les terrains tertiaires et la craie normande. — Sablières de la valle'e de la Seine en amont et en aval de Paris; — des vallées de la Marne, de l'Aisne et de l'Oise. — Coquilles fluvialiles et terrestres des sablières.

82. J'ai trouvé des restes des graviers des hauts niveaux sur la rive convexe vaH& & ia &«« du tournant de Melun, dans la tranchée du chemin de fer à la sortie de la gare, et eu aval a, r à l'altitude de 52 mètres environ ; à Corheil, sur la rive gauche, à l'extrémité du cap situé au conlluent de l'Essonne, à l'altitude de 60 mètres; en face, sur la rive droite, dans le parc du château de Saint-Germain; à l'aval de Paris, Cuvier et Brongniart citent les caps de la foret de Saint-Germain et de Chanteloup, en face de Poissy.

Enfin, dans la basse Seine, M. l'ingénieur Saintyves m'a fait connaître les graviers du cap de Gaillon, qui sont à l'altitude de 5'7m,67, et ceux du cap de Tourville, en face d'Elbeuf, à l'altitude de hSm,oli. Je ne connais aucune découverte faite à ces hautes latitudes. Mais il suffît de visiter ces localités pour constater que l'on n'a rien trouvé jusqu'à ce jour, parce que les graviers sont peu et mal exploités.

Lue seule localité a donné des ossements. A 2 kilomètres de Mantes environ se trouve un épais dépôt limoneux qui s'est formé à l'époque des hauts niveaux, sur un coteau convexe du tournant de la vallée de la Seine, qui est en même temps le fond d'une anse formée par le débouché de la petite rivière de Vaucouleurs. Il suffit de jeter les yeux sur la carte de cette partie de la vallée de la Seine pour constater que l'eau du fleuve de l'âge de pierre devait y être complètement dépourvue de vitesse et n'y pouvait déposer que du limon. C'est à très peu près la disposition déjà décrite des débouchés de la Bièvre et de l'Orge.

M. Cauzard, « 1 11 1 exploite ces limons pour faire de la brique, m'a envoyé de 110111lii-enx ossements de marmottes, parmi lesquels se trouvaient six têtes. Ces marmottes étaient toutes sur le même plan horizontal; à un mètre environ au-dessus, on a trouvé quelques ossements <le cheval. J'ai visité moi-même la localité avec MM. Saintyves et lloujou , et nous y avons trouvé un squelette de marmotte presque entier.

Le dépôt de limon de Manles-la-Ville s'est formé autour de la pointe du coteau de la rive gauche de la Vaucouleurs. M. l'ingénieur Saintyves a bien voulu faire relever les altitudes de ce dépôt, dont la partie supérieure est parfaitement liori-

zontale, car la surface de la carrière de M. Cauzard est à l'altitude de 60 mètres; en suivant la crête du dépôt jusqu'à 900 mètres de là, au point où il se termine, on trouve l'altitude de 6om,2o. C'est, comme on le voit, l'altitude des hauts niveaux entre la Champagne et la mer, et ces cotes suffisent pour démontrer que ce limon a été déposé dans le lit le plus élevé du fleuve de l'âge de pierre.

Les marmottes ont été trouvées à l'altitude de 52m,3,7, c'est-à-dire à 7m,63 de profondeur dans le limon, dont l'épaisseur totale est de 10 mètres au moins.

Ce lamheau de terrain de transport des hauts niveaux est nettement séparé. comme à Paris, des restes des lits intermédiaires et des bas niveaux de la Seine. Les graviers des lits intermédiaires les plus élevés paraissent être à l'altitude de h'.\ mètres; les points les plus élevés des bas niveaux à 35 mètres; la berge de la Seine actuelle à i8m,4/i; la Seine a donc abaissé son lit, dans cette localité, de 6om-i8m,6£ = /iira,56.

J'ai fait (21) l'énumération des caps de terrains de transport des nombreux tournants de la vallée de la Seine dans la traversée des terrains tertiaires et de la Normandie. Malheureusement ces graviers, qui doivent être si riches, sont peu ou mal exploités quand on s'éloigne de Paris. Parmi les exceptions, il faut citer les graviers du Pecq, en face de Marly et de Saint-Germain; ce cap de terrain de transport est dans une situation analogue à celle de Levallois et de Grenelle. M. Paul Gervais m'a dit qu'on y avait trouvé des ossements, notamment des molaires iï éléphant et des silex taillés qui sont déposés au musée de Saint-Germain. C'est une des localités citées dans la note de M. Gosse, qui a trouvé des silex taillés®. Il est probable qu'on y ferait d'aussi nombreuses découvertes qu'à Levallois, si les sables étaient suffisamment exploités.

Dans le tournant de Poissy, on a trouvé un frontal de megaceros et une molaire de Rhinocéros Merckii.

Je n'ai pu obtenir aucun renseignement sur les découvertes faites en amont de Paris; je crois qu'elles ont été peu nombreuses, quoique les sables soient très étendus; mais ils sont moins bien disposés. et De Paris à Moret, disent Cuvier et tcBrongniart, la Seine, étant beaucoup moins sinueuse, présente aussi beaucoup rr moins de ces plaines d'atterrissement (- . v II me semble cependant que, sur la rive droite, en face de Melun, le cap de gravier signalé (21), qui descend des hauts niveaux jusqu'au fleuve moderne, doit être riche en ossements, et qu'on a dû en mettre au jour un grand nombre dans les chambres d'emprunt du chemin de fer; d'après ce qui a été dit à M. Roujou, on y aurait trouvé un os long qui n'a pas été déterminé.

A l'aval de Poissy, la vallée de la Seine s'élargit considérablement, et les graviers

(l) Bulletin de la Société d'anthropologie', séance !) Description géologique des environs de Paris.

du .°) mai 1860. p. 32^.

sont si étendus, que les sablières n'en occupent qu'une partie insignifiante. J'ai constaté qu'elles étaient fort incomplètement exploitées ; on se borne à enlever la couche supérieure du gravier de fallu vion : les découvertes doivent donc être rares, et je n'ai pu obtenir aucun renseignement sur celles qui ont pu être faites entre Meulan et Elbeuf.

En 1860, dans la tranchée du chemin de fer, M. Boutillier a découvert des ossements de cerf et d'éléphant au hameau des Quatre-Mares, un peu en amont de Rouen, entre Saint-Etienne et Sotteville. Ces ossements étaient à 1 mètre environ au-dessus du niveau actuel des basses eaux de la Seine.

Des ossements d'éléphant ont été recueillis dans la vallée de l'Eure, à Pacy. (M. Desnoyers.)

83. La vallée de la Marne étant extrêmement sinueuse dans la traversée des vaii&deiaMarue. terrains tertiaires (21 et 22), on y a fait beaucoup de découvertes; voici celles (Voirkpianchen°4.) qui se rattachent aux hauts niveaux :

1° Rive convexe du tournant de Chalifert, à droite de la Marne, canton de Lagny (Seine-et-Marne). Des ossements et notamment des débris d'éléphant ont été trouvés dans la tranchée du chemin de fer, à peu près à l'altitude de 56 mètres.

20 Anse de Chelles. On a recueilli des ossements dans deux sablières qui sont situées à très peu près à l'altitude de 60 mètres. La première est voisine du village de Brou et près du chemin de fer; M. Ch. Laurent m'a remis divers ossements qui en proviennent, notamment des lamelles de dents (^éléphant et un fragment de corne de grand bœuf. La seconde carrière, la plus riche, est au bord de l'anse, entre Chelles et Cagny, près du château de Chenay, appartenant à M. le comte Roger; M. Laurent m'a dit que M. Prospcr Bazile avait réuni une très belle collection d'ossements recueillis dans cette sablière.

Après l'anse de Chelles vient celle de Neuilly-sur-Marnc; mais je n'ai trouvé dans cette localité que des lambeaux insignifiants de graviers des hauts niveaux.

3° Anse de Joinville-le-Pont. Si l'on veut bien jeter les yeux sur la planche n" h, on verra que les plus anciens lits, ceux qui correspondent à l'altitude de 60 mètres, passaient en ligne droite par-dessus le cap de Joinville-le-Pont; aussi nous avons exploité des sablières au sommet du cap, derrière la station de Joinville, à l'altitude de Go mètres, et nous n'y avons trouvé ni ossements, ni coquilles (limailles ou terrestres, ni même aucun débris de fossiles du calcaire grossier.

Mais, dès que la rivière a commencé le travail d'abaissement de son lit, la presqu'île de Saint-Maur a surgi au-dessus de l'eau, et l'anse de Joinville-le-Ponl s'est dessinée. Au fond même de cette anse, vers l'altitude de !")•>. mètres, sur le penchant du coteau qui descend vers la Marne, à l'entrée de Joinville, il restait, il y a quelques années, un lambeau de ce premier lit abaissé qui appartenait encore aux hauts niveaux. Celte sablière a été entièrement exploitée, et l'on y a trouvé de

très nombreux ossements, des coquilles fluviatiles et terrestres et une quantité incroyable de débris de cérites et autres fossiles du calcaire grossier.

Ces deux carrières de Joinville, l'une complètement azoïque, l'autre si riche en débris des animaux de l'âge de pierre, sont séparées par le chemin de 1er, et nous ne croyons pas qu'il existe en géologie un contraste plus frappant et cependant plus facile à comprendre; la première fait partie d'un lit rectiligne, la seconde «'■tait au fond dune anse.

On a, d'après M. Ed. Lartet, trouvé dans l'anse de Joinville-le-Pont les restes des animaux suivants : Elephas, Rhinocéros tichorhinus, Rhinocéros Merckii (?), Equus.

Sablières azoïques. Nous avons indiqué, sur la planche n° h, diverses sablières exploitées le long du canal de l'Ourcq. Elles sont toutes situées à des altitudes voisines de 60 mètres et appartiennent aux hauts niveaux. Leur position fait voir quelles n'étaient ni dans les anses ni à l'aval de la rive convexe d'un tournant; aussi sont-elles complètement azoïques : on n'y trouve ni ossements ni coquilles fluviatiles ou terrestres.

En amont du confluent de l'Ourcq, les hauts et les bas niveaux sont à des altitudes trop voisines pour qu'il soit facile de les distinguer; ainsi, à Saint-Jean-les- Deux-Jumeaux, déjà les sablières descendent sans discontinuité de l'altitude de 60 mètres à la Marne. Vers Chézy-1' Abbaye, les sables sont tous à une très petite hauteur au-dessus du niveau actuel de la Marne, et il en est ainsi jusqu'à la limite des terrains tertiaires et de la craie.

ux de la Marne 84. 1° ANSE DE LA VALLEE DU SuRMELIN, EN AMONT DE Ch.ÂTEAU-ThIERRY. Yei'S Mézy,

une anse profonde se dessine dans la vallée de la Marne, au confluent du Surmelin. En exploitant une sablière pour les travaux de l'aqueduc de la Dhuis, j'ai recueilli trois molaires, un fragment de défense et des débris d'os longs à' Elephas primigenius; un autre fragment de défense est entre les mains de M. l'agent voyer de l'arrondissement de Château-Thierry.

a0 Tournant de Château-Thierry. M. l'abbé Lambert m'a dit qu'on avait trouvé de nombreux ossements au pied du coteau convexe de ce tournant, au-dessous du village d'Étampes, dans les tranchées du chemin de fer, à très peu de hauteur au-dessus de la Marne.

3° Anse du confluent du Petit-Morin. Des ossements de grands bœufs et de cerfs, une tète et des côtes d'un petit carnassier, ont été trouvés au moulin de Condets, à très peu près au niveau du Petit-Morin et à k mètres au-dessous du sol. Il y avait surtout un grand nombre de cornes de grands bœufs. Ces ossements ont été donnés au musée de Meaux.

A0 Anse d'Ussy, en aval de la Ferté. Cette anse est formée par le confluent d'un petit ruisseau. M. Rigault, ancien membre de la Société géologique, a trouvé dans la tranchée du chemin de fer de gros ossements qu'il a fait voir à M. Deshayes,

cl de l'Ourcq.

mais qui malheureusement ont été perdus après sa mort. L'anse d'Ussy est à une petite hauteur au-dessus de la Marne. (Renseignements donnés par M. Rolland, jugea la Ferté-sous-Jouarre.)

5° Rive convexe du tournant compris entre Trilport et Meaux. Dans une carrière exploitée entre le canal de l'Ourcq et la Marne, on a découvert d'assez nombreux débris qui m'ont été présentés, et parmi lesquels j'ai reconnu une molaire dUElephas primigenius et divers ossements de grand bœuf.

6° Tournant entre Petit-Bry et Nogent-sur-Marne. Dans ce tournant, la Marne serre de très près le coteau de Petit-Bry, qui est taillé en talus rapide sur sa rive gauche. Le talus de la rive droite, du côté de Nogent, est, au contraire, disposé en pente très douce : c'est donc une localité où les corps flottants de l'âge de pierre ont dû se déposer en grand nombre ("21-22). J'ai visité les sablières qui sont ouvertes le long de la route de Nogent à Petit-Bry : les ouvriers m'ont dit qu'ils trouvaient fréquemment des ossements, mais qu'ils les jelaient à la décharge. J'ai pu recueillir un fragment de molaire d'Elephas antiquus, une belle molaire d'Elephas primigenius et quelques autres débris d'ossements d'éléphant, de cheval et de grand bœuf.

Ces indications sullisent pour faire voir combien la vallée de la Marne est riche en ossements. Malheureusement les carrières sont peu surveillées, et l'attention des ouvriers n'a été appelée presque en aucun point sur ces restes de l'âge de pierre.

On sait que la vallée de l'Ourcq est très large à l'aval de la Ferté-Milon : les graviers d'alluvion ont donc pu s'y déposer; et, suivant M. l'abbé Lambert, on y aurait découvert d'assez nombreux ossements.

85. Je n'ai pu recueillir aucune indication sur les graviers des hauts niveaux Vaiued. i de la vallée de l'Aisne; voici l'exposé des découvertes faites dans les bas niveaux :

i° Anse de Bourg-et-Comin. Cette anse est formée sur la rive droite de l'Aisne. à 12 kilomètres environ au-dessus de Wailly, parle confluent d'un petit ruisseau. On y a trouvé de nombreux ossements. D'après une note publiée par M. Melleville dans le Bulletin de la Société géologique de France^, ces ossements se sont déposés à 10 mètres environ au-dessus de la rivière de l'Aisne. M. Melleville ne donne pas, dans sa note, les noms des animaux auxquels ils ont appartenu ; il m'a dit qu'il y avait des ossements d'éléphant.

2" Tournant de Soissons. En arnont et on aval de Soissons, l'Aisne devient sinueuse, tandis qu'elle est presque rectiligne entre ces tournants et son confluent avec l'Oise. La disposition aux abords de Soissons est donc favorable au dépôt des corps flottants.

Le Muséum possède deux molaires d'Elephas primigenius trouvées dans les fon-

11 T. XXII, a" série, jj. i 8 i .

lin- ni\> ;ui v .

lias niveauN.

dations des fortifications de Soissons : on ne dit pas à quelle altitude au-dessus de l'Aisne.

M. Watelet signale plusieurs découvertes faites dans ces tournants : à Vauxrot, molaire et défense d'éléphant; à Grouy, molaire (Yéléphanl avec une partie de la mâchoire; une autre molaire a été découverte dans la petite anse de Pernant, etc. Dans la partie rectilignc, au contraire, on ne m'a signalé aucune découverte.

vaiiée d'Oise. 86. L'Oise, plus sinueuse que l'Aisne, est aussi plus riche en fossiles (21 et 22).

ce La vallée de l'Oise est beaucoup plus riche en ossements que celle de l'Aisne, -n m'écrit M. Melleville.

Découvertes anciennes. En fondant le pont de Noyon, on a trouvé une molaire à'Elephas primigenius, qui figure aujourd'hui dans la Galerie de géologie du Jardin des Plantes. On voit dans cette collection une molaire du même genre iï éléphant provenant des sablières de Viry, donnée par M. Fouquet.

Découvertes plus re'centes. — i° Virv-Noureuil. Un des gisements les plus abondants du bassin de la Seine est certainement celui de Viry-NoureuiL II a été exploré principalement par MM. l'abbé Lambert et Melleville ; ce dernier possède une des plus riches collections de la localité.

Les sablières de Viry-Noureuil se trouvent dans la vallée de l'Oise, entre la Fère et Chauny, au fond d'une anse formée sur la rive droite par le débouché d'une petite vallée. Les graviers, de 3 à h mètres d'épaisseur, sont recouverts d'une couche de limon de î à 2 mètres et descendent en pente douce vers l'Oise, qui coule à 3 kilomètres de là (suivant M. Melleville); sur la rive gauche, au contraire, le coteau est coupé en pente rapide.

La même disposition en pente douce des graviers se continue sur la rive gauche entre la Fère et Chauny, ce qui prouve que les alluvions s'y portaient; aussi les ossements y sont-ils très abondants.

A Sampigny, cette disposition change de rive, et les gîtes à ossements passent aussi sur la rive gauche.

M. Lambert a publié sur le terrain de transport de Viry-Noureuil ^ un mémoire dans lequel il rend compte de ses découvertes. Voici la liste des fossiles qui y sont décrits :

Hyène (1rs cavernes. Un humérus.

Ours, petite espèce. Fragment de mâchoire et trois dents.

Elephas primigenius. Grand nombre de molaires (plus de dix), un bassin, un humérus, un cubitus presque entier, un tibia, fragments d'omoplate, de fémur, de vertèbre.

(,) Mémoire sur le diluvium de Viry-Noureuil et les fossiles qu'il renferme. Paris, F. Savy, libraire-éditeur, ■ik, rue Hautefeuille, i86'j.

Elephas anliquus. Une mâchoire inférieure entière avec les deux dents molaires en place, une autre molaire séparée.

lîlnnoccros tichorhinus. Fémur, tibia, dix vertèbres, bassin, cubitus, astragale, caicanéum et deux dents molaires. Suivant M. Lartet, il y avait parmi ces molaires une dent de Rhinocéros Merrkii.

Hippopotamus. Première vertèbre cervicale.

Sus scrofa. Caicanéum.

Equusfossilis. Nombreux ossements.

Bos (de grande taille). M. Lambert donne à ce bœuf le nom de primigenius. Fragment de tête, mâchoire inférieure, vertèbres, omoplate, humérus, radius et cubitus, métacarpe, phalanges, bassin, tibia, astragales, caicanéum, métatarse.

Ovibos moschatus. Deux molaires et un métacarpien.

Cervus tarandus. Deux, métacarpiens, une corne presque entière, deux autres fragments.

Cervus megaceros. Une tête presque entière, deux autres fragments de bois, cinq molaires.

Cervus primigenius (?). Deux bois énormes.

Fragments de mâchoires inférieures, humérus, radius, métacarpe, astragales et métatarse de cerfs de grande taille.

Plusieurs de ces ossements constituent des pièces de la plus grande beauté.

Les ossements de Viry-Noureuil se trouvent à 8 mètres environ au-dessus de l'Oise, suivant M. Mellevillc; un peu plus bas et à l'altitude de 58 mètres, suivant M. Lambert. On ne trouve dans la localité ni graviers ni ossements à un niveau plus élevé, si ce n'est, à une altitude beaucoup plus grande, quelques lambeaux de graviers confusément imprégnés de limon rouge, probablement diluviens.

M. Lambert a trouvé lui-même, au fond de la sablière de Viry, deux silex taillés; quatre autres lui ont été remis par les ouvriers. M. Melleville possède un silex taillé et divers autres produits de l'industrie humaine provenant de la même sablière.

L'altitude de eette sablière (58 mètres) est très remarquable; c'est celle des hauts niveaux de la Seine, qui, en se rapprochant des limites de la craie de Champagne, comme je l'ai dit, se confondent avec les bas niveaux; il en est de même à Viry, puisqu'il n'y a pas de gravier fluviatile plus élevé et (pie celui de la sablière descend en (tente douce jusqu'à l'Oise.

L'Oise, comme la Seine et la Marne, lorsqu'elle coulait à son haut niveau, était donc presque sans pente depuis la limite delà Champagne jusqu'à la Seine.

La couche de gravier de la sablière de Viry étant peu épaisse, les ossements se trouvent sur presque toute la hauteur, mais cependant bien plus nombreux vers le fond. L'alluvion (41) est presque entièrement formée de limon.

'lans les lorrain do transport.

2° Compiègne. M. Alph. Mil ne Edwards a recueilli, à une petite hauteur au-dessus du fond de la vallée, divers ossements, notamment un frontal de très grand cerf ci un bois àe renne qu'il m'a donnés pour les collections de la Ville de Paris. Il a trouvé, en outre, des ossements de rhinocéros, à* éléphant, de grand bœuf et de cheval .

3° Tournant de Précy-suu-Oise. A l'aval de la rive convexe d'un grand tournant de l'Oise, presque en face du confluent delà petite rivière de la Nonnette, se trouvent, sur la rive droite de cette rivière, les sablières de Précy. Suivant M. le docteur Robert, ces sablières sont très riches en ossements, mais elles ont été peu explorées. M. Robert y a recueilli une défense d'éléphant, et un autre fossile fort rare, une tête d'Ovibos moschatus. Cette pièce appartient aujourd'hui à la Ville de Paris.

La sablière de Précy fait partie des bas niveaux.

coquines fluviales 87. J'ai dit qu'on trouvait de nombreuses coquilles terrestres et fluviatilesdans recuoiii,eSS les anses, les sables de la rive convexe des tournants, et, en général , dans les parties du lit des rivières de l'âge de pierre qui n'étaient point exposées à une action violente des eaux.

Les coquilles manquent complètement dans les graviers placés en plein courant; elles sont très abondantes dans les sablières des hauts niveaux, et rares dans celles des bas niveaux: sans doute, lorsqu'il coulait au-dessus de ces derniers dépôts, le fleuve, rétréci par le travail d'abaissement de son lit, conservait trop de vitesse même dans les anses et sur la rive convexe des tournants.

M. Cotteau a inséré dans le Bulletin de la Société des sciences hislorieiues de ï Yonne (icr semestre de ï 8 G G ) une note dans laquelle il cite les espèces terrestres suivantes, qu'on trouve habituellement avec les ossements dans les sables des anciens lits de l'Yonne, près d'Auxerre (3*2, 65) :

Hélix hispada; Hélix pulchella; Hélix rupestris, etc.

Espèces encore vivantes.

Voici le nom des espèces recueillies par M. l'abbé Lambert dans le bassin de l'Oise, surtout dans l'anse de Viry-Noureuil (86) :

Cyclas cornea, Drap. Paludinaventricosa, Drap.

Cijclas rivicola, Leach. Limnea glutinosa , Lamk.

Pisidium cinereum, Aid. Limnea palustris, Drap.

Pisidium pusillum , Jenyns. Limnea auricularia, Lamk.

Pisidium amnicum, Jenyns. Limnea ovata, Lamk.

Succineaoblonga, Drap. Limnea mlgaris , Pfeiff.

Succinea Pfeifferi, Drap. Valvata minuta. Drap.

Succinea longiscata, Mor. Planorbis cornais, Lamk.

Bithynia tentaculata, Drap, (avec opercules). Planorbis marginalus, Drap.

Planorbis contorlus, Mùller.

Planorbis carinatus, Mùller.

A ncylus jluviatilis , M ù 1 1 er .

Ancylus deperditus, Ziegl.

Ancylus slriatus, Quoy et Gray.

Pupa umbilica, Drap.

M. Charles d'Orbigny (l) a publié la liste suivante des coquilles fluviatiles et terrestres qui sont associées aux ossements dans l'anse de Joinville-le-Pont (8.3) :

Hélix nemoralis, Linn.

Hélix pulchella , Mùller.

Hélix hortensis, Mùller.

Hélix hispida, Linn.

Hélix carthusianella , Mùller (du midi de la France).

Hélix plebeium.

Hélix striata, Drap.

Hélix ericetorum, Mùller.

Zonites (genre réuni aux Hélix par quelques auteurs).

Valvata piscinalis, Mùller.

Valvata depressa. PfeilT.

Bulimusfolliculus.

Bulimus lubricus , Brug. (Bulimus cylindricus, Moq.).

Pupa umbilica, Drap.

Verligo muscorum (Pupa), Drap.

Succinea pulris , Ferr. (Hélix putris , Linn.).

Succinea oblonga, Drap, (du midi de la France).

Limnea paluslris, Drap.

Limnea auricularia, Lamk.

Limnea ovata, Lamk. (Limnea limosa, Moq.).

Planorbis corneus, Lamk.

Planorbis marginatus, Drap.

Planorbis carinatus, Mùller.

Planorbis albus, Mùller.

Planorbis vortex , M ùller.

Ancylus jluviatilis , Mùller.

Cyclostoma elegans. Drap.

Paludina achatina , Lamk.

Bithynia tentaculata , Stein. (Paludina impura, Brart.).

Opercules de Bithynia tentaculata.

Bithynia marginata, Dupuy (du midi de la France).

Paludestrina (du midi de la France).

Cyclas cornea, Lamk. (Sphwrium, Bourg.).

Cyclas rivicola, Leach. (Sphœrium rivicola, Bourg.).

Pisidium amnicum, Jenyns.

Pisidium pusillum , Jenyns.

Unio liltoralis, Cuvier (Unio rhomboidum, Moq.).

Dreissena polymorpba , Van Beneden.

Les espèces suivantes ont été recueillies clans les sablières de l'anse deMontreuil par mon collaborateur M. Roujou; elles ont été déterminées par M. Fischer.

Clausilia Rolpbii. Gray.

Hélix nemoralis. Linné.

Hélix costala , Mùller.

Hélix (jeunes et fragments indéterminables).

Ancylus jluviatilis , Mùller (variété).

Limnea auricularia, Linné'.

En tout onze espèces déterminées.

Cette lislc est certainement incomplète.

(l) Ch. d'Orbigny, Bulletin de. ta Société géologique de France, a' série, t. Wll. p. 08 et

Cyclostoma elegans , Mùller.

Pisidium casernatum, Poli.

Pisidium amnicum, Mùller.

Sjth irrium corneum , Linné.

Unio (espèce indéterminée).

Bithynia tentaculata, Linné.

69, sur le diluvium à coquilles lacustres de I >ii ville.

Sainl-Pri'sl.

Page 1