CHRISTIANIA
.3°,6 — 5\i — 5°,3 —i\ti 3°,7 io°, 9. i4",7 i6\6 i5°,5 n°,3 5°,/i — o\5 Hiver: — 6°, 7 Printemps : k", 2 Éte':i5°,6 Automne : 5°,6
Moyenne des six mois chauds: i2°,3
La température moyenne des six mois chauds de la région intermédiaire hantée par le renne pendant toute l'année doit être ■ '9~>2'2 " = 8", 1.
La température moyenne des six mois chauds des plaines de la France ne devait donc pas s'écarter beaucoup de 8 degrés. La marmotte pouvait certainement vivre avec cette température.
On peut tirer de là une autre conclusion bien importante. On sait que la température de l'air diminue de 1 degré par 180 mètres d'augmentation d'altitude. Suivant M. Renou, ce chiffre doit même être abaissé à 160 mètres. Si la température moyenne d'été de nos plaines, pour l'altitude moyenne de i5o mètres environ, était de 8 degrés, il est évident que la température moyenne d'été zéro correspondait à l'altitude de 1 5om-f 8X1 60 = 1 /i3om. Le niveau des neiges éternelles correspondant à la température moyenne d'été zéro, pendant tout le temps que le renne et la marmotte ont habité les plaines de la France, descendait, dans notre pays, à une altitude peu éloignée de 1/100 mètres.
Par conséquent, comme les glaciers descendent bien au-dessous du niveau des neiges éternelles, pendant tout ce temps une grande partie de la Suisse était couverte de glace. C'était l'ère glaciaire. Et, comme nous trouvons les os de la marmotte dans les hauts niveaux et ceux du renne dans les bas niveaux de nos graviers, nous avons le droit de dire que l'ère des grands cours d'eau de l'âge de pierre correspond à 1ère glaciaire.
Cela nous fait voir aussi pourquoi on ne trouve pas de traces de moraines dans le bassin de la Seine; l'altitude des points les plus élevés étant de 902 mètres, il n'y a jamais eu de neiges éternelles, ni par conséquent de glaciers dans cette contrée.
93. Quelques ossements de grands animaux marins ont été découverts dans 1 les lits abaissés du bassin de la Seine. Cuvier a parlé d'un fragment de tête de '""!','!!UX baleine trouvé dans la rue Dauphine, vers le n° 36; un architecte dévoué à la dansIe ba,ss'n de laSeine
a y ont été apportés
science, M. Leguay, a fait des recherches dans les caves de la même maison et i>.-ir ri».,,,,,,, y a découvert une vertèbre du même cétacé. J'ai dit que le musée de Troyes possédait une côte de baleine, recueillie dans la vallée de l'Armance. Enfin la Ville de Paris a acheté, chez M. Forgeais, deux côtes d'un grand animal marin, qui, m'a-t-on dit, ont été extraites du lit de la Seine par des dragueurs.
Ces ossements sont, suivant moi, postérieurs à l'âge de pierre. La baleine de la rue Dauphine a été découverte dans le limon qui a été déposé par le fleuve moderne, et qui est certainement moins ancien que les dépôts tourbeux de Meulan et d'Elbeuf, dont j'ai donné la coupe (54). On a découvert sur la rive droite, dans les fondations de la galerie et du pavillon des Tuileries qui ont été réédifiés récemment, le même limon recouvert d'un banc de gravier sur lequel le vieux palais avait été fondé. M. l'architecte Lefuel a donné à la Ville de Paris divers objets, des bois de cerf travaillés, des dards de javelot en fer, recueillis dans ces limons, qui sont, par conséquent, plus anciens. J'ai encore trouvé le même limon avec des ossements modernes en construisant l'égout collecteur du quai d'Orsay.
Les ossements vendus à la Ville de Paris par M. Forgeais étaient dans le lit moderne de la Seine. Je ne sais dans quelle situation se trouvait la cote de baleine de la vallée de l'Armance, mais j'ai la conviction que ces rares objets ont été transportés par l'homme dans la position où ils ont été trouvés, et j'ajouterai que cette conviction ne serait pas ébranlée quand même on les trouverai dans les graviers de fond avec les silex taillés, qui y ont certainement été apportés par l'homme.
9/i. La flore de l'âge de pierre du bassin de ia Seine n'est pas connue. Flore <!« («mus M. Ley incrie (Statistique géologique de l'Aube) a signalé quelques plantes de cette
époque dans le travertin de Resson, département de l'Aube [charas, roseaux, scolopendre et feuilles d'arbres dicotylédones) (67).
Dans les dépôts des hauts niveaux à Paris, on a trouvé des tiges et graines de charas, notamment dans l'anse de Joinville-le-Pont et dans les limons de la Bièvre, ow l'on a découvert tant d'ossements d'animaux de l'âge de pierre.
Peut-être pourrait-on étudier utilement cette flore dans les travertins formés par les sources incrustantes des terrains jurassiques de la Côte-d'Or. Ces sources devaient être bien plus abondantes dans l'âge de pierre qu'aujourd'hui; les montagnes du tuf qu'elles ont produites remontent donc en partie à cette époque ancienne, comme les nombreuses feuilles dont elles ont conservé l'empreinte.