LAON — PORTE ROYER
masse imposante de constructions grises, de clocliers et de tours occupant presque la moitié du tableau? C’est la cathédrale et c’est l’ancien palais épiscopal : ils inspirent la plus haute idée de l’ancienne puissance des seigneurs évéques-comtes de Laon, héréditairement pairs de France, guerriers autant que prêtres, et redoutables à leurs vassaux comme à leurs suzerains. A gauche des bâtiments ecclésiastiques la citadelle s’accuse par des talus rectilignes. Sur les flancs de la colline, quantité de petits jardins entremêlent leurs carrés de légumes, leurs bosquets et leurs charmilles ; verte et fraîche parure (les rudesses du moyen âge.
Circonscrite par l’aire du roc, la ville se renferme encore dans son cadre primitif; toutes ses rues convergent vers la cathédrale et l’évêché. 11 est ainsi facile de recomposer les scènes violentes qui
L'ILE-DE-FRANCE
ïîiarquèrent au douzième siècle ses luttes communales. On voit très bien les bourgeois se porter d’un élan, tous ensemble, vers la forteresse ecclésiastique, assiéger l’étrange évêque exacteur Gaudry, massacrer ses officiers, le poursuivre lui-même jusque dans son