‹ La SeineChapitre 47 sur 93 · GALERIE FRANÇOIS I" A FONTAINEBLEAU · texte numérisé non relu

GALERIE FRANÇOIS I" A FONTAINEBLEAU

ordres de la Pompadour, dans la salle de la Belle Cheminée. Les comédiens de Louis XV y ont représenté les tragédies de Voltaire, avant que Jelyote n’y vint chanter le Devin du Village en présence de l’orgueilleux, timide et ravi Jean-Jacques Rousseau. On y déclama aussi des vers de Piron, devant lui, et le plaisant, le plus original, le plus drôle de corps du siècle, a tracé de son séjour à la cour un tableautin qu’il faut regarder ici même comme un album de Gavarni au foyer de l’Opéra. 11 semble écrire (à un abbé) de la galerie de Henri 11 :

« Je m’ennuierais beaucoup à la cour, sans une encoignure de fenêtre dans la galerie où je me poste quelques heures, la lorgnette à la main, et Dieu sait le plaisir que j’ai de voir les allans et les venans. Ah ! les masques ! Si vous voyez comme les gens

LA FORET DE FONTAINEBLEAU

de votre robe ont l’air édifiant! Comme les gens de cour l’ont important! Comme les autres l’ont altéré de crainte et d’espoir, et surtout comme tous ces airs-là, pour la plupart, sont faux à des yeux clairvoyants! C’est une merveille ! Je n’y vois rien de vrai que la physionomie des Suisses, ce sont les seuls philosophes de la cour; avec leur hallebarde sur l’épaule, leur grosse moustache, leur air tranquille, on dirait qu’ils regardent tous les affamés de fortune

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